Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 12 août 2018

"Dieu nous invite à vivre à fond et il nous donne la capacité, le courage, la folie de vivre à fond."


Où il est question de résurrection, de vie éternelle, d’un homme qui dit être pain de vie et qui est descendu du ciel… Parole bien mystérieuse et même opaque dans la bouche de Jésus.
Elle nous rejoint pourtant d’une façon bien particulière ce matin. Parce qu’à un adulte qui demande le baptême, lors sa première étape, on lui pose la question « Que demandez-vous à l’Eglise ? » Et la personne répond : « La vie éternelle ». Parce qu’encore lorsque nous communion au repas préparé sur l’autel, nous reconnaissons dans ce bout de pain partagé « le pain de vie ». Parce que nous sommes réunis ce matin pour partager ce pain, et pour célébrer le baptême de Simon et d’Elise, qui vont, nous le comprenons, ressusciter avec le Christ et recevoir la vie éternelle.
Nous le comprenons… ou pas. Non comprenons qu’il y a des liens, mais de quoi parlons-nous ? Quelle est cette réalité dans laquelle Jésus nous entraîne, et les sacrements de l’Église à sa suite ?
Il n’est pas très engageant de parler de résurrection et de vie éternelle à propos d’enfants de deux ans. Parce que de parler de résurrection et de vie éternelle évoquent inévitablement la mort, et on n’a pas envie – avec raison – de parler de mort. Parce qu’on est au début de la vie, parce que l’avenir est totalement ouvert et qu’on l’espère beau et bon. Parce que vous, parents et amis, faites tout pour que la vie soit belle, longue, heureuse. Alors pourquoi venir tout gâcher avec ces notions abstraites qui évoquent l’au-delà ?
Parce que précisément il ne s’agit peut-être pas de l’au-delà. Parce que la vie éternelle, l’éternité, contrairement à ce qu’on croit parfois et contrairement à toutes les citations de Woody Allen (qui n’est pas un père de l’Eglise), n’est pas la vie dans un temps qui ne finit pas, mais la vie dans l’absence de dimension temporelle. E-ternité, avec un e privatif, « sans temps ». Sans avant, sans pendant, sans après, sans hier et sans lendemain, uniquement un éternel présent. Un présent comme un « ici et maintenant », et un présent comme un cadeau offert, comme un don à recevoir totalement. L’éternité ne serait donc pas cet infini d’un hypothétique au-delà, mais le don de la vie offerte ici, maintenant et à chaque instant, vie dans sa plénitude la plus ultime. Vie de résurrection, vie de ressuscité qu’il ne s’agit pas de découvrir après notre mort mais de recevoir et de vivre dès maintenant là où nous sommes, dans l’amitié et l’amour offerts et partagés avec tous ceux que nous croisons. Un jour, une jeune fille me disait ne pas vouloir parler de résurrection parce qu’elle n’avait pas l’âge de réfléchir à ce qui se passait après la mort. Mais elle voulait « vivre à fond » son aujourd’hui. Et ce faisant, elle parlait, précisément, de vie de ressuscitée. C’est-à-dire d’une vie qui n’est pas vécue à demi-mesure les yeux baissée et au rabais, mais d’une vie totalement déployée, engagée, donnée, ouverte, partagée. Oui, Dieu nous invite à vivre à fond et il nous donne la capacité, le courage, la folie de vivre à fond.
Serait-ce cela, être baptisés ? Non pas une assurance contre les malheurs mais la reconnaissance du don que Dieu fait à chacun de la capacité de vivre et d’aimer totalement, pleinement. En l’Amour qu’Il est et qui se donne à nous, en Jésus, en cette Parole de vie et en ce Pain devenu vital.
Car il en va pour nous comme pour le prophète Elie : nous avons nos coups de mou, nos coups de blues, nos coups de fatigue, de perte de confiance et de découragement. Mais ce serait croire que nous sommes seuls à affronter les défis de nos histoires et de l’Histoire. Or nous ne sommes jamais seuls. Il est là, le Dieu d’amour et de vie qui ne cesse de s’offrir en présent et au présent. Il est là dans l’amour qui habite nos cœurs, il est là dans la famille de ceux qui reconnaissent cette présence, famille à laquelle vous appartiendrez désormais, Simon et Elise, et dans laquelle vous aurez à prendre votre place, jour après jour, avec vos qualités et vos talents. Il est là, encore, dans ce pain rompu et partagé, car il n’y a pas de vie sans nourriture, ni route sans pain. Si ce pain est annoncé comme vital par Jésus, ce n’est pas qu’il contienne des qualités nutritives exceptionnelles. Mais c’est qu’il est pain de l’amour – et qu’il n’y a pas de vie sans amour. C’est qu’il est présence concrète et bien mystérieuse du Dieu Amour qui se donne à chacun dans le creux de nos mains pour que nous nous nourrissions de sa force et de son pardon. Et que, par cette nourriture, toute notre vie soit transformée.
Recevons encore pour nous-mêmes l’exhortation de Saint Paul : « N’attristez pas le Saint Esprit de Dieu, qui vous a marqués de son sceau. Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse. Pardonnez-vous les uns aux autres, comme Dieu vous a pardonné dans le Christ. Oui, cherchez à imiter Dieu, puisque vous êtes ses enfants bien-aimés. Vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous, s’offrant en sacrifice à Dieu, comme un parfum d’agréable odeur. » Simon et Elise, et nous tous, baptisés de plus longue date, nous avons reçu ce sceau, nous avons été oint de ce parfum d’agréable odeur. Soyons pour notre monde ce parfum agréable, ce bon pain nourrissant, cette présence offerte en cadeau, ce don de vie et d’amour, ce témoignage d’éternité déjà réalisée et à recevoir à chaque instant.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe
Première lecture
« Fortifié par cette nourriture, il marcha jusqu’à la montagne de Dieu » (1 R 19, 4-8)

Lecture du premier livre des Rois

En ces jours-là,
le prophète Élie, fuyant l’hostilité de la reine Jézabel,
marcha toute une journée dans le désert.
Il vint s’asseoir à l’ombre d’un buisson,
et demanda la mort en disant :
« Maintenant, Seigneur, c’en est trop !
Reprends ma vie :
je ne vaux pas mieux que mes pères. »
Puis il s’étendit sous le buisson, et s’endormit.
Mais voici qu’un ange le toucha et lui dit :
« Lève-toi, et mange ! »
Il regarda, et il y avait près de sa tête
une galette cuite sur des pierres brûlantes et une cruche d’eau.
Il mangea, il but, et se rendormit.
Une seconde fois, l’ange du Seigneur le toucha et lui dit :
« Lève-toi, et mange,
car il est long, le chemin qui te reste. »
Élie se leva, mangea et but.
Puis, fortifié par cette nourriture,
il marcha quarante jours et quarante nuits
jusqu’à l’Horeb, la montagne de Dieu.

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 33 (34), 2-3, 4-5, 6-7, 8-9)

R/ Goûtez et voyez
comme est bon le Seigneur ! (Ps 33, 9a)

Je bénirai le Seigneur en tout temps,
sa louange sans cesse à mes lèvres.
Je me glorifierai dans le Seigneur :
que les pauvres m’entendent et soient en fête !

Magnifiez avec moi le Seigneur,
exaltons tous ensemble son nom.
Je cherche le Seigneur, il me répond :
de toutes mes frayeurs, il me délivre.

Qui regarde vers lui resplendira,
sans ombre ni trouble au visage.
Un pauvre crie ; le Seigneur entend :
il le sauve de toutes ses angoisses.

L’ange du Seigneur campe alentour
pour libérer ceux qui le craignent.
Goûtez et voyez : le Seigneur est bon !
Heureux qui trouve en lui son refuge !
Deuxième lecture
« Vivez dans l’amour, comme le Christ » (Ep 4, 30 – 5, 2)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
n’attristez pas le Saint Esprit de Dieu,
qui vous a marqués de son sceau
en vue du jour de votre délivrance.
Amertume, irritation, colère, éclats de voix ou insultes,
tout cela doit être éliminé de votre vie,
ainsi que toute espèce de méchanceté.
Soyez entre vous pleins de générosité et de tendresse.
Pardonnez-vous les uns aux autres,
comme Dieu vous a pardonné dans le Christ.

Oui, cherchez à imiter Dieu,
puisque vous êtes ses enfants bien-aimés.
Vivez dans l’amour,
comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même pour nous,
s’offrant en sacrifice à Dieu,
comme un parfum d’agréable odeur.

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

Alléluia. Alléluia.
Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel,
dit le Seigneur ;
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Alléluia. (Jn 6, 51)

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean

En ce temps-là,
les Juifs récriminaient contre Jésus
parce qu’il avait déclaré :
« Moi, je suis le pain qui est descendu du ciel. »
Ils disaient :
« Celui-là n’est-il pas Jésus, fils de Joseph ?
Nous connaissons bien son père et sa mère.
Alors comment peut-il dire maintenant :
‘Je suis descendu du ciel’ ? »
Jésus reprit la parole :
« Ne récriminez pas entre vous.
Personne ne peut venir à moi,
si le Père qui m’a envoyé ne l’attire,
et moi, je le ressusciterai au dernier jour.
Il est écrit dans les prophètes :
Ils seront tous instruits par Dieu lui-même.
Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement
vient à moi.
Certes, personne n’a jamais vu le Père,
sinon celui qui vient de Dieu :
celui-là seul a vu le Père.
Amen, amen, je vous le dis :
il a la vie éternelle, celui qui croit.
Moi, je suis le pain de la vie.
Au désert, vos pères ont mangé la manne,
et ils sont morts ;
mais le pain qui descend du ciel est tel
que celui qui en mange ne mourra pas.
Moi, je suis le pain vivant,
qui est descendu du ciel :
si quelqu’un mange de ce pain,
il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair,
donnée pour la vie du monde. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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2, bld Jean Moulin
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