Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Dimanche 5 mars : 1er dimanche de Carême A

Dimanche 5 mars : 1er dimanche de Carême A


Que ce temps de carême nous ouvre à notre profonde identité, à la vérité de notre humanité : celle d’êtres de relations, en solidarité avec tous les hommes de l’espace et du temps, frères et sœurs d’une unique famille.



Fresque et bouquet
Nous avions placé l’Avent 2016 sous le signe de l’arbre planté dans la mer pour dire que la foi nous fait traverser l’impossible afin que la vie jaillisse. A la suite de Jésus qui est venu s’enraciner dans notre humanité pour nous nourrir de sa vie.

Aujourd’hui, c’est encore l’arbre qui s’impose : arbre de vie de la Genèse planté au milieu du jardin de notre vie et arbre de la connaissance du bien et du mal pour éclairer notre chemin et nous garder de la recherche du pouvoir comme Jésus l’a fait en dominant les tentations.

Deux arbres, comme des frères qui se respectent, ce que nous sommes appelés à vivre : une fraternité concrète dans la connaissance et le respect de l’autre.

Deux arbres appelés à n’en faire qu’un. C’est ainsi que l’arbre de la croix vient s’inscrire au service de la vie tandis que le tissage au pied de la croix traduit notre volonté de fraternité.

Homélie

1er dimanche de carême : le récit des tentations de Jésus vient sonner comme la première étape de notre chemin vers Pâques. Parce que le chemin ne sera pas de tout repos, parce qu’il nous faut rester vigilants, les yeux fixés sur l’horizon de la Résurrection du Christ pour déjà en vivre aujourd’hui. Mais aussi parce que Dieu, dans une solidarité extrême avec chacun de nous, oui, Dieu lui-même accepte d’entrer dans le combat.
On a déjà dit des milliers de choses sur ce récit des tentations. Mais je voudrais le lire avec vous aujourd’hui avec le filtre que nous avons choisi de vivre pour notre carême communautaire : celui de la fraternité.
Car une chose vient nous interpeller à l’écoute de l’Evangile : ces tentations viennent toucher à la capacité de relations de l’homme.
« Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains », annonce le tentateur. Autrement dit, si tu es Fils de Dieu, tu peux te débrouiller seul pour ta subsistance. Tu n’as besoin de personne d’autre. Tu n’as pas besoin du travail d’une chaîne humaine immense de solidarités diverses, tu es auto-suffisant. Mais « L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu », répond Jésus. La parole, la relation est aussi nourrissante que le pain, voire davantage peut-être, parfois. On connaît la détresse de la solitude et de l’isolement, la peine de ceux qui ne parlent jamais à quelqu’un. L’homme seul est un homme mort, car l’homme est là pour être avec les autres, échanger, discuter, parler. Parole de Dieu, et parole des hommes, dans un dialogue créateur d’humanité. La tentation de l’autosuffisance est repoussée par Jésus pour nous rétablir dans un tissu de relation essentiel à nos vies.
Le tentateur le comprend bien, et s’appuie alors sur les relations que l’on peut nouer. « Si tu es Fils de Dieu, poursuit-il, jette-toi en bas du sommet du Temple ; car il est écrit : « Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains. » Relation tordue, fraternité faussée, où l’autre est utilisé comme moyen en vue de ses propres fins. « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu », répond Jésus. Comme tu ne mettras pas à l’épreuve ton voisin, ton collègue ou ton conjoint, tu ne l’utiliseras pas en fonction de tes besoins, tu ne feras pas de lui ce dont tu as besoin, mais tu l’accueilleras pour ce qu’il est, un enfant de Dieu aimé et aimant, à recevoir dans toute sa richesse, dans toute sa complexité, dans tout son mystère.
Reste la dernière tentation, celle de se prosterner devant le tentateur. La relation à Dieu est mise en question : devant quel Dieu nous prosternons-nous ? Tentation multiforme aujourd’hui encore, quand nous nous mettons au service des forces de mort davantage qu’au service des forces de vie. Choix de tous les jours ou grands choix de société, la question de nos relations et de la fraternité dépasse nos simples voisinages et nous entraîne dans des solidarités à grandes échelles : nationales, internationales, avec les générations futures… Questions de discernement, jamais évident parce que souvent subtil où il nous faut choisir le bien entre un mal et un moins mal… Saurons-nous nous prosterner toujours devant le seul Seigneur qui est tout amour, toute tendresse et toute miséricorde ?
Il y a de quoi lire ce récit évangélique – et nourrir notre carême communautaire – avec le souci de la fraternité, de la relation, de la solidarité humaine. Jésus vient nous redire, par ses réponses, l’identité de l’homme, celle de l’Adam primitif qui reçu le souffle de vie dans ses narines par le Seigneur, et qui par ce souffle devint un vivant. Cet homme modelé vraiment homme, parce que masculin et féminin, homme et femme en relation, d’une relation pleine et parfaite, sans arrière pensée, idyllique. C’est ainsi que Dieu crée l’homme à son image : dans la relation anthropologique de l’homme et de la femme, dans la complémentarité des différences. Le serpent, nous rappelle le livre de la Genèse, ce premier tentateur, ne viendra que brouiller les relations entre l’homme, la femme et Dieu. Avec pour conséquence la naissance de la solitude, de l’isolement, de la surveillance, de la jalousie, de la méfiance, de la honte. Parfois pris nous-mêmes dans ces écueils, nous savons que là n’est pas notre but. Notre but et notre victoire est bien d’être vraiment sauvés par la réponse de Jésus au diviseur. Lui, Jésus, est maître de la réconciliation, de la communion, de l’unité, Frère universel invite à retrouver en nos vies la fraternité universelle originelle, celle du projet de Dieu pour nous.

Par notre initiative de petites fraternités, que ce temps de carême nous ouvre non pas seulement aux autres, mais également à nous-mêmes, à notre profonde identité, à la vérité de notre humanité : celle d’êtres de relations, en solidarité avec tous les hommes de l’espace et du temps, frères et sœurs d’une unique famille qui n’a pour seul Père, Dieu, et pour unique grand Frère, Jésus, le Vivant pour l’éternité.
Amen.

P. Benoît Lecomte

Livre de la Genèse 2,7-9.3,1-7a.

Le Seigneur Dieu modela l’homme avec la poussière tirée du sol ; il insuffla dans ses narines le souffle de vie, et l’homme devint un être vivant. Le Seigneur Dieu planta un jardin en Éden, à l’orient, et y plaça l’homme qu’il avait modelé. Le Seigneur Dieu fit pousser du sol toutes sortes d’arbres à l’aspect désirable et aux fruits savoureux ; il y avait aussi l’arbre de vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal.
Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que le Seigneur Dieu avait faits. Il dit à la femme : « Alors, Dieu vous a vraiment dit : “Vous ne mangerez d’aucun arbre du jardin” ? » La femme répondit au serpent : « Nous mangeons les fruits des arbres du jardin. Mais, pour le fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : “Vous n’en mangerez pas, vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez.” » Le serpent dit à la femme : « Pas du tout ! Vous ne mourrez pas ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal. » La femme s’aperçut que le fruit de l’arbre devait être savoureux, qu’il était agréable à regarder et qu’il était désirable, cet arbre, puisqu’il donnait l’intelligence. Elle prit de son fruit, et en mangea. Elle en donna aussi à son mari, et il en mangea. Alors leurs yeux à tous deux s’ouvrirent et ils se rendirent compte qu’ils étaient nus.

Psaume 51(50),3-4.5-6ab.12-13.14.17.

Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Oui, je connais mon péché,
ma faute est toujours devant moi.
Contre toi, et toi seul, j’ai péché,
ce qui est mal à tes yeux, je l’ai fait.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Rends-moi la joie d’être sauvé ;
que l’esprit généreux me soutienne.
Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12-19.

Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché. Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi. Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir. Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ. Le don de Dieu et les conséquences du péché d’un seul n’ont pas la même mesure non plus : d’une part, en effet, pour la faute d’un seul, le jugement a conduit à la condamnation ; d’autre part, pour une multitude de fautes, le don gratuit de Dieu conduit à la justification.
Si, en effet, à cause d’un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a établi son règne, combien plus, à cause de Jésus Christ et de lui seul, régneront-ils dans la vie, ceux qui reçoivent en abondance le don de la grâce qui les rend justes.
Bref, de même que la faute commise par un seul a conduit tous les hommes à la condamnation, de même l’accomplissement de la justice par un seul a conduit tous les hommes à la justification qui donne la vie. En effet, de même que par la désobéissance d’un seul être humain la multitude a été rendue pécheresse, de même par l’obéissance d’un seul la multitude sera-t-elle rendue juste.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 4,1-11.

En ce temps-là, Jésus fut conduit au désert par l’Esprit pour être tenté par le diable. Après avoir jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim. Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. » Mais Jésus répondit : « Il est écrit : ‘L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.’ »
Alors le diable l’emmène à la Ville sainte, le place au sommet du Temple et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu, jette-toi en bas ; car il est écrit : ‘Il donnera pour toi des ordres à ses anges, et : Ils te porteront sur leurs mains, de peur que ton pied ne heurte une pierre.’ » Jésus lui déclara : « Il est encore écrit : ‘Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu.’ »
Le diable l’emmène encore sur une très haute montagne et lui montre tous les royaumes du monde et leur gloire. Il lui dit : « Tout cela, je te le donnerai, si, tombant à mes pieds, tu te prosternes devant moi. »
Alors, Jésus lui dit : « Arrière, Satan ! car il est écrit : ‘C’est le Seigneur ton Dieu que tu adoreras, à lui seul tu rendras un culte.’ » Alors le diable le quitte. Et voici que des anges s’approchèrent, et ils le servaient.

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