Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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7 octobre 2017

Amoris Laetitia, le texte du Pape François sur la famille, était au coeur de deux journées d’échanges dans le diocèse les 6 et 7 octobre. La pastorale familiale souhaitait encourager les uns et les autres à s’en emparer.


Oranne de Mautort, directrice adjointe du service Famille et Société de la Conférence des Evêques de France, est intervenue dans le diocèse pour présenter la lettre Amoris Laetitia du Pape François. Pendant deux jours, elle a éclairé sur ce texte sorti en avril 2016. « Je rappelle que c’est une lettre qui a été écrite suite aux deux assemblées synodales sur la famille. C’est assez exceptionnel, ce qui montre l’importance du sujet. Suite à la consultation du peuple de Dieu et ces deux synodes, « Amoris Laetitia » est donc sorti. Le Pape nous le dit : il faut prendre ce texte morceau par morceau, petit à petit, il faut prendre son temps pour bien l’intégrer. L’idée n’est pas de lire la lettre et de la mettre au placard. Il faut que cela imprime notre manière de parler de la famille, de discerner, d’accompagner. »
La pastorale familiale du diocèse -Jacques et Françoise Dubois avec une équipe autour d’eux- a construit ces deux journées pour qu’elles puissent rejoindre largement dans le diocèse. Le vendredi était dédié aux prêtres et aux diacres, le samedi au peuple de Dieu et ensuite aux équipes de préparation au mariage. « Il ne s’agit pas d’une lettre sur le mariage, la préparation au mariage ou uniquement des cas un peu particuliers. Nous n’y trouvons pas des directives extrêmement précises qui indiquent dans tel cas, vous devez faire telle chose. A une certaine époque, c’était le cas et, en même temps, c’est la demande souvent qui nous est faite où on trouvait très pratique que le Pape nous dise ce qu’il faut faire dans telle situation. Les gens nous demandent : a-t-on le droit ou pas de communier dans telle ou telle circonstance ? C’est une vraie question qui intéresse tout le peuple chrétien. Qu’est-ce qu’on peut faire, qu’est-ce qu’on est en droit d’attendre et en droit d’espérer ? », interroge l’évêque.

La tension entre l’idéal et la réalité

« Amoris Laetitia est d’abord une très belle lettre sur la joie de l’amour, sur cette amour que nous vivons en tant qu’homme et femme à l’image de ce que Dieu vit. C’est resituer le couple dans ce plan de Dieu, voir qu’il y a un idéal extrêmement fort. Le Pape nous invite à ne pas tomber dans l’idéalisme, dans quelque chose qu’on ne pourrait pas atteindre, qu’on ne pourrait même pas vivre. Ce qui rendrait donc tout le monde malheureux et frustré. Il y a quand même un idéal très fort du mariage et le Pape nous dit : tenez compte des réalités. Les réalités, ce sont les limites : les limites personnelles de chacun, les limites au niveau de l’éducation, de la culture. Il y a cette tension entre l’idéal et la réalité, d’où cette perspective pastorale. C’est quoi la pastorale ? C’est ce que fait le pasteur quand il se retrouve dans telle ou telle situation. C’est la façon dont nous avons essayé de réfléchir avec les prêtres hier (vendredi 6 octobre) et encore aujourd’hui avec les équipes de préparation au mariage. »
Cette lettre du Pape François aborde la dimension de la famille au sens large. « Il est donc aussi bien question d’éducation que du mariage en tant que sacrement. La famille ne se limite pas uniquement à la famille nucléaire : le père, la mère, les enfants. Il y a aussi les grands-parents. Cette notion familiale dépasse la question simplement du mariage qui est incluse au sein même de cette réflexion sur la famille. Dans l’idée du Pape, il s’agit de ne pas tomber dans un laxisme qui se résumerait à : faites ce que vous pouvez, au mieux et, de toute façon ce n’est pas grave. Il n’est pas question pour lui de relativiser une forme de laxisme qui est un excès comme le rigorisme d’ailleurs. Le Pape ne dit pas non plus : je rappelle la loi, tu dois faire ceci, tu ne dois pas faire cela. Ce n’est ni l’un, ni l’autre, c’est au milieu. Alors ce n’est pas très pratique. C’est très commun dans la vie spirituelle des chrétiens : on est sur une ligne de crête entre deux excès et il faut donc arriver à manoeuvrer », souligne Mgr Gosselin.

Le Pape nous dit : il ne faut pas quitter cet idéal

« En tout cas, le Pape l’indique très bien : c’est, je pense, un chemin de liberté, de vie et de croissance. On ne peut donc pas demander la même chose à tout le monde, L’important, c’est d’être vraiment dans un cheminement où on encourage. On intègre toute les personnes, tout le monde a sa place dans le peuple de Dieu. Nous n’avons pas à nous juger les uns les autres, nous devons juger les situations. Quand Jésus dit : ne jugez pas, cela signifie ne vous condamnez pas les uns les autres. Car nul ne peut savoir ce que l’autre vit réellement. Je cite le Pape François lorsqu’il écrit : ni le rigorisme, ni le laxisme ne sont vérités. L’Evangile choisit une autre voie : accueillir, accompagner, intégrer, discerner. Sur ces 4 verbes, il y a largement de quoi se remettre en cause, progresser également et faire que l’Evangile devienne chemin de liberté parce qu’on ramène, d’une certaine manière, les gens à leur propre conscience. C’est-à-dire qu’on aide les personnes à se poser des questions, on ne va répondre à leur place. Il y a la parole de Dieu, il y a ce que Dieu commande, cet idéal. Le Pape François nous dit : il ne faut pas quitter cet idéal. L’idéal du mariage chrétien ou de l’alliance est fait pour tous et pas simplement pour une élite : quelques uns qui arriveraient, avec toutes les difficultés de la route, à vivre quand même le mariage ».
A travers ce texte du Pape, il est question de la famille, du couple, mais pas uniquement. « Le travail, la localisation, le logement sont des questions essentielles. C’est la vie de famille aussi. Pour qu’il y ait cette unité et cette cohésion familiale, il faut un certain nombre de paramètres. Tous les chrétiens sont invités à permettre aux familles de loger dans de bonnes conditions, à faire en sorte qu’elles puissent trouver du travail. C’est essentiel pour la vie familiale. De ce point de vue là, le Pape en parle beaucoup. Quand il y a ces questions de conditions difficiles matérielles de vie, forcément l’impact est réel sur la vie familiale », affirme l’évêque.
Ces deux jours construits autour d’Amoris Laetitia dans le diocèse avaient pour objectif de donner envie de lire ce texte. « Il est assez dense, mais en même temps accessible. Il y a des aspects extrêmement pratiques et une belle ouverture, un bel encouragement du Pape. Je rappelle qu’il a été promulgué pendant l’année de la miséricorde. On sent bien cette idée de miséricorde, d’accueillir tout le monde, et, en même temps, il y a un idéal complet à proposer, c’est l’idéal que le Seigneur nous confie. On est responsable les uns des autres. Comment accueillons-nous ou comment les équipes de préparation au mariage le font-elles ? Comment sont accompagnées les familles aujourd’hui ? Comment aidons-nous les familles pour être fidèle à ce que le Seigneur nous demande. On travaille le sujet et la pastorale familiale s’approprie ce sujet », conclut Mgr Gosselin.

+ Mgr Hervé Gosselin

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