Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 23 janvier 2016

Nous devenons la Parole de Dieu en notre monde ! Que la joie qui naît de l’écoute de cette Parole enflamme nos cœurs et par nous, réchauffe ce monde.


Le livre de la Parole de Dieu est au cœur des récits que nous venons d’entendre.
A ceux qui trouvent que nos messes sont trop longues et trop ennuyeuses, vous avez remarqué combien vous avez de la chance ! A l’époque du prêtre Esdras, il y aurait eu de quoi se plaindre : « Esdras fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi. » Et cette lecture est faite dans une langue que le peuple ne comprend pas, l’Hébreu ! Ainsi, les Lévites doivent traduire (certainement en Araméen, la langue du peuple) et donner le sens pour que les hommes, les femmes et tous les enfants comprennent ! Du lever du soleil jusqu’à midi... !
Mais cette lecture ne lasse pas le peuple. Au contraire, Esdras en fait un jour de joie : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! ». Entendre et écouter la Parole de Dieu est une fête.
C’est une fête par ce qu’elle est un cadeau, que l’on reçoit. De Dieu, et des autres.
De Dieu. Elle est sa Parole, ce sont ses mots, sa façon de nous rejoindre, de nous parler, d’être en dialogue avec nous. On parle à ceux qu’on aime... et quand on ne se parle plus, c’est qu’on ne s’aime plus. Dieu nous parle. Il nous encourage, s’inquiète pour nous, nous rappelle qu’il est là, toujours. Cette Parole, si nous l’écoutons, met notre cœur en joie.
Et nous la recevons des autres. De ceux qui nous ont précédés, de toutes les générations qui nous l’ont transmise, nous inscrivant dans une immense chaine d’écoutant et de disciples. Comme saint Luc, l’auteur de l’Évangile, qui nous dit l’avoir reçu des témoins oculaires, et qui la transmet à son ami Théophile. Mais nous la recevons aussi des uns et des autres, puisque chacun l’entend avec sa propre vie, sa propre histoire, sa propre foi, dans le même Esprit. Et nous avons besoin de tous, pour comprendre cette unique Parole. C’est ce que semble vouloir dire saint Paul dans sa comparaison de l’Église avec un Corps. Personne ne peut dire à quelqu’un : « nous n’avons pas besoin de toi ». Chacun est important, parce que chacun est animé par le même Esprit, l’Esprit de Dieu, qui aide à écouter, à comprendre et à mettre en pratique la Parole.
Ce besoin de chacun prend une saveur particulière aujourd’hui, alors que nous sommes dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Catholiques, protestants, orthodoxes, croyants de diverses façons mais issus du même baptême en Jésus-Christ, nous avons besoin les uns des autres pour répondre à l’appel de Dieu. Nous ne pouvons pas dire : « protestants, nous n’avons pas besoin de vous ». Au contraire, nous avons besoin d’eux, jusque dans leur diversité de communautés d’Eglises, comme membres du même Corps, le Corps du Christ. Notre prière, aujourd’hui, est marquée de ce désir d’être vraiment ensemble et de nous reconnaître nécessaires les uns les autres.
La Parole de Dieu, donc, nous est transmise. Cet acte de transmission tourne notre regard vers tous ceux qui nous ont précédé et vers tous ceux avec qui nous la recevons. L’occasion de rendre grâce, de dire merci pour tous ceux qui nous ont fait connaître cette Parole.
Mais il y a plus encore, dans l’évangile. « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Ecriture que vous venez d’entendre », assure Jésus. Autrement dit, la Parole n’est pas que des mots, elle est active, elle est action : la Bonne Nouvelle est annoncée aux pauvres, les gens sont libérés de ce qui les oppresse, etc. Et cette Parole s’accomplit en la personne de Jésus. Il est le Verbe, disions-nous le jour de Noël. Le Verbe, la Parole par laquelle Dieu agit. Réellement. Concrètement.
A sa suite de Jésus, son Corps devient Parole. Je veux dire : Nous ! L’Église ! Nos communautés chrétiennes, réunies dans la communion de la même foi, sous l’action du même Esprit, nous accomplissons la Parole de Dieu ! Nous devenons la Parole de Dieu en notre monde ! En nos familles, en nos relations, dans notre travail, dans tous nos débats, nos réflexions et nos actions... Nous devenons la Parole qui fait du bien aux hommes, qui ouvre les cœurs à la fête, qui libère les opprimés... N’avons-nous pas reçu l’onction du Christ ? Ne sommes-nous pas animés du même Esprit ? D’où l’importance que l’Église, le Corps du Christ puisse être audible, et que son message soit fait de vérité et de liberté, d’encouragement et de justice. Que l’Église elle-même soit Bonne Nouvelle. « L’Église est dialogue, l’Église est conversation », disait le pape Paul VI. Quelle joyeuse responsabilité ! Etre, par toute sa vie, Parole de Dieu !

Que l’Esprit Saint continue toujours de nous accompagner dans cette mission, à la suite de Jésus, dans le monde qui est le notre. Et que la joie qui naît de l’écoute de cette Parole enflamme nos cœurs et par nous, réchauffe ce monde.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Troisième dimanche du temps ordinaire

Livre de Néhémie 8,2-4a.5-6.8-10.
En ces jours-là, le prêtre Esdras apporta la Loi en présence de l’assemblée, composée des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre. C’était le premier jour du septième mois.
Esdras, tourné vers la place de la porte des Eaux, fit la lecture dans le livre, depuis le lever du jour jusqu’à midi, en présence des hommes, des femmes, et de tous les enfants en âge de comprendre : tout le peuple écoutait la lecture de la Loi.
Le scribe Esdras se tenait sur une tribune de bois, construite tout exprès.
Esdras ouvrit le livre ; tout le peuple le voyait, car il dominait l’assemblée. Quand il ouvrit le livre, tout le monde se mit debout.
Alors Esdras bénit le Seigneur, le Dieu très grand, et tout le peuple, levant les mains, répondit : « Amen ! Amen ! » Puis ils s’inclinèrent et se prosternèrent devant le Seigneur, le visage contre terre.
Esdras lisait un passage dans le livre de la loi de Dieu, puis les lévites traduisaient, donnaient le sens, et l’on pouvait comprendre.
Néhémie le gouverneur, Esdras qui était prêtre et scribe, et les lévites qui donnaient les explications, dirent à tout le peuple : « Ce jour est consacré au Seigneur votre Dieu ! Ne prenez pas le deuil, ne pleurez pas ! » Car ils pleuraient tous en entendant les paroles de la Loi.
Esdras leur dit encore : « Allez, mangez des viandes savoureuses, buvez des boissons aromatisées, et envoyez une part à celui qui n’a rien de prêt. Car ce jour est consacré à notre Dieu ! Ne vous affligez pas : la joie du Seigneur est votre rempart ! »

Psaume 19(18),8.9.10.15.
La loi du Seigneur est parfaite,
qui redonne vie ;
la charte du Seigneur est sûre,
qui rend sages les simples.

Les préceptes du Seigneur sont droits,
ils réjouissent le cœur ;
le commandement du Seigneur est limpide,
il clarifie le regard.

La crainte qu’il inspire est pure,
elle est là pour toujours ;
les décisions du Seigneur sont justes
et vraiment équitables :

Accueille les paroles de ma bouche,
le murmure de mon cœur ;
qu’ils parviennent devant toi,
Seigneur, mon rocher, mon défenseur !

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 12,12-30.
Frères, prenons une comparaison : le corps ne fait qu’un, il a pourtant plusieurs membres ; et tous les membres, malgré leur nombre, ne forment qu’un seul corps. Il en est ainsi pour le Christ.
C’est dans un unique Esprit, en effet, que nous tous, Juifs ou païens, esclaves ou hommes libres, nous avons été baptisés pour former un seul corps. Tous, nous avons été désaltérés par un unique Esprit.
Le corps humain se compose non pas d’un seul, mais de plusieurs membres.
Le pied aurait beau dire : « Je ne suis pas la main, donc je ne fais pas partie du corps », il fait cependant partie du corps.
L’oreille aurait beau dire : « Je ne suis pas l’œil, donc je ne fais pas partie du corps », elle fait cependant partie du corps.
Si, dans le corps, il n’y avait que les yeux, comment pourrait-on entendre ? S’il n’y avait que les oreilles, comment pourrait-on sentir les odeurs ?
Mais, dans le corps, Dieu a disposé les différents membres comme il l’a voulu.
S’il n’y avait en tout qu’un seul membre, comment cela ferait-il un corps ?
En fait, il y a plusieurs membres, et un seul corps.
L’œil ne peut pas dire à la main : « Je n’ai pas besoin de toi » ; la tête ne peut pas dire aux pieds : « Je n’ai pas besoin de vous ».
Bien plus, les parties du corps qui paraissent les plus délicates sont indispensables.
Et celles qui passent pour moins honorables, ce sont elles que nous traitons avec plus d’honneur ; celles qui sont moins décentes, nous les traitons plus décemment ;
pour celles qui sont décentes, ce n’est pas nécessaire. Mais en organisant le corps, Dieu a accordé plus d’honneur à ce qui en est dépourvu.
Il a voulu ainsi qu’il n’y ait pas de division dans le corps, mais que les différents membres aient tous le souci les uns des autres.
Si un seul membre souffre, tous les membres partagent sa souffrance ; si un membre est à l’honneur, tous partagent sa joie.
Or, vous êtes corps du Christ et, chacun pour votre part, vous êtes membres de ce corps.
Parmi ceux que Dieu a placés ainsi dans l’Église, il y a premièrement des apôtres, deuxièmement des prophètes, troisièmement ceux qui ont charge d’enseigner ; ensuite, il y a les miracles, puis les dons de guérison, d’assistance, de gouvernement, le don de parler diverses langues mystérieuses.
Tout le monde évidemment n’est pas apôtre, tout le monde n’est pas prophète, ni chargé d’enseigner ; tout le monde n’a pas à faire des miracles,
à guérir, à dire des paroles mystérieuses, ou à les interpréter.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 1,1-4.4,14-21.
Beaucoup ont entrepris de composer un récit des événements qui se sont accomplis parmi nous,
d’après ce que nous ont transmis ceux qui, dès le commencement, furent témoins oculaires et serviteurs de la Parole.
C’est pourquoi j’ai décidé, moi aussi, après avoir recueilli avec précision des informations concernant tout ce qui s’est passé depuis le début, d’écrire pour toi, excellent Théophile, un exposé suivi,
afin que tu te rendes bien compte de la solidité des enseignements que tu as entendus.
Lorsque Jésus, dans la puissance de l’Esprit, revint en Galilée, sa renommée se répandit dans toute la région.
Il enseignait dans les synagogues, et tout le monde faisait son éloge.
Il vint à Nazareth, où il avait été élevé. Selon son habitude, il entra dans la synagogue le jour du sabbat, et il se leva pour faire la lecture.
On lui remit le livre du prophète Isaïe. Il ouvrit le livre et trouva le passage où il est écrit :
« L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés,
annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. »
Jésus referma le livre, le rendit au servant et s’assit. Tous, dans la synagogue, avaient les yeux fixés sur lui.
Alors il se mit à leur dire : « Aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’Écriture que vous venez d’entendre. »

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