Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 18 septembre 2016

Par un étrange subterfuge, ce qui se compte a pris plus de place en nos vies que ce qui compte.


Samedi 17 et dimanche 18 septembre 2016
25ème dimanche TO C
Ma Campagne – Saint Jean-Baptiste

Ne soyons pas comme ce gérant de l’évangile, et faisons preuve d’honnêteté :cette page est bien dérangeante et obscure. Autant la parole d’Amos est tristement actuelle, autant l’évangile paraît tordu.
Les deux, pourtant, font référence à l’argent et à l’appât du gain. L’argent recherché au prix de la dignité et du respect bafoués des hommes, chez Amos. L’argent utilisé pour acheter quelques relations de secours, chez Saint Luc. En ce domaine, l’actualité de la Parole de Dieu nous paraît même trop brûlante ! Il n’y a qu’à ouvrir nos journaux ou même à regarder nos modes de consommation pour reprendre conscience que quelque chose ne va pas... Si nous n’exploitons pas forcément directement des hommes et des femmes dans nos usines ou dans nos champs, si nous n’en sommes pas à acheter quelques amitiés, nous savons que nous participons à des systèmes économiques, financiers, commerciaux et sociaux qui trop souvent agrandissent les inégalités entre pays riches et pays pauvres, détruisent la planète et hypothèquent le confort des générations futures, avec le souci d’assurer d’abord notre propre confort. Avouons que nos modes de consommation et notre rapport aux biens est plutôt, en général (mais il faut se réjouir de toutes les exceptions), tourné vers notre bien être avant d’être tourné vers le bien commun. Je me suis moi-même mis à chercher, cette semaine, des éléménts très utiles pour le Festi’Jeunes, le grand rassemblement diocésain des jeunes de Charente en mai prochain : toilettes mobiles, vaisselle de festival... Pourtant un peu sensibilisé, il m’a fallut un deuxième temps pour rechercher d’abord des toilettes sèches et non chimiques, et de la vaisselle compostable... en m’interrogeant sur le coût de l’opération, pensant d’abord au court terme avant de penser, plus intelligemment, au long terme.
Le point commun de ces constats et de ces récits bibliques, c’est que nous comptons. Et nous passons beaucoup de temps à compter, au point de donner toute son importance et même la priorité à ce qui se compte. L’argent, bien sûr, mais aussi nos adhérents, les praticants, le nombre de baptêmes et de mariages et d’obsèques, les membres de nos équipes, les moyens dont nous disposons... des bulletins de votes dont nous pourrions bénéficier (et si nous ne sommes pas candidat à une élection, nous trouvons d’autres moyens pour « compter » notre influence ou notre aura). Et je ne parle pas du temps, dont nous manquons, paraît-il ! Il fait l’objet lui-aussi d’un décompte minutieux, chaque seconde de notre journée étant infiniment précieuse. Quel malheur, alors, de perdre son temps ! (Le temps, d’ailleurs, n’est-il pas de l’argent, selon l’expression ?) Quelle importance donnons-nous à tout ce qui se compte !
Et par un étrange subterfuge, ce qui se compte a pris plus de place en nos vies que ce qui compte – et dont parle également la Parole de Dieu : l’amitié, la dignité des personnes, le respect, la confiance... Peut-être est-ce cela, l’habileté du gérant : rechercher finalement ce qui compte, et mettre ce qui se compte à une place secondaire. N’est-ce pas cela que loue le maître, bien plutôt que la malhonnêteté de son employé ? Que mettons-nous en priorité dans nos vies ? Quels choix faisons-nous ? Un exemple facile : cherchons-nous le plus gros salaire possible au risque d’une vie de famille éclatée, ou préférons-nous une qualité de relation au risque d’un travail moins rémunérateur ? Chacun trouvera l’exemple qui lui semble le plus juste. Saint Paul, dans sa lettre, vient arbitrer la discussion. Il nous parle de l’importance de la prière pour que les hommes vivent une vie dans la tranquilité, le calme et la dignité. Il nous parle du Christ, unique médiateur, tout à la fois Dieu et homme, venu donner sa vie par amour pour nous, s’offrant à chacun comme la Vérité de nos vies. Ecoutons Paul quelques instants... N’y a-t-il pas chez lui la sagesse de rappeler les priorités de nos vies, qui ne se comptent pas et ne se compterons jamais : l’amour, le don, la simplicité des relations, la fraternité entre tous, des plus humbles des hommes aux plus hauts responsables... ?
La parabole de Jésus nous invite à regarder où nous mettons notre cœur. En quel Dieu mettons-nous notre confiance : l’argent (mais on pourrait dire aussi : la gloriole humaine, l’amour-propre, l’égoïsme, la jouissance, la vie facile, la volonté de puissance, les sécurités immédiates…) ? Ou le Dieu de Jésus Christ, « l’unique médiateur qui s’est donné lui-même pour tous » et que nous avons mission, à la suite de Saint Paul, de témoigner devant tous les hommes ?
Nous sommes comme ce gérant de l’évangile : rien de ce que nous avons ne nous appartient en propre et même si nous ne sommes pas des « chefs d’état » ou des personnes « qui exercent l’autorité », notre façon d’être « intendants » porte nécessairement des conséquences sur le monde. Soyons ensemble des ouvriers de paix et de communion, d’attention et de respect, des artisans d’un monde où l’homme et sa dignité est plus important que toute autre considération. C’est cet homme que Dieu est venu aimer infiniment en Jésus-Christ, jusqu’à le sauver de tout enfermement et de tout esclavage. Laissons Jésus lui-même ouvrir notre cœur et l’orienter vers l’amour de chacun. Et à l’invitation de Paul, prions le uns pour les autres : nous sommes aussi des gérants et des intendants des relations entre les hommes ! Que notre prière soit pour tous, et qu’elle nous transforme pour que nous grandissions ensemble dans une fraternité paisible et joyeuse.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Amos 8,4-7.
Écoutez ceci, vous qui écrasez le malheureux pour anéantir les humbles du pays,
car vous dites : « Quand donc la fête de la nouvelle lune sera-t-elle passée, pour que nous puissions vendre notre blé ? Quand donc le sabbat sera-t-il fini, pour que nous puissions écouler notre froment ? Nous allons diminuer les mesures, augmenter les prix et fausser les balances.
Nous pourrons acheter le faible pour un peu d’argent, le malheureux pour une paire de sandales. Nous vendrons jusqu’aux déchets du froment ! »
Le Seigneur le jure par la Fierté de Jacob : Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits.

Psaume 113(112),1-2.5-6.7-8.
Louez, serviteurs du Seigneur,
louez le nom du Seigneur !
Béni soit le nom du Seigneur,
maintenant et pour les siècles des siècles !

Qui est semblable au Seigneur notre Dieu ?
Lui, il siège là-haut.
Il abaisse son regard
vers le ciel et vers la terre.

De la poussière il relève le faible,
il retire le pauvre de la cendre
pour qu’il siège parmi les princes,
parmi les princes de son peuple.

Première lettre de saint Paul Apôtre à Timothée 2,1-8.
Bien-aimé, j’encourage, avant tout, à faire des demandes, des prières, des intercessions et des actions de grâce pour tous les hommes,
pour les chefs d’État et tous ceux qui exercent l’autorité, afin que nous puissions mener notre vie dans la tranquillité et le calme, en toute piété et dignité.
Cette prière est bonne et agréable à Dieu notre Sauveur,
car il veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la pleine connaissance de la vérité.
En effet, il n’y a qu’un seul Dieu ; il n’y a aussi qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes : un homme, le Christ Jésus,
qui s’est donné lui-même en rançon pour tous. Aux temps fixés, il a rendu ce témoignage,
pour lequel j’ai reçu la charge de messager et d’apôtre – je dis vrai, je ne mens pas – moi qui enseigne aux nations la foi et la vérité.
Je voudrais donc qu’en tout lieu les hommes prient en élevant les mains, saintement, sans colère ni dispute.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 16,1-13.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Un homme riche avait un gérant qui lui fut dénoncé comme dilapidant ses biens.
Il le convoqua et lui dit : “Qu’est-ce que j’apprends à ton sujet ? Rends-moi les comptes de ta gestion, car tu ne peux plus être mon gérant.”
Le gérant se dit en lui-même : “Que vais-je faire, puisque mon maître me retire la gestion ? Travailler la terre ? Je n’en ai pas la force. Mendier ? J’aurais honte.
Je sais ce que je vais faire, pour qu’une fois renvoyé de ma gérance, des gens m’accueillent chez eux.”
Il fit alors venir, un par un, ceux qui avaient des dettes envers son maître. Il demanda au premier : “Combien dois-tu à mon maître ?”
Il répondit : “Cent barils d’huile.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu ; vite, assieds-toi et écris cinquante.”
Puis il demanda à un autre : “Et toi, combien dois-tu ?” Il répondit : “Cent sacs de blé.” Le gérant lui dit : “Voici ton reçu, écris quatre-vingts.”
Le maître fit l’éloge de ce gérant malhonnête car il avait agi avec habileté ; en effet, les fils de ce monde sont plus habiles entre eux que les fils de la lumière.
Eh bien moi, je vous le dis : Faites-vous des amis avec l’argent malhonnête, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles.
Celui qui est digne de confiance dans la moindre chose est digne de confiance aussi dans une grande. Celui qui est malhonnête dans la moindre chose est malhonnête aussi dans une grande.
Si donc vous n’avez pas été dignes de confiance pour l’argent malhonnête, qui vous confiera le bien véritable ?
Et si, pour ce qui est à autrui, vous n’avez pas été dignes de confiance, ce qui vous revient, qui vous le donnera ?
Aucun domestique ne peut servir deux maîtres : ou bien il haïra l’un et aimera l’autre, ou bien il s’attachera à l’un et méprisera l’autre. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. »

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2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30



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