Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 11 décembre 2016

« Es-tu celui qui doit venir ? » demande Jean-Baptiste. Et Jésus de nous répondre : « Je ne viens pas ! Je suis là, avec toi, au milieu de toi. Je suis ta paix. »


« Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? », questionne Jean-Baptiste depuis sa prison. Rien n’est moins sûr. On attendait un chef, un puissant, un Dieu quoi ! On rêvait d’une nouvelle prise de Jérusalem, de la libération de l’occupant Romain, d’un Royaume d’Israël enfin reconstitué, fort et libre ! Et nous voilà face à un vagabond entouré de vagabonds qui préfère aller chez les pauvres et les indésirables, un va-nu-pied poète et mystique qui ne pense qu’à aimer jusqu’à nos ennemis… « Es-tu celui qui doit venir ? » Est-ce pour ça, toute l’attente d’Israël, toute l’espérance des patriarches, toutes les annonces des prophètes ? Pour cet homme qui ne correspond en rien à ce qu’on attendait, qui ne répond en rien à ce qu’on imaginait ?
Jean-Baptiste cherche Dieu depuis sa prison. L’homme cherche Dieu. Combien de chercheurs en notre monde aujourd’hui, et nous-mêmes ! Depuis nos prisons et nos nuits d’enfermement, depuis nos idées préconçues et nos cases à remplir, depuis nos images et nos catégories préfabriquées. Nous préparons Noël comme si nous savions ce que nous allons vivre, comme si nous comprenions ce que nous allons célébrer, comme si tout était maîtrisé, puisant dans nos habitudes de chrétienté – et des dernières années… Comme si nous savions déjà à quoi nous attendre, alors que c’est l’inattendu qui nous attend.
Jean-Baptiste envoie ses disciples en avant pour mieux voir. Et les disciples deviennent témoins. Témoins de ce que le Christ réalise vraiment, témoin de la véritable présence et puissance de Jésus : « Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. » Signes du passage de Dieu au milieu de nous. Paroles destinées à Jean le Baptiste pour le rassurer ou le conforter. Mais paroles adressée à nous aussi, comme si Jean utilisait son questionnement et ses disciples dans le but d’ouvrir nos yeux et notre attention ! Parole d’hier et d’aujourd’hui, parole du Christ qui ne perd rien de sa vigueur et de son actualité : aujourd’hui, les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle. Aujourd’hui ! Est-ce que vous voyez, vous, des sourds entendre, des boiteux marcher et des morts ressusciter ? Et bien c’est ce que je vous souhaitent ! Et si vous ne voyez rien de tout cela, alors je vous en prie, ouvrez vos yeux et vos cœurs.
Évidemment, ces signes ne sont pas toujours éblouissants ! Ils sont parfois signes infimes de l’action du Christ en ce monde aujourd’hui, signes de sa paix, dans le silence…
Nos vies sont trépidantes, et ils nous faut faire vite le matin dès le réveil pour partir au travail… mais avez-vous remarqué ces derniers jours ces levers de soleils et ces couleurs de ciel magnifiques ? Si vous les avez vu, au milieu de votre course quotidienne, si vous y avez prêté attention, si vous vous êtes dit, même rapidement : « Oh ! Que c’est beau ce matin ! », alors vous êtes déjà disponibles pour accueillir les signes de paix en ce monde.
Regardez ce que nous allons accueillir ce dimanche après-midi en Charente : la lumière de Bethléem. Signe infime. Une bougie. Fragile. Comme chaque année, nous aurons du mal à l’allumer, puis à la garder allumée jusqu’à la maison, encore plus jusqu’à Noël… Mais combien est-elle pleine de chaleur et de paix, cette simple flamme, au milieu de la nuit et des nuits du monde ! Cette petit lumière à partager n’ouvre-t-elle pas déjà nos cœurs à une paix infinie ?
Ce dimanche encore, au monastère de Maumont, dans le silence du retrait, une jeune sœur, Sœur Marie-Noël, va faire profession solennelle et s’engager définitivement au service de la prière avec sa communauté. Signe silencieux. Invisible. Étrangement caché. Mais qui porte en lui la force de l’essentiel, cette force qui porte le monde et ses tensions pour les réunir dans une unité de communion. Si nous sommes capables, d’ici, d’aussi loin des différences de nos modes de vies, sans la voir et sans la connaître, de porter Sœur Marie-Noël, notre cœur n’est-il pas déjà disposé à accueillir l’immensité du cœur de Dieu ?
Beauté éphémère du ciel, fragile lumière partagée, abandon dans la prière silencieuse… et combien d’actes d’attention, de solidarité, d’accueil, de pardon, signes de la paix de Dieu autour de nous ? « Es-tu celui qui doit venir ? » demande Jean-Baptiste. Et Jésus de nous répondre : « Je ne viens pas ! Je suis là, avec toi, au milieu de toi. »
En ce dimanche de la paix, la Parole nous lance quatre invitations.
L’invitation à devenir toujours davantage artisans de paix, à travailler à la justice et à la dignité, à la réconciliation intérieure et entre nous.
L’invitation à être comme les disciples de Jean des témoins de la paix. A ouvrir les yeux et les cœurs, à partager la lumière avec ceux qui sont dans les ténèbres, à désigner tant de paix invisibles et pourtant si réconfortantes.
L’invitation à être réceptacles de paix. A l’accueillir en nos vies, en nos cœurs, en nos chairs, en nos relations, à nous laisser pétrir par elle comme entre les mains d’un kiné ou d’un potier, de l’intérieur.
A quelques jours de Noël, l’invitation à être berceau de paix. Berceau du Prince de la Paix qui prend chair en nous pour naître de nous et rayonner par nous. Et comme une mère porte en elle son enfant, porter ce Prince de Paix, mystérieusement… Bonne Nouvelle annoncée à toutes les générations.
« Es-tu celui qui doit venir ? » « Je suis là, avec toi, et je suis ta paix. »
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Troisième Dimanche de l’Avent

Livre d’Isaïe 35,1-6a.10.
Le désert et la terre de la soif, qu’ils se réjouissent ! Le pays aride, qu’il exulte et fleurisse comme la rose,
qu’il se couvre de fleurs des champs, qu’il exulte et crie de joie ! La gloire du Liban lui est donnée, la splendeur du Carmel et du Sarone. On verra la gloire du Seigneur, la splendeur de notre Dieu.
Fortifiez les mains défaillantes, affermissez les genoux qui fléchissent,
dites aux gens qui s’affolent : « Soyez forts, ne craignez pas. Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il vient lui-même et va vous sauver. »
Alors se dessilleront les yeux des aveugles, et s’ouvriront les oreilles des sourds.
Alors le boiteux bondira comme un cerf, et la bouche du muet criera de joie.
Ceux qu’a libérés le Seigneur reviennent, ils entrent dans Sion avec des cris de fête, couronnés de l’éternelle joie. Allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuient.

Psaume 146(145),7.8.9ab.10a.
Le Seigneur fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.

Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,
le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,

Le Seigneur protège l’étranger,
il soutient la veuve et l’orphelin.
D’âge en âge, le Seigneur régnera !

Lettre de saint Jacques 5,7-10.
Frères, en attendant la venue du Seigneur, prenez patience. Voyez le cultivateur : il attend les fruits précieux de la terre avec patience, jusqu’à ce qu’il ait fait la récolte précoce et la récolte tardive.
Prenez patience, vous aussi, et tenez ferme car la venue du Seigneur est proche.
Frères, ne gémissez pas les uns contre les autres, ainsi vous ne serez pas jugés. Voyez : le Juge est à notre porte.
Frères, prenez pour modèles d’endurance et de patience les prophètes qui ont parlé au nom du Seigneur.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 11,2-11.
En ce temps-là, Jean le Baptiste entendit parler, dans sa prison, des œuvres réalisées par le Christ. Il lui envoya ses disciples et, par eux,
lui demanda : « Es-tu celui qui doit venir, ou devons-nous en attendre un autre ? »
Jésus leur répondit : « Allez annoncer à Jean ce que vous entendez et voyez :
Les aveugles retrouvent la vue, et les boiteux marchent, les lépreux sont purifiés, et les sourds entendent, les morts ressuscitent, et les pauvres reçoivent la Bonne Nouvelle.
Heureux celui pour qui je ne suis pas une occasion de chute ! »
Tandis que les envoyés de Jean s’en allaient, Jésus se mit à dire aux foules à propos de Jean : « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? un roseau agité par le vent ?
Alors, qu’êtes-vous donc allés voir ? un homme habillé de façon raffinée ? Mais ceux qui portent de tels vêtements vivent dans les palais des rois.
Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis, et bien plus qu’un prophète.
C’est de lui qu’il est écrit : ‘Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi.’
Amen, je vous le dis : Parmi ceux qui sont nés d’une femme, personne ne s’est levé de plus grand que Jean le Baptiste ; et cependant le plus petit dans le royaume des Cieux est plus grand que lui. »

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