Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-3-avril-2016-pour-la-divine-misericorde
          Homélie du 3 avril 2016, pour la divine miséricorde

Homélie du 3 avril 2016, pour la divine miséricorde

"La paix soit avec vous !"


En l’an 2000, celui qui deviendra Saint Jean-Paul II instituait une nouvelle fête dans le calendrier liturgique : le dimanche de la miséricorde, placé le dimanche après Pâques.
Chose étrange. Pâques est une fête qui se suffit à elle-même, et n’a pas besoin en écho d’une autre fête 8 jours plus tard. Nous sommes dans le temps pascal jusqu’à la Pentecôte, et cela devrait suffire à nourrir notre prière et notre vie chrétienne.
En instituant cette fête à ce moment de l’année liturgique, le pape offrait un sens nouveau à la fête de Pâques. La résurrection de Jésus n’est pas un acte merveilleux dans le projet de Dieu, elle est un acte de la miséricorde absolue du Père. C’est lui, le Père, qui dans son immense miséricorde pour nous les hommes, vient chercher l’homme perdu en Jésus descendu aux enfers, pour le ramener parmi les vivants. La miséricorde de Dieu est ce relèvement de l’homme, elle est cette puissance de vie qui remet debout, cet amour infini que rien n’arrête. Les paraboles de la miséricorde, avec notamment celles que l’on appelle du fils prodigue ou du bon samaritain, disaient déjà quelque chose de la miséricorde de Dieu. La résurrection de Jésus au matin de Pâques n’est plus une histoire, elle est l’acte incroyable par lequel le Père manifeste aux hommes la puissance de sa miséricorde. « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier, le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles », lance le Fils d’homme dans le livre de l’Apocalypse, le livre de la Révélation. À ceux qui demandent ce qu’est la miséricorde de Dieu, le mystère de Pâques offre la réponse la plus parfaite.
Une fête, Pâques, et une réalité, la miséricorde, qui viennent nous saisir pour peu que nous acceptions d’être pris dans ce mouvement divin. Comme les disciples, enfermés « par peur » au soir de Pâques, rejoints par le Ressuscité. Et la Parole de résurrection – et donc de miséricorde et de relèvement – jaillit : « La paix soit avec vous ! » La paix du Christ, celle que nous nous transmettons lors de nos eucharisties, un peu machinalement parfois. Cette paix du Christ est acte de miséricorde de Dieu en nos vies, parce qu’elle vient nous sauver de nos enfermements. Elle est ouverture de notre esprit à l’Esprit de Dieu. Elle est apaisement au milieu des bouillonnements de nos histoires. Je me souviens de cette jeune lycéenne, il y a quelques années, qui avait raconté que ce geste de paix avant la communion était pour elle le moment le plus important de la messe. « C’est le point de départ de ma semaine, disait-elle. Je sais qu’à partir de ce moment là, ma semaine peut vraiment commencer. Je ne serais pas seule, il y a avec moi la paix du Christ et la fraternité des chrétiens. » Acte de miséricorde de Dieu promis à chacun et transmis les uns aux autres. Réalité de l’événement de Pâques se reproduisant à chaque fois, jusqu’au dynamisme de Pentecôte, puisque cette paix reçue donne aux disciples la force de partir témoigner de l’expérience de salut qu’il leur a été donné de vivre. Tout à l’heure, au moment de vivre ce geste entre nous, reprenons conscience des paroles et des gestes que nous posons. Ils sont ceux du Ressuscité manifestant et réalisant la miséricorde du Père pour ses disciples. Tout à l’heure, nous ne nous dirons pas, machinalement : « La paix du Christ. » Mais nous pourrons dire à nos voisins, le cœur brûlant du feu pascal : « La paix soit avec toi. »
Cette paix de Dieu au cœur de l’homme, qui a le pouvoir de relever le monde, de le faire entrer dans la réconciliation avec Dieu, avec l’amour si attendu. « A Jérusalem, nous raconte-t-on, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple », profitant de la puissance de paix que devaient dégager les Apôtres au Nom de Jésus.
Ces récits des Actes des Apôtres peuvent nous paraître bien loin de nos réalités. Pourtant, n’est-ce pas ce que nous avons voulu vivre dimanche dernier, jour de Pâques, avec ce méchoui à Ma Campagne ? A midi, tout le monde était présent. Une centaine de personnes de toutes les générations et des deux religions, chrétienne et musulmane, pour fêter ensemble Pâques. Occasion de nombreux échanges sur cette fête, mais aussi de rencontres multiples, de reconnaissances, de découvertes des uns et des autres... On a appris des prénoms, mis un bout d’histoire sur des visages souvent croisés, tout en partageant jusqu’au café et au thé. Histoire étonnante d’une entente toute simple, au moment où, dans d’autres coins du monde, les armes et les violences continuent de gronder. Petite parabole, qui peut être signe d’espoir : non, la mort n’a pas le dernier mot, et la miséricorde, qui vient transformer toutes nos relations pour les réconcilier, est en marche. Message de Pâques, s’il en est... en communion avec tous ceux qui veulent vivre dans la paix.
Certainement, le Christ continue de nous proposer d’être témoins et de vivre des signes de sa présence au milieu de nous, de sa puissance de résurrection et de miséricorde. Que la Paix du Christ ressuscité enflamme notre cœur, et que tous les hommes découvrent en leur vie l’événement qui fait d’eux des vivants à jamais.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Deuxième dimanche de Pâques - Dimanche de la miséricorde

Livre des Actes des Apôtres 5,12-16.
À Jérusalem, par les mains des Apôtres, beaucoup de signes et de prodiges s’accomplissaient dans le peuple. Tous les croyants, d’un même cœur, se tenaient sous le portique de Salomon.
Personne d’autre n’osait se joindre à eux ; cependant tout le peuple faisait leur éloge ;
de plus en plus, des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachaient au Seigneur.
On allait jusqu’à sortir les malades sur les places, en les mettant sur des civières et des brancards : ainsi, au passage de Pierre, son ombre couvrirait l’un ou l’autre.
La foule accourait aussi des villes voisines de Jérusalem, en amenant des gens malades ou tourmentés par des esprits impurs. Et tous étaient guéris.

Psaume 118(117),2-4.22-24.25-27a.
Oui, que le dise Israël :
Éternel est son amour !
Que le dise la maison d’Aaron :
Éternel est son amour !
Qu’ils le disent, ceux qui craignent le Seigneur :
Éternel est son amour !

La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs
est devenue la pierre d’angle :
c’est là l’œuvre du Seigneur,
la merveille devant nos yeux.
Voici le jour que fit le Seigneur,
qu’il soit pour nous jour de fête et de joie !

Donne, Seigneur, donne le salut !
Donne, Seigneur, donne la victoire !
Béni soit au nom du Seigneur celui qui vient !
De la maison du Seigneur, nous vous bénissons !
Dieu, le Seigneur, nous illumine.

Livre de l’Apocalypse 1,9-11a.12-13.17-19.
Moi, Jean, votre frère, partageant avec vous la détresse, la royauté et la persévérance en Jésus, je me trouvai dans l’île de Patmos à cause de la parole de Dieu et du témoignage de Jésus.
Je fus saisi en esprit, le jour du Seigneur, et j’entendis derrière moi une voix forte, pareille au son d’une trompette.
Elle disait : « Ce que tu vois, écris-le dans un livre et envoie-le aux sept Églises : à Éphèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie et Laodicée. »
Je me retournai pour regarder quelle était cette voix qui me parlait. M’étant retourné, j’ai vu sept chandeliers d’or,
et au milieu des chandeliers un être qui semblait un Fils d’homme, revêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or à hauteur de poitrine ;
Quand je le vis, je tombai à ses pieds comme mort, mais il posa sur moi sa main droite, en disant : « Ne crains pas. Moi, je suis le Premier et le Dernier,
le Vivant : j’étais mort, et me voilà vivant pour les siècles des siècles ; je détiens les clés de la mort et du séjour des morts.
Écris donc ce que tu as vu, ce qui est, ce qui va ensuite advenir. »

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 20,19-31.
C’était après la mort de Jésus. Le soir venu, en ce premier jour de la semaine, alors que les portes du lieu où se trouvaient les disciples étaient verrouillées par crainte des Juifs, Jésus vint, et il était là au milieu d’eux. Il leur dit : « La paix soit avec vous ! »
Après cette parole, il leur montra ses mains et son côté. Les disciples furent remplis de joie en voyant le Seigneur.
Jésus leur dit de nouveau : « La paix soit avec vous ! De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie. »
Ayant ainsi parlé, il souffla sur eux et il leur dit : « Recevez l’Esprit Saint.
À qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. »
Or, l’un des Douze, Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu.
Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt dans la marque des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! »
Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! »
Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. »
Alors Thomas lui dit : « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
Il y a encore beaucoup d’autres signes que Jésus a faits en présence des disciples et qui ne sont pas écrits dans ce livre.
Mais ceux-là ont été écrits pour que vous croyiez que Jésus est le Christ, le Fils de Dieu, et pour qu’en croyant, vous ayez la vie en son nom.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30
NOTE : Pendant l’été, permanence uniquement le vendredi