Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Dimanche 26 mars 2017 : 4ème dimanche de carême A

Dimanche 26 mars 2017 : 4ème dimanche de carême A



La présence de Dieu est action de recréation et de résurrection… ouverture de nos vies à la beauté de la Lumière pascale


On nous raconte trop souvent que le carême est un temps triste, gris, sombre. C’est au contraire un temps de joie, de retour à la vie, de paroles belles et encourageantes, un temps de recréation, un temps pour retrouver vigueur et fraîcheur ! Il est ce temps où on se laisse illuminer par Dieu, où on laisse davantage que d’ordinaire la lumière de Dieu entrer en nous, et nous visiter. Ce temps où on laisse Dieu nous rechoisir, où on se laisse aimer par Lui et par ceux qui nous entourent. Entendons bien que derrière le mot « Dieu », il ne faut pas entendre une réalité abstraite, lointaine, un peu gazeuses, mais le mot « Amour », la réalité « Amour », l’Amour-même. Le carême est ce temps où on se laisse rechoisir par l’Amour et renouveler dans l’Amour. Alors, triste, le carême ? Ou temps pour se laisser faire entre les mains de l’Amour ?
Étonnant gestes de Jésus ouvrant les yeux de l’aveugle : de la salive, de la boue, comme si le potier se remettait au travail pour renouveler son œuvre, comme l’acte créateur de Dieu qui n’en fini jamais de nous façonner à nouveau.
Les récits de ce jour nous ramènent à la source. A la source de la vie, à la source de notre printemps : au baptême. Samuel verse la corne pleine d’huile sur la tête du jeune David, et voilà que l’Esprit du Seigneur s’empara de lui. Comme toi et moi lorsqu’un jour, il y a peu ou très longtemps, un prêtre nous a versé l’huile sainte sur la tête. La même huile, aux mêmes effets. Nous voilà Temples de l’Esprit.
Plusieurs siècles après David, l’aveugle ouvre les yeux et par l’action de Jésus voit la lumière entrer en lui et envelopper toute son existence. Nouvelle naissance. Plus rien de sa vie ne sera comme avant. Comme toi et moi, le jour où on nous a plongés dans l’eau du baptême. Nous en sommes ressortis comme neufs. Peut-être étais-tu trop petit pour t’en rendre compte, mais si tu as eu l’occasion de partager le baptême d’un jeune ou d’un adulte, tu as pu voir dans leur regard la beauté de leur cœur totalement renouvelé. Et c’est cela qui s’est passé aussi, pour toi comme pour moi, dans la secrète mémoire de notre histoire. Comme saisis par une grâce plus grande que nous et si douce et chaude qu’elle envahie le moindre recoin de notre être.
Cadeau.
La vue est le cadeau que Jésus fait à cet homme. L’onction est le cadeau de Dieu que Samuel fait à David, pour que David devienne cadeau pour son peuple en étant un roi juste.
Cadeau, que ce baptême reçu un jour du temps pour que chaque jour devienne lumière. Car il ne suffit pas d’être baptisé un jour. La lumière n’est pas faite pour être éteinte. On imagine bien que l’aveugle ne voudra pas faire marche arrière et retrouver sa cécité. Et nous voudrions, nous, que notre baptême soit une parenthèse de notre histoire, la fête d’un moment, le temps d’un instant ?
Non. « Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière », disait l’apôtre Paul. Maintenant. Donc aujourd’hui. Aujourd’hui, tu es lumière, comme l’aveugle qu’il ne faut plus appeler l’aveugle. Tu es lumière, tu n’es donc pas ténèbres. Et même si tu traverses quelques ravins de la mort, chantait le psaume, tu ne crains aucun mal, parce que la mort t’a déjà traversé une fois et elle n’a rien pu contre toi. Tu es vivant et rien ne peut arrêter cette vie qui est en toi. Ressuscité. Lumière lumineuse, resplendissant du vêtement blanc. Qu’irais-tu chercher d’intéressant dans les ténèbres ? « Réveille-toi, ô toi qui dors ! » Ne laisse pas endormie la vie que Dieu t’a offerte en cadeau.
Ne la laisse pas endormie parce que le monde en a besoin. Non pas que ceux qui n’ont pas reçu le baptême ne soient pas de véritables vivants ! Eux aussi vivent de l’Esprit de vie qui se joue de nos rites et de nos catégories pour se nicher dans le cœur de tous les hommes ! Mais le baptême que tu as reçu fait que tu sais qui est Celui qui nous aime tant. Tu le connais, et tu sais le reconnaître. Il est un ami, un confident, un frère, un amant… Il est bon d’être aimé. Mais n’est-ce pas encore plus beau de savoir qui nous aime, et de pouvoir être en relation et en dialogue avec Lui ? Toi, baptisé, tu peux dire son nom à ceux qui cherchent. Même si tu n’es pas toujours bien sûr de toi – et qui peut se vanter de l’être ? - tu peux dire Son Nom car tu as été baptisé en Lui. « Et qui est-il, Seigneur, pour que je crois en qui ? », demande l’ancien aveugle, le voyant ? « Tu le vois, et c’est lui qui te parle », répond Jésus. Et l’amitié est née.
Le connaîtrons-nous un jour pleinement ? Sûrement, nous tâtonnerons et nous chercherons toute votre vie, car il est l’insondable, l’inépuisable, l’insaisissable. Mais il est aussi le Tout-Présent, le Toute-Vie, le Toute-Confiance, le Tout-Amour.
La semaine dernière, la Parole de Dieu nous emmenait avec une Samaritaine au bord d’un puits. Aujourd’hui elle nous emmène à la source du baptême. Le chemin de carême se fait chemin de profondeurs ravivant notre conscience de la présence de Dieu avec nous… et sa présence est action de recréation et de résurrection… ouverture de nos vies à la beauté de la Lumière pascale…
Que la lumière que nous recevons de lui ouvre nos yeux de vieux voyants devenus parfois aveugles, et que nos cœurs, nos vies et le monde en soient illuminés… joyeusement !
Amen

P. Benoît Lecomte



Premier livre de Samuel 16,1b.6-7.10-13a.

En ces jours-là, le Seigneur dit à Samuel : « Prends une corne que tu rempliras d’huile, et pars ! Je t’envoie auprès de Jessé de Bethléem, car j’ai vu parmi ses fils mon roi. »
Lorsqu’ils arrivèrent et que Samuel aperçut Éliab, il se dit : « Sûrement, c’est lui le messie, lui qui recevra l’onction du Seigneur ! » Mais le Seigneur dit à Samuel : « Ne considère pas son apparence ni sa haute taille, car je l’ai écarté. Dieu ne regarde pas comme les hommes : les hommes regardent l’apparence, mais le Seigneur regarde le cœur. » Jessé présenta ainsi à Samuel ses sept fils, et Samuel lui dit : « Le Seigneur n’a choisi aucun de ceux-là. »
Alors Samuel dit à Jessé : « N’as-tu pas d’autres garçons ? » Jessé répondit : « Il reste encore le plus jeune, il est en train de garder le troupeau. » Alors Samuel dit à Jessé : « Envoie-le chercher : nous ne nous mettrons pas à table tant qu’il ne sera pas arrivé. » Jessé le fit donc venir : le garçon était roux, il avait de beaux yeux, il était beau. Le Seigneur dit alors : « Lève-toi, donne-lui l’onction : c’est lui ! » Samuel prit la corne pleine d’huile, et lui donna l’onction au milieu de ses frères. L’Esprit du Seigneur s’empara de David à partir de ce jour-là.

Psaume 23(22),1-2ab.2c-3.4.5.6.

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 5,8-14.

Frères, autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant, dans le Seigneur, vous êtes lumière ; conduisez-vous comme des enfants de lumière – or la lumière a pour fruit tout ce qui est bonté, justice et vérité – et sachez reconnaître ce qui est capable de plaire au Seigneur. Ne prenez aucune part aux activités des ténèbres, elles ne produisent rien de bon ; démasquez-les plutôt. Ce que ces gens-là font en cachette, on a honte même d’en parler. Mais tout ce qui est démasqué est rendu manifeste par la lumière, et tout ce qui devient manifeste est lumière. C’est pourquoi l’on dit : Réveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 9,1-41.

En ce temps-là, en sortant du Temple, Jésus vit sur son passage un homme aveugle de naissance.
Ses disciples l’interrogèrent : « Rabbi, qui a péché, lui ou ses parents, pour qu’il soit né aveugle ? »
Jésus répondit : « Ni lui, ni ses parents n’ont péché. Mais c’était pour que les œuvres de Dieu se manifestent en lui. Il nous faut travailler aux œuvres de Celui qui m’a envoyé, tant qu’il fait jour ; la nuit vient où personne ne pourra plus y travailler. Aussi longtemps que je suis dans le monde, je suis la lumière du monde. »
Cela dit, il cracha à terre et, avec la salive, il fit de la boue ; puis il appliqua la boue sur les yeux de l’aveugle, et lui dit : « Va te laver à la piscine de Siloé » – ce nom se traduit : Envoyé. L’aveugle y alla donc, et il se lava ; quand il revint, il voyait. Ses voisins, et ceux qui l’avaient observé auparavant – car il était mendiant – dirent alors : « N’est-ce pas celui qui se tenait là pour mendier ? » Les uns disaient : « C’est lui. » Les autres disaient : « Pas du tout, c’est quelqu’un qui lui ressemble. » Mais lui disait : « C’est bien moi. »
Et on lui demandait : « Alors, comment tes yeux se sont-ils ouverts ? » Il répondit : « L’homme qu’on appelle Jésus a fait de la boue, il me l’a appliquée sur les yeux et il m’a dit : “Va à Siloé et lave-toi.” J’y suis donc allé et je me suis lavé ; alors, j’ai vu. » Ils lui dirent : « Et lui, où est-il ? » Il répondit : « Je ne sais pas. »
On l’amène aux pharisiens, lui, l’ancien aveugle. Or, c’était un jour de sabbat que Jésus avait fait de la boue et lui avait ouvert les yeux. À leur tour, les pharisiens lui demandaient comment il pouvait voir. Il leur répondit : « Il m’a mis de la boue sur les yeux, je me suis lavé, et je vois. » Parmi les pharisiens, certains disaient : « Cet homme-là n’est pas de Dieu, puisqu’il n’observe pas le repos du sabbat. » D’autres disaient : « Comment un homme pécheur peut-il accomplir des signes pareils ? » Ainsi donc ils étaient divisés. Alors ils s’adressent de nouveau à l’aveugle : « Et toi, que dis-tu de lui, puisqu’il t’a ouvert les yeux ? » Il dit : « C’est un prophète. »
Or, les Juifs ne voulaient pas croire que cet homme avait été aveugle et que maintenant il pouvait voir. C’est pourquoi ils convoquèrent ses parents et leur demandèrent : « Cet homme est bien votre fils, et vous dites qu’il est né aveugle ? Comment se fait-il qu’à présent il voie ? » Les parents répondirent : « Nous savons bien que c’est notre fils, et qu’il est né aveugle. Mais comment peut-il voir maintenant, nous ne le savons pas ; et qui lui a ouvert les yeux, nous ne le savons pas non plus. Interrogez-le, il est assez grand pour s’expliquer. » Ses parents parlaient ainsi parce qu’ils avaient peur des Juifs. En effet, ceux-ci s’étaient déjà mis d’accord pour exclure de leurs assemblées tous ceux qui déclareraient publiquement que Jésus est le Christ. Voilà pourquoi les parents avaient dit : « Il est assez grand, interrogez-le ! »
Pour la seconde fois, les pharisiens convoquèrent l’homme qui avait été aveugle, et ils lui dirent : « Rends gloire à Dieu ! Nous savons, nous, que cet homme est un pécheur. » Il répondit : « Est-ce un pécheur ? Je n’en sais rien. Mais il y a une chose que je sais : j’étais aveugle, et à présent je vois. » Ils lui dirent alors : « Comment a-t-il fait pour t’ouvrir les yeux ? » Il leur répondit : « Je vous l’ai déjà dit, et vous n’avez pas écouté. Pourquoi voulez-vous m’entendre encore une fois ? Serait-ce que vous voulez, vous aussi, devenir ses disciples ? » Ils se mirent à l’injurier : « C’est toi qui es son disciple ; nous, c’est de Moïse que nous sommes les disciples. Nous savons que Dieu a parlé à Moïse ; mais celui-là, nous ne savons pas d’où il est. »
L’homme leur répondit : « Voilà bien ce qui est étonnant ! Vous ne savez pas d’où il est, et pourtant il m’a ouvert les yeux. Dieu, nous le savons, n’exauce pas les pécheurs, mais si quelqu’un l’honore et fait sa volonté, il l’exauce. Jamais encore on n’avait entendu dire que quelqu’un ait ouvert les yeux à un aveugle de naissance. Si lui n’était pas de Dieu, il ne pourrait rien faire. »
Ils répliquèrent : « Tu es tout entier dans le péché depuis ta naissance, et tu nous fais la leçon ? » Et ils le jetèrent dehors.
Jésus apprit qu’ils l’avaient jeté dehors. Il le retrouva et lui dit : « Crois-tu au Fils de l’homme ? »
Il répondit : « Et qui est-il, Seigneur, pour que je croie en lui ? » Jésus lui dit : « Tu le vois, et c’est lui qui te parle. » Il dit : « Je crois, Seigneur ! » Et il se prosterna devant lui.
Jésus dit alors : « Je suis venu en ce monde pour rendre un jugement : que ceux qui ne voient pas puissent voir, et que ceux qui voient deviennent aveugles. »
Parmi les pharisiens, ceux qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : « Serions-nous aveugles, nous aussi ? » Jésus leur répondit : « Si vous étiez aveugles, vous n’auriez pas de péché ; mais du moment que vous dites : “Nous voyons !”, votre péché demeure. »

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