Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du 28 mai 2016 - Fête Dieu et 1ères communions

Homélie du 28 mai 2016 - Fête Dieu et 1ères communions

"Nous offrir nous-mêmes, pour que Dieu fasse de notre vie sa propre vie, et qu’il se donne à nous en plénitude, totalement. Et qu’ainsi, nous devenions son Corps et sa Parole là où nous sommes envoyés. C’est cela, le mystère de l’eucharistie"


Je me mets parfois à rêver d’un monde sans argent ni troc ni marchandage... il me semble que tout serait tellement plus simple ! Que de problèmes évacués ! Plus de pauvres, plus de riches, chacun mangerait à sa faim, on partagerait tout...
Même dans l’évangile, les apôtres ont quelques frayeurs à cause de l’argent. Jésus leur demande de trouver à manger pour 5000 personnes... on peut imaginer leur sueurs froides quand ils s’imaginent qu’il va leur falloir payer tout ça sur la bourse commune ! Dans un autre évangile où on trouve le même récit, ils répondent : « le salaire de 200 journées n’y suffirait pas ! » Autrement dit, plus de 6 mois de salaire juste pour un repas auquel se sont invités des gens qu’ils ne connaissent pas... !
Mais la logique de Jésus, la logique de Dieu n’est pas celle de l’argent, et de l’achat. Elle est celle du don. « Donnez-leur vous-mêmes à manger ». « Il bénit les pains, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule. » Dans les temps anciens, déjà, Abram avait donné le dixième de ce qu’il avait à Dieu. Et même Saint Paul, à sa façon, parle du don : « Je vous ai transmis ce que j’ai moi-même reçu. » Dieu ne calcule pas, Dieu donne et partage. Plus, même, il se donne en partage. Parce que le récit de l’évangile, avec cette multiplication des pains, est une image de ce que nous vivons à chaque eucharistie. Vous avez entendu les verbes que nous entendrons tout à l’heure pendant la prière : « Il béni les pains, les rompit et leur donna ». Les mêmes mots que Jésus dira au soir de son dernier repas, en célébrant la Pâques juive, transformant le sens des rites qui étaient jusque là effectués. Les mêmes mots que l’on gardera jusqu’aujourd’hui, en revivant chaque dimanche le don du Christ, donné en ce pain devenu son Corps, en ce vin devenu son Sang.
La logique du partage et du don s’oppose à la logique de l’achat et de l’argent. Et ce qui est incroyable avec cette logique, c’est qu’elle est tout l’inverse de la division. L’inverse, c’est-à-dire qu’elle est multiplication, et elle est unité. Tous les auditeurs de Jésus dans l’évangile reçoivent de quoi manger, les pains ont été multipliés. Toute communion est multiplication, diffusion de la présence de Dieu en nous. Dieu ne se divise pas lorsque nous communion à ce pain que nous reconnaissons comme le Corps du Christ. Il ne cesse de se diffuser, de multiplier les signes de sa présence et de sa vie depuis 2000 ans partout sur la terre. Ce n’est pas un morceau de Dieu que l’on reçoit, c’est tout Dieu Père, Fils et Esprit, son mystère infini, sa présence, son amour, sa miséricorde... Lui, tout entier.
Et unité. Nous partageons le même repas, buvons à la même coupe, tel une famille unie qui trouve son unité en ces gestes et paroles ancestrales. En communiant ensemble, Dieu nous unit les uns aux autres. Il efface nos divisions, notre péché, nos égoïsmes. Il nous offre sa Parole, la même pour tous – les gens dans l’évangile étaient venu écouter Jésus parler -, puis son Corps et son Sang, toute sa Personne, la même pour tous. Pour que nous soyons nourris de la même nourriture et unis les uns aux autres, comme devenus nous-mêmes un même corps et une même parole pour le monde, la parole de Dieu, le Corps du Christ.
La communion est don. Don de Dieu. Don de Dieu qui se donne à nous.
Mais en fait, Dieu nous redonne en surabondance ce que nous lui avons nous-mêmes donné. Il a bien fallu quelques pains et quelques poissons pour nourrir la foule, Jésus n’est pas parti de rien. De même à l’eucharistie, il nous faut nous donner nous-mêmes, nous offrir à lui, offrir nos vies, avec ce qui est beau et ce qui est moins beau, avec nos joies et nos lourdeurs. Le pain et le vin que nous apportons tous les dimanches sur l’autel, ce n’est pas que du pain et du vin, ce sont nos vies, et la vie de toute l’humanité, de tous les hommes du monde, avec leurs bonheurs et leurs malheurs. Nous offrir nous-mêmes, pour que Dieu fasse de notre vie sa propre vie, et qu’il se donne à nous en plénitude, totalement. Et qu’ainsi, nous devenions son Corps et sa Parole là où nous sommes envoyés. C’est cela, le mystère de l’eucharistie, ce mystère auquel vous allez participer totalement maintenant, Margaux, Elsa, Nicolas, Noah, Paul et Célestin. Désormais, je vous invite à venir puiser à cette nourriture aussi souvent que possible toute votre vie, car elle est source d’amour, de tendresse, de pardon, d’unité, de partage et de joie. Et elle est intarissable. Après que les 5000 personnes aient mangé sur l’herbe, on ramassa 12 corbeilles avec les restes. 12, comme le nombre d’apôtres, comme le nombre de tribus en Israël, comme le nombre qui indique toute la terre et tout l’univers. Ces 12 corbeilles étaient pour nous, et nous n’en finissons pas, génération après génération, de continuer à puiser dedans le pain de vie, le pain qui nous fait vivre de la vie de Dieu.
On fait trop souvent de la communion un acte banal, ou un du : on a droit / on n’a pas droit à la communion. Elle n’est que don. Don et contre-don. Don inscrit dans une double relation, avec Dieu et avec nos frères et sœurs. Relation d’amour qui veut encore puiser à l’amour pour vivre encore de l’amour... l’amour de Dieu, infini, insaisissable, intarissable.
Ne gâchons pas cette nourriture. Après avoir communié, tout à l’heure, entendons l’invitation de Jésus : « Donnez-leur vous mêmes à manger ». Donnez et multipliez autour de vous les signes d’amour, de joie et de tendresse à tous ceux que vous croiserez ! Que cette communion nous donne de transformer nos existences en existences vraiment eucharistiques, données, offertes au monde, par amour pour les hommes et pour Dieu.
Amen
P. Benoît Lecomte

En savoir plus


Saint Sacrement du Corps et du Sang du Christ, solennité

Livre de la Genèse 14,18-20.
En ces jours-là, Melkisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était prêtre du Dieu très-haut.
Il le bénit en disant : « Béni soit Abram par le Dieu très-haut, qui a créé le ciel et la terre ;
et béni soit le Dieu très-haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains. » Et Abram lui donna le dixième de tout ce qu’il avait pris.

Psaume 110(109),1.2.3.4.
Oracle du Seigneur à mon seigneur :
« Siège à ma droite,
et je ferai de tes ennemis
le marchepied de ton trône. »

De Sion, le Seigneur te présente
le sceptre de ta force :
« Domine jusqu’au cœur de l’ennemi. »

Le jour où paraît ta puissance,
tu es prince, éblouissant de sainteté :
« Comme la rosée qui naît de l’aurore,
je t’ai engendré. »

Le Seigneur l’a juré
dans un serment irrévocable :
« Tu es prêtre à jamais
selon l’ordre du roi Melkisédek. »

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26.
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 9,11b-17.
En ce temps-là, Jésus parlait aux foules du règne de Dieu et guérissait ceux qui en avaient besoin.
Le jour commençait à baisser. Alors les Douze s’approchèrent de lui et lui dirent : « Renvoie cette foule : qu’ils aillent dans les villages et les campagnes des environs afin d’y loger et de trouver des vivres ; ici nous sommes dans un endroit désert. »
Mais il leur dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger. » Ils répondirent : « Nous n’avons pas plus de cinq pains et deux poissons. À moins peut-être d’aller nous-mêmes acheter de la nourriture pour tout ce peuple. »
Il y avait environ cinq mille hommes. Jésus dit à ses disciples : « Faites-les asseoir par groupes de cinquante environ. »
Ils exécutèrent cette demande et firent asseoir tout le monde.
Jésus prit les cinq pains et les deux poissons, et, levant les yeux au ciel, il prononça la bénédiction sur eux, les rompit et les donna à ses disciples pour qu’ils les distribuent à la foule.
Ils mangèrent et ils furent tous rassasiés ; puis on ramassa les morceaux qui leur restaient : cela faisait douze paniers.

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