Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 7 août 2016

"Désormais, c’est la vie de ressuscités que ces enfants auront à vivre, vivant au présent l’espérance des hommes, faisant advenir dès maintenant ce que nous exprimons dans la foi."


Samedi dernier je faisais partie de l’immense foule – on parle de 2 millions de jeunes venus du monde entier – réunis à Cracovie pour les Journées Mondiales de la Jeunesse. Lors de la veillée, le pape a prononcé une homélie en direction de tous ces jeunes, avec un message qu’il a martelé plusieurs fois : « Sortez de votre canapé ! Et mettez vos chaussures de marche ! Prenez même des chaussures à crampons ! », leur criait-il.
L’évangile de ce jour semble vouloir continuer de nous rendre actifs : « Heureux ces serviteurs que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller ! » « Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées. » L’amoureux ne s’endort pas en attendant sa bien-aimée, comme des parents ne s’endorment pas en attendant leur adolescent rentrer un peu trop tard le soir. L’amour tient éveillé, en alerte. De même, le disciple de Jésus, le baptisé, ne se repose pas sur ses lauriers en attendant que le Royaume arrive. Il agit. Il investi le temps qui lui est offert. Il s’active à servir l’humanité, à rendre concrètement l’amour qu’il reçoit de Dieu. Il n’attend pas que le Royaume arrive, il le fait advenir dans l’aujourd’hui de chaque jour. Il ne thésaurise pas en vue d’un hypothétique retour (ce retour fut-il la résurrection ou la vie éternelle), il « vend tout ce qu’il possède et le donne en aumône », parce qu’il comprend que là est déjà la vie éternelle et la vie de résurrection. Le bien-aimé de Dieu n’attend pas en espérant un avenir meilleur. Il croit. Et croire, dit Saint Paul, est « une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître les réalités qu’on ne voit pas. »
On comprend alors cette « joie de croire » qui traverse les textes de ce jour et dont nous parlions dans le mot d’introduction à notre célébration. Croire ne peut pas être quelque chose de triste, de vieux, de bizarre ou de loufoque, de dépassé... Croire, au contraire, est quelque chose de toujours jeune, et dynamique, et étonnant, parfois déstabilisant mais toujours joyeux.
Je ne parle pas, évidemment, des questions qui peuvent tous nous assaillir, des retenues que nous pouvons avoir sur tel ou tel point du credo, ni même de la dépense liturgique en prières et en exercices de piété de toute sorte ! Mais je parle de cette réalité sublime qui nous habite, et qui s’appelle la foi – ou la confiance, c’est le même mot, et qui nous fait poser des actes et des paroles qui donnent dès aujourd’hui de la vie, du bonheur, de la confiance, de la joie, du lien, qui font grandir dans la dignité, la liberté, la beauté de chacun. Sans soi-même posséder rien en propre, mais en se sachant « étranger et voyageur » sur cette terre, et ainsi libre de toute attache. Libre pour aimer en actes et en vérité, en confiance et joyeusement. La joie de croire est là. Pas dans le canapé, dirait le pape, mais dans la rue, dans nos circuits pédestres, ceux qui sont calculés et ceux qui sont fruits de nos errements.
Serait-ce pour manifester cela au monde, que quelques-uns sont baptisés ? Elia et Elise prennent ce matin leurs places dans la famille des chrétiens, des disciples de Jésus, de ceux qui aiment le Christ et le reconnaissent comme Seigneur. Par ce plongeon, la résurrection est manifestée en elles. C’est-à-dire ce que nous imaginons trop souvent à la fin (la résurrection) devient en fait une réalité de maintenant : elles sont ressuscitées, comme tous les baptisés. Et leur vie ne pourra en être que transformée ! Car désormais, c’est la vie de ressuscités que ces enfants auront à vivre, vivant au présent l’espérance des hommes, faisant advenir dès maintenant ce que nous exprimons dans la foi. Et le tout, joyeusement ! Et la mission devient aussi belle qu’exigeante, dans ce monde tant blessé et pourtant tant aimé de Dieu ! A elles, avec nous, à nous aussi, donc, de toujours grandir en acteurs et serviteurs de ce Royaume qui n’arrivera pas d’un au-delà mythique, mais bien du cœur de l’humanité, de ce cœur auquel Dieu s’est totalement donné en Jésus-Christ.
Du cœur... là où est ton trésor. C’est là qu’est la clef de tout le reste. Ecouter son cœur, non dans les émotions qu’il nous fait vivre et qui sont toujours passagères, mais dans le projet de Dieu qui y habite. Projet d’amour qui se donne et qui pardonne, pour vivre dans la foi qui fait voir ce qu’on espère, dans l’espérance qui fait agir si intensément au présent.
Elia et Elise, la vie de baptisés n’est pas de tout repos ! Et si elle peut être sujette aux contrariétés et en lutte aussi parfois au désespoir qui peut habiter l’homme, elle est d’abord et avant tout une mission magnifique à offrir au monde, un puissant levier de transformation de l’humanité, la révélation en actes de la présence et de l’amour de Dieu au cœur de chacun. Car c’est bien lui, d’abord, qui tient la lampe et reste en tenue de service, c’est bien lui qui reste éveillé tout au long de nos nuits à nous attendre inlassablement, c’est bien lui qui nous accueille à sa table quand enfin nous rentrons le retrouver...
Soyons les uns pour les autres et ensemble pour notre temps, les signes de cet amour fou de Dieu, et les acteurs de la réalisation de son projet, tant attendu !
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Dix-neuvième dimanche du temps ordinaire

Livre de la Sagesse 18,6-9.
Cette nuit avait été connue d’avance par nos Pères ; assurés des promesses auxquelles ils avaient cru, ils étaient dans la joie.
Et ton peuple accueillit à la fois le salut des justes et la ruine de leurs ennemis.
En même temps que tu frappais nos adversaires, tu nous appelais à la gloire.
Dans le secret de leurs maisons, les fidèles descendants des justes offraient un sacrifice, et ils consacrèrent d’un commun accord cette loi divine : que les saints partageraient aussi bien le meilleur que le pire ; et déjà ils entonnaient les chants de louange des Pères.

Psaume 33(32),1.12.18-19.20.22.
Criez de joie pour le Seigneur, hommes justes !
Hommes droits, à vous la louange !
Heureux le peuple dont le Seigneur est le Dieu,
heureuse la nation qu’il s’est choisie pour domaine !

Dieu veille sur ceux qui le craignent,
qui mettent leur espoir en son amour,
pour les délivrer de la mort,
les garder en vie aux jours de famine.

Nous attendons notre vie du Seigneur :
il est pour nous un appui, un bouclier.
Que ton amour, Seigneur, soit sur nous
comme notre espoir est en toi !

Lettre aux Hébreux 11,1-2.8-19.
Frères, la foi est une façon de posséder ce que l’on espère, un moyen de connaître des réalités qu’on ne voit pas.
Et quand l’Écriture rend témoignage aux anciens, c’est à cause de leur foi.
Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu : il partit vers un pays qu’il devait recevoir en héritage, et il partit sans savoir où il allait.
Grâce à la foi, il vint séjourner en immigré dans la Terre promise, comme en terre étrangère ; il vivait sous la tente, ainsi qu’Isaac et Jacob, héritiers de la même promesse,
car il attendait la ville qui aurait de vraies fondations, la ville dont Dieu lui-même est le bâtisseur et l’architecte.
Grâce à la foi, Sara, elle aussi, malgré son âge, fut rendue capable d’être à l’origine d’une descendance parce qu’elle pensait que Dieu est fidèle à ses promesses.
C’est pourquoi, d’un seul homme, déjà marqué par la mort, a pu naître une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable au bord de la mer, une multitude innombrable.
C’est dans la foi, sans avoir connu la réalisation des promesses, qu’ils sont tous morts ; mais ils l’avaient vue et saluée de loin, affirmant que, sur la terre, ils étaient des étrangers et des voyageurs.
Or, parler ainsi, c’est montrer clairement qu’on est à la recherche d’une patrie.
S’ils avaient songé à celle qu’ils avaient quittée, ils auraient eu la possibilité d’y revenir.
En fait, ils aspiraient à une patrie meilleure, celle des cieux. Aussi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, puisqu’il leur a préparé une ville.
Grâce à la foi, quand il fut soumis à l’épreuve, Abraham offrit Isaac en sacrifice. Et il offrait le fils unique, alors qu’il avait reçu les promesses
et entendu cette parole : C’est par Isaac qu’une descendance portera ton nom.
Il pensait en effet que Dieu est capable même de ressusciter les morts ; c’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là une préfiguration.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 12,32-48.
Sois sans crainte, petit troupeau : votre Père a trouvé bon de vous donner le Royaume.
Vendez ce que vous possédez et donnez-le en aumône. Faites-vous des bourses qui ne s’usent pas, un trésor inépuisable dans les cieux, là où le voleur n’approche pas, où la mite ne détruit pas.
Car là où est votre trésor, là aussi sera votre cœur.
Restez en tenue de service, votre ceinture autour des reins, et vos lampes allumées.
Soyez comme des gens qui attendent leur maître à son retour des noces, pour lui ouvrir dès qu’il arrivera et frappera à la porte.
Heureux ces serviteurs-là que le maître, à son arrivée, trouvera en train de veiller. Amen, je vous le dis : c’est lui qui, la ceinture autour des reins, les fera prendre place à table et passera pour les servir.
S’il revient vers minuit ou vers trois heures du matin et qu’il les trouve ainsi, heureux sont-ils !
Vous le savez bien : si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison.
Vous aussi, tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. »
Pierre dit alors : « Seigneur, est-ce pour nous que tu dis cette parabole, ou bien pour tous ? »
Le Seigneur répondit : « Que dire de l’intendant fidèle et sensé à qui le maître confiera la charge de son personnel pour distribuer, en temps voulu, la ration de nourriture ?
Heureux ce serviteur que son maître, en arrivant, trouvera en train d’agir ainsi !
Vraiment, je vous le déclare : il l’établira sur tous ses biens.
Mais si le serviteur se dit en lui-même : “Mon maître tarde à venir”, et s’il se met à frapper les serviteurs et les servantes, à manger, à boire et à s’enivrer,
alors quand le maître viendra, le jour où son serviteur ne s’y attend pas et à l’heure qu’il ne connaît pas, il l’écartera et lui fera partager le sort desinfidèles.
Le serviteur qui, connaissant la volonté de son maître, n’a rien préparé et n’a pas accompli cette volonté, recevra un grand nombre de coups.
Mais celui qui ne la connaissait pas, et qui a mérité des coups pour sa conduite, celui-là n’en recevra qu’un petit nombre. À qui l’on a beaucoup donné, ondemandera beaucoup ; à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage.

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