Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie de la Toussaint

"Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer ! Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes."


Au risque de se répéter, la Toussaint n’est pas le jour de mémoire des défunts (qui aura lieu demain, le 2 novembre), mais bien la fête de tous les saints. Celle de tous les témoins de l’Evangile au cours de l’Histoire. Celle de tous les disciples de Jésus-Christ à travers les siècles et les cultures. Celle de tous ceux qui viendront aussi après nous, car la fête de tous les saints est la fête de TOUS les saints : ceux d’hier, ceux d’aujourd’hui, ceux de demain. La fête « d’une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes les nations, tribus, peuples et langues. » Elle est récapitulation, anticipation de la réalisation d’une promesse. Étonnamment, mystérieusement, la fête de la Toussaint nous ôte du temps pour nous placer déjà, avec tous les saints, dans l’éternité de la vie de Dieu.
Nous voici en fête dans une grande communion de relation avec tous les saints de tous les temps qui nous « encouragent à ne pas nous arrêter en chemin et nous incitent à continuer de marcher vers le but » (Gaudete et Exultate, 3). Voilà qui peut être rassurant et réconfortant pour chacun de nous. Quand nous pouvons être tentés par le découragement ou la lassitude devant la radicalité de l’évangile, quand nous sommes en proie aux compromis à faire, aux questionnements ou au doutes, nous pouvons nous rappeler que nous fêtons la Toussaint. Autrement dit, que Dieu ne sauve pas des individus individuellement et séparément les uns des autres. Mais il sauve l’humanité en peuple. Il convoque un peuple, il rassemble un peuple, il sauve un peuple. Il vient nous sauver dans les interactions relationnelles que nous avons les uns avec les autres. Il nous sauve en nous entraînant « en peuple » avec lui à sa suite.
Il nous sauve en Eglise. Cette Eglise que nous professons comme « sainte » dans le credo, et que nous pouvons avoir du mal à reconnaître comme sainte. Que de crimes et de délits, que d’inattentions et de négligences, que de silences coupables qui éloignent de la sainteté que nous attendrions ! Mais voilà, on ne proclame pas l’Église « sainte » parce que « l’organisation Eglise » aurait atteint un degré de perfection indépassable. Nous ne le savons que trop ! Mais nous la déclarons « sainte » parce que nous reconnaissons qu’elle trouve sa source en Dieu, son appel en Dieu, sa raison d’être en Dieu. Et, faite d’une humanité pécheresse, elle ne cesse de se tourner vers Dieu pour accueillir de lui son pardon et continuer de progresser sur un chemin de sainteté.
Ce qui est vrai pour l’Église est vrai pour chacun de nous. Comment nous reconnaître, nous-mêmes, comme « saints » ? Au-delà du sentiment de prétention que nous pourrions avoir, nous savons bien que nous ne sommes pas « saints » au sens où nous serions totalement investis des vertus de sainteté que l’on a reconnu chez les saints connus. Mais la fête d’aujourd’hui vient réveiller en nous, et nous en avons besoin, le désir de sainteté. Le désir d’ajustement à l’Evangile. Le désir de réponse à l’appel ultime de Dieu. Le désir de grandir dans l’amour de Dieu et dans ce qui est notre vocation la plus intime et la plus secrète : celle de devenir des fils et des filles de l’Amour. « Vous êtes devenus saints car je suis saint », rappelle la Parole de Dieu dans les Ecritures (Lv 11, 44 ; 1P 1, 16). Et l’appel à la sainteté s’adresse à chacun de nous, et à toi aussi. « Nous sommes tous appelés à être des saints en vivant avec amour et en offrant un témoignage personnel dans nos préoccupations quotidiennes, là où chacun se trouve », rappelle le pape François (GE 14). Il s’agit de laisser la grâce de notre baptême porter du fruit en permettant à Dieu de le laisser nous rechoisir chaque jour. La fête de la Toussaint ne nous laisse pas de marbre. Elle vient au contraire réchauffer ce qui peut être refroidi et endormi en nous. « Pour nous tous, c’est un rappel fort, dit encore le pape. Toi aussi, tu as besoin de percevoir la totalité de ta vie comme une mission […] Puisses-tu reconnaître quelle est cette parole, ce message de Jésus que Dieu veut délivrer au monde par ta vie ! Laisse-toi transformer, laisse-toi renouveler par l’Esprit pour que cela soit possible, et qu’ainsi ta belle mission ne soit pas compromise. Le Seigneur l’accomplira même au milieu de tes erreurs et de tes mauvaises passes, pourvu que tu n’abandonnes pas le chemin de l’amour. » (GE 23 – 24)
Le chemin de l’amour, il nous est indiqué dans l’évangile de ce jour. Il est chemin de bonheur, d’un bonheur en contradiction avec les bonheurs et les plaisirs du monde, mais un bonheur profond, humain, qui vient rencontrer notre désir le plus profond de paix, de fraternité, de communion, de relations justes, de tendresse, de dignité, de respect… Un bonheur de compassion, qui ne se trouve qu’avec un cœur tendre et plein d’amour. Il est un bonheur qui n’écrase pas, mais relève, ne critique pas mais encourage, n’abandonne pas mais accompagne, ne prend pas pour soi mais offre sans attendre en retour. Ce bonheur est le secret de notre humanité. Mais ce secret est ici dévoilé, révélé par la parole de Jésus, par celui qui a su mettre en œuvre toutes ces béatitudes, qui nous donne de pouvoir les mettre en pratique par son Esprit qui habite en nous. Car « dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu. » Et la manifestation de ce que nous sommes n’est rien d’autre que la participation à la sainteté de Dieu, à la grandeur de son amour, à la chaleur de sa proximité.
Que cette fête de la Toussaint soit pour nous encouragement sur nos chemins personnels et communautaires, pour répondre avec confiance à l’appel du Seigneur et devenir, jour après jour, dans la communion de tous ceux qui nous entourent, ici-bas ou ailleurs, des serviteurs de l’Amour, des aimants d’humanité.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Lecture de l’Apocalypse de saint Jean

Moi, Jean,
j’ai vu un ange
qui montait du côté où le soleil se lève,
avec le sceau qui imprime la marque du Dieu vivant ;
d’une voix forte, il cria aux quatre anges
qui avaient reçu le pouvoir de faire du mal à la terre et à la mer :
« Ne faites pas de mal à la terre,
ni à la mer, ni aux arbres,
avant que nous ayons marqué du sceau
le front des serviteurs de notre Dieu. »
Et j’entendis le nombre de ceux qui étaient marqués du sceau :
ils étaient cent quarante-quatre mille,
de toutes les tribus des fils d’Israël.

Après cela, j’ai vu :
et voici une foule immense,
que nul ne pouvait dénombrer,
une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues.
Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau,
vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
Et ils s’écriaient d’une voix forte :
« Le salut appartient à notre Dieu
qui siège sur le Trône
et à l’Agneau ! »
Tous les anges se tenaient debout autour du Trône,
autour des Anciens et des quatre Vivants ;
se jetant devant le Trône, face contre terre,
ils se prosternèrent devant Dieu.
Et ils disaient :
« Amen !
Louange, gloire, sagesse et action de grâce,
honneur, puissance et force
à notre Dieu, pour les siècles des siècles ! Amen ! »
L’un des Anciens prit alors la parole et me dit :
« Ces gens vêtus de robes blanches,
qui sont-ils, et d’où viennent-ils ? »
Je lui répondis :
« Mon seigneur, toi, tu le sais. »
Il me dit :
« Ceux-là viennent de la grande épreuve ;
ils ont lavé leurs robes,
ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau. »

Psaume

Au Seigneur, le monde et sa richesse,
la terre et tous ses habitants !
C’est lui qui l’a fondée sur les mers
et la garde inébranlable sur les flots.

Qui peut gravir la montagne du Seigneur
et se tenir dans le lieu saint ?
L’homme au cœur pur, aux mains innocentes,
qui ne livre pas son âme aux idoles.

Il obtient, du Seigneur, la bénédiction,
et de Dieu son Sauveur, la justice.
Voici le peuple de ceux qui le cherchent !
Voici Jacob qui recherche ta face !

Lecture de la première lettre de saint Jean

Bien-aimés,
voyez quel grand amour nous a donné le Père
pour que nous soyons appelés enfants de Dieu
– et nous le sommes.
Voici pourquoi le monde ne nous connaît pas :
c’est qu’il n’a pas connu Dieu.
Bien-aimés,
dès maintenant, nous sommes enfants de Dieu,
mais ce que nous serons n’a pas encore été manifesté.
Nous le savons : quand cela sera manifesté,
nous lui serons semblables
car nous le verrons tel qu’il est.
Et quiconque met en lui une telle espérance
se rend pur comme lui-même est pur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu

En ce temps-là,
voyant les foules, Jésus gravit la montagne.
Il s’assit, et ses disciples s’approchèrent de lui.
Alors, ouvrant la bouche, il les enseignait.
Il disait :
« Heureux les pauvres de cœur,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux ceux qui pleurent,
car ils seront consolés.
Heureux les doux,
car ils recevront la terre en héritage.
Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice,
car ils seront rassasiés.
Heureux les miséricordieux,
car ils obtiendront miséricorde.
Heureux les cœurs purs,
car ils verront Dieu.
Heureux les artisans de paix,
car ils seront appelés fils de Dieu.
Heureux ceux qui sont persécutés pour la justice,
car le royaume des Cieux est à eux.
Heureux êtes-vous si l’on vous insulte,
si l’on vous persécute
et si l’on dit faussement toute sorte de mal contre vous,
à cause de moi.
Réjouissez-vous, soyez dans l’allégresse,
car votre récompense est grande dans les cieux ! »

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