Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 20 janvier 2018

"La parole de Dieu n’invite pas aux tergiversations de toutes sortes. ’Quand l’amour te tend les bras, m’avait-elle dit, tu ne réfléchis pas, tu plonges !’ »


Ce qui me frappe à l’écoute de ces textes, c’est la notion du temps. Tout se fait rapidement, en courant, avec précipitation. Jonas parcours en une journée la ville de Ninive alors qu’il fallait trois jours pour la traverser et les gens, du plus grand au plus petit, croient en Dieu immédiatement. « Le temps est limité », annonce Saint Paul, ce monde passe et il ne faut rien louper de ce qu’il y a à vivre, semble-t-il dire en substance. On retrouve le même empressement dans l’évangile : urgence de la conversion à cause des temps qui sont « accomplis », rapidité de Simon et André puis Jacques et Jean à suivre Jésus en laissant sur place leurs filets et leurs pères. « Aussitôt. » Tout va très vite dans l’appel comme dans la réponse. Quel contraste avec ce que nous savons et connaissons de nos vies et de nos avancées spirituelles, avec nos lenteurs à entendre, à comprendre et à répondre, à peser les « pour » et les « contre », à chercher les voies médianes et les compromis… Vous qui participez au groupe « En chemin » et qui avez préparé cette célébration, vous le savez bien, comme nous tous : il nous faut du temps pour avancer sur le chemin avec Dieu et vers Dieu, pour approfondir notre foi, pour accueillir pour ce qu’elle est la Bonne Nouvelle, pour suivre Jésus !
La parole de Dieu n’invite pas aux tergiversations de toutes sortes. Elle me rappelle cette phrase lancée par Viviane il y a quelques années, alors étudiante et venue demander à recevoir le baptême : « Quand l’amour te tend les bras, m’avait-elle dit, tu ne réfléchis pas, tu plonges ! »
Et pourtant, que d’hésitations. Jusque dans les difficultés à vivre de l’unité entre chrétiens, cette unité pour laquelle nous prions toute cette semaine, nous rappelant qu’il nous faut prier et agir pour elle tout au long de l’année. Même si ces dernières décennies et années ont vu de grands pas se réaliser, que de temps perdu à ne pas réussir à se retrouver, à ne pas vouloir accueillir tout de l’autre, à avoir peur de perdre un peu de son identité… Quel manque de spontanéité face à la prière de Jésus : « Que tous soient Un » !
Bien sûr, dans bien des situations, celles de tous les jours et aussi les questions de société présentes et à venir – nous pouvons penser aux états généraux sur les lois de bioéthiques qui s’ouvrent cette semaine, ou aux questions d’accueil des migrants, et de tant d’autres –, il nous faut prendre le temps de réfléchir, de ne pas agir sous le coup de l’émotion épidermique ou du coup de sang. Il ne s’agit pas non plus d’oublier de faire fonctionner notre intelligence et notre capacité au discernement en prenant en compte tous les éléments jusque dans leur complexité.
L’urgence, me semble-t-il, se situe dans le fait de répondre à l’appel de l’Amour. Y répondre totalement, entièrement, pour que tout, y compris notre réflexion, soit pris dans cette dynamique de réponse à l’appel de Dieu. Nous abandonner à la grâce de Dieu qui vient éclairer nos vies et nous faire grandir dans l’Amour.
Le psalmiste trouve les mots pour lier l’urgence de cet abandon et cette confiance en Dieu, et la nécessité pour nous tous d’avoir du temps pour lui répondre : « Seigneur, enseigne-moi tes voies, fais-moi connaître ta route… Il est bon, le Seigneur qui montre aux pécheurs le chemin… il enseigne aux humbles ses chemins. » Belle prière qui pourrait être la votre, frères et sœurs du groupe « En chemin » ! Et sûrement aussi la notre, à nous tous qui cherchons à répondre à l’appel du Christ et à son Evangile.

Que l’on réponde « aussitôt » et sur le champ ou après des années de réflexion, une chose est sûre : Christ nous invite et nous appelle à le suivre. Le suivre, c’est-à-dire nous approcher du règne de Dieu en le construisant avec Lui au cœur même de notre présent et de notre aujourd’hui. Le suivre, c’est-à-dire vivre pleinement de l’amour dont nous sommes aimés, de la confiance qu’il nous fait, lui qui a l’initiative en nos vies de nous faire naître à nous-mêmes en nous faisant sortir de nos prisons, en nous libérant de nos enfermements. Le suivre, c’est-à-dire vivre de la joie de Dieu au cœur même de toutes nos relations, jusque dans les difficultés auxquelles nous n’échapperons pas, sûrs que sa Présence ne nous fait et ne nous fera jamais défaut. Le suivre, c’est-à-dire travailler à recevoir encore et toujours cette unité et cette paix intérieure qu’il nous offre, et guérir toutes nos blessures et nos divisions, jusqu’à celles qui traversent les Eglises chrétiennes plongées pourtant toutes au même bain baptismal, vivifiées du même Esprit, tournées vers le même Père, disciples du même Christ, partageant le même credo et la même foi.

On se souvient que le pape François priaient les jeunes présents aux JMJ en Pologne il y a 2 ans de ne pas être des chrétiens avachis dans leur canapé, de ne pas « végéter dans un divan », mais de suivre le Christ avec courage et de « laisser leur empreinte dans l’histoire ». Puissions-nous entendre et répondre nous aussi à cet appel et à celui de l’Evangile, et nous mettre en état de marche et de suite sur le chemin qu’Il nous invite à prendre… Lui qui est Lui-même le Chemin, la Vérité et la Vie !

Amen.

P. Benoît Lecomte

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Troisième dimanche du temps ordinaire

Livre de Jonas 3,1-5.10.
La parole du Seigneur fut adressée de nouveau à Jonas :
« Lève-toi, va à Ninive, la grande ville païenne, proclame le message que je te donne sur elle. »
Jonas se leva et partit pour Ninive, selon la parole du Seigneur. Or, Ninive était une ville extraordinairement grande : il fallait trois jours pour la traverser.
Jonas la parcourut une journée à peine en proclamant : « Encore quarante jours, et Ninive sera détruite ! »
Aussitôt, les gens de Ninive crurent en Dieu. Ils annoncèrent un jeûne, et tous, du plus grand au plus petit, se vêtirent de toile à sac.
En voyant leur réaction, et comment ils se détournaient de leur conduite mauvaise, Dieu renonça au châtiment dont il les avait menacés.

Psaume 25(24),4bc-5ab.6-7bc.8-9.

Seigneur, enseigne-moi tes voies,
fais-moi connaître ta route.
Dirige-moi par ta vérité, enseigne-moi,
car tu es le Dieu qui me sauve.

Rappelle-toi, Seigneur, ta tendresse,
ton amour qui est de toujours.
Dans ton amour, ne m’oublie pas.
en raison de ta bonté, Seigneur.

Il est droit, il est bon, le Seigneur,
lui qui montre aux pécheurs le chemin.
Sa justice dirige les humbles,
il enseigne aux humbles son chemin.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 7,29-31.
Frères, je dois vous le dire : le temps est limité. Dès lors, que ceux qui ont une femme soient comme s’ils n’avaient pas de femme,
ceux qui pleurent, comme s’ils ne pleuraient pas, ceux qui ont de la joie, comme s’ils n’en avaient pas, ceux qui font des achats, comme s’ils ne possédaient rien,
ceux qui profitent de ce monde, comme s’ils n’en profitaient pas vraiment. Car il passe, ce monde tel que nous le voyons.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 1,14-20.
Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer l’Évangile de Dieu ;
il disait : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Passant le long de la mer de Galilée, Jésus vit Simon et André, le frère de Simon, en train de jeter les filets dans la mer, car c’étaient des pêcheurs.
Il leur dit : « Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes. »
Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent.
Jésus avança un peu et il vit Jacques, fils de Zébédée, et son frère Jean, qui étaient dans la barque et réparaient les filets.
Aussitôt, Jésus les appela. Alors, laissant dans la barque leur père Zébédée avec ses ouvriers, ils partirent à sa suite.

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2, bld Jean Moulin
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