Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 15 avril 2018

« Ils n’osaient pas y croire et restaient saisis d’étonnement. » Quelle est donc cette expérience que font les disciples ?


« Ils n’osaient pas y croire et restaient saisis d’étonnement. » Comme on les comprend, ces disciples un peu perdus au lendemain de la mort de Jésus ! Ne sont-ils pas comme nous ? Ne sommes-nous pas comme eux ? Comment croire ce qui est incroyable ? Comment saisir l’insaisissable ? Comment comprendre l’incompréhensible ? Comment accueillir un tel inattendu ? Il est d’ailleurs un peu facile et rapide, je pense, de dire que les chrétiens croient à la résurrection de Jésus et à la résurrection des morts, ce que nous proclamons allègrement quand nous récitons rapidement le credo. Qui, ici, dans notre assemblée, y croit vraiment ? Qui se pose des questions ? Qui a des doutes ? Qui reste saisi d’étonnement ?
Quelle est donc cette expérience que font les disciples ? A dire vrai, probablement aimerions-nous la vivre nous aussi pour rassurer notre esprit. Mais entre nous : y croirions-nous pour autant davantage ?
« Il fut présent au milieu d’eux. » L’Evangile est sobre, mais dit beaucoup. L’initiative, en tout cas, vient de Dieu. Les disciples sont tristes, certainement, craintifs, nous raconte-t-on… mais ils ne font pas de séance de spiritisme. De même pour nous. On ne va pas chercher Jésus ressuscité. On ne l’appelle pas outre-mesure. On ne lui demande pas d’être là ou de venir. « Il est présent. » Il est présent, nous dit l’Evangile, comme s’il était présent depuis avant et encore après son passage visible. Il est présent comme s’il était hors de notre temps mais pourtant bien présent ici et maintenant. Il est présent, comme si être ressuscité, c’était être là, être présent. Peut-être croyons-nous parfois qu’il est absent. L’Evangile nous rattrape : il est présent, il est là.
Il est là comme celui qui apporte une parole de paix : « La paix soit avec vous ! » Magnifique parole ! Parole tant attendue, si bienfaisante qu’il nous faut l’accueillir et encore l’accueillir, chaque jour et à chaque instant de notre vie ! Entends-tu ce que te dit l’Evangile ? Jésus ressuscité est là, présent, et il te donne la paix. La pause, dans ta vie trop tourbillonnante. Le bien-être dans tous tes malaises. Cette paix qui est apaisement des peurs, ouverture, réconciliation et pardon des péchés, racontent le livre des Actes et la lettre de Jean. « Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins. Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés. » « Si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste. C’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés, non seulement les nôtres, mais encore ceux du monde entier. » Parole libératrice, acte libérateur de Jésus dans sa résurrection, apportant la paix du cœur. Cette paix qui est encore confiance pour le psalmiste : « Dans la paix moi aussi, je me couche et je dors, car tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance. » Parole de paix, présence d’amour : tu es aimé ! Nous sommes aimés ! Les disciples sont aimés et tout homme est infiniment aimé ! N’est-ce pas cela qui fait jour dans l’apparition de Jésus aux disciples effrayés et incrédules ? N’est-ce pas cela que Jésus nous révèle encore et encore dans le mystère de cette Pâques à laquelle nous sommes associés ? Tu es aimé, aimé de cet amour divin qui apporte présence et paix au milieu de toi. Pas d’exubérance dans l’événement de la résurrection, mais une paix douce et profonde, une efficace paix du cœur qui transforme nos vies.
Expérience réservée aux disciples d’il y a 2000 ans ? Non ! Pour peu que nous accueillions cette Parole, nous percevons la Présence. Et la Présence se rend concrète, nous dit l’Evangile en nous laissant deux indices.
« Il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures », nous dit Saint Luc qui commence son récit en racontant « comment le Seigneur s’était fait reconnaître par les disciples d’Emmaüs à la fraction du pain. » Parole et eucharistie, comme les deux lieux où nous pouvons reconnaître Jésus ressuscité réellement présent et visible à ceux qui voient. Parole et eucharistie, comme les deux lieux privilégiés où Jésus ressuscité se rend présent, Christ au milieu de nous. Parole et eucharistie, comme les deux lieux « sommets » par lesquels Christ se rend présent au monde en nous invitant à devenir ses témoins devant tous les hommes de notre temps, de nos quartiers, de nos cités. Parole et eucharistie comme les deux lieux où recevoir la paix du Christ pour nous-mêmes et pour le monde.
Les orientations diocésaines, que nous avons travaillées en paroisse ce samedi matin, nous invitent à sortir de nos habitudes et de nos repères pour devenir missionnaires, témoins de l’amour de Jésus ressuscité, transmetteurs ou révélateurs de cette paix qu’il offre à chacun. En ce temps de Pâques, soyons au rendez-vous de sa Présence. Soyons au rendez-vous de cette paix. Soyons au rendez-vous de notre monde parfois en désespoir ou en feu, pour lui dire, avec toute la force et la douceur du Ressuscité : « La paix soit avec toi ! Tu es aimé... »
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Troisième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 3,13-15.17-19.
En ces jours-là, devant le peuple, Pierre prit la parole : « Hommes d’Israël, le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de nos pères, a glorifié son serviteur Jésus, alors que vous, vous l’aviez livré, vous l’aviez renié en présence de Pilate qui était décidé à le relâcher.
Vous avez renié le Saint et le Juste, et vous avez demandé qu’on vous accorde la grâce d’un meurtrier.
Vous avez tué le Prince de la vie, lui que Dieu a ressuscité d’entre les morts, nous en sommes témoins.
D’ailleurs, frères, je sais bien que vous avez agi dans l’ignorance, vous et vos chefs.
Mais Dieu a ainsi accompli ce qu’il avait d’avance annoncé par la bouche de tous les prophètes : que le Christ, son Messie, souffrirait.
Convertissez-vous donc et tournez-vous vers Dieu pour que vos péchés soient effacés.

Psaume 4,2.4.7.9.
Quand je crie, réponds-moi,
Dieu, ma justice !
Toi qui me libères dans la détresse,
pitié pour moi, écoute ma prière !

Sachez que le Seigneur a mis à part son fidèle,
le Seigneur entend quand je crie vers lui.
Beaucoup demandent : « Qui nous fera voir le bonheur ? »
Sur nous, Seigneur, que s’illumine ton visage !

Dans la paix moi aussi,
je me couche et je dors,
car tu me donnes d’habiter, Seigneur,
seul, dans la confiance.

Première lettre de saint Jean 2,1-5a.
Mes petits enfants, je vous écris cela pour que vous évitiez le péché. Mais si l’un de nous vient à pécher, nous avons un défenseur devant le Père : Jésus Christ, le Juste.
C’est lui qui, par son sacrifice, obtient le pardon de nos péchés, non seulement les nôtres, mais encore ceux du monde entier.
Voici comment nous savons que nous le connaissons : si nous gardons ses commandements.
Celui qui dit : « Je le connais », et qui ne garde pas ses commandements, est un menteur : la vérité n’est pas en lui.
Mais en celui qui garde sa parole, l’amour de Dieu atteint vraiment la perfection.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc 24,35-48.
En ce temps-là, les disciples qui rentraient d’Emmaüs racontaient aux onze Apôtres et à leurs compagnons ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.
Comme ils en parlaient encore, lui-même fut présent au milieu d’eux, et leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Saisis de frayeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit.
Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent dans votre cœur ?
Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os comme vous constatez que j’en ai. »
Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds.
Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement. Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? »
Ils lui présentèrent une part de poisson grillé
qu’il prit et mangea devant eux.
Puis il leur déclara : « Voici les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il faut que s’accomplisse tout ce qui a été écrit à mon sujet dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. »
Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures.
Il leur dit : « Ainsi est-il écrit que le Christ souffrirait, qu’il ressusciterait d’entre les morts le troisième jour,
et que la conversion serait proclamée en son nom, pour le pardon des péchés, à toutes les nations, en commençant par Jérusalem.
À vous d’en être les témoins. »

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