Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-17-novembre-2018

Homélie du 17 novembre 2018

"Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie."


Une grande détresse « comme jamais les nations existantes n’en ont connue », le soleil obscurci, la lune sombre, les étoiles tombées du ciel, les puissances célestes ébranlées… les textes de ce jour ont un goût de fin des temps, de fin du monde, de jugement dernier. On y parle de la venue de Jésus comme d’une Apocalypse, une révélation, la révélation finale où tout est récapitulé. La Parole de Dieu semble sonner l’heure des comptes, du bilan, une heure qu’on pourrait espérer être joyeuse mais qui nous est présentée comme quelque chose de terrible. « Une grande détresse. »
Les extraits du livre du prophète Daniel et de l’évangile commencent par les mêmes mots : « En ce temps-là ». Quel est ce temps ? Est-ce un temps du futur, un temps du plus tard, un toujours après – après la mort, après l’amour, après la vie ? Cette grande détresse signe de révélation est-elle un moment du futur, ou un ici et maintenant, un aujourd’hui, présent ?
Car des détresses, il n’y a pas besoin d’attendre la fin du monde pour en connaître. Nos vies en sont pleines. Combien de galères, de maladies, de choix à faire qui peuvent nous conduire à des heures sombres ? Combien de solitudes, de questions existentielles, de mises en doutes connaissons-nous ? Combien d’épreuves de toutes sortes pouvons-nous subie, les uns et les autres ? N’arrive-t-elle pas si souvent, trop souvent, l’heure du choix, l’heure du discernement, l’heure de la confiance ? L’heure où il faut regarder les mouvements de notre âme et les conséquences de nos actions, pour repérer, discerner, comme on regarde fleurir un figuier, où nous mènent nos pas ? L’heure où il nous faut savoir que choisir, de « ce qui mène à la vie éternelle et de ce qui mène à la honte et la déchéance éternelle », pour savoir où poser le pas suivant ? L’heure où notre esprit doit, parfois envers tout signe de présence divine, s’en remettre en confiance à Celui que nous croyons être La Vérité, Le Chemin et La Vie, pour continuer notre route et espérant des jours plus calmes ? Nos vies les connaissent, ces détresses de toutes sortes, et c’est maintenant et à chaque heure que le Seigneur nous rejoint et se révèle à nous comme « Celui qui ne passe pas » mais reste indéfectiblement à nos côté.
Elargissons le regard. Notre société toute entière connaît la détresse, non pas celle de demain ou d’un hypothétique après, mais celle d’aujourd’hui. Les crises sont si nombreuses, si majeures et si urgentes ! Une part de notre pays cris sa détresse ce week-end en manifestant sur les routes. Et que dire des crises du chômage, de l’écologie et de l’environnement, et de ces 1000 pauvretés qui ôtent parfois sa dignité à l’homme ! Ce dimanche est la deuxième « journée mondiale des pauvres ». L’occasion de nous arrêter sur la détresse qu’est la pauvreté, sur la façon avec laquelle nous reconnaissons nos propres pauvretés, sur notre capacité à entendre les cris des pauvres et à imaginer des réponses pour renverser les situations de pauvreté. « Combien s’interrogent sur les raisons de leur descente dans un tel abîme, et sur la manière d’en sortir ! Ils attendent que quelqu’un s’approche d’eux et leur dise : « Confiance, lève-toi ; il t’appelle. » (v. 49), rappelle le pape dans son message pour cette journée.
« Au contraire, continue-t-il, on constate pourtant souvent que les voix qui s’entendent sont celles des reproches et de l’invitation à se taire et à subir. Ce sont des voix qui sonnent faux, dictées souvent par la peur des pauvres, considérés non seulement comme indigents, mais aussi porteurs d’insécurité, d’instabilité, de changement des habitudes, et qu’il faut pour cela repousser et tenir à distance. On tend à créer une distance entre eux et nous, sans se rendre compte qu’on s’éloigne ainsi du Seigneur Jésus, qui ne les repousse pas, mais les appelle à lui et les console […] Les pauvres sont les premiers capables de reconnaître la présence de Dieu et de témoigner de sa proximité dans leur vie. Dieu demeure fidèle à sa promesse, et jusque dans l’obscurité de la nuit, la chaleur de son amour et de sa consolation ne fait jamais défaut. Pour que les pauvres sortent de leur condition dégradante, il leur faut cependant percevoir la présence de frères et de sœurs qui se préoccupent d’eux, et ouvrant la porte de leur cœur et de leur vie, les considèrent comme des amis et des familiers. Ce n’est qu’ainsi que nous pourrons découvrir « la force salvifique de leurs existences » et « les mettre au centre du cheminement de l’Église » (Exhortation Apostolique Evangelii gaudium, 198), rappelle le pape dans son message pour cette 2ème journée mondiale. Nous voilà encore à l’heure du choix, à l’heure du discernement, et à l’heure de l’action. Pas seulement en bloquant un pays, mais en essayant de changer de style de vie, de retrouver 1000 solidarités perdues, de se laisser accompagner par plus pauvre que soi…
Le pape parlait dans son message de « mettre les pauvres au centre du cheminement de l’Église. » Peut-être pouvons-nous entendre là un voie de vérité pour répondre à la grande détresse qui sévit aussi dans l’Église ? La détresse des affaires et des scandales, du cléricalisme enfin dénoncé, de l’autorité perdu au profit de l’autoritarisme… De cette détresse mue par tant de peurs et d’enfermements. Là encore, elle est venue et elle est là, l’heure du choix, l’heure du discernement, l’heure de la conversion. Pour retrouver ou trouver ensemble la source originelle et la fraîcheur de l’Evangile et de la présence du Christ, de Celui qui ne passe pas et dont la Parole est un appui pour toujours.
Heure de la confiance, heure de l’action, heure de la conversion en nos vies, en notre société et en Eglise. Notre cœur rencontre les paroles du psalmiste pour se tourner, avec toutes nos pauvretés et nos détresses, vers Celui qui peut nous aider à trouver la joie et la paix, la force et l’intelligence, et construire une humanité et une civilisation nouvelle. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête. Tu ne peux m’abandonner à la mort, tu m’apprends le chemin de la vie. » « Le fils de l’homme est proche, à votre porte. » Ouvrons-lui la porte de nos cœurs.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus


Lectures de la messe

Première lecture
« En ce temps-ci, ton peuple sera délivré » (Dn 12, 1-3)

Lecture du livre du prophète Daniel

En ce temps-là se lèvera Michel, le chef des anges,
celui qui se tient auprès des fils de ton peuple.
Car ce sera un temps de détresse
comme il n’y en a jamais eu
depuis que les nations existent,
jusqu’à ce temps-ci.
Mais en ce temps-ci, ton peuple sera délivré,
tous ceux qui se trouveront inscrits dans le Livre.
Beaucoup de gens qui dormaient
dans la poussière de la terre
s’éveilleront, les uns pour la vie éternelle,
les autres pour la honte et la déchéance éternelles.
Ceux qui ont l’intelligence resplendiront
comme la splendeur du firmament,
et ceux qui sont des maîtres de justice pour la multitude
brilleront comme les étoiles pour toujours et à jamais.

– Parole du Seigneur.

Psaume
(Ps 15 (16), 5.8, 9-10, 11)

R/ Garde-moi, mon Dieu,
j’ai fait de toi mon refuge. (Ps 15, 1)

Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

Deuxième lecture
« Par son unique offrande, il a mené pour toujours à leur perfection ceux qu’il sanctifie » (He 10, 11-14.18)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Dans l’ancienne Alliance,
tout prêtre, chaque jour, se tenait debout dans le Lieu saint
pour le service liturgique,
et il offrait à maintes reprises les mêmes sacrifices,
qui ne peuvent jamais enlever les péchés.

Jésus Christ, au contraire,
après avoir offert pour les péchés un unique sacrifice,
s’est assis pour toujours à la droite de Dieu.
Il attend désormais
que ses ennemis soient mis sous ses pieds.
Par son unique offrande,
il a mené pour toujours à leur perfection
ceux qu’il sanctifie.

Or, quand le pardon est accordé,
on n’offre plus le sacrifice pour le péché.

– Parole du Seigneur.

Évangile
« Il rassemblera les élus des quatre coins du monde » (Mc 13, 24-32)

Alléluia. Alléluia.
Restez éveillés et priez en tout temps :
ainsi vous pourrez vous tenir debout devant le Fils de l’homme.
Alléluia. (cf. Lc 21, 36)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
« En ces jours-là,
après une grande détresse,
le soleil s’obscurcira
et la lune ne donnera plus sa clarté ;
les étoiles tomberont du ciel,
et les puissances célestes seront ébranlées.
Alors on verra le Fils de l’homme venir dans les nuées
avec grande puissance et avec gloire.
Il enverra les anges
pour rassembler les élus des quatre coins du monde,
depuis l’extrémité de la terre jusqu’à l’extrémité du ciel.

Laissez-vous instruire par la comparaison du figuier :
dès que ses branches deviennent tendres
et que sortent les feuilles,
vous savez que l’été est proche.
De même, vous aussi,
lorsque vous verrez arriver cela,
sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
Amen, je vous le dis :
cette génération ne passera pas
avant que tout cela n’arrive.
Le ciel et la terre passeront,
mes paroles ne passeront pas.
Quant à ce jour et à cette heure-là,
nul ne les connaît,
pas même les anges dans le ciel,
pas même le Fils,
mais seulement le Père. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et jeudis de 16h30 à 18h30



-