Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/11-novembre-2017

11 novembre 2017

Les évêques de France se sont retrouvés à Lourdes en novembre pour leur assemblée. Mgr Gosselin met en lumière certains thèmes évoqués : les séminaires, les jeunes ou encore les chrétiens de rites orientaux et leur accueil.


Deux fois par an, les évêques de France se retrouvent en assemblée plénière à Lourdes. Mgr Gosselin a évidemment participé à la session de cette fin 2017, du 3 au 8 novembre. « Elle est un temps de travail avec 120 évêques, les titulaires, les auxiliaires et quelques émérites qui se joignent à cette assemblée. Il s’agit d’un temps très important pour vivre une dimension forte de la vie de l’Eglise, la collégialité qui signifie que nous fonctionnons ensemble. Il faut se rappeler que c’est que ce Jésus voulait avec le groupe des 12. Chaque évêque n’est pas tout seul dans son diocèse. Quand nous sommes réunis, nous cherchons véritablement à travailler ensemble et à nous mettre en présence de l’Esprit pour pouvoir décider des grandes orientations de l’Eglise de France. »
« Entre évêques, nous partageons. Il peut évidemment y avoir des voix différents, voire discordantes. Nous essayons de chercher un peu l’harmonie dans l’Esprit saint. En plus, nous sommes dans un bon lieu parce que Lourdes s’y prête particulièrement. La dimension fraternelle est facile à vivre. Et en novembre, il n’y a pas grand monde à Lourdes. Nous pouvons donc profiter de la grotte. Cette ambiance spirituelle est déterminante aussi pour que nous puissions célébrer, vivre ensemble et travailler pour le bien de l’Eglise de France », affirme Mgr Gosselin.

Une formation globale dans les séminaires

Lors de cette assemblée plénière de novembre, les échanges ont notamment porté sur la formation des séminaires. « Depuis son origine, plus de 2000 ans, l’Eglise est en crise… dans le bon sens du terme. Elle connait des crises de croissance. Il faut s’adapter sans cesse à des situations nouvelles. Il n’y a pas de catastrophisme, il s’agit juste d’une gestion normale. Le monde évolue et l’Eglise aussi. Nous avons donc réfléchi tout particulièrement à la place du séminaire. Rome a sorti un document valable pour ces structures du monde entier. Il est demandé que chaque conférence nationale, comme l’a fait la Conférence des évêques de France, sorte un texte national sur cette question. Des grands principes s’appliquent pour tous comme une année propédeutique, c’est-à-dire de préparation à l’entrée au séminaire. De manière très profonde, il faut que la formation proposée au séminaire soit certes une formation intellectuelle, philosophique, théologique, mais aussi globale en intégrant aussi la dimension humaine et spirituelle des candidats et ainsi permettre le discernement. »
« En tout temps, il a fallu s’ajuster et là-aussi, notamment vu la configuration des jeunes qui arrivent aujourd’hui. Ils sont souvent plus formés, parfois plus âgés qu’il y a 50 ans. Les situations familiales font qu’il peut y avoir plus de blessures, des histoires plus bouleversées qu’à certaines époques. Il faut en tenir compte pour favoriser un équilibre humain. La formation ne doit pas simplement transmettre un savoir. Il y a un certain nombre de critères qu’il faut prendre en compte et nous allons écrire ce projet de formation des séminaristes en France », précise Mgr Gosselin.
Et l’Eglise ne cherche pas seulement à susciter des vocations chez les jeunes. « L’idée est de permettre à chacun d’aller jusqu’au bout de ce qu’il peut donner. Les appels du Seigneur sont très personnalisés. L’horizon proche correspond à l’automne 2018 avec un synode des jeunes à Rome. Il a pour thème : l’appel, la vocation, le discernement. Ce synode a été préparé par une consultation des jeunes. Les charentais ont pu répondre à un questionnaire, des synthèses sont partis à Paris et ensuite à Rome. L’objectif se résume à permettre aux jeunes de trouver leur place dans la vie de l’Eglise aujourd’hui. Ce synode sera très important avec des étapes. La pastorale des jeunes dans tous les diocèses s’approprient cette démarche synodale pour mieux permettre à chaque chrétien de grandir dans sa foi. »

La dispersion des chrétiens de rites orientaux

A Lourdes, les évêques ont aussi pu échanger sur la place des églises orientales en France. Ils ont pu écouter le témoignage de Mgr Mirkis, évêque actuel de Kirkouk en Irak. Les églises orientales sont plurielles : ukrainienne, melkite ou encore maronite. Il y a une grande diversité des rites orientaux de l’Eglise catholique et romaine. On est vraiment même à l’intérieur de l’Eglise, ce qui n’empêche pas qu’il y ait une dimension presque oecuménique. Il y a une diversité dans les rites et dans un certain nombre de manières de vivre sa foi. Il est très important de se rencontrer pour se connaître. Nous avons parlé de l’Irak avec une Eglise dispersée par les événements et les guerres. De manière très concrète, Mgr Mirkis nous a parlé de la souffrance de nos frères chrétiens en Irak et on peut ajouter en Syrie et ailleurs », témoigne Mgr Gosselin.
« Cette dispersion des chrétiens de rites orientaux fait que les églises d’accueil sont confrontées à ces questions-là. Quand nous avons une famille irakienne ou syrienne dans notre pays, il faut savoir qu’elle va vivre dans une église catholique de rite romain alors qu’elle est de rite melkite ou maronite. Nous vivons dans l’unité de l’Eglise, malgré tout il y a quand même pour eux une adaptation. Comment faire en sorte qu’ils trouvent des lieux qui les accueillent et qui leur permettent de vivre aussi cette richesse dans une expression très diverse de la foi de l’Eglise, en particulier liturgique ? L’idée reste quand même l’intégration et pas de faire des petites groupes qui vivent leur propre rite, mais trouver une messe où on a l’habitude d’avoir ses repères peut être aussi important. Je pense que ces chrétiens ont à nous à apporter, à nous apprendre dans leur manière de célébrer. »
« Nous avons sous les yeux le témoignage de nos frères chrétiens, mais aussi de tous nos frères humains qui souffrent de la guerre. Dans ce week-end du 11 novembre, nous entrons dans la 100ème année de l’armistice de la Première guerre mondiale. C’est une invitation à se poser la question de la paix : à quelles conditions peut-on vivre en paix ? A chaque génération, il nous faut faire cette conversion pour être des artisans de paix. Pour nous, très localement en Charente, comment vivons-nous la paix. On ne peut pas demander la paix mondiale, si on n’accepte pas d’être artisans de paix dans sa communauté, dans sa famille. Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix. A nous de la vivre concrètement », conclut Mgr Gosselin

Erica Walter

En savoir plus

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

adresse Mgr Hervé Gosselin
Secrétariat : 05 45 91 86 89
226, rue de Bordeaux
16000 Angoulême
Mgr Gosselin
Secrétariat de Mgr GOSSELIN

NB : Les mails envoyés à l’adresse eveque chez dio16.fr ne sont plus consultés