Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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14 octobre 2017

En lien avec l’installation du Père Michel Granger à Montmoreau, Mgr Gosselin a évoqué encore l’avenir du diocèse. Il a donc mis l’accent une fois encore sur la consultation diocésaine en cours.


L’évêque d’Angoulême présidait la 3ème installation d’un curé en ce début d’année : le Père Michel Granger à Montmoreau le 15 octobre. « C’est toujours une joie que de pouvoir proposer un curé à une communauté chrétienne qui l’attend et qui va certainement bien l’accueillir. Je rappelle que le Père Michel Granger est déjà curé de Barbezieux avec une quinzaine de clochers. Il s’agit ici de lui rajouter le territoire de Montmoreau qui est immense. Il ne sera évidemment pas tout seul. La charge curiale lui est donnée et des collaborateurs l’entourent, des prêtres -le Père Dominique Buisson, le Père Joseph, le Père Jean-Noël qui est aumônier de Maumont- et aussi des diacres comme Laurent Grandpierre. »
« C’est une joie mais ce n’est pas complètement satisfaisant parce qu’on est obligé de gérer le manque. Doubler un territoire pour un curé nécessite que les communautés soient prêtes à faire forcément des sacrifices. Il en est désolé et moi tout autant. En même temps, l’effet positif, c’est que s’il y a un curé, il y aura bien une messe quelque part. L’effet négatif, c’est que nous ne pouvons pas servir toutes les communautés. Je ne demande pas aux prêtres de courir sur le territoire pour être partout. Ces communautés ne pourront pas dire qu’elles n’ont pas de curé. Nous savons de toute façon que nous allons dans une période un peu désertique pour beaucoup de raisons », souligne Mgr Gosselin.

« Il y a une réelle faillite »

L’évêque avait été invité au Congrès Mission, du 29 septembre au 1er octobre. Il n’a pas pu s’y rendre, mais aurait dû animer une conférence sur le thème : évêque, missionnaire ou gestionnaire de faillite. « De manière générale, on considère ainsi que les évêques doivent gérer aujourd’hui beaucoup de faillites qui peuvent être économique, aussi beaucoup en ressources humaines. Il y a des pans entiers de l’Eglise qui disparaissent. Ce qui ne signifie pas qu’il n’y a pas beaucoup de choses qui poussent. N’empêche qu’il y a une réelle faillite à gérer. Mais je pense qu’il n’y a pas de faillite spirituelle. Pour le diocèse, on a déjà parlé de la faillite économique, le redressement est en cours et c’est bien parti. Mais quand on n’a plus les ressources humaines pour assurer les services suffisants dans un diocèse, c’est une forme de faillite. C’est une souffrance de ne pas avoir assez d’ouvriers pour pouvoir oeuvrer. »
« De manière un peu provocante, je dirais : certes, on manque de prêtres, de diacres, de vocations religieuses et religieux, mais on manque aussi surtout beaucoup de chrétiens. Parce que peut-être nous avons les prêtres que nous méritons ou le nombre de prêtres qui est proportionné au nombre de chrétiens également. Je crois que l’idée véritablement, ce n’est pas simplement d’être en gestion de faillite. Je ne suis pas devin quand je dis qu’il y aura moins de prêtres dans 5 ans qu’aujourd’hui. C’est une évidence. Nous le savons, nous n’allons pas être surpris. Nous voulons véritablement ne pas être à la remorque des événements, mais nous voulons assumer un certain passage au désert. Avec le Seigneur, cela peut être purification ou semence, mais en attendant que cela pousse, on va certainement aller vers moins de richesses au niveau forces humaines », insiste l’évêque.
« D’où l’idée de porter cette démarche un peu synodale : que pensent les chrétiens ? Que faut-il leur proposer ? Comment les accompagner pour que la foi chrétienne ne soit pas simplement vécue par quelques uns dans des endroits particuliers ? Certes nous gérons la faillite, mais nous sommes également missionnaires. La question n’est donc pas missionnaire ou gestionnaire de faillite, c’est les deux. Pas simplement pour être plus riche entre guillemets, mais tout simplement parce que si l’Eglise n’évangélise pas, elle est bel et bien morte. L’Eglise existe pour évangéliser, c’est Vatican II. Et Saint Paul le dit bien : malheur à moi si je n’évangélise pas. Et je crois qu’on est parfois en position de repli et qu’il nous faut donc partir en mission parce qu’on a une bonne nouvelle à donner »,

« Saint Pierre Aumaître est parti comme serviteur en Corée »

« Je repense à Pierre Aumaître. Quand il est parti en Corée, il y avait un groupe de chrétiens qui demandait, depuis 50 ans, au Vatican d’envoyer un prêtre parce qu’il n’avait jamais vu de prêtre pour célébrer la messe. C’est incroyable. La foi est tenue par les baptisés, elle n’est pas uniquement transmise par les prêtres. Saint Pierre Aumaître n’a pas été envoyé comme missionnaire pour apporter la foi. Il est parti comme un serviteur pour une communauté de chrétiens qui l’attendait. C’est vraiment un bel élan missionnaire. En Charente, ce qui compte, c’est que tous les chrétiens et toute l’Eglise soient missionnaires et que les prêtres soient là comme des serviteurs de cette mission. On ne peut pas attendre simplement que la mission soit honorée par les prêtres », affirme Mgr Gosselin.
« Quand je parle de la mission, ce n’est pas uniquement se rassembler pour célébrer. Quand je parle de la mission, c’est : j’ai célébré l’eucharistie dans un lieu de mon doyenné et, suite à cela, j’ai envie là où je vis d’aller porter la bonne nouvelle à ceux qui ne la connaissent pas encore ou qui la connaissent et qui l’ont oubliée dans les hôpitaux, les écoles, les magasins et auprès de ses voisins. Il s’agit de la volonté d’aller porter la bonne nouvelle. Pour moi, c’est cela la mission. Par ailleurs, je vais rassurer tout le monde : dans 10 ans il y aura peut-être 6 grands centres avec eucharistie, ce qui n’empêche pas que, dans chaque paroisse, on puisse animer les chrétiens se rassemblant. Ils n’ont pas forcément besoin de prêtre pour prier, partager. Il faut qu’on puisse s’encourager les uns les autres. La consultation diocésaine parler de cette dimension : des grands centres eucharistiques aux missionnaires. Cela veut dire qu’on envoie des gens en mission et puis des petites communautés dans toutes les paroisses. Il y a 440 églises en Charente, ce qui signifie que partout où il y a une église, il peut y avoir un rassemblement », conclut l’évêque.

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