Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du 21 mai 2016, solennité de la Trinité

Homélie du 21 mai 2016, solennité de la Trinité

"C’est cela, croire en Dieu Trinité : faire circuler entre nous l’amour que nous recevons du Père, par le Fils et dans l’Esprit."


Il y a des jours où ça bouchonne. Les rues et les ronds-points sont bloqués, rien ne bouge, on s’énerve, on perd son temps, un œil sur la montre et l’autre sur la voiture de devant... et il y a les jours ou les heures où les routes sont fluides, ça file, ça circule et on est sereinement et rapidement au rendez-vous prévu.
Il y a des mares où l’eau stagne. Les bestioles y font leurs nids, les herbes y poussent, les araignées d’eaux s’y promènent... je vous déconseille d’aller vous y baigner ou d’en boire une gorgée. Et puis il y a des cours et des plans d’eau, petits ou grands, où l’eau est vive. Elle va, elle vient, elle circule, elle est belle dans le courant qui l’entraine. Elle est claire, fraîche, toujours désaltérante.
La Parole de Dieu ne stagne pas et ne bloque pas. Elle nous révèle du mouvement : la Sagesse « faisait les délices de Dieu jour après jour, jouant devant lui à tout moment, jouant dans l’univers, sur la terre, et trouvant ses délices avec les fils des hommes », nous raconte le livre des Proverbes. «  L’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné », renchérit Paul. Et ce que le Père a donné à son Fils Jésus, Jésus l’a transmis à l’Esprit, qui transmet à l’homme. Il y a du mouvement, en Dieu ! Enlevons-nous, si nous l’avons, une image fixe de Dieu. « Dieu est amour », dira saint Jean. Et l’amour ne stagne pas. Il circule. Il vit. Il ne se laisse bloquer par rien. Il traverse tout. Il court, de cœur en cœur, de personne en personne, de Dieu à l’homme, d’existence en existence. Il parcourt le monde depuis la nuit des temps. Il ne s’installe pas comme une eau stagnante. Il ne se laisse pas accaparer ni posséder. Il nous échappe toujours, nous emportant avec lui. Nous habitant toujours, il reste l’Insaisissable. Il est mouvement incessant, comme le cœur qui ne s’arrête de battre sous peine de mourir.
Dieu. C’est de lui dont nous parlons. Et de son mystère, que l’on appelle Trinité. Père Fils et Esprit, pris dans un mouvement d’amour infini et emportant l’homme dans son sillage. L’homme que Dieu a fait « un peu moindre qu’un dieu, le couronnant de gloire et d’honneur, établis sur l’oeuvre de tes mains, tu mets toute choses à ses pieds », chantait le psalmiste. Quelle importance de l’homme aux yeux de Dieu ! Quel soucis de l’homme, de la part de Dieu ! Quel amour de Dieu pour l’homme, pour nous ! Dieu ne s’enferme pas sur lui-même. Il n’est pas « en lui-même ». Notez qu’il pourrait l’être ! A-t-il besoin de nous ? Non ! Mais son amour est tel, et il est gratuit. Donné, toujours, en abondance.
Cette année on osera le mot : il s’agit de la miséricorde de Dieu. « Miséricorde est le mot qui révèle le mystère de la Sainte Trinité », écrit le pape dans sa bulle pour l’année sainte. N’est-ce pas cela, la miséricorde ? Faire circuler entre nous l’amour que nous recevons sans cesse de Dieu... Lors d’une rencontre d’aumônerie il y a quelques semaines, une collégienne donnait sa définition de la miséricorde : « La miséricorde, disait-elle, c’est ne pas avoir le cœur froid, mais le cœur chaud. Et être miséricordieux, c’est réchauffer le cœur des gens. »
Imaginez qu’à l’initiative de ces mêmes lycéens, ce matin même, dans la rue piétonne d’Angoulême, nous avons fait une « opération miséricorde ». Nous avons essayé de réchauffer le cœur des gens. Avec un instrument de percussion pour l’un, un autre jeune jouant de la guimbarde, d’autres proposaient de faire des câlins à ceux qui passaient... d’autres encore offraient des bonbons, ou portaient des panneaux aux inscriptions encourageantes et chaleureuses : « Vous êtes formidables ! », « Souriez, vous êtes aimés ! », etc. Les visages des passants se décrispaient, la joie se dessinait, la tendresse gagnait du terrain... La miséricorde opérait ! L’amour Trinitaire passait. De façon toute simple, et belle.
C’est cela, croire en Dieu Trinité : faire circuler entre nous l’amour que nous recevons du Père, par le Fils et dans l’Esprit.
Mais pourquoi attendre, alors ? Pourquoi ne commencerions-nous pas dès maintenant, tout de suite, à faire circuler encore davantage d’amour entre nous ? D’amitié, de tendresse, de sourire, de chaleur ? Faisons l’expérience sans plus attendre : je vous invite à vous tourner vers vos voisins à droite, à gauche, devant, derrière... et à inventer un geste, à dire une parole d’encouragement, d’accueil, de bénédiction... pour réchauffer leur cœur. Dire merci à l’autre d’être là. Lui dire quelque chose qui vienne du plus profond de notre cœur, puisant à la source vivante de l’amour de notre Père commun. Quelque chose qui soit inspiré par l’Esprit Saint qui nous a été donné. Quelque chose du regard de Jésus sur chacun. Prenons le temps, quelques instants, maintenant, de vivre de l’amour du Dieu Trinitaire !
Faisons cette expérience, maintenant !

« Frères et soeurs, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis » (Saint Paul)
Désormais, quand on vous posera la question de votre foi en Dieu Trinité, vous n’aurez qu’à répondre par cela : la miséricorde de Dieu offerte gratuitement à chacun, dans la chaleur d’un cœur ouvert, attentif, pardonnant et joyeux.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Sainte Trinité, solennité

Livre des Proverbes 8,22-31.
Écoutez ce que déclare la sagesse de Dieu : « Le Seigneur m’a faite pour lui, principe de son action, première de ses œuvres, depuis toujours.
Avant les siècles j’ai été formée, dès le commencement, avant l’apparition de la terre.
Quand les abîmes n’existaient pas encore, je fus enfantée, quand n’étaient pas les sources jaillissantes.
Avant que les montagnes ne soient fixées, avant les collines, je fus enfantée,
avant que le Seigneur n’ait fait la terre et l’espace, les éléments primitifs du monde.
Quand il établissait les cieux, j’étais là, quand il traçait l’horizon à la surface de l’abîme,
qu’il amassait les nuages dans les hauteurs et maîtrisait les sources de l’abîme,
quand il imposait à la mer ses limites, si bien que les eaux ne peuvent enfreindre son ordre, quand il établissait les fondements de la terre.
Et moi, je grandissais à ses côtés. Je faisais ses délices jour après jour, jouant devant lui à tout moment,
jouant dans l’univers, sur sa terre, et trouvant mes délices avec les fils des hommes. »

Psaume 8,4-5.6-7.8-9.
À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts,
la lune et les étoiles que tu fixas,
qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui,
le fils d’un homme, que tu en prennes souci ?

Tu l’as voulu un peu moindre qu’un dieu,
le couronnant de gloire et d’honneur ;
tu l’établis sur les œuvres de tes mains,
tu mets toute chose à ses pieds.

Les troupeaux de bœufs et de brebis,
et même les bêtes sauvages,
les oiseaux du ciel et les poissons de la mer,
tout ce qui va son chemin dans les eaux.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,1-5.
Frères, nous qui sommes devenus justes par la foi, nous voici en paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ,
lui qui nous a donné, par la foi, l’accès à cette grâce dans laquelle nous sommes établis ; et nous mettons notre fierté dans l’espérance d’avoir part à la gloire de Dieu.
Bien plus, nous mettons notre fierté dans la détresse elle-même, puisque la détresse, nous le savons, produit la persévérance ;
la persévérance produit la vertu éprouvée ; la vertu éprouvée produit l’espérance ;
et l’espérance ne déçoit pas, puisque l’amour de Dieu a été répandu dans nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donné.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 16,12-15.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « J’ai encore beaucoup de choses à vous dire, mais pour l’instant vous ne pouvez pas les porter.
Quand il viendra, lui, l’Esprit de vérité, il vous conduira dans la vérité tout entière. En effet, ce qu’il dira ne viendra pas de lui-même : mais ce qu’il aura entendu, il le dira ; et ce qui va venir, il vous le fera connaître.
Lui me glorifiera, car il recevra ce qui vient de moi pour vous le faire connaître.
Tout ce que possède le Père est à moi ; voilà pourquoi je vous ai dit : L’Esprit reçoit ce qui vient de moi pour vous le faire connaître. »

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2, bld Jean Moulin
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NOTE : Pendant l’été, permanence uniquement le vendredi