Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 5 novembre 2016

"Eliott et Noé, vous allez être plongés dans l’eau du baptême. Ce plongeon vous donne une mission dans le monde d’aujourd’hui : être ces veilleurs du matin, qui consiste à rappeler à tous cette folie amoureuse de Dieu pour l’homme. Etre ces sentinelles de la Vie, ces témoins de la confiance et ces artisans de paix dont le monde a besoin."


Pour un jour de baptême, il faut bien avouer que nous préférerions des textes qui nous parlent d’amour et de tendresse, plutôt que ces textes qui nous parlent de mort et nous décrivent des tortures sans nom. Plutôt que de la casuistique stérile à laquelle les sadducéens soumettent Jésus dans l’évangile et des détails de persécution dans le livre des Martyrs, nous avons besoin d’entendre des paroles d’amitié et d’encouragement. Notre monde est assez dure comme cela, il suffit d’ouvrir les journaux pour découvrir de nouvelles atrocités et les médiatiques feuilletons judiciaires… S’il faut réentendre la même chose quand on vient à la messe, voilà qui est à décourager le plus fervent des croyants.
Mais voilà, l’Ecriture, la Parole de Dieu ne fait pas l’impasse sur les duretés du monde. Elle n’est pas parole de bisounours, et le Royaume de Dieu n’est pas le pays de Candy. La parole de Dieu embrasse tout de notre vie et de notre existence pour lui donner vie. Depuis ce qu’il y a de plus grave et de plus terrible, jusqu’à ce qu’il y a de plus beau et de plus joyeux.
Peut-être est-ce le message qui nous est livré ce soir à travers ces récits : pas seulement un message, mais une présence, une personne, celle de Dieu en Jésus-Christ. Qui vient nous rejoindre dans ce que nous avons à vivre au fil des jours, dans les reliefs de nos vies. Dans notre foi, comme le suggère le premier texte, dans notre vie de communauté, comme le suggère le second, et dans notre vie familiale, nous dit l’évangile. Dans notre monde, avec ses tristesses et ses espoirs. En tout, nous pouvons nous reposer dans la confiance de l’Amour de Dieu. C’est la confiance qui traverse tous ces textes, confiance des martyrs, confiance des frères, confiance en la présence aimante de toute éternité.
Hier soir, j’étais avec des lycéens et nous discutions, à partir de revues de presse que nous avions pu faire, à ce que nous voyons de notre monde, et à notre place de chrétiens en ce monde. Et nous avons lu un long témoignage de Guy Aurenche, qui était à l’époque président du CCFD. Il disait : « Être chrétien c’est choisir le matin. Faire ce choix au cœur de la nuit. Au cœur de la nuit des vies des hommes et des femmes qui nous entourent, ici tout près, comme plus loin à travers le monde. Mais c’est choisir un matin qui a pour nous un sens, une intensité, un rayonnement tout spécial : le matin de Pâques. Après minuit, c’est déjà le matin qui vient. Peut-être notre tâche consiste-t-elle à nous aider les uns les autres à déceler, avec nos mots, à travers nos existences, les signes, les traces, du matin qui vient… Être chrétien ce n’est pas posséder quelque recette que ce soit. C’est affirmer, parfois contre toute évidence, que nous faisons, au cœur de la nuit, le choix du matin… Oui être chrétien c’est dire le matin. Dire le matin c’est dire que l’on peut, au cœur des drames les plus difficiles, annoncer la vie, choisir la vie. Sans doute qu’être chrétiens, en affirmant que le matin vient, nous oblige à vivre la confiance, la confiance pour la journée à venir. Sans doute pouvons-nous, sans sentimentalisme déplacé, faire ce que font nombre de parents ou de grands-parents lorsqu’il s’agit d’aider l’enfant à s’endormir. Oui tu peux vivre ta nuit, tu peux vivre ta vie. Le matin vient. Au cœur de minuit le matin est là. » Et le matin est là parce que notre Dieu est le Dieu des vivants et de la Vie, et que toute l’humanité est appelée à la Vie.
Eliot et Noé, vous allez être plongés dans l’eau du baptême et devenir des disciples et des missionnaires, des amis et des témoins de Jésus et de l’amour de Dieu. Ce plongeon ne vous fait pas seulement adhérer à la foi de l’Église et entrer dans la grande famille des enfants de Dieu. Il vous donne une mission dans le monde d’aujourd’hui, au milieu de notre temps et du votre, avec tous ceux qui seront vos contemporains, dans tous les lieux où vous passerez. Cette mission, c’est d’être ces veilleurs du matin, qui consiste à rappeler à tous cette folie amoureuse de Dieu pour l’homme. Elle est d’être ces sentinelles de la Vie, ces témoins de la confiance et ces artisans de paix dont le monde a besoin. Et de l’être non pas du dehors du monde, mais bien du dedans, en l’aimant jusqu’au bout. En vivant, chaque jour, de la joie du Dieu des vivants et de la Vie. En plongeant dans l’eau du baptême, vous goûtez à la résurrection du Christ : Eliot et Noé, vivez en ressuscités !
Et nous tous, avec Eliot et Noé, continuons de former, grâce à l’Esprit, cette communauté des frères et de sœurs porteurs d’espérance et de réconfort, comme Dieu « réconforte nos cœurs et les affermit en tout ce que nous pouvons faire et dire de bien. »
Eliot et Noé, et vous tous ici présents, « que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ. »
Amen
P. Benoît Lecomte

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Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire

Deuxième livre des Maccabées 7,1-2.9-14.
En ces jours-là, sept frères avaient été arrêtés avec leur mère. À coups de fouet et de nerf de bœuf, le roi Antiocos voulut les contraindre à manger du porc, viande interdite.
L’un d’eux se fit leur porte-parole et déclara : « Que cherches-tu à savoir de nous ? Nous sommes prêts à mourir plutôt que de transgresser les lois de nos pères. »
Le deuxième frère lui dit, au moment de rendre le dernier soupir : « Tu es un scélérat, toi qui nous arraches à cette vie présente, mais puisque nous mourons par fidélité à ses lois, le Roi du monde nous ressuscitera pour une vie éternelle. »
Après cela, le troisième fut mis à la torture. Il tendit la langue aussitôt qu’on le lui ordonna et il présenta les mains avec intrépidité,
en déclarant avec noblesse : « C’est du Ciel que je tiens ces membres, mais à cause de ses lois je les méprise, et c’est par lui que j’espère les retrouver. »
Le roi et sa suite furent frappés de la grandeur d’âme de ce jeune homme qui comptait pour rien les souffrances.
Lorsque celui-ci fut mort, le quatrième frère fut soumis aux mêmes sévices.
Sur le point d’expirer, il parla ainsi : « Mieux vaut mourir par la main des hommes, quand on attend la résurrection promise par Dieu, tandis que toi, tu ne connaîtras pas la résurrection pour la vie. »

Psaume 17(16),1ab.3ab.5-6.8.15.
Seigneur, écoute la justice !
Entends ma plainte, accueille ma prière.
Tu sondes mon cœur, tu me visites la nuit,
tu m’éprouves, sans rien trouver.

J’ai tenu mes pas sur tes traces,
jamais mon pied n’a trébuché.
Je t’appelle, toi, le Dieu qui répond :
écoute-moi, entends ce que je dis.

Garde-moi comme la prunelle de l’œil ;
à l’ombre de tes ailes, cache-moi,
Et moi, par ta justice, je verrai ta face :
au réveil, je me rassasierai de ton visage.

Deuxième lettre de saint Paul Apôtre aux Thessaloniciens 2,16-17.3,1-5.
Frères, que notre Seigneur Jésus Christ lui-même, et Dieu notre Père qui nous a aimés et nous a pour toujours donné réconfort et bonne espérance par sa grâce,
réconfortent vos cœurs et les affermissent en tout ce que vous pouvez faire et dire de bien.
Priez aussi pour nous, frères, afin que la parole du Seigneur poursuive sa course, et que, partout, on lui rende gloire comme chez vous.
Priez pour que nous échappions aux gens pervers et mauvais, car tout le monde n’a pas la foi.
Le Seigneur, lui, est fidèle : il vous affermira et vous protégera du Mal.
Et, dans le Seigneur, nous avons toute confiance en vous : vous faites et continuerez à faire ce que nous vous ordonnons.
Que le Seigneur conduise vos cœurs dans l’amour de Dieu et l’endurance du Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 20,27-38.
En ce temps-là, quelques sadducéens – ceux qui soutiennent qu’il n’y a pas de résurrection – s’approchèrent de Jésus
et l’interrogèrent : « Maître, Moïse nous a prescrit : ‘Si un homme a un frère qui meurt en laissant une épouse mais pas d’enfant, il doit épouser la veuve pour susciter une descendance à son frère.’
Or, il y avait sept frères : le premier se maria et mourut sans enfant ;
de même le deuxième,
puis le troisième épousèrent la veuve, et ainsi tous les sept : ils moururent sans laisser d’enfants.
Finalement la femme mourut aussi.
Eh bien, à la résurrection, cette femme-là, duquel d’entre eux sera-t-elle l’épouse, puisque les sept l’ont eue pour épouse ? »
Jésus leur répondit : « Les enfants de ce monde prennent femme et mari.
Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari,
car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont enfants de Dieu et enfants de la résurrection.
Que les morts ressuscitent, Moïse lui-même le fait comprendre dans le récit du buisson ardent, quand il appelle le Seigneur ‘le Dieu d’Abraham, Dieu d’Isaac, Dieu de Jacob.’
Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Tous, en effet, vivent pour lui. »

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