Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 17 avril 2016

"Tu es dans les mains de l’Amour, et rien ne peut t’arracher de là !"


Evangile lapidaire... mais quelle Bonne Nouvelle ! « Mes brebis jamais ne périront », « personne ne peut les arracher de la main du Père. » Évidemment que nous rechignons à être comparés à des brebis. Mais passé le genre littéraire, n’est-elle pas bonne, cette nouvelle ? La promesse de ne pas périr. Pas de la mort physique, mais il y a tant de façons de périr ! Par la solitude, la tristesse, l’inquiétude, la peur... « Mes brebis jamais ne périront », annonce le Christ. Pouvons-nous, et voulons-nous mettre notre confiance en cette promesse ? Et en cette autre, qui dit que personne ne peut nous arracher de la main du Père ? De la main du Créateur de l’univers, de la main de l’amour... nous sommes dans sa main, chacun de nous est dans sa main. Pas comme une marionnette, mais comme un trésor, comme un bijoux précieux. Tu es dans les mains de l’Amour, et rien ne peut t’arracher de là ! Les amoureux comprennent la grandeur et la douceur de cette promesse : qu’y a-t-il de plus doux que de se reposer dans les mains de l’amour ? Dans une étreinte amoureuse ? Et bien chacun de nous est là, choyé, aimé, d’un amour de tendresse et de miséricorde.
Voilà la nouvelle à recevoir aujourd’hui ! N’est-elle pas Bonne ? Évangile ?
Cette nouvelle, nous pouvons en faire deux choses : la savourer, et l’annoncer.
La savourer, d’abord. Mettre notre confiance en cette Parole. L’entendre pour soi. En vivre de tout son être. Déposer dans le creux de cette main qui nous porte, toutes nos contradictions et nos contrariétés, toutes nos joies et nos projets, toutes nos relations, toute notre histoire passée et à venir... toute notre vie, dans toutes ses dimensions. Etre bien, dans cette confiance en Christ. Etre bien, dans cette main chaleureuse, comme en la chaleur d’une demeure. Rendre grâce, aussi, pour cet amour donné, à chacun, sans oublier personne. Etre là. Et personne ne peut nous arracher de sa main. Et rien ne peut nous faire périr : nous vivons de la vie éternelle, qui n’est pas l’hypothétique vie après la mort, mais bien la vie d’aujourd’hui vécue dans l’Alliance amoureuse du Père, vie ouverte à l’infini.
Savourer, et annoncer. Il ne faudrait pas nous croire propriétaires de cette nouvelle. Tant d’hommes et de femmes, parfois à nos côtés, souffrent de la peur de périr, ou de ne pas être aimé ! Cette nouvelle est destinée à toute l’humanité ! Voici la « foule immense que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues » du livre de l’Apocalypse ! « J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre » ! En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur », lisons-nous dans les Actes. Quel intérêt à ne pas partager et propager cette joie, à ne pas l’offrir comme un cadeau à tous ceux qui l’attendent ?
Cette nouvelle nous appelle. On pourrait dire, avec des mots savants, qu’elle est vocation. Elle nous invite à nous lever, et à être levé, ou tiré au dehors. C’est un peu comme quand on sort du lit : on se lève tout seul, en général, mais parfois, c’est quelqu’un qui vient nous tirer du lit. Cette nouvelle nous invite à nous lever, et en même temps, c’est Dieu lui-même qui vient nous prendre par la main et nous lever. Dieu nous appelle à vivre de cette vie éternelle ! De cette confiance ! De cette annonce ! Quelque soit le chemin de vie que l’on prend, et quelques soient les méandres par lesquels on passe ! Et cette vocation commune naît et grandit en Église, en communauté, en unité. Jamais elle ne peut grandir les uns contre les autres. « Puissent les baptisés redécouvrir que la vocation chrétienne, ainsi que les vocations particulières, naissent au sein du peuple de Dieu et sont des dons de la miséricorde divine. L’Église est la maison de la miséricorde, et constitue le « terreau » où la vocation germe, grandit et porte du fruit », rappelle le pape dans son message pour aujourd’hui, la 53ème journée mondiale de prière pour les vocations. Notre vocation commune, et nos vocations particulières, naissent dans l’Église, grandissent dans l’Église, et sont soutenues par l’Église, continue le pape. Dans l’Église, c’est-à-dire dans la réponse que nous faisons à l’appel de l’Esprit de nous rassembler et de nous unir les uns aux autres et au Christ. Dans l’Église, dans l’unité que nous formons, à l’image de l’unité que font le Père et le Fils : « Le Père et moi, nous sommes UN. »
Basile, c’est cet appel que tu entends aujourd’hui, à vivre dans l’unité du Père avec le Fils, et dans la communion de toute l’Église. Pour t’en nourrir, et pour la nourrir aussi de ta présence, de ton action et de ta prière. En recevant le Corps et le Sang du Seigneur, tu déploies ton baptême et participes à réaliser cette vocation commune à l’unité et à la confiance. Revient à cette nourriture aussi souvent que possible, et réveille-nous de notre habitude à croire que l’eucharistie est « normale »... rappelle-nous, comme tu le fais aujourd’hui, qu’elle est extraordinaire, qu’elle est à désirer, qu’elle est fête et joie de Dieu et de l’homme, qu’elle est un don à recevoir et à partager.
Et vous, frères et sœurs de Ma Campagne et Puymoyen qui allez être envoyés tout à l’heure en mission au service des familles atteintes par un deuil, que l’Esprit de vie vous accompagne toujours. Vous répondez à un appel de l’Eglise, j’en suis témoin. Vous y répondez avec confiance et aussi avec crainte. Vous savez que cet appel vous dépasse et vous comptez sur la présence et la prière de notre communauté chrétienne et de toute l’Église pour y répondre : vous avez raison. La mission que vous recevez ne défausse aucun d’entre nous de l’accompagnement fraternel de tous ceux qui sont touchés par la perte d’un être cher. En répondant à cet appel, en acceptant cette mission, vous nous provoquez à ne pas oublier d’être là aussi, et vous faites grandir notre communion avec tous ceux qui en ont besoin.
Répondons ensemble à l’appel de cette Bonne Nouvelle ! Laissons Dieu nous tirer de nos torpeurs comme on nous tire du lit, pour vivre joyeusement dans sa main, sûrs de sa présence et de sa vie, et pour annoncer à tous cette Nouvelle de paix ! « L’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera notre pasteur pour nous conduire aux source des eaux de la vie », promettait le libre de l’Apocalypse. « Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux » (Ap), « tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint. » (Ac). Au cours de cette eucharistie, et aussitôt après, quand nous quitterons cette église pour rejoindre nos occupations de la semaine, soyons nous aussi joyeux et remplis d’Esprit Saint, de confiance et de vie.
Amen
P. Benoît Lecomte

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Quatrième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 13,14.43-52.
En ces jours-là, Paul et Barnabé poursuivirent leur voyage au-delà de Pergé et arrivèrent à Antioche de Pisidie. Le jour du sabbat, ils entrèrent à la synagogue et prirent place.
Une fois l’assemblée dispersée, beaucoup de Juifs et de convertis qui adorent le Dieu unique les suivirent. Paul et Barnabé, parlant avec eux, les encourageaient à rester attachés à la grâce de Dieu.
Le sabbat suivant, presque toute la ville se rassembla pour entendre la parole du Seigneur.
Quand les Juifs virent les foules, ils s’enflammèrent de jalousie ; ils contredisaient les paroles de Paul et l’injuriaient.
Paul et Barnabé leur déclarèrent avec assurance : « C’est à vous d’abord qu’il était nécessaire d’adresser la parole de Dieu. Puisque vous la rejetez et que vous-mêmes ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, eh bien ! nous nous tournons vers les nations païennes.
C’est le commandement que le Seigneur nous a donné : J’ai fait de toi la lumière des nations pour que, grâce à toi, le salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre. »
En entendant cela, les païens étaient dans la joie et rendaient gloire à la parole du Seigneur ; tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants.
Ainsi la parole du Seigneur se répandait dans toute la région.
Mais les Juifs provoquèrent l’agitation parmi les femmes de qualité adorant Dieu, et parmi les notables de la cité ; ils se mirent à poursuivre Paul et Barnabé, et les expulsèrent de leur territoire.
Ceux-ci secouèrent contre eux la poussière de leurs pieds et se rendirent à Iconium,
tandis que les disciples étaient remplis de joie et d’Esprit Saint.

Psaume 100(99),1-2.3.5.
Acclamez le Seigneur, terre entière,
servez le Seigneur dans l’allégresse,
venez à lui avec des chants de joie !

Reconnaissez que le Seigneur est Dieu :
il nous a faits, et nous sommes à lui,
nous, son peuple, son troupeau.

Oui, le Seigneur est bon,
éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge.

Livre de l’Apocalypse 7,9.14b-17.
Moi, Jean, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.
L’un des Anciens me dit : « Ceux-là viennent de la grande épreuve ; ils ont lavé leurs robes, ils les ont blanchies par le sang de l’Agneau.
C’est pourquoi ils sont devant le trône de Dieu, et le servent, jour et nuit, dans son sanctuaire. Celui qui siège sur le Trône établira sa demeure chez eux.
Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil ni la chaleur ne les accablera,
puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie. Et Dieu essuiera toute larme de leurs yeux. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 10,27-30.
En ce temps-là, Jésus déclara : « Mes brebis écoutent ma voix ; moi, je les connais, et elles me suivent.
Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront, et personne ne les arrachera de ma main.
Mon Père, qui me les a données, est plus grand que tout, et personne ne peut les arracher de la main du Père.
Le Père et moi, nous sommes UN. »

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