Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 29 avril 2018

En quelques expressions, la Parole de Dieu de ce jour nous trace les grandes dimensions de notre vie de foi et de notre vie d’Eglise.


Après la fête de Pâques et avant la fête de Pentecôte, en ce temps pascal et avant de vivre le temps « ordinaire » qu’on appelle parfois le « temps de l’Eglise », la Parole de Dieu vient nous éclairer sur ce qui nous attend, sur justement cette vie en Eglise, cette vie de l’Église, cette vie de disciples présents dans le monde et au monde. 5 dimensions, 5 repères nous sont proposés à la méditation et comme nourriture. 5 repères qui se répondent les uns les autres, qui s’interpénètrent, qui s’appellent mutuellement : demeurer, être dans la crainte de Dieu, parler avec assurance au nom du Seigneur, aimer en actes et en vérité, porter du fruit.
Demeurer. Comme le sarment sur la vigne, comme la branche a besoin de la sève du tronc pour vivre. Demeurer en Lui comme lui demeure en nous : inhabitations réciproques évoquant une relation profonde, intime et vitale entre l’homme et Dieu. « Demeurer » comme on reste et comme on habite. Faire sa demeure en lui. « Habiter la maison du Seigneur » dit le psaume. Habiter le cœur de Dieu comme lui-même vient faire sa crèche en nous. Première condition pour toute vie chrétienne et vie de l’Église : être dans cette intimité avec le Seigneur. Question de vie ou de mort. Ne plus demeurer, c’est se dessécher, c’est se séparer de la source, se couper de la lumière. Il nous faut demeurer avec lui et en lui.
Etre dans la crainte de Dieu. Expression étrange à nos oreilles, qui revient par deux fois aujourd’hui : « L’Église marchait dans la crainte du Seigneur », nous racontent les Actes, reprenant la parole du psaume : « devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses. » Nous n’aimons pas cette notion de crainte. Mais on comprend que cette crainte n’est pas une peur, mais bien plutôt une confiance. Une confiance profonde qui permet d’avancer, de tenir, de vivre de la promesse de Dieu qui se réalise alors. La demeure avec lui n’est pas simple cohabitation, elle est confiance absolue sans laquelle rien n’est possible parce qu’elle laisse à l’Autre, au Tout-Autre, la véritable initiative. Si l’Église des Actes des Apôtres était en paix (une paix qui n’enlève pas les difficultés, puisqu’on y sent bien des tensions) et se multipliait, n’est-ce pas parce qu’elle vit dans cette confiance – crainte de Dieu, bien avant la recherche de grands plans pastoraux ?
Dans les Actes toujours, Barnabé et Saul s’expriment avec « assurance au nom du Seigneur ». Et Jean dans sa lettre nous rappelle que nous pouvons avoir de « l’assurance devant Dieu ». Le disciple du Christ annonce la Parole, la Bonne Nouvelle en toute assurance, parce qu’il peut être sûr de ce qu’il avance. Il peut être sûr de l’action de Dieu dans nos vies, il peut être sûr que la sève nourrit tous les sarments prêts à se laisser nourrir, il peut être sûr que personne n’est abandonné de Dieu. Saul en a fait l’expérience, étourdissante, sur le chemin de Damas. Enraciné dans cette expérience, il peut témoigner à tout homme que chacun est ainsi rejoint et appelé par le Seigneur. Il en est de même pour nous : la demeure en Dieu et la crainte du Seigneur ne doivent pas nous inviter à rester blottis bien au chaud les uns avec les autres dans la petite serre de nos cercles faciles à retrouver. La demeure et la crainte du Seigneur, au contraire, nous assurent pour annoncer la Bonne Nouvelle à toute personne croisée et rencontrée.
Mais l’annonce n’est pas uniquement en verbe et en parole, elle est en amour. « N’aimons pas en paroles ni par des discours, demande Saint Jean, mais par des actes et en vérité. » A la dimension prophétique s’ajoute la dimension de service du frère, d’amour concret, de solidarité réelle. L’annonce de la Bonne Nouvelle n’est pas du baratin : elle ne serait qu’un message inerte de plus parmi tous les messages inertes que nous recevons chaque jour. La Bonne Nouvelle n’est pas du baratin, elle est relèvement de l’Homme, elle est libération du cœur, elle est apaisement intérieur, elle est communion fraternelle avec chacun. Où en sommes-nous du témoignage par les actes, où en sommes-nous de la mise en pratique concrète de notre foi ?
Demeurant en Christ et Christ en nous, portés par la crainte – confiance de Dieu, annonçant avec assurance la Bonne Nouvelle et la vivant en actes, nous portons du fruit. C’est-à-dire que notre vie est féconde, qu’elle donne vie, qu’elle produit quelque chose – et ce quelque chose est joie et bonheur, douceur et paix. Dieu ne veut pas que nos vies soient des vies ratatinées, étriquées, enfermées sur elles-mêmes. Il les veut ouvertes, vivantes, resplendissantes de la résurrection déjà acquise. La gloire de Dieu c’est que les disciples portent beaucoup de fruit, dit Jésus, parce que par ces fruits, c’est le Royaume de Dieu qui se dessine, qui se concrétise, qui se réalise. La mission de l’Église n’est pas pour elle-même. L’Église est pour le monde, pour celles et ceux qui ne s’y reconnaissent pas. Elle est en état de sortie d’elle-même, à l’image de son Seigneur sorti du Père pour rejoindre l’humanité.
En quelques mots, et quelques expressions, la Parole de Dieu de ce jour nous trace les grandes dimensions de notre vie de foi et de notre vie d’Eglise. Comme un programme à recueillir et à méditer avant la fête de Pentecôte. Car alors, il ne s’agira plus de regarder le programme, mais de le vivre, chaque jour, où que nous serons. Accompagnés et réconfortés par l’Esprit Saint, qui fait toute chose nouvelle et qui sera toujours avec nous.
Amen, Alléluia !
P. Benoît Lecomte

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Cinquième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 9,26-31.
En ces jours-là, arrivé à Jérusalem, Saul cherchait à se joindre aux disciples, mais tous avaient peur de lui, car ils ne croyaient pas que lui aussi était un disciple.
Alors Barnabé le prit avec lui et le présenta aux Apôtres ; il leur raconta comment, sur le chemin, Saul avait vu le Seigneur, qui lui avait parlé, et comment, à Damas, il s’était exprimé avec assurance au nom de Jésus.
Dès lors, Saul allait et venait dans Jérusalem avec eux, s’exprimant avec assurance au nom du Seigneur.
Il parlait aux Juifs de langue grecque, et discutait avec eux. Mais ceux-ci cherchaient à le supprimer.
Mis au courant, les frères l’accompagnèrent jusqu’à Césarée et le firent partir pour Tarse.
L’Église était en paix dans toute la Judée, la Galilée et la Samarie ; elle se construisait et elle marchait dans la crainte du Seigneur ; réconfortée par l’Esprit Saint, elle se multipliait.

Psaume 22(21),26b-27.28-29.31-32.
Devant ceux qui te craignent, je tiendrai mes promesses.
Les pauvres mangeront : ils seront rassasiés ;
ils loueront le Seigneur, ceux qui le cherchent :
« À vous, toujours, la vie et la joie ! »

La terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur,
chaque famille de nations se prosternera devant lui :
« Oui, au Seigneur la royauté,
le pouvoir sur les nations ! »

Et moi, je vis pour lui : ma descendance le servira ;
on annoncera le Seigneur aux générations à venir.
On proclamera sa justice au peuple qui va naître :
Voilà son œuvre !

Première lettre de saint Jean 3,18-24.
Petits enfants, n’aimons pas en paroles ni par des discours, mais par des actes et en vérité.
Voilà comment nous reconnaîtrons que nous appartenons à la vérité, et devant Dieu nous apaiserons notre cœur ;
car si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur, et il connaît toutes choses.
Bien-aimés, si notre cœur ne nous accuse pas, nous avons de l’assurance devant Dieu.
Quoi que nous demandions à Dieu, nous le recevons de lui, parce que nous gardons ses commandements, et que nous faisons ce qui est agréable à ses yeux.
Or, voici son commandement : mettre notre foi dans le nom de son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres comme il nous l’a commandé.
Celui qui garde ses commandements demeure en Dieu, et Dieu en lui ; et voilà comment nous reconnaissons qu’il demeure en nous, puisqu’il nous a donné part à son Esprit.

Évangile de Jésus-Christ selon saint Jean 15,1-8.
En ce temps-là, Jésus disait à ses disciples : « Moi, je suis la vraie vigne, et mon Père est le vigneron.
Tout sarment qui est en moi, mais qui ne porte pas de fruit, mon Père l’enlève ; tout sarment qui porte du fruit, il le purifie en le taillant, pour qu’il en porte davantage.
Mais vous, déjà vous voici purifiés grâce à la parole que je vous ai dite.
Demeurez en moi, comme moi en vous. De même que le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne, de même vous non plus, si vous ne demeurez pas en moi.
Moi, je suis la vigne, et vous, les sarments. Celui qui demeure en moi et en qui je demeure, celui-là porte beaucoup de fruit, car, en dehors de moi, vous ne pouvez rien faire.
Si quelqu’un ne demeure pas en moi, il est, comme le sarment, jeté dehors, et il se dessèche. Les sarments secs, on les ramasse, on les jette au feu, et ils brûlent.
Si vous demeurez en moi, et que mes paroles demeurent en vous, demandez tout ce que vous voulez, et cela se réalisera pour vous.
Ce qui fait la gloire de mon Père, c’est que vous portiez beaucoup de fruit et que vous soyez pour moi des disciples. »

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