Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 26 novembre 2016

"Au milieu du bruit de notre vie, nous partons à l’Avent-ure du silence et de la paix."


La tendance est au bruit. Il faut faire du bruit médiatique, de l’audience et de l’audimat. Celui qui fera le plus de buzz sera le meilleur, quoi qu’on en dise. On recherche la croissance à tout prix, quitte à développer le stress plus que la croissance. Combien d’entre nous sont dans l’hyper activité… il faut bien exister ! Et il y a tant à faire : les enfants, le travail et ses pressions, les associations, un coup de main à l’Église quand on peut… La période de Noël qui s’ouvre ne va pas arranger les choses : il va falloir courir les magasins, préparer les fêtes… Un peu comme au temps de Noé : « En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari »… On s’activait et on s’occupait… sans trop s’occuper du reste. Mais il y a déjà tant de choses à faire !
A contrario, il y a ceux qui ne font plus rien. Qui sont seuls. Entourage réduit à néant. Entourés de silence et de vide. Ceux-là risquent souvent la dépression ou au moins la déprime, et la dévalorisation d’eux-mêmes. Solitude incroyable et grandissante. Combien sont-elles, ces solitudes autour de nous !
Deux situations opposées ? Peut-être pas. Je dirais plutôt les deux faces d’un même phénomène. Dans les deux cas, on cherche à fuir. Et dans les deux cas, on est rattrapé par le vide. A force de courir, ne nous construisons-nous pas un univers artificiel qui nous procurent de la joie et du bonheur, mais un peu artificiels eux aussi ? J’étais à Barbezieux hier après-midi et j’en ai profité pour passer au salon du bien-être. C’était formidable : des huiles de massages et des bougies de toutes les senteurs, des pierres plus belles les unes que les autres, des massages de tous les horizons possibles, des soins tous plus énergétiques et apaisants… nous promettant un bien-être total. Mais un bonheur solitaire. Et sonnant un peu creux parfois ? Nos bonheurs artificiels nous mettant, souvent, en concurrence les uns avec les autres, dans une sorte de bataille, de compétition imaginaire ou réelle jusqu’à chercher à être le meilleur – le meilleur parent, époux, épouse, employé, ami,…-. Mais le meilleur pour quoi ? Combien de « rivalités et de jalousies » (pour reprendre les termes de Saint Paul), de comparaisons et d’épées tranchantes entre les gens…

Le temps de l’Avent qui s’ouvre est un temps de promesse : « Le Fils de l’Homme vient », annonce l’évangile. Et cette venue du Fils de l’Homme est synonyme de transformations radicales : « De leurs épées, les peuples forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre », proclamait déjà Isaïe. Les plus belliqueux se convertissent et deviennent artisans de paix. Le Fils de l’Homme vient apporter la paix
Belle promesse ! Mais ô combien facile à louper ! Car la venue du Fils de l’Homme est comparable au passage d’un voleur dans la nuit. Et qu’il est facile de passer à côté de la rencontre ! De s’apercevoir trop tard qu’il est passé !
Le temps de l’Avent, qui s’ouvre aujourd’hui, est le temps de l’attention. De « la veille », dit l’évangile. D’une veille de Dieu qui vient, mais d’une veille de nos propres vies. Intérieurement. Au plus profond de nous. Car Dieu ne viendra pas d’ailleurs que de là : il se fera homme, et cet homme, c’est toi. Il se fera Prince de la Paix, et ce prince, c’est toi. Il se fera Lumière des nations, et cette lumière vient du cœur du cœur de chacun. Le temps de l’Avent est cette avent-ure intérieure qui consiste à se laisser habiter peu à peu par la présence du Dieu de paix, pour la célébrer par toute notre vie dans la nuit de Noël.
« Heureux les artisans de paix », avons-nous écrit sur les murs de nos églises cette année. Car en cherchant la paix, la paix intérieure, la paix entre nous, la paix des nations, nous marchons sur un chemin de bonheur. N’est-ce pas ce que chante le psaume, liant intimement bonheur et paix ? « Appelez le bonheur sur Jérusalem, Paix à ceux qui t’aiment, que la paix règne dans tes murs, le bonheur dans tes palais... »
Probablement que cette paix n’est pas l’absence de toute aspérité. Elle n’est pas uniquement absence de conflit ou de tiraillement, elle est aussi combat, volonté, persévérance, confiance et espérance. Elle n’est pas la paix qui nous replie sur nous-mêmes, mais celle qui nous ouvre à plus large, à plus grand, à plus loin et à tous les autres. Elle est décentrement, peut-être oublie de soi… Tout un programme pour ce temps de l’Avent, qui nous invite à « sortir de notre sommeil » pour nous mettre en marche pour accueillir en nous non seulement celui qui vient, mais aussi les fruits de paix qu’il nous donne.
Au milieu du bruit de notre vie, nous partons à l’Avent-ure du silence et de la paix. Notre avent-ure vers Noël est avent-ure personnelle. Chacun saura ce à quoi il lui faut faire attention pour être disponible à la venue du Fils de l’Homme. Mais elle sera aussi avent-ure communautaire : chaque dimanche des rendez-vous nous serons donnés ! Ce dimanche avec le spectacle proposé par nos amis protestants sur la paternité à partir de la figure de Joseph. Dimanche prochain nous nous retrouverons pour un petit déjeuner à Puymoyen avant la messe pour parler des situations de violence et réfléchir à la possibilité d’être non-violent. Le 11 décembre, nous vivrons une matinée en famille, avant de célébrer la messe qui sera préparée et animée par les enfants. Et l’après-midi, nous accueillerons ici même, à Ma Campagne, la Lumière de la Paix de Bethléem, pour la propager autour de nous. Et le 18 décembre, les nouveaux membres de l’Equipe d’Animation de la Paroisse seront officiellement reconnus et envoyés en mission, en mission de communion, en artisans de paix pour notre communauté…
Que tous ces rendez-vous nous aident à progresser ensemble vers la Lumière du Seigneur, dans la joie de l’attente du Bien-Aimé.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Premier dimanche de l’Avent

Livre d’Isaïe 2,1-5.
Parole d’Isaïe – ce qu’il a vu au sujet de Juda et de Jérusalem.
Il arrivera dans les derniers jours que la montagne de la Maison du Seigneur se tiendra plus haut que les monts, s’élèvera au-dessus des collines. Vers elle afflueront toutes les nations
et viendront des peuples nombreux. Ils diront : « Venez ! montons à la montagne du Seigneur, à la Maison du Dieu de Jacob ! Qu’il nous enseigne ses chemins, et nous irons par ses sentiers. » Oui, la loi sortira de Sion, et de Jérusalem, la parole du Seigneur.
Il sera juge entre les nations et l’arbitre de peuples nombreux. De leurs épées, ils forgeront des socs, et de leurs lances, des faucilles. Jamais nation contre nation ne lèvera l’épée ; ils n’apprendront plus la guerre.
Venez, maison de Jacob ! Marchons à la lumière du Seigneur.

Psaume 122(121),1-2.3-4ab.4cd-5.6-7.8-9.
Quelle joie quand on m’a dit :
« Nous irons à la maison du Seigneur ! »
Maintenant notre marche prend fin
devant tes portes, Jérusalem !

Jérusalem, te voici dans tes murs :
ville où tout ensemble ne fait qu’un !
C’est là que montent les tribus,
les tribus du Seigneur.

C’est là qu’Israël doit rendre grâce
au nom du Seigneur.
C’est là le siège du droit,
le siège de la maison de David.

Appelez le bonheur sur Jérusalem :
« Paix à ceux qui t’aiment !
Que la paix règne dans tes murs,
le bonheur dans tes palais ! »

À cause de mes frères et de mes proches,
je dirai : « Paix sur toi ! »
À cause de la maison du Seigneur notre Dieu,
je désire ton bien.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 13,11-14a.
Frères, vous le savez : c’est le moment, l’heure est déjà venue de sortir de votre sommeil. Car le salut est plus près de nous maintenant qu’à l’époque où nous sommes devenus croyants.
La nuit est bientôt finie, le jour est tout proche. Rejetons les œuvres des ténèbres, revêtons-nous des armes de la lumière.
Conduisons-nous honnêtement, comme on le fait en plein jour, sans orgies ni beuveries, sans luxure ni débauches, sans rivalité ni jalousie,
mais revêtez-vous du Seigneur Jésus Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 24,37-44.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples :
« Comme il en fut aux jours de Noé, ainsi en sera-t-il lors de la venue du Fils de l’homme.
En ces jours-là, avant le déluge, on mangeait et on buvait, on prenait femme et on prenait mari, jusqu’au jour où Noé entra dans l’arche ;
les gens ne se sont doutés de rien, jusqu’à ce que survienne le déluge qui les a tous engloutis : telle sera aussi la venue du Fils de l’homme.
Alors deux hommes seront aux champs : l’un sera pris, l’autre laissé.
Deux femmes seront au moulin en train de moudre : l’une sera prise, l’autre laissée.
Veillez donc, car vous ne savez pas quel jour votre Seigneur vient.
Comprenez-le bien : si le maître de maison avait su à quelle heure de la nuit le voleur viendrait, il aurait veillé et n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Tenez-vous donc prêts, vous aussi : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »

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2, bld Jean Moulin
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NOTE : Pendant l’été, permanence uniquement le vendredi