Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Dimanche 19 novembre 2017

33ème dimanche du TO A

Dans la confiance d’une pauvreté évangélique, ouverte et universelle, ne traitons pas notre Église comme le talent du troisième homme, en l’enterrant.

Continuons de prendre la parole, de former ensemble des communautés chrétiennes ouvertes, accueillantes, priantes, joyeuses, pauvres et fécondes.


Au lendemain de l’année de la miséricorde, le pape François a lancé un nouvel appel à l’Église universelle et à toutes les communautés chrétiennes : celui de consacrer une journée aux pauvres, « afin que dans le monde entier les communautés chrétiennes deviennent toujours davantage et mieux signe concret de la charité du Christ pour les derniers et pour ceux qui sont le plus dans le besoin . » Nous célébrons cette journée ce dimanche, en accueillant la page d’Évangile de la parabole bien connue des talents, cette parabole ou l’homme qui part en voyage remet à chacun une somme énorme d’argent (1 talent équivalait à 6000 journées de salaire, soit plus de 16 ans de salaire !). On pourrait dire, objectivement, que l’homme qui reçoit 5 talents est le plus riche, et celui qui n’en reçoit qu’un est le plus pauvre. Mais Jésus indique que chacun reçoit « selon ses capacités ». On peut alors dire que chacun a reçu tout ce qu’il était en capacité de recevoir, de sorte que chacun est comblé. Et comme ces hommes de l’évangile, chacun de nous reçoit tout ce qu’il peut recevoir de la part de Dieu. Il vient nous combler, combler nos cœurs et nos vies, non pas en nous épargnant les épreuves, les difficultés ou les doutes, mais en nous aimant infiniment. Quel talent autre que son amour Dieu pourrait-il nous confier ?
Mais alors, que faire de cet amour ? Le pape ouvre son message pour la journée d’aujourd’hui par la citation de Saint Jean : « Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, par des actes et en vérité » (1 Jn 3, 18). Et il continue plus loin : « Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie […] Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles » (n°3). « Bénies, par conséquent, les mains qui s’ouvrent pour accueillir les pauvres et pour les secourir : ce sont des mains qui apportent l’espérance. Bénies, les mains qui surmontent toutes les barrières de culture, de religion et de nationalité en versant l’huile de consolation sur les plaies de l’humanité. Bénies, les mains qui s’ouvrent sans rien demander en échange, sans ‘‘si’’, sans ‘‘mais’’ et sans ‘‘peut-être’’ : ce sont des mains qui font descendre sur les frères la bénédiction de Dieu » (n°5).
Avec cette journée mondiale des pauvres, le pape, me semble-t-il, nous invite à vivre une journée mondiale de ceux qui sont nos maîtres – ou qui devraient l’être. De ceux qui sont ouvert, mendiant (d’argent, d’amour, d’attention, de parole, de soins, de reconnaissance, de dignité…), de ceux qui tendent et ouvrent la main. « Des maîtres qui nous aident à vivre la foi de manière plus cohérente. Par leur confiance et leur disponibilité à accepter de l’aide, ils nous montrent de manière sobre, et souvent joyeuse, combien il est important de vivre de l’essentiel et de nous abandonner à la providence du Père » (n°7). Le pape nous invite à vivre une rencontre authentique et donner lieu à un partage qui devient style de vie, comme l’est le style de vie de Jésus lui-même, lui qui s’est fait pauvre parmi les pauvres. Et à entrer, avec eux, et donc avec tous nos frères et avec Dieu, dans une relation de confiance.
La parabole nous parle de cette confiance. De la confiance qui ouvre à la fécondité et à la joie, au contraire de la peur qui enferme et mène à la mort. Oui, les pauvres nous invitent à la confiance, et par là nous ouvrent au trésor de l’Evangile.
En ces jours où, dans le secret de notre prière et dans nos rencontres paroissiales, nous réfléchissons à l’avenir de notre Eglise en Charente, que cette parabole vienne éclairer nos consciences et nos paroles. Dans la confiance d’une pauvreté évangélique, ouverte et universelle, ne traitons pas notre Eglise comme le talent du troisième homme, en l’enterrant. « Vous n’êtes pas dans les ténèbres, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour », proclame Saint Paul. « Ne restons pas endormis. » Continuons de prendre la parole, de former ensemble des communautés chrétiennes ouverte, accueillantes, priantes, joyeuses, pauvres et fécondes. En entendons encore l’appel que le pape nous lance, orientant notre réflexion et tout notre engagement : « Cette Journée entend stimuler, en premier lieu, les croyants afin qu’ils réagissent à la culture du rebut et du gaspillage, en faisant leur la culture de la rencontre. En même temps, l’invitation est adressée à tous, indépendamment de l’appartenance religieuse, afin qu’ils s’ouvrent au partage avec les pauvres, sous toutes les formes de solidarité, en signe concret de fraternité. Dieu a créé le ciel et la terre pour tous ; ce sont les hommes, malheureusement, qui ont créé les frontières, les murs et les clôtures, en trahissant le don originel destiné à l’humanité sans aucune exclusion » (n° 6).
Que l’amour que Dieu nous offre fructifie en nos cœurs, que l’Église en soit enrichie, que les pauvres de toutes sortes en soient rassasiés, et que la terre entière exulte de joie !
Amen.

P. Benoît Lecomte

En savoir plus

- Message du pape pour la journée mondiale des pauvres et les initiatives possibles

Livre des Proverbes 31,10-13.19-20.30-31.

Une femme parfaite, qui la trouvera ? Elle est précieuse plus que les perles ! Son mari peut lui faire confiance : il ne manquera pas de ressources. Elle fait son bonheur, et non pas sa ruine, tous les jours de sa vie.Elle sait choisir la laine et le lin, et ses mains travaillent volontiers. Elle tend la main vers la quenouille, ses doigts dirigent le fuseau. Ses doigts s’ouvrent en faveur du pauvre, elle tend la main au malheureux.
Le charme est trompeur et la beauté s’évanouit ; seule, la femme qui craint le Seigneur mérite la louange. Célébrez-la pour les fruits de son travail : et qu’aux portes de la ville, ses œuvres disent sa louange !

Psaume 128(127),1-2.3.4-5c.6a.

Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! À toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 5,1-6.

Pour ce qui est des temps et des moments de la venue du Seigneur, vous n’avez pas besoin, frères, que je vous en parle dans ma lettre. Vous savez très bien que le jour du Seigneur vient comme un voleur dans la nuit. Quand les gens diront : « Quelle paix ! Quelle tranquillité ! », c’est alors que, tout à coup, la catastrophe s’abattra sur eux, comme les douleurs sur la femme enceinte : ils ne pourront pas y échapper.
Mais vous, frères, comme vous n’êtes pas dans les ténèbres, ce jour ne vous surprendra pas comme un voleur. En effet, vous êtes tous des fils de la lumière, des fils du jour ; nous n’appartenons pas à la nuit et aux ténèbres. Alors, ne restons pas endormis comme les autres, mais soyons vigilants et restons sobres.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 25, 14-30

En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples cette parabole : « Un homme qui partait en voyage appela ses serviteurs et leur confia ses biens. À l’un il remit une somme de cinq talents, à un autre deux talents, au troisième un seul talent, à chacun selon ses capacités. Puis il partit.
Aussitôt, celui qui avait reçu les cinq talents s’en alla pour les faire valoir et en gagna cinq autres. De même, celui qui avait reçu deux talents en gagna deux autres. Mais celui qui n’en avait reçu qu’un alla creuser la terre et cacha l’argent de son maître.
Longtemps après, le maître de ces serviteurs revint et il leur demanda des comptes. Celui qui avait reçu cinq talents s’approcha, présenta cinq autres talents et dit : “Seigneur, tu m’as confié cinq talents ; voilà, j’en ai gagné cinq autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu deux talents s’approcha aussi et dit : “Seigneur, tu m’as confié deux talents ; voilà, j’en ai gagné deux autres.” Son maître lui déclara : “Très bien, serviteur bon et fidèle, tu as été fidèle pour peu de choses, je t’en confierai beaucoup ; entre dans la joie de ton seigneur.”
Celui qui avait reçu un seul talent s’approcha aussi et dit : “Seigneur, je savais que tu es un homme dur : tu moissonnes là où tu n’as pas semé, tu ramasses là où tu n’as pas répandu le grain. J’ai eu peur, et je suis allé cacher ton talent dans la terre. Le voici. Tu as ce qui t’appartient.” Son maître lui répliqua : “Serviteur mauvais et paresseux, tu savais que je moissonne là où je n’ai pas semé, que je ramasse le grain là où je ne l’ai pas répandu. Alors, il fallait placer mon argent à la banque ; et, à mon retour, je l’aurais retrouvé avec les intérêts. Enlevez-lui donc son talent et donnez-le à celui qui en a dix. À celui qui a, on donnera encore, et il sera dans l’abondance ; mais celui qui n’a rien se verra enlever même ce qu’il a. Quant à ce serviteur bon à rien, jetez-le dans les ténèbres extérieures ; là, il y aura des pleurs et des grincements de dents !” »

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