Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-22-juillet-2018

Homélie du 22 juillet 2018

Didier Deschamps, un pasteur selon le cœur de Dieu !


Des brebis sans berger, des pasteurs qui dispersent les brebis et ne font pas leur travail de soin… Et dans l’évangile, encore, des hommes et des femmes tels des brebis cherchant un berger, un pasteur, une parole, une présence.
Image, pouvons-nous nous dire, de notre humanité et de nos sociétés à bien des égards disloquées. Image, pourquoi pas, de notre Eglise, Eglise du Christ, traversée par les divisions de l’Histoire, marchant à petit pas, parfois forcés, vers l’unité primitive. Image de tant et tant de nos contemporains – et pourquoi pas de nous-mêmes – cherchant si souvent un repère, une parole, un éclairage, un compagnonnage pour nous aider dans les sinuosités de nos vies… à la recherche d’un pasteur et d’une parole rassurante, encourageante, non jugeante, mais de compassion et de paix.
Jésus est ce pasteur. Il est cette Parole qui dit et réalise ce qu’elle dit. Il est cette présence qui met en acte la parole annoncée. Il est celui que Dieu annonçait par la bouche du prophète Jérémie, et qui accomplie cette parole pour toute l’humanité, de tous les temps et de tous les lieux. « Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix, la paix pour vous qui étiez loin, la paix pour ceux qui étaient proches. Par lui, en effet, les uns et les autres, nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père. » De tous, de ceux qui étaient divisés, il a fait un seul peuple.
La critique des pasteurs humains dans le livre de Jérémie est à entendre pour ceux que l’on appelle ordinairement « pasteurs » : et nous pensons évidemment aux prêtres. Il nous faut l’entendre, nous ministres ordonnés, et revisiter dans la paix et la lumière de la Parole de Dieu nos propres « pastorales », nos présences et nos paroles afin qu’elles s’ajustent toujours davantage au projet de Dieu qui rejoint de façon si profonde et intime le projet de l’Homme. Sans cet ajustement permanent, nous nous éloignons et de Dieu, et de l’Homme. Mais les prêtres ne sont pas les seuls pasteurs. Il en va sûrement de la mission de chacun de nous : des parents pour leurs enfants, un responsable dans une équipe, un président dans une association, et combien d’autres exemples encore. Chacun trouvera les siens, s’inquiétant des pasteurs qui désertent et se réjouissant des pasteurs qui savent créer l’unité et la paix. Permettez-moi de revenir sur l’événement mondial vécu le week-end dernier et la victoire des Bleus en coupe du monde de foot. Comment ne pas trouver en leur sélectionneur, Didier Deschamps, un pasteur hors paire, capable de faire l’unité de 23 joueurs tous très différents, aux ambitions personnelles sûrement démesurées, aux caractères trempés, et avec des histoires et des origines culturelles si marquées ? Voilà un pasteur humain qui n’est pas prêtre et qui a su créer l’unité et la paix, faire jaillir l’amour et le respect, l’attention à chacun et le souci du collectif, bref, créer une équipe qui a pu, ainsi, aller au bout de son projet !
Je pense aussi à ces camps scouts visités cette semaine, et à leurs chefs. De jeunes adultes de 18 – 20 ans qui, malgré et au-delà de la fatigue, sont capables d’accompagner les jeunes qui leur sont confiés, d’avoir sur eux un regard de bonté et de contemplation de tout ce qui en eux grandi, d’avoir avec eux une parole d’encouragement et de vie, d’avoir au milieu d’eux une présence rassurante et apaisante… Magnifique pastorale dont j’ai pu être le témoin privilégié.
Chacun de nous peut être un chef scout ou un Didier Deschamps là où il est. Plus encore, chacun de nous est invité par Dieu à devenir un Christ pour ce monde, un pasteur selon le cœur de Dieu, un prophète d’unité et un artisan de paix, un acteur de réconciliation – et nous savons qu’ils sont encore bien trop nombreux, ces lieux autour de nous et en nous, qui ont besoin de vivre la réconciliation. Supprimer, dans le sillage du Christ, ou pour rappeler qu’Il l’a déjà fait mais que nous avons encore à recevoir son action, supprimer la haine, crucifier les divisions. Et apprendre, jour après jour, à vivre ensemble, dans l’amour les uns des autres, dans le respect de l’histoire de chacun, dans la tendresse et la douceur réciproque. Et de mener ainsi, petit à petit, l’humanité « à l’écart » du bruit et des guerres, dans « un endroit désert » pour qu’elle puisse s’y « reposer un peu ». Un endroit qui n’est pas ailleurs que là où nous vivons déjà ! Mais qui est dans la profondeur du cœur de l’ici et maintenant.
Alors ce n’est pas la coupe du monde ou de Didier Deschamps que nous pourrons lever, mais bien la coupe du salut, la coupe de l’action de grâce, la coupe eucharistique, coupe du Sang de Celui qui a remporté la Victoire pour l’éternité. Non la victoire sur une autre équipe, mais la victoire de l’amour et de la vie, la victoire de l’unité définitivement acquise et à laquelle il nous invite à participer jour après jour, tout au long de l’année et encore, d’une autre façon, pendant ce temps d’été, dans le rythme estival.
Que ce temps offert donne à chacun de repuiser à la source de l’amour fraternel, dans la gratuité des rencontres, dans le plaisir d’être ensemble, sans autre objectif que de vivre déjà, à notre échelle, cette « pastorale de l’unité et de la paix ».
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

16ème dimanche du temps ordinaire, année B
Lectures de la messe
Première lecture

« Je ramènerai le reste de mes brebis, je susciterai pour elles des pasteurs » (Jr 23, 1-6)

Lecture du livre du prophète Jérémie

Quel malheur pour vous, pasteurs !
Vous laissez périr et vous dispersez
les brebis de mon pâturage
– oracle du Seigneur !
C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, le Dieu d’Israël,
contre les pasteurs qui conduisent mon peuple :
Vous avez dispersé mes brebis, vous les avez chassées,
et vous ne vous êtes pas occupés d’elles.
Eh bien ! Je vais m’occuper de vous,
à cause de la malice de vos actes
– oracle du Seigneur.
Puis, je rassemblerai moi-même le reste de mes brebis
de tous les pays où je les ai chassées.
Je les ramènerai dans leur enclos,
elles seront fécondes et se multiplieront.
Je susciterai pour elles des pasteurs
qui les conduiront ;
elles ne seront plus apeurées ni effrayées,
et aucune ne sera perdue
– oracle du Seigneur.

Voici venir des jours
– oracle du Seigneur,
où je susciterai pour David un Germe juste :
il régnera en vrai roi, il agira avec intelligence,
il exercera dans le pays le droit et la justice.
En ces jours-là, Juda sera sauvé,
et Israël habitera en sécurité.
Voici le nom qu’on lui donnera :
« Le-Seigneur-est-notre-justice. »

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6)

R/ Le Seigneur est mon berger :
rien ne saurait me manquer. (cf. Ps 22, 1)

Le Seigneur est mon berger :
je ne manque de rien.
Sur des prés d’herbe fraîche,
il me fait reposer.

Il me mène vers les eaux tranquilles
et me fait revivre ;
il me conduit par le juste chemin
pour l’honneur de son nom.

Si je traverse les ravins de la mort,
je ne crains aucun mal,
car tu es avec moi :
ton bâton me guide et me rassure.

Tu prépares la table pour moi
devant mes ennemis ;
tu répands le parfum sur ma tête,
ma coupe est débordante.

Grâce et bonheur m’accompagnent
tous les jours de ma vie ;
j’habiterai la maison du Seigneur
pour la durée de mes jours.

Deuxième lecture
« Le Christ est notre paix : des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité » (Ep 2, 13-18)

Lecture de la lettre de saint Paul apôtre aux Éphésiens

Frères,
maintenant, dans le Christ Jésus, vous qui autrefois étiez loin,
vous êtes devenus proches par le sang du Christ.
C’est lui, le Christ, qui est notre paix :
des deux, le Juif et le païen, il a fait une seule réalité ;
par sa chair crucifiée,
il a détruit ce qui les séparait, le mur de la haine ;
il a supprimé les prescriptions juridiques de la loi de Moïse.
Ainsi, à partir des deux, le Juif et le païen,
il a voulu créer en lui un seul Homme nouveau en faisant la paix,
et réconcilier avec Dieu les uns et les autres en un seul corps
par le moyen de la croix ;
en sa personne, il a tué la haine.
Il est venu annoncer la bonne nouvelle de la paix,
la paix pour vous qui étiez loin,
la paix pour ceux qui étaient proches.
Par lui, en effet, les uns et les autres,
nous avons, dans un seul Esprit, accès auprès du Père.

– Parole du Seigneur.

Évangile
« Ils étaient comme des brebis sans berger » (Mc 6, 30-34)

Alléluia. Alléluia.
Mes brebis écoutent ma voix, dit le Seigneur ;
moi, je les connais, et elles me suivent.
Alléluia. (Jn 10, 27)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
après leur première mission,
les Apôtres se réunirent auprès de Jésus,
et lui annoncèrent tout ce qu’ils avaient fait et enseigné.
Il leur dit :
« Venez à l’écart dans un endroit désert,
et reposez-vous un peu. »
De fait, ceux qui arrivaient et ceux qui partaient étaient nombreux,
et l’on n’avait même pas le temps de manger.
Alors, ils partirent en barque
pour un endroit désert, à l’écart.
Les gens les virent s’éloigner,
et beaucoup comprirent leur intention.
Alors, à pied, de toutes les villes,
ils coururent là-bas
et arrivèrent avant eux.
En débarquant, Jésus vit une grande foule.
Il fut saisi de compassion envers eux,
parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.
Alors, il se mit à les enseigner longuement.

– Acclamons la Parole de Dieu.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?
Ajoutez votre commentaire ici

Ce champ accepte les raccourcis SPIP {{gras}} {italique} -*liste [texte->url] <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et jeudis de 16h30 à 18h30



-