Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie de la nuit de Noël

Dimanche 24 décembre 2017

Noël est cette fête de la rencontre entre Lui et nous, rencontre qui vient bouleverser nos vies parce qu’elle est de ces rencontres décisives que nous vivons dans nos histoires.

Dieu prenant visage d’homme, tout visage devient porteur de l’image de Dieu, à commencer par le notre !


Nous ne vivons pas chacun sur son île déserte. Et même dans la souffrance de l’isolement de tant de personnes, nous restons des hommes et des femmes de relations, qui croisons d’autres gens à longueur de journée, même de loin, même de façon conventionnelle. Les rencontres de chaque jour sont nombreuses. Les grandes rencontres importantes de la vie, celles qui nous transforment et nous bouleversent, un peu moins.
Vivre une rencontre est en fait difficile. Elle est un risque. Il faut baisser la garde, se livrer au moins un minimum, accepter que l’autre entre dans notre espace vitale, qu’il s’immisce dans notre vie par l’une ou l’autre de ses dimensions… Il faut l’audace de la confiance en soi et en l’autre. Il faut encore, et ce n’est pas l’un des moindres aspects, entrer dans le langage de l’autre, dans sa culture, dans ses repères, dans sa vision, du moins un peu. Sinon, point de compréhension mutuelle… et point de véritable rencontre. Il faut entrer dans l’espace de l’autre et accepter qu’il entre chez nous... Combien de raisons trouvons-nous pour ne pas vivre à plein les rencontres qui nous sont proposées de vivre : différence des sexes, de religions, de pensées, d’âges, d’histoires, de culture, de langues, de sensibilités, de centres d’intérêts, de milieu social… Qu’elles sont nombreuses, ces barrières ou ces excuses que nous brandissons consciemment ou inconsciemment pour ne pas vivre la rencontre. Qu’elles sont exigeantes, ces conditions à remplir pour vivre une rencontre !
C’est pourtant ce que Dieu nous invite à vivre cette nuit. Et de quelle façon ! Lui, le Tout-Autre, le Très-Loin, le Tout-Puissant, l’Infini, l’Eternel, vient à nous dans ce qu’il a de plus opposé à Lui : un homme. Un bébé. Un nouveau-né. Dieu, Lui dont nous parlons à longueur de siècles et de discours, Lui dont nous ne connaissons pas le nom, lui l’insaisissable se laisse voir et toucher, entendre et saisir. Il se glisse entre nos mains, entre nos bras, entre nos vies. Il se laisse rencontrer tel qu’il est : Inattendu.

Qu’on s’entende sur le mot « Dieu » : il ne s’agit pas d’une espèce de réalité évanescente ! En Jésus bébé nous comprenons qu’il est l’Amour, l’Amour Donné, l’Amour Offert, l’Amour Abandonné, l’Amour qui n’attend que notre liberté pour l’aimer en retour en aimant tous les hommes devenus autant de frères et de sœurs. « Et la paix sera sans fin », disait Isaïe, tendu vers l’espérance d’une communion universelle ! Jésus, l’enfant de la crèche, est là. Et c’est lui qui réalise cette paix.
Il réalise cette paix parce que Noël est la grâce de Dieu qui vient vivre dans le temps présent. Notre présent, tel qu’il est. Notre monde d’aujourd’hui, avec ses joies et ses élans, avec ses tensions et ses coups bas, avec les grands défis du monde et de la société, et les non moins grands défis de nos vies personnelles et familiales… Dieu vient vivre là. Dans le creux de notre histoire. Il ne reste pas dans le ciel de notre imaginaire ou de notre idéal, il vient nous rencontrer pour de vrai. Habiter avec nous notre vie, par amour. Dans la diversité que nous représentons et que toute l’humanité représente, il vient. « Bonne Nouvelle pour tout le peuple », chantaient les anges, « grâce manifestée pour tous les hommes. » Il est bien dit : « tous. » Tout à l’heure, nos amis musulmans nous feront l’honneur de leur présence et de leur prière. Nous savons que même si nous utilisons parfois les mêmes mots, nos fois et nos croyances sont loin de pouvoir se rejoindre ! Et quand je leur ai parlé de la rencontre de Dieu dans l’aujourd’hui de nos vies, ils m’ont répondu que pour eux, la seule rencontre avec Dieu était celle de la fin après la mort. Ils ne fêteront pas Noël comme nous le célébrons, dans le mystère que nous recevons. Mais ils nous feront l’amitié de la rencontre, dans le respect des différences, parce que l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Noël, l’événement de Noël, traverse le cœur de tous les hommes.

Dieu vient visiter son peuple, l’humanité, notre histoire collective et nos histoires personnelles. Noël est cette fête de la rencontre entre Lui et nous, rencontre qui vient bouleverser nos vies parce qu’elle est de ces rencontres décisives que nous vivons dans nos histoires. Dieu prenant visage d’homme, tout visage devient porteur de l’image de Dieu, à commencer par le notre ! Tu es, nous sommes ensemble, visage de Dieu, épiphanie de Dieu, manifestation de la présence de Dieu ! Il est là, présent au milieu de nous et en nous. Il se donne à rencontrer là, à tes côtés, au jour le jour. Il, l’Amour, est là. Nouvelle dérangeante si on la prend au sérieux, qui nous invite à « renoncer aux convoitises de se monde » pour vivre la rencontre, pour être attentif aux autres… pour accueillir pour ce qu’elle est vraiment, la grâce de Noël. Noël transforme toutes nos relations. Le récit de Noël tourne nos regards vers les plus petits : un bébé, des bergers qui vivent dehors, un couple de migrants, raconte l’évangile. Chacun de nous pourra poser des visages sur les plus petits et les plus oubliés que nous croisons (et l’on peut donner l’apparence d’être un grand, et être en fait l’un de ces petits). En ceux-là et en tant d’autres, Dieu te tend la main et t’invite à la Rencontre. La vraie. La bouleversante. Celle de l’Amour et de Sa Présence.

Dans le silence de cette nuit et avec le chant des anges dans nos cœurs, prenons le temps de méditer sur cette Rencontre. Chacun de nous a reçu un signet et va pouvoir écrire au dos une phrase, un mot à propos de la rencontre, comme une invitation. Rencontre de Dieu, rencontre avec Dieu, rencontre de l’autre...

En cette nuit de Noël, et chaque jour que Dieu fait, entend l’invitation de l’Enfant de la crèche ! Vis la Rencontre !
Amen.

P. Benoît Lecomte


- Lien avec l’album photos de la messe de la veillée de Noël

Lecture du livre d’Isaïe (Is 9, 1-6)

Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière ; et sur les habitants du pays de l’ombre, une lumière a resplendi.
Tu as prodigué la joie, tu as fait grandir l’allégresse : ils se réjouissent devant toi, comme on se réjouit de la moisson, comme on exulte au partage du butin. Car le joug qui pesait sur lui, la barre qui meurtrissait son épaule, le bâton du tyran, tu les as brisés comme au jour de Madiane. Et les bottes qui frappaient le sol, et les manteaux couverts de sang, les voilà tous brûlés : le feu les a dévorés.
Oui, un enfant nous est né, un fils nous a été donné ! Sur son épaule est le signe du pouvoir ; son nom est proclamé : « Conseiller-merveilleux, Dieu-Fort, Père-à-jamais, Prince-de-la-Paix. » Et le pouvoir s’étendra, et la paix sera sans fin pour le trône de David et pour son règne qu’il établira, qu’il affermira sur le droit et la justice dès maintenant et pour toujours. Il fera cela, l’amour jaloux du Seigneur de l’univers !

Psaume (95 (96), 1-2a, 2b-3, 11-12a, 12b-13a, 13bc)

Chantez au Seigneur un chant nouveau,
chantez au Seigneur, terre entière,
chantez au Seigneur et bénissez son nom !

De jour en jour, proclamez son salut,
racontez à tous les peuples sa gloire,
à toutes les nations ses merveilles !

Joie au ciel ! Exulte la terre !
Les masses de la mer mugissent,
la campagne tout entière est en fête.

Les arbres des forêts dansent de joie
devant la face du Seigneur, car il vient,
car il vient pour juger la terre.

Il jugera le monde avec justice
et les peuples selon sa vérité.

Lettre de saint Paul à Tite (Tt 2, 11-14)

Bien-aimé, la grâce de Dieu s’est manifestée pour le salut de tous les hommes. Elle nous apprend à renoncer à l’impiété et aux convoitises de ce monde, et à vivre dans le temps présent de manière raisonnable, avec justice et piété, attendant que se réalise la bienheureuse espérance : la manifestation de la gloire de notre grand Dieu et Sauveur, Jésus Christ. Car il s’est donné pour nous afin de nous racheter de toutes nos fautes, et de nous purifier pour faire de nous son peuple, un peuple ardent à faire le bien.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc (2, 1-14)

En ces jours-là, parut un édit de l’empereur Auguste, ordonnant de recenser toute la terre – ce premier recensement eut lieu lorsque Quirinius était gouverneur de Syrie. Et tous allaient se faire recenser, chacun dans sa ville d’origine. Joseph, lui aussi, monta de Galilée, depuis la ville de Nazareth, vers la Judée, jusqu’à la ville de David appelée Bethléem. Il était en effet de la maison et de la lignée de David. Il venait se faire recenser avec Marie, qui lui avait été accordée en mariage et qui était enceinte.
Or, pendant qu’ils étaient là, le temps où elle devait enfanter fut accompli. Et elle mit au monde son fils premier-né ; elle l’emmaillota et le coucha dans une mangeoire, car il n’y avait pas de place pour eux dans la salle commune.
Dans la même région, il y avait des bergers qui vivaient dehors et passaient la nuit dans les champs pour garder leurs troupeaux. L’ange du Seigneur se présenta devant eux, et la gloire du Seigneur les enveloppa de sa lumière. Ils furent saisis d’une grande crainte. Alors l’ange leur dit : « Ne craignez pas, car voici que je vous annonce une bonne nouvelle, qui sera une grande joie pour tout le peuple : Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »
Et soudain, il y eut avec l’ange une troupe céleste innombrable, qui louait Dieu en disant : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. »

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