Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 24 avril 2016

Voilà la seule et unique mission d’une communauté chrétienne comme la notre. Il nous faut nous aimer et apprendre à nous aimer d’un amour qui ne s’enferme pas sur lui-même mais qui ouvre, en conduisant à la source et à la fin : Jésus, l’amour de Dieu pour les hommes.


Dimanche 24 avril 2016
5ème dimanche de Pâques – C
Baptême de Thomas
Ma Campagne

A quoi sert l’Église ? Pourquoi donc, l’Église ?
Puis-je croire en Dieu sans elle ? Oui ! Bien sûr ! Regardez ce qui s’est passé pour les païens, dans les Actes des Apôtres, qui ont découvert la Bonne Nouvelle de Dieu avant même de rencontrer une communauté chrétienne ; L’Esprit souffle où il veut, et il atteint le cœur de tous les hommes de bonne volonté, laissant grandir le désir de Dieu avant même une rencontre avec l’Église. Nous pensons aussi à toi, Damien, qui présente aujourd’hui ton fils, avec Marie-Laure, au baptême, et qui a été baptisé l’an dernier. L’Église pourra offrir des mots sur l’expérience de foi, mais elle n’est pas à la source de la foi.
Puis-je prier sans elle ? Bien sûr ! Combien de personnes disent prier chez elles, ou en entrant dans une église, sans jamais venir aux rassemblements le dimanche ou dans un groupe de prière, de partage, d’approfondissement de la foi. Nous connaissons et mesurons l’importance de ces groupes. Mais la relation personnelle avec Dieu n’est pas contrainte par la présence de tous. Ne puis-je pas être en pleine communion avec Dieu lorsque je suis seul dans ma chambre ? La prière communautaire est une forme de prière, qui n’épuise pas toutes les autres formes.
Et puis l’Église, n’est-ce pas un lieu à embêtements supplémentaires ? Bien sûr encore ! Combien d’hypocrisies sont repprochées aux « pratiquants qui disent mais ne font pas » ? Combien d’embrouilles entre nous pourraient être évitées si nous ne nous voyions pas ? Combien de déception face à cette Église que nous aimons, mais que nous aimerions si différente parfois, plus audacieuse, plus libre, plus claire, plus simple, plus profonde... ? Combien de temps de réunion pourrions-nous passer à autre chose, sans l’Église ? Et combien d’épreuves à ne pas traverser ? Regardons encore les Actes des Apôtres. Paul et Barnabé font déjà l’expérience des difficultées liées à la vie en Église, et il n’y a pas de raison que nous y échappions plus qu’eux : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le Royaume de Dieu »...
Alors pourquoi l’Église ?
Parce que sans elle, nous ne pouvons pas être témoins. Pour devenir témoins, nous dit Jésus dans l’Évangile, il faut nous aimer les uns les autres comme lui-même nous a aimé, et cet amour est relation dont on ne peut témoigner seul. Il faut au moins être deux, il faut être plusieurs, famille, communauté. Et apprendre ensemble à vivre réellement un nouveau monde transformé par l’amour, comme en une « Jésuralem Nouvelle ». « Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle... La Jérusalem nouvelle, je l’ai vue prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari... la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec Dieu, sera leur Dieu » (Ap). Jérusalem nouvelle, demeure de Dieu avec les hommes, monde nouveau : autant de figures pour parler de l’Église que nous sommes et que nous formons.
Et encore, parce que nous ne pourrions recevoir le témoignage de l’amour de Jésus sans elle, puisque ce témoignage vient de l’amour vécu et transmis, bien plus que de la transmission d’une série de dogmes bien organisés entre eux. Vivre de l’amour vécu et transmis, par une communauté d’hommes et de femmes qui décident, à cause de Jésus, de vivre ce monde nouveau de fraternité nouvelle, en actes.
N’est-ce pas cela, que nous voulons vivre ? Lorsque nous invitons pour partager à une Table Ouverte comme hier midi ? Lorsque nous vivons comme hier une journée de « chantier paroissial », brassant la poussière et créant du désordre avant de pouvoir tout ranger, mais apprenant à mieux nous connaître et vivant une expérience fraternelle ? Ou lors de nos « café-caté », qui ne sont pas réservés aux enfants, mais l’occasion pour tous, quelqu’en soit notre habitude, de partager et d’écouter la Parole de Dieu ? Et par nos mille services, accueils, accompagnements mutuels, petites et grandes attentions... Ou encore dans la célébration des sacrements, et notamment de l’eucharistie, avec une liturgie simple et joyeuse... N’est-elle pas là, l’Église, dans la simplicité des relations que nous pouvons tisser entre nous, manifestant autour de nous d’un amour qui nous dépasse et nous appelle, nous rassemble et nous envoie, nous libère et nous fait vivre ?
N’est-ce pas cela que vous souhaitez, Marie-Laure et Damien, pour Thomas ? Plongé dans le baptême du Christ, il devient disciple de Jésus, et donc aussi citoyen de cette nouvelle Jérusalem, membre de ce peuple en marche traversant l’histoire et les frontières, rassemblement des appelés par Dieu à devenir son Corps et à vivre de son Esprit... Invité lui-aussi à prendre sa place dans cette Egise qui veut vivre de l’amour en son sein, de l’amour du Christ et de l’amour fraternel.
Que l’on s’entende : il ne s’agira pas toujours d’un amour sentiment, ou d’un amour facile, ou d’un amour émotion... Il en est plutôt de l’amour de Jésus pour nous : un amour de don, qui va jusqu’au pardon, guérissant les blessures, libérant des oppressions. Un amour d’une puissance divine que notre cœur ne peut offrir, mais Dieu seul.
Jésus est à l’heure de son dernier repas... les paroles qu’il laisse à ce moment ont valeur testamentaires : là est peut-être le concentré le plus essentiel de son message et de sa vie. Et ce testament nous renvoie à l’amour que nous avons les uns pour les autres, enraciné dans l’amour de Jésus pour nous. Voilà la seule et unique mission de l’Église, la seule et unique mission d’une communauté chrétienne comme la notre. Ne cherchons pas ailleurs de programme pastoral. Il nous faut nous aimer et apprendre à nous aimer. Nous aimer d’un amour qui ne s’enferme pas sur lui-même ou sur la relation des personnes concernées, mais qui ouvre, en conduisant à la source et à la fin : Jésus, l’amour de Dieu pour les hommes. Imaginons-nous que c’est peut-être la seule, ou du moins la raison fondamentale, de notre vie paroissiale ? Former cette famille aimante ou ouverte, ouverte parce qu’aimante, enracinée dans l’amour de Dieu pour chacun, et rayonnant de cet amour à toutes les nations. « A ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples. » Ce n’est pas plus compliqué, ni plus essentiel que cela.
Amen
P. Benoît Lecomte

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Cinquième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 14,21b-27.
En ces jours-là, Paul et Barnabé retournèrent à Lystres, à Iconium et à Antioche de Pisidie ;
ils affermissaient le courage des disciples ; ils les exhortaient à persévérer dans la foi, en disant : « Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu. »
Ils désignèrent des Anciens pour chacune de leurs Églises et, après avoir prié et jeûné, ils confièrent au Seigneur ces hommes qui avaient mis leur foi en lui.
Ils traversèrent la Pisidie et se rendirent en Pamphylie.
Après avoir annoncé la Parole aux gens de Pergé, ils descendirent au port d’Attalia,
et s’embarquèrent pour Antioche de Syrie, d’où ils étaient partis ; c’est là qu’ils avaient été remis à la grâce de Dieu pour l’œuvre qu’ils avaient accomplie.
Une fois arrivés, ayant réuni l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait avec eux, et comment il avait ouvert aux nations la porte de la foi.

Psaume 145(144),8-9.10-11.12-13ab.
Le Seigneur est tendresse et pitié,
lent à la colère et plein d’amour ;
La bonté du Seigneur est pour tous,
sa tendresse, pour toutes ses œuvres.

Que tes œuvres, Seigneur, te rendent grâce
et que tes fidèles te bénissent !
Ils diront la gloire de ton règne,
ils parleront de tes exploits.

Ils annonceront aux hommes tes exploits,
la gloire et l’éclat de ton règne :
ton règne, un règne éternel,
ton empire, pour les âges des âges.

Livre de l’Apocalypse 21,1-5a.
Moi, Jean, j’ai vu un ciel nouveau et une terre nouvelle, car le premier ciel et la première terre s’en étaient allés et, de mer, il n’y en a plus.
Et la Ville sainte, la Jérusalem nouvelle, je l’ai vue qui descendait du ciel, d’auprès de Dieu, prête pour les noces, comme une épouse parée pour son mari.
Et j’entendis une voix forte qui venait du Trône. Elle disait : « Voici la demeure de Dieu avec les hommes ; il demeurera avec eux, et ils seront ses peuples, et lui-même, Dieu avec eux, sera leur Dieu.
Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur : ce qui était en premier s’en est allé. »
Alors celui qui siégeait sur le Trône déclara : « Voici que je fais toutes choses nouvelles. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,31-33a.34-35.
Au cours du dernier repas que Jésus prenait avec ses disciples, quand Judas fut sorti du cénacle, Jésus déclara : « Maintenant le Fils de l’homme est glorifié, et Dieu est glorifié en lui.
Si Dieu est glorifié en lui, Dieu aussi le glorifiera ; et il le glorifiera bientôt.
Petits enfants, c’est pour peu de temps encore que je suis avec vous. Vous me chercherez, et, comme je l’ai dit aux Juifs : “Là où je vais, vous ne pouvez pas aller”, je vous le dis maintenant à vous aussi. »
Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
À ceci, tous reconnaîtront que vous êtes mes disciples : si vous avez de l’amour les uns pour les autres. »

1 réaction


26 avril 2016 14:26, par Marie-Anne

Très beau, très vrai, très juste !
merci de nous re-dire ainsi la fécondité de l’amour fraternel auquel nous sommes appelés ! et merci aussi d’être parmi nous le signe de cette communion .... qui nous ouvre les uns vers les autres !

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2, bld Jean Moulin
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