Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du 11 septembre 2016 - messe de rentrée

Homélie du 11 septembre 2016 - messe de rentrée

"En regardant ces personnages bibliques de plus près, en nous voyant rassemblés ici ce matin, et en méditant cette Parole de Dieu, je me pose la question : et nous, qui sommes-nous ? Nous sommes des prêtres, des prophètes, des serviteurs..."


Étrange Moïse qui, dans le livre de l’Exode, ose affronter Dieu et discuter avec lui jusqu’à le faire changer d’avis. Étrange Paul qui, dans sa lettre à Timothée, s’étonne lui-même de ce qu’il est devenu ! Étranges personnages dans l’évangile, qui se donnent tant de mal pour retrouver l’infime perdu et tant faire la fête quand ils l’ont retrouvé.
En regardant ces personnages bibliques de plus près, en nous voyant rassemblés ici ce matin, et en méditant cette Parole de Dieu venue de si loin et devenue si proche aujourd’hui, je me pose la question : et nous, qui sommes-nous ? Je relève trois dimensions.

Sûrement sommes-nous une communauté, un corps convoqué par Dieu. Et à ce titre, nous sommes appelés à vivre les uns avec les autres, à nous soucier les uns des autres. Nous sommes une communauté, unis les uns aux autres comme les membres d’une même famille. Étrange famille composée de gens qui ne se connaissent pas forcément et qui sont si différents ! Mais unique communauté familiale car vivants du même Esprit, du même baptême, du même Père. Et comme dans l’Évangile du berger avec ses brebis, Dieu ne se satisfait pas qu’un seul manque. Parce que l’amour veut tout, et veut tous. L’amour ne laisse personne de côté, il n’oublie personne. L’amour ne se satisfait pas du rejet, de l’oublie, de l’inattention... Il désire l’unité et la communion, la fraternité et l’attention mutuelle. Nous sommes ce troupeau invité à vivre des liens toujours plus délicats et attentionnés les uns avec les autres.
Nous sommes aussi des hommes et des femmes ordinaires, avec leurs vies plus ou moins cabossées, leurs doutes, leurs élans, leur poids de péché et de grâce, leurs lourdeurs et leurs légèretés... leurs rêves aussi... Des hommes et des femmes ordinaires, en qui Dieu fait toute confiance pour annoncer sa Bonne et Belle Nouvelle. Comme ce Saul devenu Paul, « blasphémateur, persécuteur et violent », devenu prédicateur infatigable de la foi, de l’amour et de la patience du Christ. Nous sommes des hommes et des femmes follement aimés de Dieu. Je voudrais que nous en soyons vraiment sûr, chacun d’entre nous, quoi que nous nous disions de notre vie. Dieu nous fait vraiment confiance pour vivre de l’évangile et de l’amour, sans regarder à notre degré d’adhésion aux formules du credo ou au nombre de fois où nous allons à la messe. Le Dieu d’amour ne peut qu’aimer et susciter l’amour en nos cœur pour aimer, d’où que nous soyons, d’où que nous partions.
Et encore, nous sommes des hommes et des femmes qui mettent leur confiance en la bonté, la tendresse, la miséricorde de Dieu, tel Moïse confiant sa prière pour son peuple. Jusqu’à « apaiser le visage du Seigneur » qui commençait à s’énerver ! Et jusqu’à ce que le Seigneur change d’avis et « renonce au mal qu’il voulait faire à son peuple. » Incroyable prière de Moïse ! Et nous avons l’audace – ou la folie – de croire que notre prière peut apporter la paix et la confiance dans les cœurs. La prière des uns et des autres, des uns pour les autres, au-delà de toute assemblée constituée et rejoignant tous nos proches et nos plus lointains, vient apporter l’espérance et la confiance pour nous-mêmes et pour tous ceux qui en ont besoin. Car l’Amour est plus fort que toute obscurité.
En regardant ces personnages bibliques de plus près, en nous voyant rassemblés ici ce matin, et en méditant cette Parole de Dieu, je me pose la question : et nous, qui sommes-nous ? Mais la Parole de Dieu ne révèle-t-elle pas Dieu et l’homme ? Alors notre identité se dessine...
Nous sommes des prêtres, comme Moïse intercédant auprès de Dieu pour son peuple, portant la vie de l’Église et de nos quartiers, de nos villes, de nos cités et du monde entier dans notre prière. Nous sommes des prêtres émus aux entrailles devant la misère et devant la joie. Nous sommes des hommes et des femmes qui, chacun à sa façon, rendent grâce à Dieu pour les beautés du jour, et supplient l’Innommable pour les détresses des hommes. Nous sommes des prêtres qui par les actions, les paroles et les silences, cherchent à rester avec l’Éternel et avec tous les hommes dans une communion intime et indéfectible.
Nous sommes des prophètes, tel Paul proclamant la Bonne Nouvelle de l’Amour de Dieu à tous. Nous sommes les Paul de nos familles et de nos rues, vivants de la Parole de Vie et voulant la transpirer à tous. Nous sommes les Paul voulant vivre de l’amour reçu et l’annoncer visiblement et jusque dans l’humble secret du quotidien. Nous sommes des prophètes parfois blessés de l’amour mais touchés par la grâce, « avec la foi et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus », souhaitant que la Parole atteigne tous les recoins d’humanité – et même d’inhumanité qui habitent chacun. Prophètes envoyés à tous, au-delà de tous les cercles que nous avons su créer pour nous sécuriser et nous enfermer.
Nous sommes des serviteurs, tels ce berger et cette femme de l’évangile. Des serviteurs d’humanité. Des serviteurs de communion. Des serviteurs d’unité pour que pas une seule personne de notre entourage, de nos quartiers, de nos paroisses, ne se sente rejetée, exclue, mal aimée. Serviteurs de fraternité, pour devenir frères et sœurs de tous. Avec cette angoisse de ne pas faire ou dire ce qu’il faut, de chercher à être juste, accueillant, fraternel... Nos entourages vivent tant de belles choses et aussi tant de choses difficiles ! Nous sommes des serviteurs au cœur et aux bras ouverts, aux regards lumineux et aux visages rayonnants...
Voilà ce que nous dit la Parole de Dieu ce matin, au moment où nous nous rassemblons : soyons des prêtres, des prophètes et des serviteurs d’humanité ! Nous sommes cette communauté d’Église, d’hommes et de femmes plongés dans l’eau du baptême et réveillés de la mort pour vivre pleinement, aujourd’hui, de la plénitude d’éternité ! Folle responsabilité, et joie de la confiance...
C’est le message que Dieu nous lance en ce début d’année, où nous parlerons encore miséricorde, et baptême, et vie de nos communautés, et écoute du cœur du monde !
Église de Ma Campagne et Puymoyen et de Saint Jean-Baptiste, fais la fête ! Vis pleinement de ta vie baptismale ! Réjouis-toi avec le berger et la femme de l’évangile ! Réjouis-toi d’être tant aimée de Dieu ! Réjouis-toi d’être sauvée et libérée de tout ce qui entrave ta vie ! Réjouissons-nous d’être ensemble, non pas uniquement nous qui sommes ici, mais ensemble avec tous ceux avec qui nous sommes et nous serons en relations !
Et que la grâce de Dieu, sa tendresse et sa miséricorde, son Esprit de vie et sa joie nous accompagnent chaque jour de cette nouvelle année !
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Vingt-quatrième dimanche du temps ordinaire

Livre de l’Exode 32,7-11.13-14.
En ces jours-là, le Seigneur parla à Moïse : « Va, descends, car ton peuple s’est corrompu, lui que tu as fait monter du pays d’Égypte.
Ils n’auront pas mis longtemps à s’écarter du chemin que je leur avais ordonné de suivre ! Ils se sont fait un veau en métal fondu et se sont prosternés devant lui. Ils lui ont offert des sacrifices en proclamant : “Israël, voici tes dieux, qui t’ont fait monter du pays d’Égypte.” »
Le Seigneur dit encore à Moïse : « Je vois que ce peuple est un peuple à la nuque raide.
Maintenant, laisse-moi faire ; ma colère va s’enflammer contre eux et je vais les exterminer ! Mais, de toi, je ferai une grande nation. »
Moïse apaisa le visage du Seigneur son Dieu en disant : « Pourquoi, Seigneur, ta colère s’enflammerait-elle contre ton peuple, que tu as fait sortir du pays d’Égypte par ta grande force et ta main puissante ?
Souviens-toi de tes serviteurs, Abraham, Isaac et Israël, à qui tu as juré par toi-même : “Je multiplierai votre descendance comme les étoiles du ciel ; je donnerai, comme je l’ai dit, tout ce pays à vos descendants, et il sera pour toujours leur héritage.” »
Le Seigneur renonça au mal qu’il avait voulu faire à son peuple.

Psaume 51(50),3-4.12-13.17.19.
Pitié pour moi, mon Dieu, dans ton amour,
selon ta grande miséricorde, efface mon péché.
Lave moi tout entier de ma faute,
purifie-moi de mon offense.

Crée en moi un cœur pur, ô mon Dieu,
renouvelle et raffermis au fond de moi mon esprit.
Ne me chasse pas loin de ta face,
ne me reprends pas ton esprit saint.

Seigneur, ouvre mes lèvres,
et ma bouche annoncera ta louange.
Le sacrifice qui plaît à Dieu, c’est un esprit brisé ;
tu ne repousses pas, ô mon Dieu, un cœur brisé et broyé.

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 1,12-17.
Bien-aimé, je suis plein de gratitude envers celui qui me donne la force, le Christ Jésus notre Seigneur, car il m’a estimé digne de confiance lorsqu’il m’a chargé du ministère,
moi qui étais autrefois blasphémateur, persécuteur, violent. Mais il m’a été fait miséricorde, car j’avais agi par ignorance, n’ayant pas encore la foi ;
la grâce de notre Seigneur a été encore plus abondante, avec elle la foi, et avec l’amour qui est dans le Christ Jésus.
Voici une parole digne de foi, et qui mérite d’être accueillie sans réserve : le Christ Jésus est venu dans le monde pour sauver les pécheurs ; et moi, je suis le premier des pécheurs.
Mais s’il m’a été fait miséricorde, c’est afin qu’en moi le premier, le Christ Jésus montre toute sa patience, pour donner un exemple à ceux qui devaient croire en lui, en vue de la vie éternelle.
Au roi des siècles, Dieu immortel, invisible et unique, honneur et gloire pour les siècles des siècles ! Amen.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 15,1-32.
En ce temps-là, les publicains et les pécheurs venaient tous à Jésus pour l’écouter.
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »
Alors Jésus leur dit cette parabole :
« Si l’un de vous a cent brebis et qu’il en perd une, n’abandonne-t-il pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller chercher celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il la retrouve ?
Quand il l’a retrouvée, il la prend sur ses épaules, tout joyeux,
et, de retour chez lui, il rassemble ses amis et ses voisins pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé ma brebis, celle qui était perdue !”
Je vous le dis : C’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion. »
Ou encore, si une femme a dix pièces d’argent et qu’elle en perd une, ne va-t-elle pas allumer une lampe, balayer la maison, et chercher avec soin jusqu’àce qu’elle la retrouve ?
Quand elle l’a retrouvée, elle rassemble ses amies et ses voisines pour leur dire : “Réjouissez-vous avec moi, car j’ai retrouvé la pièce d’argent que j’avais perdue !”
Ainsi je vous le dis : Il y a de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se convertit. »

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Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30
NOTE : Pendant l’été, permanence uniquement le vendredi