Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 27 septembre 2015

Dieu ne se laisse pas enfermer... et nous veut libres !


Dieu ne se laisse pas enfermer. Dans aucune religion, aucune Église, aucun dogme, aucun credo, aucune prière, aucune action, aucune liturgie. En rien. Pas même dans le mot « Dieu ». Comment ne dépasserait-il pas toutes les définitions, tous les concepts, toutes les idées ? Non pas qu’il ne serait que grand... ou insondable, ou mystérieux. Il est peut-être – et sûrement – tout cela, mais avant tout, il est libre. Libre d’amour. Libre de vie. Libre d’espérance. De la liberté de Pâques et de l’Esprit, de la liberté du Créateur. De la liberté de l’amoureux que rien n’empêche d’aimer, pas même le péché, pas même la mort, pas même nos divisions, nos distinctions, nos catégories, nos limites, nos frontières, nos désespoirs, nos lourdeurs, nos oublis, nos infidélités, rien. Rien ne l’empêche d’aimer qui il veut et comme il le veut.
C’est l’expérience que vivent les contemporains de Moïse, étonnés que des hommes qui n’étaient pas réunis au lieu de la Tente avec ceux qui recevaient une part de l’Esprit, soient aussi dépositaires de l’Esprit et prophétisent. C’est ce que rappelle Jésus au fougueux Jean qui veut empêcher ceux qui ne suivent pas Jésus de faire du bien autour d’eux. Et la Parole vient jusqu’à nous, traversant les siècles avec toujours autant d’acuité et de vivacité, venant percuter nos pensées installées. Et nous, comment regardons-nous ceux qui ne sont pas comme nous ? Ceux qui croient en Dieu sans jamais venir à l’église ? Ceux qui disent ne pas croire et qui sont « pourtant » « de bonne volonté » ? Nos enfants, qui ne « pratiquent » pas ? Ces familles qui viennent baptiser leurs enfants sans rien connaître de nos liturgies et qui nous dérangent parfois dans notre recueillement ? « Jésus répondit : ’Ne les empêchez pas ; celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Et celui qui vous donnera un verre d’eau au nom de votre appartenance au Christ, amen, je vous le dis, il ne restera pas sans récompense’ ».
Mais Jésus n’en reste pas là. Il ne suffit pas d’entrer dans le regard que Dieu porte sur chacun, et de se mettre à voir en l’autre un fils, une fille aimé(e) du Père. Il ne suffit pas de croire que ceux qui ne font pas comme nous sont aussi aimés de Dieu que nous (nous voyons l’absurdité de ce qui serait l’inverse !) Il faut encore faire preuve d’une redoutable attention envers chacun. « Celui qui est un scandale pour un seul de ces petits, mieux vaudrait qu’on lui attache au cou une de ces meules et qu’on le jette à la mer. » Mais qu’il est si facile, involontairement souvent, d’être scandale pour ceux qui nous entourent ! Simplement parce que nous n’avons pas salué, pris des nouvelles, porté un regard, dit une parole anodine mais reçue comme blessante, pas écouté ou monopolisé la parole... Jusque dans nos partages d’Evangile en paroisse : laissons-nous toujours la parole à ceux qui ne savent pas quoi dire ? Ecoutons-nous et recevons-nous avec attention ce qu’ils nous font découvrir de l’Évangile ? Encore cette semaine, quelqu’un me rapportait le témoignage d’un partage où elle s’était sentie inutile puisque les gens autour savaient tout et lui expliquaient tout...! « Préserve ton serviteur de l’orgueil : qu’il n’ait sur moi aucune emprise », disait le psalmiste.
La Parole de Dieu nous invite à sortir de nos petitesses... J’ose dire qu’elle croit en nous. Qu’elle espère en nous. Qu’elle nous veut grands, et plein d’amour. Qu’elle nous veut libres ! Libres de la liberté de Dieu ! Libres dans la liberté de l’Esprit qui se joue des petitesses. Elle ouvre nos vies à plus grand que ce que nous en faisons. Et là n’est pas affaire de foi ou question de croyances ou de pratiques : là est question d’humanité et de dignité. Elle nous appelle, la Parole, à sortir de nous-mêmes pour devenir Hommes, Femmes, à l’image du Père. A quitter nos logiques de calculs et de savoirs pour vivre de l’accueil et de la fraternité, de l’amour et du service, du soutien et du respect... Là. Aujourd’hui. Pas demain. Pourquoi attendre demain, d’ailleurs ? Maintenant.
C’est la prière de Moïse, que nous pouvons reprendre pour nos communautés chrétiennes, nos paroisses, et pour nous-mêmes : « Ah ! Si le Seigneur pouvait faire de tout son peuple un peuple de prophètes ! Si le Seigneur pouvait mettre son esprit en eux ! », et de prier pour que nous devenions tous prophètes, habités de l’Esprit. D’un Esprit qui déploie à l’infini ce que nous sommes, et nous mène à l’accomplissement de notre humanité. Enfin libres.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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