Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie de la nuit de Noël

Retrouvez aussi les photos de cette messe : "Dieu naît au milieu de nous"


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L’actualité de ces derniers mois est riche : de l’arrivée d’une vague de migrants à la solidarité entre pays au moment de la COP 21, des violences les plus aveugles aux solidarités les plus réelles, notre monde et nous-mêmes sommes parfois abasourdis par la quantité et la gravité de toutes ces informations. Et qu’elles soient difficiles ou joyeuses, ces nouvelles traversent aussi nos vies personnelles, familiales, professionnelles... Au milieu de tout cela, nous avons soif, aussi, de légèreté, de gratuité, de détente... La fête de Noël arrive là, ce soir, maintenant, un peu étrangement, au milieu de tout ce basard. On pourra la trouver décaller, ou penser qu’elle tombe à point nommé.
Mais nous nous sommes retrouvés, ce soir. En famille pour beaucoup, ou avec des amis. Et ces relations sont précieuses. Elles sont les liens auxquels nous tenons, les liens qui nous font tenir debout et qui nous donnent de la joie.
La joie de Noël est déjà là, dans ce temps de partage et d’échanges.
Et à la source de cette fête, et de cette joie, il y a l’enfant qui est au cœur des récits que nous venons d’entendre. L’enfant qui est né dans une étable il y a 2000 ans, dont les parents venaient de Nazareth, qui vient au jour à Bethléem, et qui devra très vite fuir en Egypte avant de revenir sur la terre de ses parents... Jésus, l’un des migrants. Nous pourrions passer à côté de cet événement. Une naissance est toujours un événement, mais il y en a tant chaque jour ! Alors l’une d’entre elles il y a 2000 ans... !
Pourtant cette naissance est différente des autres. En tout cas, nous la reconnaissons différente. Car elle est la naissance de Dieu. Lui-même. Dieu en personne. Jésus.
Cette histoire aurait déjà de l’intérêt et pourrait surprendre si elle n’était qu’une histoire du passé. Mais l’intérêt n’en serait que limité.
L’extraordinaire n’est pas dans la crêche d’antant, il est ailleurs.
Il est en toi.
Je m’explique.
Croire que Jésus est le Fils de Dieu est sûrement un bel acte de foi en Dieu, qui demande à être repris régulièrement tant il est insondable.
Mais ce soir, c’est Dieu qui fait un acte de foi. En nous. En toi. En l’Homme. L’arrivée de Jésus est la révélation d’un réalité si grande et si mystérieuse : Dieu vient naître en toi. Tu es la crêche. Tu es l’espace où Dieu vient habiter. Ce monde dont tu es un condensé, est le lieu où Dieu vient naître et habiter.
C’est là tout le mystère de Noël.
Evidemment, quand je dis « Dieu », je ne parle pas d’un dieu conceptuel, ni d’une idée de Dieu. Je parle du Dieu que ce Jésus vient nous révéler : de Dieu comme l’élan d’amour qui ouvre à la vie, à la joie et à la communion. « Il s’agit du Dieu qui nous conduit à la racine de notre être pour en faire un pur élan d’amour » (M. Zundel). Un Dieu que nous éprouvons lorsque nous vivons de cet amour intérieur et universel, que nous expérimentons lorsque nous nous percevons en communion avec toute la Création. Il est ce Dieu réellement présent dans une humanité qui Le laisse transparaître.
Bref, c’est ce Dieu qui vient naître en toi. Quoi que tu penses de ta vie. L’amour vient s’y nicher, et y prendre corps. C’est de là, du milieu de toi qu’il se rend présent, à toi et au monde.
Il se peut que Noël soit une grande fête pour Dieu... mais c’est une grande fête pour l’Homme. Car il y découvre sa dimension la plus ultime, sa vocation la plus sublime : être le lieu de la naissance de l’élan de l’amour.
Tu es le lieu de la naissance de l’élan de l’amour ! Tu as la capacité de donner naissance à Dieu ! Par toi, Dieu naît en ce monde !
Cette simple nouvelle nous ouvre à une énorme responsabilité, personnelle et collective. Mais cette nouvelle doit aussi pouvoir changer le monde. Et transformer nos vies. En ne nous regardant plus comme des pauvres êtres condamnés à se fermer sur eux-mêmes et à se protéger des autres, mais au contraire, à nous reconnaître liés les uns et les autres, et porteurs d’un potentiel de joie, de tendresse et d’amitié, qui se révèle à la mesure où nous laissons Dieu naître en nous.
Je me rappelle cette jolie prière que nous avons pris ensemble, au premier jour du temps de l’Avent :
« Avant que Tu ne naisses, Jésus, Joseph et Marie n’avaient trouvé que des maisons aux portes fermées : fermées au secret de Dieu. Mon cœur peut aussi être ouvert ou fermé pour aimer. Mes mains peuvent aussi être ouvertes ou fermées pour donner. Ma vie peut aussi être ouverte ou fermée pour faire vivre.
Aujourd’hui, Jésus, Tu ne nais plus dans une étable ; mais Tu veux naître, dire le secret de Dieu, dans toutes les maisons, dans tous les cœurs. Tu veux déposer le baiser de Dieu sur tous les visages. Tu veux des millions de crèches pour habiter le monde. Tu veux des millions de cœurs pour donner ta paix sur la terre. Tu veux des millions de visages pour donner la paix de Dieu. »
C’est du milieu de nous que tu nous rejoins ce soir. Seigneur, fais de notre monde, de notre Église et de nos vies la crêche de ta naissance. Que ce Noël soit la fête de ta naissance en nous, de ta présence en notre monde, de ton amour au creux de nos vies.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Nativité du Seigneur Jésus-Christ (messe de la nuit)

Livre d’Isaïe 9,1-6.
Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin.
Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane.
Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.
Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix ».
Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Psaume 96(95),1-2a.2b-3.11-12a.12b-13a.13bc.
Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice,
et les peuples selon sa vérité !

Lettre de saint Paul Apôtre à Tite 2,11-14.
Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes.
Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et les convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété,
attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ.
Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 2,1-14.
En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre –
ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. –
Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine.
Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David.
Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli.
Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux.
L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte.
Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple :
Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur.
Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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