Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-13-decembre-2015

Homélie du 13 décembre 2015

« Que devons-nous faire ? » Éprouver la tendresse d’une mère pour son enfant, et nous ouvrir à celle que Dieu a pour chacun de nous. Accueillir en nous la miséricorde, et en vivre !


Dimanche dernier, nous méditions sur la préparation à l’accouchement, pour découvrir ensemble le travail que nous avons à faire pour nous donner d’entrer dans la fête de Noël, cette fête qui nous rappelle que Dieu veut naître en toi, en moi, en nous.
Ce travail de préparation en nos vies continue aujourd’hui, à la lumière de la Parole de Dieu. Comme les foules qui viennent se faire baptiser par Jean dans le Jourdain, nous nous posons la question : « Que devons-nous faire ? » Que devons-nous faire non seulement pour être prêts le jour de Noël, mais encore pour laisser Dieu naître réellement en nous, et le laisser prendre toute sa place en nos vies ?
Nous avons essayé de répondre à cette question, au caté, il y a 8 jours. Et nous avons fait chacun notre calendrier de l’Avent, qui nous aide, chaque jour, à « faire quelque chose » pour aider Dieu à naître en nous.
Je pense aussi à l’événement d’Église qui a marqué cette semaine, et qui marquera aussi notre diocèse dès ce dimanche. Mardi, le pape François a ouvert « l’année de la miséricorde », un jubilé extraordinaire qu’il a souhaité pour l’Église universelle. Une année de grâce dans laquelle notre diocèse entrera dès cet après-midi lors d’une célébration à la cathédrale au début de laquelle notre évêque ouvrira une « porte sainte », rappelant que la porte, c’est le Christ, et que nous avons sans cesse à passer par cette porte pour accueillir en nous la plénitude de la miséricorde de Dieu.
La miséricorde... voilà bien un mot à la fois très employé dans les prières, et peu compris par tout un chacun ! Que de contre-sens sur ce mot qui évoque trop facilement la misère ou une charité désorientée ! N’est-il pas temps de dépoussiérer cette réalité pour en redécouvrir la richesse et l’actualité ?
Car la miséricorde vient rejoindre notre préparation à l’accouchement et la femme enceinte que nous sommes. Ou plus exactement, la femme enceinte vient une nouvelle fois éclairer le mystère de ce chemin vers Noël. Le mot « miséricorde » exprime en Hebreux l’attachement instinctif d’un être à un autre. Un sentiment qui trouve sa source dans le sein maternel, dans les entrailles maternelles. Dans l’amour d’une mère pour son enfant, dans la tendresse « viscérale » d’une mère pour son bébé. En Grec, le sens va ajouter une notion de fidélité, une bonté consciente et voulue. Voilà où nous mène la miséricorde : aux entrailles. Au cœur du cœur. A l’endroit au-dedans de nous, où nous aimons avec la plus grande puissance et la plus grande fragilité à la fois. A cet amour mystérieux mais si grand et si tendre de la mère avec l’enfant qu’elle porte en elle. Etre miséricordieux, c’est être pris aux entrailles, « aux tripes », par l’amour d’un autre et par l’amour pour l’autre. C’est là, dans notre utérus, au lieu de miséricorde, que Dieu naît en nous pour nous faire naître à nous-mêmes.
C’est de cet amour que Dieu nous aime. C’est de cet amour que nous sommes invités à aimer à notre tour.
« Que devons-nous faire ? » « Donnez à manger à celui qui a faim ; n’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé ; ne faite de violence à personne... » Soyez miséricordieux comme votre Père est miséricordieux ! Et de là naîtra la joie. La joie du Seigneur, celle dont parle l’apôtre Paul. Celle qui apporte la paix et la sérénité.
Nous voilà entrant dans cette année de la miséricorde, alors que nous sentons déjà Dieu naître en nous. Il est là, se manifestant peut-être imperceptiblement, mais présent. « Le Seigneur est proche », dit encore Paul. Et il nous invite à sortir de nous-mêmes pour vivre de sa miséricorde et le laisser naître. C’est-à-dire à faire œuvre de tendresse, d’attention, d’amitié, de compréhension, d’accueil de l’autre jusqu’à l’étranger, de soin, de consolation... jusqu’au pardon. Le chemin d’avent est une occasion privilégiée pour déjà nous y entrainer les uns et les autres, les uns avec les autres. Chaque jour qui passe, nous apprenons à faire attention les uns aux autres. Cette semaine, dans notre doyenné, nous vivrons « 24h de prière, d’adoration et de réconciliation ». Et tout au long de cette année sainte, nous serons invités à nous ressourcer à la miséricorde de Dieu, et à la faire naître et vivre en nous... et à la déployer en notre monde.
« Que devons-nous faire ? » Éprouver la tendresse d’une mère pour son enfant, et nous ouvrir à celle que Dieu a pour chacun de nous. Accueillir en nous la miséricorde, et en vivre !
Que cette année soit pour nous ouverture à la joie et à la tendresse de Dieu... ce Dieu qui habite nos cœurs, et nous fait vibrer de tendresse pour notre monde.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Troisième Dimanche de l’Avent

Livre de Sophonie 3,14-18a.
Pousse des cris de joie, fille de Sion ! Éclate en ovations, Israël ! Réjouis-toi, de tout ton cœur bondis de joie, fille de Jérusalem !
Le Seigneur a levé les sentences qui pesaient sur toi, il a écarté tes ennemis. Le roi d’Israël, le Seigneur, est en toi. Tu n’as plus à craindre le malheur.
Ce jour-là, on dira à Jérusalem : « Ne crains pas, Sion ! Ne laisse pas tes mains défaillir !
Le Seigneur ton Dieu est en toi, c’est lui, le héros qui apporte le salut. Il aura en toi sa joie et son allégresse, il te renouvellera par son amour ; il exultera pour toi et se réjouira,
comme aux jours de fête. »

Livre d’Isaïe 12,2-3.4bcde.5-6.
Voici le Dieu qui me sauve :
j’ai confiance, je n’ai plus de crainte.
Ma force et mon chant, c’est le Seigneur ;
il est pour moi le salut.
Exultant de joie, vous puiserez les eaux
aux sources du salut.

Rendez grâce au Seigneur,
proclamez son nom,
annoncez parmi les peuples ses hauts faits ! »
Redites-le : « Sublime est son nom ! »

Jouez pour le Seigneur, il montre sa magnificence,
et toute la terre le sait.
Jubilez, criez de joie, habitants de Sion,
car il est grand au milieu de toi, le Saint d’Israël !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 4,4-7.
Frères, soyez toujours dans la joie du Seigneur ; je le redis : soyez dans la joie.
Que votre bienveillance soit connue de tous les hommes. Le Seigneur est proche.
Ne soyez inquiets de rien, mais, en toute circonstance, priez et suppliez, tout en rendant grâce, pour faire connaître à Dieu vos demandes.
Et la paix de Dieu, qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir, gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,10-18.

En ce temps-là, les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : « Que devons-nous faire ? »
Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »
Des publicains (c’est-à-dire des collecteurs d’impôts) vinrent aussi pour être baptisés ; ils lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? »
Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. »
Des soldats lui demandèrent à leur tour : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites violence à personne, n’accusez personne à tort ; et contentez-vous de votre solde. »
Or le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Christ.
Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus fort que moi. Je ne suis pas digne de dénouer la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu.
Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera au feu qui ne s’éteint pas. »
Par beaucoup d’autres exhortations encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30