Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-15-mai-2016-Fete-de-la-Pentecote
          Homélie du 15 mai 2016 - Fête de la Pentecôte

Homélie du 15 mai 2016 - Fête de la Pentecôte

"Il fallait encore à Dieu de venir faire sa demeure en nous, pour faire de nous ses enfants"


Quelle belle fête , cette fête de Pentecôte, avec sa couleur rouge feu, rouge sang, rouge cœur, rouge passion, son Souffle libérateur, ses dimensions universelles ! Fête de Pâques inaugurée dans la nuit autour du feu il y a 50 jours... mais la nouvelle de cette nuit, qui nous avait réchauffé le cœur, ne disparaît pas : Christ est ressuscité, et aucune mort ne peut arrêter ni l’amour ni la vie ! Cette nouvelle parcours les siècles et les nations, comme elle a parcouru les 50 jours depuis la nuit du feu... et elle vient habiter le cœur de tous ceux qui veulent bien la recevoir. Elle est portée à chacun, mystérieusement, secrètement, par l’Esprit de Dieu, l’Esprit de Jésus, qui vient faire son nid en chacun de nous. Pour que sa joie soit là... Parce que sa joie est là !
Il n’a pas suffit à Dieu d’être Créateur du temps et Maître de la vie, d’être cette Puissance d’engendrement de chaque instant, attentif à sa création.
Il n’a pas suffit à Dieu de devenir compagnon des hommes en se faisant l’un de nous en Jésus, en partageant nos routes, nos joies et nos détresses jusqu’au bout.
Il lui fallait encore venir faire sa demeure en nous, pour faire de nous ses enfants. Que nous devenions des compagnons ne devait pas lui paraître assez proche... il voulait faire de nous ses enfants, et que nous l’appelions « Père ». « L’Esprit de Dieu habite en vous, disait saint Paul. Vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père ! C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. » Rien de moins ! Enfants de Dieu, appelés chacun par notre prénom, avec une importance unique aux yeux du Père. Demandez à vos parents quel est leur enfant préféré... Je suis sûr qu’ils répondront : « chacun d’eux ! Je l’aime d’une manière unique ! » Dieu nous aime ainsi, comme ses enfants, chacun de manière unique. Comme ce que nous avons représenté avec ces silhouettes qui portent chacun notre prénom.

Mais ce changement d’identité a des conséquences décisives si nous le laissons faire : il nous rend libre, il nous unit, et il nous offre des dons.
L’Esprit nous rend libres. Nous sommes libres ! Vous allez me dire que vous êtes plutôt libres, bien sûr. Mais l’Esprit nous rend libres d’être nous-mêmes, sans peur des carcans, des jugements, libérés des comparaisons, libres dans nos différences (ces « différences qui deviennent autant de chances », disait le chanteur). Libres de vivre vraiment, totalement, à fond, le nez dans le vent et le cœur en paix. Nous passons tant de temps à compter, à élaborer des stratégies, à calculer les coups, à changer nos masques en fonction des gens que nous croisons... L’Esprit nous libère de la construction de tous ces stratagèmes. Les apôtres pris dans le Souffle divin à Jérusalem ne calculent plus rien et oublient toutes leurs peurs des autres et d’eux-mêmes ! Imaginez que si nous vivions vraiment dans l’Esprit Saint, nous aurions cette pêche, cette audace, cette folie entre nous et avec tous ! Et la vie serait tellement plus simple ! Que l’Esprit vienne en nous, vraiment !
L’Esprit nous libère de nos peurs et il nous unit. En nous plaçant en communion les uns avec les autres, dans une fraternité irréductible, comme le révèle encore notre ribambelle de silhouettes autour de l’autel. Oui, celui qui est à côté de toi ne parle peut-être pas la même langue que toi, n’a peut-être pas la même culture, la même histoire, la même religion... mais il est ton frère, elle est ta sœur ! Il vit, elle vit du même Esprit divin que toi ! Oh, bien sûr, avoir des frères et sœurs n’empêche pas d’avoir des embrouilles entre frères et sœurs. C’est même parce qu’on a des frères et sœurs qu’on arrive à s’embrouiller avec eux. Mais ils et elles restent des frères et des sœurs, nés du même Dieu que l’on appelle « Père, papa ». Et déjà voir l’autre comme un frère, même si on s’est embrouillé avec lui, change nos relations. A fortiori quand il n’y a pas d’embrouille, ou quand on vit le pardon, la solidarité est encore plus grande et plus belle, plus évidente et plus universelle. L’Esprit Saint unit tous les hommes en une seule et même famille humaine rassemblant toutes les nations et tous les peuples de toutes les langues ! Notre assemblée ce matin en est déjà une belle image, nous qui célébrons aujourd’hui en 10 ou 15 langues le même Seigneur, n’est-ce pas ?
Enfin, l’Esprit nous offre des dons, pour que chacun à notre façon nous proclamions les merveilles de Dieu. Les dons des langues pour les Apôtres, mais encore le don du service, de l’écoute, de la parole, de l’animation, du regard, de la connaissance, de la foi, etc, etc ! Chacun reçoit des dons de l’Esprit, pour que chacunes de nos vies aient une saveur toute spéciale, toute particulière, et que nous ayons besoin les uns des autres pour déployer toute la partition de ces merveilles. Nous sommes doués ! Tu es doué ! Doué des dons de l’Esprit ! Quelle bonne nouvelle pour chacun de nous ! N’enterrons pas ces dons. Faisons-les grandir en les mettant au service de l’humanité, de notre grande famille parfois unie et souvent si déchirée !
Margaux, tu vas être baptisée dans l’eau tout à l’heure. Dans l’eau bénie lors de la nuit du feu, la nuit de Pâques, il y a 50 jours. Par ce baptême, tu vas recevoir cet Esprit, que tu recevras à nouveau et pleinement au jour de ta confirmation (au passage... peut-être certains ne sont pas confirmés dans notre assemblée... il n’est pas trop tard pour y penser ! Ça ne fait que du bien !). Par ce baptême, Margaux, tu deviens une pèlerine dans le grand peuple de Dieu, un membre du corps du Christ qu’est l’Église, et le temple de cet Esprit, pour vivre pleinement de lui et prendre ta place de femme et de chrétienne dans le monde et dans l’Église. Et proclamer, par toute ta vie, les merveilles que Dieu fait pour nous, non pas d’un coup de baguette magique, mais en nous associant si intimement et si réellement à sa propre vie, en faisant de nous ses enfants tant aimés, en nous donnant la liberté de l’amour.
Que la fête de Pentecôte ne s’éteigne pas à la fin de cette messe ou de cette journée ! Que l’Esprit vienne irriguer toutes nos journées et toutes nos rencontres, toutes nos pensées et toutes nos actions ! Qu’il vienne faire en nous sa demeure, avec le Père et le Fils, pour nous faire vivre de lui et avec lui jusqu’au bout de l’amour !
Amen
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Pentecôte

Livre des Actes des Apôtres 2,1-11.
Quand arriva le jour de la Pentecôte, au terme des cinquante jours, ils se trouvaient réunis tous ensemble.
Soudain un bruit survint du ciel comme un violent coup de vent : la maison où ils étaient assis en fut remplie tout entière.
Alors leur apparurent des langues qu’on aurait dites de feu, qui se partageaient, et il s’en posa une sur chacun d’eux.
Tous furent remplis d’Esprit Saint : ils se mirent à parler en d’autres langues, et chacun s’exprimait selon le don de l’Esprit.
Or, il y avait, résidant à Jérusalem, des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel.
Lorsque ceux-ci entendirent la voix qui retentissait, ils se rassemblèrent en foule. Ils étaient en pleine confusion parce que chacun d’eux entendait dans son propre dialecte ceux qui parlaient.
Dans la stupéfaction et l’émerveillement, ils disaient : « Ces gens qui parlent ne sont-ils pas tous Galiléens ?
Comment se fait-il que chacun de nous les entende dans son propre dialecte, sa langue maternelle ?
Parthes, Mèdes et Élamites, habitants de la Mésopotamie, de la Judée et de la Cappadoce, de la province du Pont et de celle d’Asie,
de la Phrygie et de la Pamphylie, de l’Égypte et des contrées de Libye proches de Cyrène, Romains de passage,
Juifs de naissance et convertis, Crétois et Arabes, tous nous les entendons parler dans nos langues des merveilles de Dieu. »

Psaume 104(103),1ab.24ac.29bc-30.31.34.
Bénis le Seigneur, ô mon âme ;
Seigneur mon Dieu, tu es si grand !
Quelle profusion dans tes œuvres, Seigneur !
La terre s’emplit de tes biens.

Tu reprends leur souffle, ils expirent
et retournent à leur poussière.
Tu envoies ton souffle : ils sont créés ;
tu renouvelles la face de la terre.

Gloire au Seigneur à tout jamais !
Que Dieu se réjouisse en ses œuvres !
Que mon poème lui soit agréable ;
moi, je me réjouis dans le Seigneur.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-17.
Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.
Ainsi donc, frères, nous avons une dette, mais elle n’est pas envers la chair pour devoir vivre selon la chair.
Car si vous vivez selon la chair, vous allez mourir ; mais si, par l’Esprit, vous tuez les agissements de l’homme pécheur, vous vivrez.
En effet, tous ceux qui se laissent conduire par l’Esprit de Dieu, ceux-là sont fils de Dieu.
Vous n’avez pas reçu un esprit qui fait de vous des esclaves et vous ramène à la peur ; mais vous avez reçu un Esprit qui fait de vous des fils ; et c’est en lui que nous crions « Abba ! », c’est-à-dire : Père !
C’est donc l’Esprit Saint lui-même qui atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu.
Puisque nous sommes ses enfants, nous sommes aussi ses héritiers : héritiers de Dieu, héritiers avec le Christ, si du moins nous souffrons avec lui pour être avec lui dans la gloire.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 14,15-16.23b-26.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Si vous m’aimez, vous garderez mes commandements.
Moi, je prierai le Père, et il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole ; mon Père l’aimera, nous viendrons vers lui et, chez lui, nous nous ferons une demeure.
Celui qui ne m’aime pas ne garde pas mes paroles. Or, la parole que vous entendez n’est pas de moi : elle est du Père, qui m’a envoyé.
Je vous parle ainsi, tant que je demeure avec vous ;
mais le Défenseur, l’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit. »

1 réaction


19 mai 2016 18:10, par chambon

Demander à l’assemblée :
"qui a reçu ce sacrement de confirmation ?

Qui ne l’a pas reçu ? Il n’est jamais trop tard...

Certains se sont sentis concernés par cette interrogation !

l’ appel a été lancé spontanément...C’était bon !

- repondre message


 

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30
NOTE : Pendant l’été, permanence uniquement le vendredi