Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 19 juin 2016

" Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive "


« Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive », venons-nous d’entendre dans la bouche de Jésus. Je me rappelle de ce que nous avons fait au caté il y a quelques semaines, pour essayer de comprendre cette invitation.
Nous nous sommes mis en ligne, comme sur une ligne de départ. Et nous avons du marcher ensemble, au même rythme, et avancer au même pas, alors qu’il n’y avait ni top départ, ni cadence imposée, ni autorisation de se parler, ni aucun repère. La seule façon d’y arriver était d’être extrêmement attentif à ses voisins, pour se caler sur leur rythme. Et ainsi, concentrés et attentifs les uns aux autres, nous avons réussi à avancer de quelques dizaines de mètres. Nous avons fait l’expérience de devoir renoncer, chacun, à notre volonté d’être le premier, d’aller plus vite, de doubler, de parler, d’être distrait, de faire autre chose... nous avons du renoncer à nous-mêmes pour être totalement disponibles à ceux qui nous entouraient.
Ce petit jeu éclaire bien, me semble-t-il, cette « suite de Jésus » à laquelle il nous appelle. Il l’éclaire parce qu’il nous fait sortir d’une compréhension un peu morbide ou mortifère qu’on a trop souvent entendu : renoncer à soi-même, prendre sa croix, ce serait encaisser le maximum de souffrance que « la vie » nous mettrait sur la route. Et la suite de Jésus ne serait qu’un chemin de souffrance et de malheur, à accepter comme un « chemin de croix » qui nous rendrait heureux non pas aujourd’hui mais dans l’au-delà.
Sauf que nous voulons être heureux dès aujourd’hui, sans attendre demain. Et nous avons raison de rejeter toutes les formes de souffrances que nous devons traverser, de les rejeter, de les guérir, de les éviter quand on peut... Dieu, le Dieu de vie et Dieu d’amour, le Dieu de joie et de tendresse, ne peut se satisfaire de notre malheur... encore moins nous le souhaiter. Il est venu nous en délivrer, ce n’est pas pour nous y enfoncer !
Ce que nous fait comprendre le petit jeu, c’est que le renoncement à soi-même n’est pas dans l’oubli ou le désamour de soi, mais dans l’ouverture la plus grande et la plus large possible aux autres. Il est dans la délicate attention au rythme de l’autre, du voisin le plus proche, de ce qu’il vit, du chemin qu’il prend, de ses joies et de ses tristesses. Il est dans le fait d’être en communion avec lui ou avec elle, et non centré uniquement sur soi-même.
Etre en communion les uns avec les autres, c’est bien, d’ailleurs, ce que nous propose de vivre notre baptême, qui nous fait vivre en Église. « Tous dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi, disait Saint Paul. Vous tous que le baptême a uni dans le Christ, vous avez revêtu le Christ, vous ne faites plus qu’un dans le Christ. » « Vous ne faites plus qu’un ». Vous êtes, nous sommes, d’une même famille, d’un même corps, nous formons une unité, solidaires les uns aux autres. Ce que vit l’un ne peut désintéresser l’autre. Nous sommes pris ensemble, dans la même aventure, celle de la vie en Dieu. Et quand je dis « nous », je ne parle pas uniquement de nous qui sommes rassemblés dans cette église à Ma Campagne, mais je pense à tous les baptisés du monde et de l’histoire ! Nous sommes UN, marchant à la suite du Christ et unis les uns aux autres.
C’est pour cela qu’il est bon de nous retrouver pour prier ensemble, et pour partager ce que les uns et les autres vivent. Ce que nous vivons au caté, en équipe liturgique, en équipe d’accompagnement des familles en deuil, en équipe baptême, mariage, en groupe « En chemin » ou «  espoir-évangile », etc. Prenons le temps, en cette fin d’année pastorale, à l’occasion de nos bilans et relectures d’année, d’écrire quelques lignes sur ce que nous avons vécu au cours des derniers mois. Ce qui nous a fait vivre, ce qui a été plus difficile, ce qui nous a tenu... et que ce soit en équipe ou de façon plus personnelle, partageons ces perles : la feuille d’info, le site internet de la paroisse peuvent nous aider à avancer les uns avec les autres. A renoncer à nous-mêmes, parce qu’à nous ouvrir à nos voisins.
Dimanche prochain, à l’occasion d’un « petit-déjeuner débat », nous prendrons également le temps de partager nos joies et nos questions par rapport à la célébration de l’eucharistie. Paroles libres, occasion de regarder ensemble nos liturgies, notre monde, notre propre regard... Encore une occasion de nous mettre en Église à la suite de Jésus, et de renforcer l’unité que nous avons reçue dans le baptême.
« Pour vous, qui suis-je ? », demandait Jésus au début de l’évangile. Peut-être est-il celui que nous voulons suivre, celui dans les pas duquel nous voulons mettre nos pas. Parce qu’il est celui qui nous aide à nous libérer de nos enfermements sur nous-mêmes, qui nous arrache à nos solitudes, et qui nous donne de nous ouvrir à tous les autres, pour vivre la joie des relations et de la communion la plus large possible. Peut-être est-ce cela, du moins en partie, le salut qu’il nous offre : être libérés du souci de notre nombril, lever les yeux, élargir le regard à tous ceux qui nous entourent, et partager ensemble la joie qu’il donne à chacun.
Pour que tous soient UN.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Douzième dimanche du temps ordinaire

Livre de Zacharie 12,10-11.13,1.
Ainsi parle le Seigneur : Je répandrai sur la maison de David et sur les habitants de Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Ils regarderont vers moi. Celui qu’ils ont transpercé, ils feront une lamentation sur lui, comme on se lamente sur un fils unique ; ils pleureront sur lui amèrement, comme on pleure sur un premier-né.
Ce jour-là, il y aura grande lamentation dans Jérusalem, comme il y a une lamentation à Hadad-Rimmone, dans la plaine de Meguiddo.
Ce jour-là, il y aura une source qui jaillira pour la maison de David et pour les habitants de Jérusalem : elle les lavera de leur péché et de leur souillure.

Psaume 63(62),2.3-4.5-6.8-9.
Dieu, tu es mon Dieu,
je te cherche dès l’aube :
mon âme a soif de toi ;
après toi languit ma chair,
terre aride, altérée, sans eau.

Je t’ai contemplé au sanctuaire,
j’ai vu ta force et ta gloire.
Ton amour vaut mieux que la vie :
tu seras la louange de mes lèvres !

Toute ma vie je vais te bénir,
lever les mains en invoquant ton nom.
Comme par un festin je serai rassasié ;
la joie sur les lèvres, je dirai ta louange.

Oui, tu es venu à mon secours :
je crie de joie à l’ombre de tes ailes.
Mon âme s’attache à toi,
ta main droite me soutient.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Galates 3,26-29.
Frères, tous, dans le Christ Jésus, vous êtes fils de Dieu par la foi.
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ;
il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.
Et si vous appartenez au Christ, vous êtes de la descendance d’Abraham : vous êtes héritiers selon la promesse.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,18-24.
En ce jour-là, Jésus était en prière à l’écart. Comme ses disciples étaient là, il les interrogea : « Au dire des foules, qui suis-je ? »
Ils répondirent : « Jean le Baptiste ; mais pour d’autres, Élie ; et pour d’autres, un prophète d’autrefois qui serait ressuscité. »
Jésus leur demanda : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Alors Pierre prit la parole et dit : « Le Christ, le Messie de Dieu. »
Mais Jésus, avec autorité, leur défendit vivement de le dire à personne,
et déclara : « Il faut que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, le troisième jour, il ressuscite. »
Il leur disait à tous : « Celui qui veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix chaque jour et qu’il me suive.
Car celui qui veut sauver sa vie la perdra ; mais celui qui perdra sa vie à cause de moi la sauvera. »

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2, bld Jean Moulin
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+335 45 61 15 04
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