Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 18 octobre 2015

Une conversion à vivre : passer de savants à serviteurs, de la posture de chrétiens assurés à celle de chercheurs de Dieu avec les autres.


Nous voici à la clôture de la semaine de prière pour la mission. Une semaine pendant laquelle nous avons pu prier pour les missionnaires du monde entier, une semaine pendant laquelle nous avons pu réfléchir à la façon avec laquelle nous sommes nous-mêmes missionnaires. Communautairement, et avec tous les catholiques du monde, la moitié de la quête de ce jour sera destinée à la mission universelle afin de donner à l’Église les moyens d’être présente partout et d’annoncer Jésus-Christ.
Cette dimension de la mission vient réveiller en moi quelques souvenirs. D’abord celui des JMJ de Rio, en 2013, qui avaient pour thème : « De toutes les nations, faites des disciples ! » Lors des rencontres de préparation de ces journées, nous avons évidemment parlé avec les jeunes de la façon d’être missionnaire. Et nous avons vécu, au Brésil, dans la paroisse qui nous accueillait, une « semaine missionnaire ». Je témoigne ici du chemin parcouru par ces jeunes. Lors des premiers échanges sur la mission, ils partaient au Brésil pour apporter une Bonne Nouvelle, pour parler de la foi – avec leurs mots et leurs propres questions !. Ils allaient donner ce qu’ils avaient déjà reçu, apportant aux Brésiliens ce qui manquait sur place. Le schéma missionnaire était un schéma dominant / dominé. Et avouons-le, cette vision un peu « colonisatrice » de la mission est toujours forte et présente dans nos mémoires collectives. Petit à petit, les jeunes ont changé leur regard et sont entrés dans une dimension missionnaire où eux-mêmes se faisaient serviteurs, d’abord à l’écoute des autres. Le but premier n’était plus d’apprendre des choses à des Brésiliens, mais de se faire assez petit pour entrer en confiance et en amitié avec eux – ce qu’ils ont superbement réalisé. De là est née la joie de prier ensemble, d’être en communion, de se rendre service, de faire attention aux uns et aux autres, de vivre l’Évangile ensemble plutôt que d’en parler.
Ce souvenir aiguise le regard pour relire toutes nos rencontres « pastorales », qu’elles soient en paroisse ou en Église, mais aussi en famille, avec le voisinage, ou au travail. Un autre souvenir vient à ma mémoire : lors de la rencontre bilan de la « faites de la solidarité » vécue à Ma Campagne en juin dernier. Au cours des échanges, l’une des responsables d’une association présente a livré deux remarques vis-à-vis de la participation de la paroisse. Elle disait l’intérêt, l’importance et le bonheur de pouvoir manger ensemble avec cette « Table Ouverte » proposée par la paroisse. Elle faisait aussi remarquer que la musique à caractère religieux tout l’après-midi sur la place avait été perçue par elle comme une agression. Autrement dit, l’Évangile n’était pas passé par la force des décibels ou la clarté des chants de louange, mais par l’humble repas partagé avec tout-un-chacun, dans le brouhaha des échanges et la joie de la rencontre.
Notre témoignage semble être mieux reçu et porter davantage de fécondité lorsque nous n’écrasons pas, mais vivons le service, nous mettons à égalité, nous élevant au regard de l’autre.
Dans quelques jours ou semaines, notre diocèse publiera des orientations pastorales pour l’accompagnement vers le baptême. Ces orientations nous invitent à cette conversion : passer de savants à serviteurs, de la posture de chrétiens assurés à celle de chercheurs de Dieu avec les autres. Une conversion à vivre avec les membres des équipes d’accompagnement au baptême, mais aussi avec les personnes qui accueillent en paroisse, et avec l’ensemble des baptisés et des communautés chrétiennes. Et ce qui est vrai pour des rencontres à propos du baptême, l’est sûrement aussi pour toutes nos rencontres quotidiennes.
C’est là toute l’attitude, plus encore, la vie de Jésus. Il est le serviteur, « qui ne retint pas le rang qui l’égalait à Dieu, mais qui s’anéantit en prenant la condition d’esclave », dit Paul dans sa lettre aux Philippiens. Le serviteur « qui remet sa vie » dans Isaïe, et qui « justifie » par là « les multitudes ». « Nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toute chose, à notre ressemblance », continue Paul dans la lettre aux hébreux. « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir. Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur », rappelle Jésus dans l’Évangile.
Attitude missionnaire par excellence, celle qui porte du fruit, celle qui a une véritable fécondité, celle qui fait réellement grandir l’autre, celle qui permet l’épanouissement de tous et la liberté de tous. Celle qui est vraiment signe d’un amour plus grand que tout.
Le premier missionnaire est Dieu lui-même, qui sort de lui-même pour s’adresser aux hommes comme à des amis. Jésus n’est-il pas le Fils, missionné par le Père dans l’unité de l’Esprit ? Il vient s’adresser à nous, à chacun, au cœur de notre cœur, comme un serviteur de notre humanité, non pour nous obliger à quoi que ce soit, mais pour nous inviter à vivre et à aimer.
Qu’en cette journée mondiale de la mission nos cœurs soient prêts à le recevoir et à l’accueillir, et que sa présence en nous transforme notre témoignage dans le monde, le rendant toujours plus simple, plus joyeux, plus fraternel.
Amen.

P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Vingt-neuvième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Isaïe 53,10-11.
Broyé par la souffrance, il a plu au Seigneur. S’il remet sa vie en sacrifice de réparation, il verra une descendance, il prolongera ses jours : par lui, ce qui plaît au Seigneur réussira.
Par suite de ses tourments, il verra la lumière, la connaissance le comblera. Le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs fautes.

Psaume 33(32),4-5.18-19.20.22.
Oui, elle est droite, la parole du Seigneur ;
il est fidèle en tout ce qu’il fait.
Il aime le bon droit et la justice ;
la terre est remplie de son amour.

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Lettre aux Hébreux 4,14-16.
Frères, en Jésus, le Fils de Dieu, nous avons le grand prêtre par excellence, celui qui a traversé les cieux ; tenons donc ferme l’affirmation de notre foi.
En effet, nous n’avons pas un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses, mais un grand prêtre éprouvé en toutes choses, à notre ressemblance, excepté le péché.
Avançons-nous donc avec assurance vers le Trône de la grâce, pour obtenir miséricorde et recevoir, en temps voulu, la grâce de son secours.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,35-45.
Alors, Jacques et Jean, les fils de Zébédée, s’approchent de Jésus et lui disent : « Maître, ce que nous allons te demander, nous voudrions que tu le fasses pour nous. »
Il leur dit : « Que voulez-vous que je fasse pour vous ? »
Ils lui répondirent : « Donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire. »
Jésus leur dit : « Vous ne savez pas ce que vous demandez. Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire, être baptisé du baptême dans lequel je vais être plongé ? »
Ils lui dirent : « Nous le pouvons. » Jésus leur dit : « La coupe que je vais boire, vous la boirez ; et vous serez baptisés du baptême dans lequel je vais être plongé.
Quant à siéger à ma droite ou à ma gauche, ce n’est pas à moi de l’accorder ; il y a ceux pour qui cela est préparé. »
Les dix autres, qui avaient entendu, se mirent à s’indigner contre Jacques et Jean.
Jésus les appela et leur dit : « Vous le savez : ceux que l’on regarde comme chefs des nations les commandent en maîtres ; les grands leur font sentir leur pouvoir.
Parmi vous, il ne doit pas en être ainsi. Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur.
Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous :
car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir, et donner sa vie en rançon pour la multitude. »

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2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
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Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30