Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Dimanche 26 août 2018 : 21ème dimanche du TO B

Dimanche 26 août 2018 : 21ème dimanche du TO B

Puissions-nous être comptés dans la foule innombrable de tous ceux qui découvrent au cœur de l’Église la présence de Jésus et qui, même au cœur de la boue et des scandales, même aux prises au découragement disent encore comme Pierre dans évangile : « Seigneur, à qui irions-nous ? Nous croyons en toi »


A la fin de l’été, au retour des vacances, nous reprenons des nouvelles des uns et des autres… et nous nous racontons ce que nous avons vécu pendant ces dernières semaines : voyages, rencontres, repos, travail, loisirs, balades, choses heureuses ou plus douloureuses… Et à travers cet exercice de souvenir, s’exerce notre mémoire des événements et de la façon avec laquelle nous les avons vécus. Peut-être, en les racontant, prennent-ils un sens nouveau que nous n’avions pas encore décelé de prime abord. Exercice de « faire mémoire ». Non pas uniquement de récit des souvenirs, mais comme une seconde vie donnée à des événements par les récits que nous en faisons, par le sens qu’ils prennent dans notre bouche, par la place qu’ils prennent désormais dans notre vie. Récits produisant quelque chose de nouveau.
« C’est le Seigneur qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, cette maison d’esclavage ; c’est lui qui, sous nos yeux, a accompli tous ces signes et nous a protégé tout le long du chemin que nous avons parcouru. » Dans le livre de Josué, le peuple israélite fait cet exercice de se souvenir de ce qu’il a vécu avec Dieu et comment Dieu a été présent tout au long de son chemin, de la fidélité de Dieu, de son action. Et ce récit n’est pas uniquement récit d’un souvenir, il est parole nouvelle qui crée quelque chose de nouveau, à savoir une décision : « Nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu. »
L’extrait de la lettre de Paul aux Éphésiens n’est pas des plus simples à accepter et à recevoir dans notre culture et bien des questionnements seraient à lui renvoyer, mais là encore, on trouve cet exercice de mémoire opérer : comme le Christ nous a aimé, aimez-vous vous aussi les uns les autres. Car il n’y a pas de différences entre les uns et les autres, il n’y a pas de membres supérieurs aux uns ou inférieurs aux autres. De même que le Christ s’est livré pour l’Église, de même l’Église se soumets au Christ et tous les membres sont invités à se livrer les uns aux autres, à s’aimer les uns les autres jusqu’à donner leur vie. Le souvenir de cette livraison du Christ pour l’Église aiguise la foi des chrétiens qui se sentent ainsi appelés à transformer de l’intérieur toutes leurs relations, jusque dans les relations de couples.
« Écoute la voix du Seigneur, prête l’oreille de ton cœur, qui que tu sois ton Dieu t’appelle », avons-nous chanté tout à l’heure. Non pas que le Seigneur parle à chacun comme nous nous parlons les uns les autres, nous le savons bien. Mais ne vient-il pas nous parler à travers les événements et les rencontres que nous vivons ? En prenant le temps de l’écoute du cœur, dans ce travail non seulement de souvenir mais de mémoire, l’appelle se fait entendre et nous pouvons répondre.
C’est encore l’expérience des apôtres dans l’Évangile, alors même que les paroles de Jésus deviennent au mieux incompréhensibles, au pire, scandaleuses. On nous raconte que beaucoup de disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Mais Simon-Pierre, au nom des Douze, prend la parole et fait mémoire de ce compagnonnage avec Jésus et de cette Parole d’autorité nouvelle : « Tu as les paroles de la vie éternelle, Seigneur, à qui irions-nous ? » Et la décision qui découle de ce travail transforme tout : « Nous, nous croyons. »
Nous pouvons vivre les événements et les jours qui passent comme une succession inconstruite, absurde, hasardeuse. Nous pouvons aussi les comprendre, dans la lumière de la mémoire de la tête et du cœur, comme les éléments par lesquels Dieu nous parle et donne sens à nos vies. Comme des éléments qui nous indiquent la façon avec laquelle Dieu nous aime et nous est fidèle, avec laquelle il prend soin de nous et vient nous rechercher toujours et toujours, inlassablement. La façon avec laquelle il nous laisse libre mais ne nous abandonne jamais. Et de nous inviter, à cette lumière, à poser des paroles et des gestes, des décisions et des choix, à prendre notre place dans ce monde et dans l’Église, au sein de toutes nos relations, à nous situer le plus humainement possible, répondant ainsi à son appel, et à notre vocation.
A la fin de ces vacances et de cet été, à quelques jours de la rentrée, nous pouvons faire mémoire. De ces dernières semaines et d’aussi loin que nous voulons. Pour commencer l’année en l’écoutant nous parler dans notre histoire, et pour poser nos pas sur les chemins nouveaux qui nous attendent, en toute confiance de sa Présence.
Mais nous devons faire cet exercice aussi à cause de l’actualité qui brûle nos oreilles et nos cœurs.
« Le Christ a aimé L’église, il s’est livré pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée », dit Saint Paul. « Voulez-vous partir, vous aussi ? » questionne Jésus.
(Je reprends ici les mots de Yann Vagneux, prêtre MEP à Bénarès) Comment en effet n’aurions-nous pas la tentation de partir – en silence et sur la pointe des pieds ou de manière fracassante – après le tombereau de scandales que nous venons de découvrir cette semaine et qui nous font vomir bien plus que trois cuillères d’huile de foie de morue ? Comment face cette accumulation de péchés des prêtres et des évêques et, plus encore, face aux cris de l’innocence massacrée, pouvons-nous accueillir la vision de saint Paul d’une « Église, resplendissante, sans tache, ni ride, sainte et immaculée » ? Il nous est évidemment impossible d’évacuer dans l’oubli toute cette boue et tous les pleurs de ceux qui resteront à jamais inconsolables. Et le silence de notre prière communautaire voudrait accueillir ce matin tout à la fois la honte de cette boue et la douleur de ces pleurs. Pourtant, dans quelques minutes, nous allons dire ensemble : « Je crois en « L’église » une, sainte, catholique et apostolique ». A moins de le faire de façon distraite ou mécanique, comment pourrons-nous professer encore aujourd’hui la sainteté de l’Église ?
Il nous faut tenir les multiples regards sur la réalité, même s’il est parfois difficile de les accommoder tous ensemble.
Mais où est-elle cette réalité lumineuse qu’il nous faut contempler ? Elle est dans la fidélité silencieuse de tant de chrétiens dont les noms sont inscrits dans le cœur de Dieu. C’est la foule cachée de tous ceux qui poussent la porte de nos sanctuaires pour venir confier à Dieu le monde et ceux qu’ils aiment. C’est la foule discrète de ceux qui laissent l’Évangile transformer leur vie au fil des jours. C’est le chœur des petits enfants qui sont baptisés et purifient L’église par l’innocence de leur présence. C’est le long cortège de ceux qui se donnent à leurs frères et parmi lesquels se trouvent tant de prêtres et de consacrés admirables. C’est la foule oubliée de nos frères et sœurs chrétiens qui vivent quotidiennement la persécution à cause de leur foi. C’est la procession douloureuse de tous ceux dont la souffrance vient frapper à la porte de leur existence. Et la réalité lumineuse de l’Église se donne encore à voir dans tous ceux qui, tout en se sentant incapables d’accomplir ce qui leur apparaît comme des règles de douanes et de péages, désirent pourtant se rapprocher de la source silencieuse où ils pressentent trouver un supplément d’âme. Et L’église sainte et immaculée, ce sont encore nos frères musulmans ou d’autres religions qui tissent avec nous des liens d’amitiés bien plus forts que tous les fanatismes qui lacèrent le monde. Les voici, les visages de lumières avec tant d’autres encore… Et puissions-nous nous-même être comptés dans la foule innombrable de tous ceux qui découvrent au cœur de l’Église la présence de Jésus et qui, même au cœur de la boue et des scandales, même au prise au découragement et à la tentation de partir, disent encore comme Pierre dans évangile : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68). Et à tous, chrétiens et même non-chrétiens, Jésus répond comme jadis au petit pauvre d’Assise : « François, rebâtis mon Église ».
Comme l’écrivait Bernanos : « On ne réforme les vices de l’Église qu’en prodiguant l’exemple de ses vertus les plus héroïques. Il est possible que saint François d’Assise n’ait pas été moins révolté que Luther par la débauche et la simonie des prélats. Il est même certain qu’il en a plus cruellement souffert […]. Mais il n’a pas défié l’iniquité, il n’a pas tenté de lui faire front, il s’est jeté dans la pauvreté, il s’y est enfoncé le plus avant qu’il a pu, avec les siens, comme dans la source de toute rémission, de toute pureté. Au lieu d’essayer d’arracher à l’Église les biens mal acquis, il l’a comblée de trésors invisibles. »
Et lui confier, encore et encore, notre route. « Seigneur, nous ne savons pas toujours où nous allons, encore moins où tu nous conduits, tes paroles sont parfois douces comme le miel et parfois amères et dures, mais nous sentons du fond de nous-mêmes que ces paroles sont paroles de vie et de vie éternelle. Comme le peuple des tribus d’Israël, comme Simon-Pierre et les Douze, à notre tour nous te disons : ‘à qui irions-nous ?’ Nous croyons en toi et nous voulons t’écouter et te suivre. »
Amen.

P. Benoît Lecomte

Merci à Yann Vagneux, ami prêtre à Bénarès, pour ses mots. Je les fais miens.

Livre de Josué 24,1-2a.15-17.18b.

En ces jours-là, Josué réunit toutes les tribus d’Israël à Sichem ; puis il appela les anciens d’Israël, avec les chefs, les juges et les scribes ; ils se présentèrent devant Dieu.
Josué dit alors à tout le peuple : « Ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël : Vos ancêtres habitaient au-delà de l’Euphrate depuis toujours, jusqu’à Térah, père d’Abraham et de Nahor, et ils servaient d’autres dieux. S’il ne vous plaît pas de servir le Seigneur, choisissez aujourd’hui qui vous voulez servir : les dieux que vos pères servaient au-delà de l’Euphrate, ou les dieux des Amorites dont vous habitez le pays. Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur. » Le peuple répondit : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux ! C’est le Seigneur notre Dieu qui nous a fait monter, nous et nos pères, du pays d’Égypte, cette maison d’esclavage ; c’est lui qui, sous nos yeux, a accompli tous ces signes et nous a protégés tout le long du chemin que nous avons parcouru, chez tous les peuples au milieu desquels nous sommes passés. Et même le Seigneur a chassé devant nous tous ces peuples, ainsi que les Amorites qui habitaient le pays. Nous aussi, nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu. »

Psaume 34(33),2-3.16-17.20-21.22-23.

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Le Seigneur regarde les justes,
il écoute, attentif à leurs cris.
Le Seigneur affronte les méchants
pour effacer de la terre leur mémoire.

Malheur sur malheur pour le juste,
mais le Seigneur chaque fois le délivre.
Il veille sur chacun de ses os :
pas un ne sera brisé.

Le mal tuera les méchants ;
ils seront châtiés d’avoir haï le juste.
Le Seigneur rachètera ses serviteurs :
pas de châtiment pour qui trouve en lui son refuge.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,21-32.

Frères, par respect pour le Christ, soyez soumis les uns aux autres ; les femmes, à leur mari, comme au Seigneur Jésus ; car, pour la femme, le mari est la tête, tout comme, pour l’Église, le Christ est la tête, lui qui est le Sauveur de son corps. Eh bien ! puisque l’Église se soumet au Christ, qu’il en soit toujours de même pour les femmes à l’égard de leur mari. Vous, les hommes, aimez votre femme à l’exemple du Christ : il a aimé l’Église, il s’est livré lui-même pour elle, afin de la rendre sainte en la purifiant par le bain de l’eau baptismale, accompagné d’une parole ; il voulait se la présenter à lui-même, cette Église, resplendissante, sans tache, ni ride, ni rien de tel ; il la voulait sainte et immaculée. C’est de la même façon que les maris doivent aimer leur femme : comme leur propre corps. Celui qui aime sa femme s’aime soi-même. Jamais personne n’a méprisé son propre corps : au contraire, on le nourrit, on en prend soin. C’est ce que fait le Christ pour l’Église, parce que nous sommes les membres de son corps. Comme dit l’Écriture : ‘À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.’
Ce mystère est grand : je le dis en référence au Christ et à l’Église.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 6,60-69.

En ce temps-là, Jésus avait donné un enseignement dans la synagogue de Capharnaüm. Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? » Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant !... C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Il ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. »
À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. »

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