Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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10 février 2018

A quelques jours du début du Carême, Mgr Gosselin mettait l’accent sur le sens de ces 40 jours avant Pâques et sur la façon d’aborder au mieux cette période. Il a notamment insisté sur la dimension du jeûne.


A la veille du mercredi des Cendres est célébré le Mardi gras. « Cette fête n’est pas encore le carême, elle permet, en quelque sorte, de se mettre un peu en appétit pour entrer dans cette période. Le Mardi gras permet de se motiver en faisant un peu la fête. On s’encourage les uns les autres, voilà l’esprit du Mardi gras. Je pense que c’est important pour entrer, dès le lendemain, dans cette période de carême. Physiologiquement, cela correspond à la sortie de l’hiver. Certains médecins pourront conseiller d’éliminer les toxines en faisant un petit régime, un petit jeûne. D’un aspect spirituel, on peut dire que c’est justement une période où nous voulons nous recentrer sur l’essentiel. Quand on est chrétien, 40 jours, c’est une période pour se mettre en marche et mieux se convertir. Tous les textes vont aller dans le sens de la conversion. Commencer par le Mercredi des Cendres, c’est prendre conscience que d’abord nous ne serions pas grand chose si ce n’était pas Dieu qui nous créait et que nous avons toujours à nous centrer sur l’important. Nous sommes tous pris par l’urgence et, parfois, nous négligeons l’important. »
Partout, l’Eglise célèbre le Mercredi des Cendres. Les paroisses proposent évidemment des messes avec imposition des cendres. « Tous les chrétiens sont invités, par ce signe de la croix sur le front, avec cette parole : « Convertis-toi et crois en l’Evangile ». L’autre formule : « Tu es poussière, rappelle-toi que tu retourneras en poussière », signifie que nous ne sommes que de passage. Il faut quand même réaliser que nous ne sommes pas immortels par nature. Nous sommes immortels parce que Dieu nous donne une vie de surcroît. Mais nous sommes peu de chose. Pour autant, nous n’allons pas nous décourager ou nous lamenter. Il s’agit de remettre les choses en place. C’est se dire : « Convertis-toi et crois en l’Evangile, il y a une bonne nouvelle pour toi. » Comme dit Saint-Augustin : « Seigneur, tu étais avec moi et je n’étais pas avec toi. » Pendant le carême, c’est aller au désert et réaliser que Dieu est là. On en parle quelques jours à l’avance, c’est bien de s’y préparer. Mercredi prochain, c’est la grande période qui commence, avec l’opportunité qui nous est donnée de célébrer la messe, avec imposition des cendres, pour commencer saintement ce saint Carême », insiste l’évêque.

« C’est un acte de volonté »

Le 1er dimanche de carême, le 18 février, se vivra l’appel décisif. « Nous pensons particulièrement à nos frères catéchumènes. Ils sont en train de préparer leur baptême depuis un ou deux ans et voient avec beaucoup de désir et peut-être un peu d’appréhension ce moment où ils vont être baptisés pendant la veillée pascale ou le temps pascal. Il est prévu un appel décisif pour tous ceux qui s’y préparent au Gond-Pontouvre. Dans toute l’Eglise, il est célébré le 1er dimanche de Carême et signifie : entourons nos frères catéchumènes dans cette dernière étape de leur préparation. Et nous-mêmes qui avons déjà été baptisés, prenons conscience que nous sommes baptisés et si, eux, sont en train de se convertir à la bonne nouvelle, nous avons aussi besoin de le faire. »
« Ce carême est une période importante. Je pense que si on ne le décide pas, cela ne va pas. C’est comme le silence. Nous avons tous besoin de silence, mais si nous n’allons pas le chercher, il ne va pas venir à nous. C’est un acte de volonté. Et la volonté, c’est pour nous permettre après d’être plus libre. Je pense qu’une petite randonnée dans le désert n’a jamais fait de mal à personne, bien au contraire. Elle nous permet de nous mettre sur l’essentiel. L’idée c’est de recentrer sur soi, non pas pour soi mais pour mieux s’ouvrir aux autres, donc il y a la dimension de prière, de jeûne et de partage, trois grands piliers essentiel pour cette période », rappelle Mgr Gosselin.
« Pendant ce carême, il s’agit de se convertir, de changer un peu nos perspectives, d’accueillir vraiment la bonne nouvelle. Parfois, l’important, nous le mettons de côté, là, nous voulons vraiment mettre la prière, l’écoute de la parole de Dieu comme quelque chose de vital. L’expérience que nous devons faire, c’est que, en fin de carême, nous devons nous sentir plus léger, pas seulement parce que nous avons jeûné, mais parce que moins alourdis par le poids de la vie, parce que nous mettons Dieu présent et quand Dieu est présent, les choses sont, je pense, plus légères. »

« On peut toujours se priver de quelque chose »

« Il y a des contre-indications au jeûne pour les femmes enceintes, les diabétiques ou ceux qui sont fragiles psychologiquement. On dit que, à partir d’un certain âge, on n’est pas obligé de jeûner. Mais on peut toujours se priver de quelque chose, l’idée, ce n’est pas forcément de jeûner complètement de tout, il suffit d’alléger. Quand on dit jeûne, c’est se priver complètement de nourriture, mais c’est aussi se priver pour justement avoir plus le temps de prier et partager le prix du repas avec quelqu’un. Il y a donc vraiment ces 3 dimensions. Je crois qu’il y a peu de personnes qui échappent au jeûne, même quand on est âgé. Pendant le carême, nous allons essayer de nous priver de ce qui est mauvais. Pour nous, c’est déjà un gros travail. Il faut supprimer toutes les toxiques. Mais il s’agit aussi de choisir entre un bien et un bien, ce qui n’est pas toujours simple. Il faut choisir le bien supérieur. Cela demande du discernement, de la prière, d’accueillir l’Esprit Saint pour ce qu’il veut nous montrer. Choisir toujours le bien supérieur qui est de faire la volonté de Dieu. C’est d’une certaine manière un recentrement sur le plus important », souligne l’évêque.
« Je pense qu’il faut vivre joyeusement le carême. Cette période n’est pas du tout triste. Si on vous dit : vous vous préparez pour vivre un moment d’exception à Pâques, vous allez être dans la jubilation d’un grand bonheur parfait dans la paix de Dieu, vous allez dire cela vaut le coup de travailler un peu. Je vous souhaite un très joyeux carême comme on se souhaite une très joyeuse année. On garde l’objectif pour ne pas simplement méditer sur ce qui va pas mal, on veut regarder ce qui va bien, on garde cet objectif en prenant les moyens d’y parvenir », conclut Mgr Gosselin.

Erica Walter

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