Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 14 octobre 2018


On vient de faire une expérience avec ceux qui étaient présents avant la messe. Nous avons joué : on devait répondre à un questionnaire avec une vingtaine de questions très différentes les unes des autres. On a du y répondre en petites équipes et une chose est sûre : ni une équipe d’enfants seuls ni une équipe d’adultes seuls n’auraient pu répondre à toutes les questions. Il a fallu se mélanger les uns avec les autres de générations différentes pour arriver au bout du questionnaire. Il a fallu être à plusieurs, et à plusieurs différents. Il a fallu accepter de ne pas rester tout seul ni entre enfants ou entre adultes. Il a fallu quitter son confort et risquer la rencontre de l’autre que je ne connais pas et qui n’a pas la même histoire et la même culture que moi. Et ce qui ressemblait à une perte (la perte des copains, la perte des repères) s’est avéré être une richesse.
C’est un peu l’expérience que Jésus invite l’homme de l’évangile à vivre. Lui ne veut pas remplir un questionnaire, il veut « la vie éternelle ». En fait, nous aussi on veut la vie éternelle. On se rappelle que la vie éternelle ce n’est pas la vie après la mort, la vie de l’au-delà. La vie éternelle, c’est la vie en Dieu et avec Dieu dès maintenant. C’est la vie que Dieu nous propose de vivre aujourd’hui, maintenant et à chaque instant. C’est la vie pleine d’amour, pleine de joie, pleine d’amitié, pleine de solidarité, la vie toute ouverte, toute belle. Pas une vie de bisounours, parce que la vie éternelle n’empêche pas les soucis, les tracas, les catastrophes, les souffrances, les drames, elle n’évite pas les combats et les luttes ! Mais elle est belle malgré tout parce qu’en elle, on n’est pas seul et on se sait et on se sent aimés.
L’homme de l’évangile veut vivre cette vie – comme nous. Mais s’il avait été avec nous ce matin, il aurait été de ceux qui n’auraient pas voulu se mélanger avec d’autres différents de lui. Il serait peut-être resté dans son coin à essayer de faire le jeu sans y arriver. Et sans vivre de la vie éternelle que nous propose Jésus.
Voilà le Royaume dans lequel Jésus nous invite. Comme dans le dessin que vous nous avez montré en introduction à cette messe. « Bienvenue au Royaume de Dieu ». Et ce Royaume est un royaume où l’on se regarde. Vous avez entendu dans l’évangile : « Jésus posa sur l’homme son regard et il l’aima ». Et plus loin, « Jésus regarda autour de lui et dit à ses disciples ». Et encore plus loin : « Jésus les regarde ». Le royaume de Dieu est un royaume où on prend le temps de se regarder et de s’aimer. Parfois on voit sans voir. On ne fait pas attention. Les autres font partie du paysage, mais on passe vite. Cela peut même arriver pendant des rencontres et des dialogues ! On ne se regarde pas vraiment, on ne fait pas attention à l’autre, à ce qu’il dit, à ce qu’il est, à ce qu’il vit. Dans le Royaume de Dieu, dans la vie éternelle, dans la vie pleine et belle et ouverte et solidaire, on a des yeux pour voir, et contempler, et aimer. Regarde ton voisin ou ta voisine. Regarde-le. Pas comme s’il était un élément de décor, une plante, un morceau de mur ou une extension de la chaise, mais regarde-le dans les yeux. En profondeur. Avec un regard d’amour. Un regard aimant. Un regard d’amitié sincère. En te demandant intérieurement ce qu’il vit – peut-être de beau, ou de difficile, ou de joyeux, ou d’inquiétant. Porte ce regard dans une prière : cette vie dont tu deviens témoins dans le silence, ne t’appartient pas. Il ne faut pas la saisir ou l’enfermer, il faut juste l’aimer. Pour ce qu’elle est. Et déjà l’autre n’est plus seul.
Ce regard d’amour et d’amitié qui voit la profondeur de l’être, n’est-ce pas, à son échelle, ce qui nous est dit de l’action de la Parole de Dieu dans le lettre de Paul ? Cette« Parole vivante, cette Parole de Dieu, Parole énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants, qui va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit, des jointures et des moelles. » Non pour blesser, mais pour relever, pour faire exister, pour réconforter et pour aimer. La Parole de Dieu nous aide à nous regarder les uns les autres et à entrer dans le Royaume de Dieu pour vivre de la vie éternelle. Elle est « Je t’aime » de Celui qui n’est qu’Amour, à accueillir au plus profond de nos existences pour les faire se lever et grandir. Au delà de toute Loi, de tout commandement – sauf celui d’aimer.

- « Que dois-je faire ? », demande l’homme de l’évangile.
- « Ne fais pas. Sois, répond Jésus. Sois ouvert. Sois dépouillé. Sois libéré de ce qui t’encombre. Sois accueillant à la vie de l’Esprit et à l’esprit des autres. Ne sois pas un coffre fort, mais un cœur battant, un cœur amoureux, un cœur tendre et ferme à la fois. Sois un assoiffé de justice et de paix, sois un pardonnant tout pardonné que tu es. Sois toi ! Sois ! Sans t’inquiéter du lendemain. Sois en confiance avec l’Esprit. »
Et cet appel est pour toi, pour moi, pour nous communauté de paroisse, de doyenné et de diocèse. Et il résonne jusqu’à Rome où se tient le « synode des jeunes », cette rencontre nouvelle et exceptionnelle de l’Église à l’écoute de sa jeunesse et de la jeunesse du monde. Une rencontre d’où transpire un souffle nouveau plein de dynamisme, de joie, d’écoute mutuelle. Et cet appel résonne aussi par l’exemple de ceux qui sont déclarés « saints » aujourd’hui, canonisés. Notamment le pape Paul VI, l’homme qui a été au bout du concile Vatican II pour que l’Église se libère de trop de richesse et de confort et de poussières et s’ouvre à la liberté de l’Esprit et à l’amour des hommes, et Mgr Romero, l’évêque chilien tué en pleine messe parce qu’il dénonçait les violences, les haines et l’injustice.
« Viens, suis-moi », demande Jésus à l’homme trop riche. Et nous d’entendre cette invitation à entrer dans le Royaume de vie et d’amour, de solidarité, d’amitié et d’engagement. Et reprenant le dessin des enfants, « Bienvenue dans le Royaume de Dieu ! »
Amen !
P. Benoît Lecomte

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Lectures de la messe


Lecture du livre de la Sagesse

J’ai prié,
et le discernement m’a été donné.
J’ai supplié,
et l’esprit de la Sagesse est venu en moi.
Je l’ai préférée aux trônes et aux sceptres ;
à côté d’elle, j’ai tenu pour rien la richesse ;
je ne l’ai pas comparée à la pierre la plus précieuse ;
tout l’or du monde auprès d’elle n’est qu’un peu de sable,
et, en face d’elle, l’argent sera regardé comme de la boue.
Plus que la santé et la beauté, je l’ai aimée ;
je l’ai choisie de préférence à la lumière,
parce que sa clarté ne s’éteint pas.
Tous les biens me sont venus avec elle
et, par ses mains, une richesse incalculable.

– Parole du Seigneur.

Psaume
(Ps 89 (90), 12-13, 14-15, 16-17)

R/ Rassasie-nous de ton amour, Seigneur :
nous serons dans la joie. (cf. Ps 89, 14)

Apprends-nous la vraie mesure de nos jours :
que nos cœurs pénètrent la sagesse.
Reviens, Seigneur, pourquoi tarder ?
Ravise-toi par égard pour tes serviteurs.

Rassasie-nous de ton amour au matin,
que nous passions nos jours dans la joie et les chants.
Rends-nous en joies tes jours de châtiment
et les années où nous connaissions le malheur.

Fais connaître ton œuvre à tes serviteurs
et ta splendeur à leurs fils.
Que vienne sur nous la douceur du Seigneur notre Dieu !
Consolide pour nous l’ouvrage de nos mains ;
oui, consolide l’ouvrage de nos mains.

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
elle est vivante, la parole de Dieu,
énergique et plus coupante qu’une épée à deux tranchants ;
elle va jusqu’au point de partage de l’âme et de l’esprit,
des jointures et des moelles ;
elle juge des intentions et des pensées du cœur.
Pas une créature n’échappe à ses yeux,
tout est nu devant elle, soumis à son regard ;
nous aurons à lui rendre des comptes.

– Parole du Seigneur.

Évangile
« Vends ce que tu as et suis-moi » (Mc 10, 17-27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus se mettait en route
quand un homme accourut
et, tombant à ses genoux, lui demanda :
« Bon Maître, que dois-je faire
pour avoir la vie éternelle en héritage ? »
Jésus lui dit :
« Pourquoi dire que je suis bon ?
Personne n’est bon, sinon Dieu seul.
Tu connais les commandements :
Ne commets pas de meurtre,
ne commets pas d’adultère,
ne commets pas de vol,
ne porte pas de faux témoignage,
ne fais de tort à personne,
honore ton père et ta mère. »
L’homme répondit :
« Maître, tout cela, je l’ai observé
depuis ma jeunesse. »
Jésus posa son regard sur lui, et il l’aima.
Il lui dit :
« Une seule chose te manque :
va, vends ce que tu as
et donne-le aux pauvres ;
alors tu auras un trésor au ciel.
Puis viens, suis-moi. »
Mais lui, à ces mots, devint sombre
et s’en alla tout triste,
car il avait de grands biens.

Alors Jésus regarda autour de lui
et dit à ses disciples :
« Comme il sera difficile
à ceux qui possèdent des richesses
d’entrer dans le royaume de Dieu ! »
Les disciples étaient stupéfaits de ces paroles.
Jésus reprenant la parole leur dit :
« Mes enfants, comme il est difficile
d’entrer dans le royaume de Dieu !
Il est plus facile à un chameau
de passer par le trou d’une aiguille
qu’à un riche d’entrer dans le royaume de Dieu. »
De plus en plus déconcertés,
les disciples se demandaient entre eux :
« Mais alors, qui peut être sauvé ? »
Jésus les regarde et dit :
« Pour les hommes, c’est impossible,
mais pas pour Dieu ;
car tout est possible à Dieu. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

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