Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 4 octobre 2015

"Laudato Si’ !"


La première et la deuxième lecture de ce jour nous offrent de faire un lien avec ce que les évêques de France nous invitent à vivre ce dimanche 4 octobre, jour de la Saint François d’Assise : prier pour la Création. Je dirais de façon peut-être plus juste et moins lapidaire : prier pour nous, afin que tout homme, à commencer par nous, inscrive toute sa vie dans l’univers et toute la création, selon le projet d’amour et d’alliance de Dieu. Ce que, au début de l’été, le pape François a fait en nous écrivant la belle lettre intitulée « Laudato Si », que je ne saurais trop vous encourager à lire et à travailler. Cette lettre a été reçue par beaucoup d’hommes et de femmes de bonne volonté, bien au-delà des cercles chrétiens. Elle rejoint les préoccupations de tant de citoyens, de tant de responsables, et de tant de pauvres tout autour de la planète ! Les enjeux décrits y sont si préoccupants pour notre génération et pour les générations à venir ! Comment ne pas ouvrir les oreilles et les yeux, et nous mettre immédiatement en travail de conversion pour « construire ensemble notre maison commune » ? Comment ne pas ouvrir toute notre intelligence, en allant au-delà des petites querelles écologistes, des négationistes du changement climatique, ou de nos intérêts immédiats, pour mieux comprendre toutes les implications de ce que notre époque vit ? « Beaucoup de choses doivent être réorientées, dit le pape que je vais me permettre de citer largement ce soir, mais avant tout l’humanité a besoin de changer » (202).
Les événements qui nous préoccupent, et qui occuperont tous les chefs d’états du monde en décembre à Paris, touchent à la pollution, à la question de l’eau, à la biodiversité, à la détérioration de la qualité de la vie humaine et à la dégradation sociale, aux inégalités planétaires... Ils mettent en jeux des politiques environnementales internationales ainsi que des politiques locales et régionales, un changement radical dans les processus de prise de décision, l’avènement d’une justice entre les peuples et entre les générations... et l’on comprend qu’il soit si difficile de changer de paradigme, puisque c’est toute la vie dans toutes ses dimensions qui est prise dans le bouleversement que nous avons à vivre ensemble. Nous sommes, encore une fois, bien loin des ridicules querelles de partis politiques. L’enjeu est autrement plus grave, plus large, plus profond, plus sérieux... et aussi plus excitant ! Le témoignage de Saint François « nous montre qu’une écologie intégrale requiert une ouverture à des catégories qui transcendent le langage des mathématiques ou de la biologie, et nous orientent vers l’essence de l’humain » (11). Cette essence de l’humain dont parle le livre de la Genèse, dans son récit de la Création, lorsque Dieu crée l’Homme homme et femme, être de relation qui aura désormais à participer à l’œuvre de création avec le Créateur. « L’homme donna un nom à chacun des être vivants. » Importance incroyable donnée à l’homme, que de nommer, de porter à l’existence ce qui avait été créé... et de devenir Homme lui-même lorsqu’il trouve « l’os de ses os, la chair de sa chair », et qu’il peut vivre sa propre histoire d’amour et d’alliance, dans l’amour et l’alliance de Dieu. Gardons-nous toujours de voir dans ces récits une supériorité de l’homme sur l’univers. « Il serait erroné de penser que les autres êtres vivants doivent être considérés comme de purs objets, soumis à la domination humaine arbitraire... La vision qui consolide l’arbitraire du plus fort a favorisé d’immenses inégalités, injustices et violences pour la plus grande partie de l’humanité »(82), dit encore le pape, appelant par là, dans son cris écologique, à une transformation des rapports humains. « Il nous faut une nouvelle solidarité universelle » (14). « Aujourd’hui, nous ne pouvons pas nous empêcher de reconnaître qu’une vraie approche écologique se transforme toujours en une approche sociale, qui doit intégrer la justice dans les discussions sur l’environnement, pour écouter tant la clameur de la terre que la clameur des pauvres » (49). Et encore : « Il n’y a pas d’écologie sans anthropologie adéquate » (118). « Nous ne pouvons pas prétendre soigner notre relation à la nature et à l’environnement sans assainir toutes les relations fondamentales de l’être humain (119) ». « L’aboutissement de la marche de l’univers se trouve dans la plénitude de Dieu, qui a été atteinte par le Christ ressuscité, axe de la maturation universelle... La fin ultime des autres créatures, ce n’est pas nous. Mais elles avancent toutes, avec nous et par nous, jusqu’au terme commun qui est Dieu, dans une plénitude transcendante où le Christ ressuscité embrasse et illumine tout (83). Ce Christ dont parle la lettre aux Hébreux, ce Jésus qui s’est abaissé jusqu’à la mort, pour conduire dans sa résurrection « une multitude de fils »... devenant par là un frère universel. Frère de toute l’humanité, frère de tous les hommes, menant toute l’humanité à son but ultime : la communion en elle et avec le Père.
L’actualité qui abreuve nos écrans, nos journaux et nos radios peut sembler par certains égards un brin démobilisateur... que faire, chez soi, avec nos si petits moyens, pour sauver ce qui peut encore être sauver ? Et nous aurons beau économiser l’eau ou trier nos déchets... qu’est-ce que cela ? La Parole de Dieu et les derniers écrits du magistère nous rappellent que tout est lié... et que la révolution la plus fondamentale, celle qui entraîne toute les autres, est la révolution du cœur de l’homme, du cœur de chacun. La révolution de l’amour, nous appelant à faire de toute notre vie une vie d’amour, de communion, de justice et de partage. « La création est de l’ordre de l’amour. L’amour de Dieu est la raison fondamentale de toute la création » (77). Cet amour indéfectible que rien ne peut arrêter, et qui vient transformer tout en nous, jusqu’à faire de nous comme des enfants ouverts et confiants, eux qui sont la porte du royaume de Dieu.
Que nous puissions grandir, spirituellement et humainement, dans cette révolution ! Et que toutes nos pratiques et nos relations en soient transformées, pour inventer ensemble de nouvelles façons d’habiter notre terre,et d’en partager les ressources et les beautés avec tous !
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Textes du vingt-septième dimanche du temps ordinaire

Livre de la Genèse 2,18-24.
Le Seigneur Dieu dit : « Il n’est pas bon que l’homme soit seul. Je vais lui faire une aide qui lui correspondra. »
Avec de la terre, le Seigneur Dieu modela toutes les bêtes des champs et tous les oiseaux du ciel, et il les amena vers l’homme pour voir quels noms il leur donnerait. C’étaient des êtres vivants, et l’homme donna un nom à chacun.
L’homme donna donc leurs noms à tous les animaux, aux oiseaux du ciel et à toutes les bêtes des champs. Mais il ne trouva aucune aide qui lui corresponde.
Alors le Seigneur Dieu fit tomber sur lui un sommeil mystérieux, et l’homme s’endormit. Le Seigneur Dieu prit une de ses côtes, puis il referma la chair à sa place.
Avec la côte qu’il avait prise à l’homme, il façonna une femme et il l’amena vers l’homme.
L’homme dit alors : « Cette fois-ci, voilà l’os de mes os et la chair de ma chair ! On l’appellera femme – Ishsha –, elle qui fut tirée de l’homme – Ish. »
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux ne feront plus qu’un.

Psaume 128(127),1-2.3.4-5.6.
Heureux qui craint le Seigneur
et marche selon ses voies !
Tu te nourriras du travail de tes mains :
Heureux es-tu ! A toi, le bonheur !

Ta femme sera dans ta maison
comme une vigne généreuse,
et tes fils, autour de la table,
comme des plants d’olivier.

Voilà comment sera béni
l’homme qui craint le Seigneur.
De Sion, que le Seigneur te bénisse !
Tu verras le bonheur de Jérusalem tous les jours de ta vie.

et tu verras les fils de tes fils. Paix sur Israël !

Lettre aux Hébreux 2,9-11.
Mais Jésus, qui a été abaissé un peu au-dessous des anges, nous le voyons couronné de gloire et d’honneur à cause de sa Passion et de sa mort. Si donc il a fait l’expérience de la mort, c’est, par grâce de Dieu, au profit de tous.
Celui pour qui et par qui tout existe voulait conduire une multitude de fils jusqu’à la gloire ; c’est pourquoi il convenait qu’il mène à sa perfection, par des souffrances, celui qui est à l’origine de leur salut.
Car celui qui sanctifie, et ceux qui sont sanctifiés, doivent tous avoir même origine ; pour cette raison, Jésus n’a pas honte de les appeler ses frères,

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 10,2-16.
Des pharisiens l’abordèrent et, pour le mettre à l’épreuve, ils lui demandaient : « Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ? »
Jésus leur répondit : « Que vous a prescrit Moïse ? »
Ils lui dirent : « Moïse a permis de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. »
Jésus répliqua : « C’est en raison de la dureté de vos cœurs qu’il a formulé pour vous cette règle.
Mais, au commencement de la création, Dieu les fit homme et femme.
À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère,
il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair.
Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! »
De retour à la maison, les disciples l’interrogeaient de nouveau sur cette question.
Il leur déclara : « Celui qui renvoie sa femme et en épouse une autre devient adultère envers elle.
Si une femme qui a renvoyé son mari en épouse un autre, elle devient adultère. »
Des gens présentaient à Jésus des enfants pour qu’il pose la main sur eux ; mais les disciples les écartèrent vivement.
Voyant cela, Jésus se fâcha et leur dit : « Laissez les enfants venir à moi, ne les empêchez pas, car le royaume de Dieu est à ceux qui leur ressemblent.
Amen, je vous le dis : celui qui n’accueille pas le royaume de Dieu à la manière d’un enfant n’y entrera pas. »
Il les embrassait et les bénissait en leur imposant les mains.

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