Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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            Homélie du 10 mai 2018 : Solennité de l’Ascension

Homélie du 10 mai 2018 : Solennité de l’Ascension

Entre Ciel et Terre, entre Pâques et Pentecôte, comme un entre-deux, suspendu, l’Ascension.


La fête de l’Ascension nous fait lever la tête… les textes de la Parole de Dieu ramènent notre regard vers nos frères. Tendus vers un futur et renvoyés dans notre présent. Entre Ciel et Terre, entre Pâques et Pentecôte, comme un entre-deux, suspendu, l’Ascension.
Il est des entre-deux inconfortables. Celui-ci peut en être un. Nous préférerions peut-être vivre avec Jésus, partageant ensemble nos chemins, discutant de vive voix sur la venue du Royaume et nos conversions (et celles des autres) à vivre. Ou bien, à l’inverse, être déjà arrivés au terme, au bout de la course, à la récapitulation finale où tout sera accompli. Mais nous sommes là, sur le fil. Le fil de la foi. Le fil de notre être chrétiens envoyés dans le monde, tout entiers du monde et tout entiers de Dieu par notre baptême. Dans cet entre-deux incertain. Entre engagement et lâcher-prise, entre annonce kérygmatique et enfouissement, entre joie folle d’une victoire déjà acquise et partage des souffrances de ce temps.
L’ascension n’est pas un point d’arrivée. Pas un point de départ non plus. Tout comme notre situation : ni au début, ni à la fin de l’histoire, de l’histoire de l’Église, de l’histoire du monde… Nous sommes dans cet entre-deux, dans cet instant de passage – passage de la terre vers le Ciel. Passage ininterrompu. Pâques permanente dont nous vivons déjà, dont le cosmos est déjà transformé, et qui pourtant n’en fini pas d’être vécue.
L’Ascension ouvre donc un espace. Jésus n’est plus avec nous. Mais sa promesse d’être avec nous, reste. L’Esprit n’est pas encore donné, mais la promesse du don est comme déjà réalisée. Cet entre-deux est vertigineux, parce qu’il nous laisse face à un vide – mais un vide plein. Plein de la promesse, et plein de notre désormais responsabilité à vivre de cette promesse dont nous avons eu, déjà, un avant goût. C’était dans la nuit de Pâques. Tout y a été dit, nous n’avons plus rien à attendre. Les petites roues du vélo sont enlevées, il n’y a plus de rampe de sécurité, Christ nous crois capable. « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Evangile à toute la création. »
Cette situation d’entre-deux est situation de l’Église. De la grande Eglise, l’Église mystique, le Corps du Christ déployé à travers le temps, le Corps ressuscité toujours vivant depuis 2000 ans, le Corps avec ses anges, et ses saints, et ses pécheurs, et tous les témoins et les disciples, tous les passés, tous les présents, tous ceux à venir. C’est aussi la situation de notre Eglise, plus locale, plus connue, peut-être plus personnelle parce que nous y connaissons quelques visages. Nos orientations diocésaines, nouvelles, nous jettent dans cet entre-deux, elles aussi. Entre une situation connue et une situation inconnue à venir, entre un désir et un travail à réaliser pour y parvenir, entre des efforts à déployer et de nouvelles formes à recevoir de Dieu lui-même… Et ce serait illusion de croire que tout sera mieux après, ou que tout était mieux avant : il y a fort à parier qu’il nous faudra demain nous remettre à l’ouvrage et recommencer à chercher cet entre-deux entre demain et après-demain.
Espace nécessaire pour avancer. On n’avance pas quand on marche devant un mur. Espace nécessaire pour le regard : on ne voit pas la montagne quand on est collé dessus. Espace nécessaire pour rencontrer, pour échanger, pour construire, pour partager. On n’avance à rien en se bouffant le nez parce qu’on est trop proches les uns des autres : la distance, l’espace est nécessaire pour se voir, se reconnaître, vivre et laisser vivre. L’Ascension ouvre cet espace. L’espace de l’Église. Chacun avec son charisme – les uns apôtres, les autres prophètes, ou évangélisateurs, ou pasteurs, ou enseignants ou tant d’autres encore – prenant sa part à la mission, dans une complémentarité et l’unité dans la foi, dans la communion au seul Seigneur, Tête. L’Ascension ouvre cet espace où l’on n’est pas collé les uns aux autres, mais chacun à sa place, à une place bien particulière et toutes nécessaires.
La fête de l’Ascension nous projette dans cet entre-deux salutaire, dans cet espace bienfaisant, situation quotidienne des chrétiens et de nous-mêmes. Ascension permanente, fête inaugurale et paradigmatique de la vie de l’Église – et peut-être de la vie d’humanité. Car tout va, depuis toujours, à son accomplissement – et l’Église, et le monde. Cet accomplissement résumé par l’état de « l’Homme parfait, la stature du Christ dans sa plénitude. »
Ne pleurons donc pas des situations imparfaites, des organisations non stables, des changements permanents. Peut-être sont-ils liés à cet état qui met en vie parce que l’entre-deux est espace de respiration – et donc lieu où l’Esprit peut souffler.
Oui, que notre Eglise et nos communautés, que nos fraternités chrétiennes et tous nos lieux d’engagements soient des lieux d’Ascension, c’est-à-dire non pas des lieux de fuite, ou d’arrivée, ou de sécurité, mais des espaces où l’homme peut être homme, où chacun peut devenir soi dans la communion aux autres, où la promesse de Dieu se réalise déjà dans le clair-obscur des événements, où l’Evangile est proclamé à toute la création, où Dieu peut faire toute chose nouvelle par nous, avec nous et en nous.
Amen
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Ascension du Seigneur, solennité

Livre des Actes des Apôtres 1,1-11.
Cher Théophile, dans mon premier livre, j’ai parlé de tout ce que Jésus a fait et enseigné, depuis le moment où il commença,
jusqu’au jour où il fut enlevé au ciel, après avoir, par l’Esprit Saint, donné ses instructions aux Apôtres qu’il avait choisis.
C’est à eux qu’il s’est présenté vivant après sa Passion ; il leur en a donné bien des preuves, puisque, pendant quarante jours, il leur est apparu et leur a parlé du royaume de Dieu.
Au cours d’un repas qu’il prenait avec eux, il leur donna l’ordre de ne pas quitter Jérusalem, mais d’y attendre que s’accomplisse la promesse du Père. Il déclara : « Cette promesse, vous l’avez entendue de ma bouche :
alors que Jean a baptisé avec l’eau, vous, c’est dans l’Esprit Saint que vous serez baptisés d’ici peu de jours. »
Ainsi réunis, les Apôtres l’interrogeaient : « Seigneur, est-ce maintenant le temps où tu vas rétablir le royaume pour Israël ? »
Jésus leur répondit : « Il ne vous appartient pas de connaître les temps et les moments que le Père a fixés de sa propre autorité.
Mais vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre. »
Après ces paroles, tandis que les Apôtres le regardaient, il s’éleva, et une nuée vint le soustraire à leurs yeux.
Et comme ils fixaient encore le ciel où Jésus s’en allait, voici que, devant eux, se tenaient deux hommes en vêtements blancs,
qui leur dirent : « Galiléens, pourquoi restez-vous là à regarder vers le ciel ? Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu s’en aller vers le ciel. »

Psaume 47(46),2-3.6-7.8-9.
Tous les peuples, battez des mains,
acclamez Dieu par vos cris de joie !
Car le Seigneur est le Très-Haut, le redoutable,
le grand roi sur toute la terre.

Dieu s’élève parmi les ovations,
le Seigneur, aux éclats du cor.
Sonnez pour notre Dieu,
sonnez, sonnez pour notre roi, sonnez !

Car Dieu est le roi de la terre :
que vos musiques l’annoncent !
Il règne, Dieu, sur les païens,
Dieu est assis sur son trône sacré.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Éphésiens 4,1-13.
Frères, moi qui suis en prison à cause du Seigneur, je vous exhorte à vous conduire d’une manière digne de votre vocation :
ayez beaucoup d’humilité, de douceur et de patience, supportez-vous les uns les autres avec amour ;
ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix.
Comme votre vocation vous a tous appelés à une seule espérance, de même il y a un seul Corps et un seul Esprit.
Il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême,
un seul Dieu et Père de tous, au-dessus de tous, par tous, et en tous.
À chacun d’entre nous, la grâce a été donnée selon la mesure du don fait par le Christ.
C’est pourquoi l’Écriture dit : ‘Il est monté sur la hauteur, il a capturé des captifs, il a fait des dons aux hommes.’
Que veut dire : ‘Il est monté ?’ – Cela veut dire qu’il était d’abord descendu dans les régions inférieures de la terre.
Et celui qui était descendu est le même qui est monté au-dessus de tous les cieux pour remplir l’univers.
Et les ‘dons qu’il a faits’, ce sont les Apôtres, et aussi les prophètes, les évangélisateurs, les pasteurs et ceux qui enseignent.
De cette manière, les fidèles sont organisés pour que les tâches du ministère soient accomplies et que se construise le corps du Christ,
jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et la pleine connaissance du Fils de Dieu, à l’état de l’Homme parfait, à la stature du Christ dans sa plénitude.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 16,15-20.
En ce temps-là, Jésus ressuscité se manifesta aux onze Apôtres et leur dit : « Allez dans le monde entier. Proclamez l’Évangile à toute la création.
Celui qui croira et sera baptisé sera sauvé ; celui qui refusera de croire sera condamné.
Voici les signes qui accompagneront ceux qui deviendront croyants : en mon nom, ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ;
ils prendront des serpents dans leurs mains et, s’ils boivent un poison mortel, il ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades, et les malades s’en trouveront bien. »
Le Seigneur Jésus, après leur avoir parlé, fut enlevé au ciel et s’assit à la droite de Dieu.
Quant à eux, ils s’en allèrent proclamer partout l’Évangile. Le Seigneur travaillait avec eux et confirmait la Parole par les signes qui l’accompagnaient.

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