Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 3 novembre 2018

« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même. »


Avec ce dialogue entre le scribe et Jésus, on pourrait dire que l’Evangile trouve un sommet de simplicité et de clarté. Tout est résumé là, en ce double commandement : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu et ton prochain comme toi-même. »
Que nous faut-il chercher ailleurs ? N’est-ce pas là tout ce vers quoi nos désirs, nos actions, notre volonté, notre existence convergent ? N’est-ce pas l’amour, que nous cherchons avant tout ? Non pas forcément l’amour amoureux, qui peut prendre bien des aspects et parfois les plus violents ou les plus tragiques, mais l’amour donation, l’amour qui rend libre, l’amour qui apaise, l’amour qui ouvre à la fraternité des relations.
Les religions seront d’ailleurs toutes d’accord sur ce point là ! Et au-delà des religions, bien des recherches spirituelles conduisent à ce cœur de Sagesse où nous conduit aussi l’évangile : aimer de tout son cœur, de toute son âme, de tout son esprit et de toute sa force Dieu – et chacun lui donnera le nom qu’il préfère – et son prochain comme soi-même.
Mais alors, pourquoi donc devenir chrétiens ? Pourquoi donc prendre du temps à nous retrouver comme on le fait ce soir ? Pourquoi donc ces rites, ces règles, ces paroles ? Pourquoi faire baptiser son enfant ? Pourquoi casser sa tire-lire et aller au bout du monde dans un rassemblement international plutôt que de rester sagement à aimer ses voisins ici ?
D’abord, nous rappeler que tout est ordonné à l’amour du Seigneur et des autres, et que sans cette boussole primordiale, tout le reste n’a plus de sens. Ni le baptême de Cyrielle, ni notre pèlerinage au Panama, ni notre rassemblement eucharistique. Tout est là au nom de l’Amour.
Car aimer nous oblige à trouver la source de l’amour. Aimer nous emmène à puiser à cette source d’amour. Et cette source, c’est Dieu, le Père qui se livre à nous par amour en son Fils Jésus. Lui que l’on nomme le grand prêtre, dans la lettre aux Hébreux. Lui dont on nous dit qu’il n’a pas eu besoin, comme les autres prêtres, de renouveler chaque jour des sacrifices pour libérer le peuple de ses péchés, de ses manques d’amour et de ses infidélités à l’amour. Lui « l’a fait une fois pour toutes en s’offrant lui-même. » Il s’est offert lui-même. Par amour pour son Père, et par amour pour les hommes, dans un même élan d’amour indissociant Dieu et les hommes. C’est là ce qu’on appelle son « sacerdoce », c’est en cela qu’il est le seul vrai prêtre et que nous ne sommes prêtres qu’en rapport à Lui.
Je dis « nous sommes prêtres » parce que le baptême fait de nous tous des prêtres. Il fait de notre existence une existence nouvelle, configurée au sacerdoce de Jésus. Nouveaux Christs pour ce monde. Notre vie en est transformée, parce qu’elle est alors liée à l’amour du Christ, elle prends la saveur de l’amour du Christ pour le monde. Un cardinal écrivait il y a quelques années : « Dans son existence sacerdotale, Jésus est l’image et le modèle, non seulement du prêtre, mais aussi de tout chrétien. Toute l’existence chrétienne est une existence sacerdotale, tout comme l’existence sacerdotale (il parle des prêtres ordonnés) doit être tout d’abord et fondamentalement une existence chrétienne […] Mais qu’est-ce que l’existence chrétienne ? Jésus a déjà résumé l’essentiel dans le grand commandement : Aimer Dieu de tout son cœur et par-dessous tout et aimer son prochain comme soi-même (Mc 12, 29-31). »1
Cyrielle, voilà le chemin dans lequel ton baptême t’engage. Il t’engage à une vie d’amour, un amour non pas à la mesure des hommes, mais à la mesure de Dieu. Rien de moins. Et ton baptême ce soir nous rappelle à notre propre baptême et nous réveille. Où en sommes-nous de notre existence « sacerdotale », où en sommes-nous de notre « pratique » de la religion, qui n’est pas « pratique » ou « observance » de préceptes, mais amour vrai et juste du prochain dans l’amour de Dieu, et amour vrai et juste de Dieu par l’amour du prochain (puisque aimer l’un et aimer l’autre est tout un) ?
Au Panama, un témoin nous aidera à reprendre conscience de ce double et unique commandement : Marie. Nous aurons à approfondir et à faire notre sa propre réponse : « Voici la servante du Seigneur, que tout m’advienne selon ta Parole. » Et au milieu de l’Église universelle, au milieu des jeunes venus de tous les pays et de tous les horizons, nous aurons une mission : celle de donner à voir, non pas seulement dans les apparences mais en profondeur et en vérité, qu’une vie d’amour du Seigneur et de l’autre étranger, d’une autre culture et d’une autre langue – et ce jeune peut être un compagnon au sein de notre groupe ! -, n’est pas un rêve ou une utopie. Que des jeunes de pays en guerre l’un contre l’autre peuvent s’entendre et s’aimer fondamentalement. Que l’amour du Seigneur amène la paix du cœur et l’amour des autres, et que Dieu se laisse aimer à la mesure de notre amour pour chacun. Que l’Église n’est rien d’autre que cela (et tout ce qu’elle pourrait être d’autre est en trop) : le signe et la réalisation d’une humanité nouvelle possible par l’amour unique de Dieu et des frères, dans une simplicité de vie, de partage et de communion.
Notre rassemblement ce soir, nos eucharisties, nos baptêmes, nos prières et nos pèlerinages trouvent alors un sens inouï, qui se résume par ce commandement unique : aimer Dieu de tout son cœur et le lui dire en rendant grâce, se laisser aimer et transformer par lui en recevant sa parole de vie et sa présence aimante, et aimer nos frères et sœurs en humanité, en commençant par celles et ceux qui ont le plus besoin d’amour, de chaleur, de proximité, d’amitié, de tendresse.
« Tu n’es pas loin du Royaume de Dieu », dit Jésus au scribe qui partage les mêmes idées que le Maître. Approchons-nous nous aussi du Royaume de Dieu, non pas en paroles mais en actes et en vérité, en sagesse et en liberté, en amour pour Dieu et l’humanité qu’il aime.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Lectures de la messe
Première lecture
« Écoute, Israël : Tu aimeras le Seigneur de tout ton cœur » (Dt 6, 2-6)

Lecture du livre du Deutéronome

Moïse disait au peuple :
« Tu craindras le Seigneur ton Dieu.
Tous les jours de ta vie,
toi, ainsi que ton fils et le fils de ton fils,
tu observeras tous ses décrets et ses commandements,
que je te prescris aujourd’hui,
et tu auras longue vie.
Israël, tu écouteras,
tu veilleras à mettre en pratique
ce qui t’apportera bonheur et fécondité,
dans un pays ruisselant de lait et de miel,
comme te l’a dit le Seigneur, le Dieu de tes pères.
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’Unique.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur,
de toute ton âme et de toute ta force.

Ces paroles que je te donne aujourd’hui
resteront dans ton cœur. »

– Parole du Seigneur.
Psaume
(Ps 17 (18), 2-3, 4, 47.51ab)

R/ Je t’aime, Seigneur, ma force. (Ps 17, 2a)

Je t’aime, Seigneur, ma force :
Seigneur, mon roc, ma forteresse,
Dieu mon libérateur, le rocher qui m’abrite,
mon bouclier, mon fort, mon arme de victoire !

Louange à Dieu !
Quand je fais appel au Seigneur,
je suis sauvé de tous mes ennemis.

Vive le Seigneur ! Béni soit mon Rocher !
Qu’il triomphe, le Dieu de ma victoire,
Il donne à son roi de grandes victoires,
il se montre fidèle à son messie.
Deuxième lecture
« Jésus, parce qu’il demeure pour l’éternité, possède un sacerdoce qui ne passe pas » (He 7, 23-28)

Lecture de la lettre aux Hébreux

Frères,
dans l’ancienne Alliance,
un grand nombre de prêtres se sont succédé
parce que la mort les empêchait de rester en fonction.
Jésus, lui, parce qu’il demeure pour l’éternité,
possède un sacerdoce qui ne passe pas.
C’est pourquoi il est capable de sauver d’une manière définitive
ceux qui par lui s’avancent vers Dieu,
car il est toujours vivant
pour intercéder en leur faveur.

C’est bien le grand prêtre qu’il nous fallait :
saint, innocent, immaculé ;
séparé maintenant des pécheurs,
il est désormais plus haut que les cieux.
Il n’a pas besoin, comme les autres grands prêtres,
d’offrir chaque jour des sacrifices,
d’abord pour ses péchés personnels,
puis pour ceux du peuple ;
cela, il l’a fait une fois pour toutes
en s’offrant lui-même.
La loi de Moïse établit comme grands prêtres
des hommes remplis de faiblesse ;
mais la parole du serment divin, qui vient après la Loi,
établit comme grand prêtre le Fils,
conduit pour l’éternité à sa perfection.

– Parole du Seigneur.
Évangile
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. Tu aimeras ton prochain » (Mc 12, 28b-34)

Alléluia. Alléluia.
Si quelqu’un m’aime, il gardera ma parole, dit le Seigneur ;
mon Père l’aimera, et nous viendrons vers lui.
Alléluia. (Jn 14, 23)

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc

En ce temps-là,
un scribe s’avança vers Jésus pour lui demander :
« Quel est le premier de tous les commandements ? »
Jésus lui fit cette réponse :
« Voici le premier :
Écoute, Israël :
le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
Tu aimeras le Seigneur ton Dieu
de tout ton cœur, de toute ton âme,
de tout ton esprit et de toute ta force.
Et voici le second :
Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là. »
Le scribe reprit :
« Fort bien, Maître,
tu as dit vrai :
Dieu est l’Unique
et il n’y en a pas d’autre que lui.
L’aimer de tout son cœur,
de toute son intelligence, de toute sa force,
et aimer son prochain comme soi-même,
vaut mieux que toute offrande d’holocaustes et de sacrifices. »
Jésus, voyant qu’il avait fait une remarque judicieuse,
lui dit :
« Tu n’es pas loin du royaume de Dieu. »
Et personne n’osait plus l’interroger.

– Acclamons la Parole de Dieu.

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