Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 22 septembre 2018

"La Parole de Dieu est ainsi faite : elle révèle tout de notre humanité. Tout. Parce que Dieu s’intéresse à tout de nous, qu’il prend tout dans sa Présence."


Qu’y a-t-il dans le cœur de l’Homme ? Sûrement de tout, dans un mélange plus ou moins clair. S’y mêlent tout ce qui est évoqué par la Parole de Dieu aujourd’hui : jalousie, rivalité, désordre, guerres, conflits, convoitise mais aussi sagesse, pureté, bienveillance, pacifisme, miséricorde. Il en est ainsi pour chacun de nous, et ne pas le reconnaître serait mentir ou se mentir. Oublier tous les aspects négatifs reviendrait à se rendre aveugle de toutes nos limites et des obscurités du cœur. Oublier tous les aspects positifs serait tomber dans de ténébreuses abysses desquelles on aurait du mal à sortir. La Parole de Dieu est ainsi faite : elle révèle tout de notre humanité. Tout. Parce que Dieu s’intéresse à tout de nous, qu’il prend tout dans sa Présence.
Alors il nous faut tenir les deux, le tout, le beau et le moins beau, le lourd et le léger, le sombre et le lumineux.
Ne nous lamentons pas sur nous-mêmes ou sur ce clair-obscur. Accueillons dans la paix cette réalité qui fait partie de notre humanité à accepter. Jésus connaît cela, il le vit avec ses propres disciples. Eux qui se disputent pour savoir qui est le plus grand, alors que Jésus leur annonce la nouvelle la plus terrible et la plus intime qui soit. Il leur dit qu’il va être livré, trahit, condamné et tué, et eux pensent à leur place et leur grandeur. Mais point de colère ni de désespoir. Il va les chercher dans leur préoccupation : qui veut être le premier ? Et il leur indique la route à suivre : être le serviteur. Le serviteur inutile, dira-t-il ailleurs. Le serviteur d’humanité. Le serviteur de l’Homme. Pas l’esclave ! L’esclave est lié, obligé, il n’est pas libre, et la grandeur de l’Homme comprend aussi l’exercice de sa pleine liberté ! Mais serviteur libre de servir. Libre de donner du temps, de la joie, de la présence, des compétences, libre d’accueillir, d’écouter, de réconforter, d’aider, d’être là. Libre de donner sa vie comme Lui la donnera – et la donne encore, mystérieusement, quand deux ou trois sont réunis en son nom ou quand l’Église célèbre les sacrements.
Cette Eglise, justement, brassée de toute part en son cœur d’humanité. Cette Eglise où se mêlent le plus haut et le plus bas, le plus de grâce et le plus de péché, le plus d’espérance et le plus de ténèbres, le plus de poids et le plus léger. Cette Eglise appelée, invitée à se purifier, à passer par le feu de l’épreuve, pour parler comme Saint Paul, pour en sortir renouvelée.
Le pape François a écrit une Lettre au Peuple de Dieu en ce sens fin août, que nous pourrons lire cette semaine. Les évêques de France ont relayé ce message du pape, et notre évêque, pasteur de notre diocèse, nous invite à entrer pleinement dans cette démarche de conversion fondamentale.
Que l’on s’entende : il ne s’agit pas de culpabiliser ceux qui ne sont pas coupables. Il ne s’agit pas d’alourdir le pas ou le cœur de ceux qui n’ont pas commis les actes odieux dont il est trop souvent question. Il n’est pas question de demander à ceux qui ne sont pas responsables de prendre sur eux la responsabilité de ceux qui n’assument pas la leur. Mais il est question d’entrer tous ensemble, en fraternité, en famille, en peuple, dans une démarche qui doit ouvrir à de nouveaux types de relations, de collaborations, de rapports entre les uns et les autres. Pour que naisse, dans la Sagesse de l’Esprit, une Eglise servante et pauvre, une Eglise juste, vraie, ouverte, accueillante, à l’écoute, à la parole claire et évangélique, à l’action cohérente avec celle du Christ. Il s’agit de nous soutenir les uns les autres pour faire advenir une Eglise renouvelée, en oubliant les questions de rivalité, de jalousie et de pouvoir, et en devenant l’Église unie que le Christ appelle de sa prière et façonne de son Esprit. Cette Eglise qui, par le signe qu’elle est et qu’elle pose en notre monde, désigne Celui qui l’a convoquée, rassemblée et envoyée.
C’est bien d’une conversion commune ou communautaire dont il est question. Elle nous engage tous, avec nos désirs, nos envies, nos projections, notre histoire, nos personnalités. Une conversion de nos propres racines, ces racines de nos cœurs où se mêlent le beau et le moins beau. Une conversion qui ne peut se réaliser par nos seules forces, mais aussi par la force du soutien fraternel et par l’action de l’Esprit Saint en chacun de nous. Car voici la Bonne Nouvelle de ce jour. Elle est double : d’abord nous voyons que Jésus ne s’écarte pas de notre chemin, mais y reste, nous accompagne, nous guide comme il le fait avec ses disciples, nous reprend comme avec des enfants, dans un amour de tendresse, de bonté et de pardon. Ensuite, nous comprenons que Dieu vient lui-même à notre aide, comme le dit le psalmiste. Il est notre appuis entre tous. Et nous pouvons « rendre grâce à son nom, car il est bon ! »
Que notre Eglise, nos communautés paroissiales, diocésaines, toutes les fraternités que nous formons jusque dans les liens de nos familles, puissent être ces lieux service, de liberté, de gratuité et de vérité où chacun est accueilli comme un enfant, au nom de la beauté de l’Homme, au nom du Christ, au nom du Dieu d’Amour.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Première lecture
« Condamnons-le à une mort infâme » (Sg 2, 12.17-20)

Lecture du livre de la Sagesse

Ceux qui méditent le mal se disent en eux-mêmes :
« Attirons le juste dans un piège, car il nous contrarie,
il s’oppose à nos entreprises,
il nous reproche de désobéir à la loi de Dieu,
et nous accuse d’infidélités à notre éducation.
Voyons si ses paroles sont vraies,
regardons comment il en sortira.
Si le juste est fils de Dieu,
Dieu l’assistera, et l’arrachera aux mains de ses adversaires.
Soumettons-le à des outrages et à des tourments ;
nous saurons ce que vaut sa douceur,
nous éprouverons sa patience.
Condamnons-le à une mort infâme,
puisque, dit-il, quelqu’un interviendra pour lui. »

– Parole du Seigneur.

Psaume
(Ps 53 (54), 3-4, 5, 6.8)

R/ Le Seigneur est mon appui entre tous. (Ps 53, 6b)

Par ton nom, Dieu, sauve-moi,
par ta puissance rends-moi justice ;
Dieu, entends ma prière,
écoute les paroles de ma bouche.

Des étrangers se sont levés contre moi,
des puissants cherchent ma perte :
ils n’ont pas souci de Dieu.

Mais voici que Dieu vient à mon aide,
le Seigneur est mon appui entre tous.
De grand cœur, je t’offrirai le sacrifice,
je rendrai grâce à ton nom, car il est bon !

Deuxième lecture
« C’est dans la paix qu’est semée la justice, qui donne son fruit aux artisans de paix » (Jc 3, 16 – 4, 3)

Lecture de la lettre de saint Jacques

Bien-aimés,
la jalousie et les rivalités mènent au désordre
et à toutes sortes d’actions malfaisantes.
Au contraire, la sagesse qui vient d’en haut
est d’abord pure,
puis pacifique, bienveillante, conciliante,
pleine de miséricorde et féconde en bons fruits,
sans parti pris, sans hypocrisie.
C’est dans la paix qu’est semée la justice,
qui donne son fruit aux artisans de la paix.
D’où viennent les guerres,
d’où viennent les conflits entre vous ?
N’est-ce pas justement de tous ces désirs
qui mènent leur combat en vous-mêmes ?
Vous êtes pleins de convoitises et vous n’obtenez rien,
alors vous tuez ;
vous êtes jaloux et vous n’arrivez pas à vos fins,
alors vous entrez en conflit et vous faites la guerre.
Vous n’obtenez rien
parce que vous ne demandez pas ;
vous demandez, mais vous ne recevez rien ;
en effet, vos demandes sont mauvaises,
puisque c’est pour tout dépenser en plaisirs.

– Parole du Seigneur.

Évangile
« Le Fils de l’homme est livré…Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le serviteur de tous » (Mc 9, 30-37)

Alléluia. Alléluia.
Par l’annonce de l’Évangile,
Dieu nous appelle à partager
la gloire de notre Seigneur Jésus Christ.
Alléluia. (cf. 2 Th 2, 14)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
Jésus traversait la Galilée avec ses disciples,
et il ne voulait pas qu’on le sache,
car il enseignait ses disciples en leur disant :
« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ;
ils le tueront
et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »
Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles
et ils avaient peur de l’interroger.
Ils arrivèrent à Capharnaüm,
et, une fois à la maison, Jésus leur demanda :
« De quoi discutiez-vous en chemin ? »
Ils se taisaient,
car, en chemin, ils avaient discuté entre eux
pour savoir qui était le plus grand.
S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit :
« Si quelqu’un veut être le premier,
qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. »
Prenant alors un enfant,
il le plaça au milieu d’eux,
l’embrassa, et leur dit :
« Quiconque accueille en mon nom
un enfant comme celui-ci,
c’est moi qu’il accueille.
Et celui qui m’accueille,
ce n’est pas moi qu’il accueille,
mais Celui qui m’a envoyé. »

– Acclamons la Parole de Dieu.

Source : aelf.org

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adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis et jeudis de 16h30 à 18h30



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