Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 11 octobre 2015

Homélie du "café-caté du 11 octobre, en présence des scouts et guides de France pionniers et caravelles


Il y a des gens très riches, qui gagnent des millions d’euros, ont des maisons et des grandes voitures, des piscines à bulles et des grands vins chaque jour... et qui ne sont pas heureux pour autant. Il y a des gens très célèbres, vers qui on se retourne dans la rue, avec qui on veut faire des selfies, qui sont invités par d’autres célébrités et qu’on voit sourire sur toutes les photos des revues au papier glacé... mais qui ne sont pas heureux pour autant. Il y a des gens très puissant, dont une seule phrase peut changer le cours du monde ou d’un pays, dont chaque décision peut avoir des incidences sur l’histoire... mais qui ne sont pas heureux pour autant. Il y a des gens très bien sous tout rapport, qui ne font jamais de faute, sont toujours en règle, font tout bien moralement, certains sont très pieux, très priants et très pratiquants... mais ne sont pas heureux pour autant. Il y a des gens très riches, très célèbres, très puissants, très bien... et à travers qui on ne sent pas la vie passer. Ils sont vivants biologiquement, ils fonctionnent bien, leur organisation est au point... mais ce n’est pas la vie.
L’homme de l’évangile est un peu comme ça. Peut-être pas célèbre et puissant, mais riche et propre sur lui. Rien à lui reprocher. Il fait tout bien, il a l’argent qu’il lui faut et même un peu plus... mais il voudrait plus encore. Il voudrait vivre : « Que dois-je faire pour avoir la vie ? », demande-t-il à Jésus.
Jésus a une réponse inattendue. Sûrement aussi ne l’attendons-nous pas. On pourrait s’attendre à ce que Jésus demande de prier davantage, d’aller à la messe, de continuer à faire tout bien... Mais il demande de tout vendre, de tout perdre, de tout donner et de le suivre. Autrement dit, de ne pas nous laisser être enfermé par ce que nous possédons, par ce que nous faisons... par nos histoires de morale ou de religion. Il ne nous demande pas de ne pas faire les choses bien ! Il nous demande de ne pas nous enfermer dans notre propre complaisance et de nous satisfaire d’obéir sagement à la loi. Et d’être libres. De ne pas nous installer et de nous mettre en route. En chemin. En partance. En danger. Et surtout, en relation. Tu veux vivre ? Alors ne soit pas seul avec tout ce qui te rassure tout seul. Pars à la rencontre des autres et de Dieu. De Dieu à travers les autres. Des autres à travers Dieu. Le problème n’est pas d’être riche, ou célèbre, ou puissant, ou très bien, mais d’être seul avec sa richesse, sa célébrité, sa puissance ou sa morale. Et d’en faire autant de murs. Et nous pouvons tous faire des murs de ce qui nous rassure et nous isole. Mais alors nous ne vivons plus.
Mets-toi en danger avec d’autres. Pas seulement ceux qui ont une chemise scoute et qui te rassurent parce qu’ils ont la même expérience que toi. Pas seulement ceux de ta paroisse et qui te rassurent parce qu’ils pensent à peu près comme toi. Pas seulement ceux qui partagent ta religion et qui te rassurent parce qu’ils croient comme toi. Pas seulement ceux qui ont ton âge et qui te rassurent parce qu’ils parlent comme toi. « Va ! Vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens, suis-moi. » Terrible parole, parce que si on l’écoute vraiment, on se met vraiment en danger. Mais à y regarder de près, est-ce que notre monde n’est pas trop cloisonné à force de frontières et de murs artificiels, et de la peur de rencontrer les autres ? Est-ce que nous ne sommes pas toujours un peu trop « statiques », et un peu fainéant pour nous mettre en route ? « Suis-moi ! » Ne t’enferme pas comme l’homme de l’évangile, repartant « sombre et tout triste » à cause de ses biens ! Pars ! Partons ! A l’aventure. Elle n’est pas loin, l’aventure. Elle n’est pas loin, la Vie. Elle est là : dans ta famille, dans ta caravane, dans ton école, dans ta paroisse, dans ta rue ou ton lotissement, dans l’ouverture de ton cœur. On aime bien se vautrer dans son lit ou dans un canapé, et ça fait du bien, de temps en temps. Mais on sait aussi, au fond, que ce n’est pas là que l’on vit le plus intensément. Notre bonheur est dans le jeu partagé, dans le projet construit ensemble, dans l’échange, dans la poignée de main, dans le verre pris à plusieurs. Vous l’avez dit à votre façon au caté, il y a 15 jours. Combien l’avez-vous vécu avec force, les pionniers et caravelles, cet été lors de votre camp, à Amsterdam puis à Strasbourg lors de ce rassemblement européen, et jusque dans la tempête que vous avez subie, qui a tout renversé et qui vous a soudé à jamais ! N’étiez-vous pas, là, à ce moment, les pieds dans la boue à reconstruire votre camp, bien plus heureux qu’avachi dans un canapé ?
« Va ! Vends ce que tu as, débarrasse-toi de ce qui t’encombre, et suis-moi ! » et tu recevras ce que tu as quitté au centuple, « maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terre... » : en un mot, tu recevras le véritable bonheur, et tu vivras de la vie éternelle, déjà commencée ici et maintenant.

Amen.
P. Benoît Lecomte

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Vingt-huitième dimanche du temps ordinaire

Livre de la Sagesse 7,7-11.
Aussi j’ai prié, et le discernement m’a été donné. J’ai supplié, et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ; à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ; tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable, et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ; je l’ai choisie de préférence à la lumière, parce que sa clarté ne s’éteint pas.
Tous les biens me sont venus avec elle et, par ses mains, une richesse incalculable.

Psaume 90(89),12-13.14-15.16-17.
Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?

Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.
Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.

Rends-nous en joies tes jours de châtiment et les années où nous connaissions le malheur.
Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs et ta splendeur à leurs fils.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu ! Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ; oui, consolide l’ouvrage de nos mains.

Lettre aux Hébreux 4,12-13.
Frères, elle est vivante, la parole de Dieu, énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ; elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles ; elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Pas une créature n’échappe à ses yeux, tout est nu devant elle, soumis à son regard ; nous aurons à lui rendre des comptes.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,17-30.
En ce temps-là, Jésus se mettait en route quand un homme accourut et, tombant à ses genoux, lui demanda : « Bon Maître, que dois-je faire pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit : « Pourquoi dire que je suis bon ? Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements : Ne commets pas de meurtre, ne commets pas d’adultère, ne commets pas de vol, ne porte pas de faux témoignage, ne fais de tort à personne, honore ton père et ta mère. »
L’homme répondit : « Maître, tout cela, je l’ai observé depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima. Il lui dit : « Une seule chose te manque : va, vends ce que tu as et donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel. Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre et s’en alla tout triste, car il avait de grands biens.
Alors Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples : « Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles. Jésus reprenant la parole leur dit : « Mes enfants, comme il est difficile d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau de passer par le trou d’une aiguille qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés, les disciples se demandaient entre eux : « Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Pierre se mit à dire à Jésus : « Voici que nous avons tout quitté pour te suivre. »
Jésus déclara : « Amen, je vous le dis : nul n’aura quitté, à cause de moi et de l’Évangile, une maison, des frères, des sœurs, une mère, un père, des enfants ou une terre
sans qu’il reçoive, en ce temps déjà, le centuple : maisons, frères, sœurs, mères, enfants et terres, avec des persécutions, et, dans le monde à venir, la vie éternelle.

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2, bld Jean Moulin
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+335 45 61 15 04
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Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30