Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du 7 février 2016

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"Dans nos imperfections et nos limites, laissons retentir les appels de Dieu. Ils sont d’abord appels à la Vie."


Qui suis-je ?
Qui suis-je, moi le bouvier aux lèvres impures, pour devenir un grand prophète d’Israël ? - Isaïe
Qui suis-je, moi le persécuteur des chrétiens, pour devenir apôtre et colonne de l’Église ? - Paul
Qui suis-je, moi piètre pécheur de poissons et trouillard de première, pour devenir le premier des disciples ? - Simon devenu Pierre
Et moi, qui suis-je, pour prendre la parole lors d’un partage d’Evangile ? Qui suis-je pour accompagner des enfants dans la découverte de la foi ? Qui suis-je pour répondre à l’appel à faire partie d’une équipe d’animation pastorale ? Qui suis-je pour entrer au conseil paroissial ? Qui suis-je pour porter la communion aux absents ? Qui suis-je pour présider ainsi les sacrements ? Qui suis-je pour oser prendre la parole ? Qui suis-je pour donner un avis ? Qui suis-je pour inviter des gens autour de moi à découvrir l’évangile ? Qui suis-je pour préparer une liturgie ?
Je ne suis pas calé en théologie, je ne comprend pas tout à la Bible... je dois même dire que je ne comprend pas grand chose et que les autres m’impressionnent toujours. Je n’ai pas le don de la parole. Et puis je me connais : je suis loin d’être parfait ! Il y a tant de choses que je fais de travers !Ma vie est tordue, cabossée... je n’en suis pas toujours très fier... Et je n’adhère pas tant que ça à tous les dogmes de l’Église... Je dis bien le credo, mais sans ni tout saisir, ni tout prendre ! J’ai besoin du Seigneur, c’est sûr... mais comment pourrait-il avoir besoin de moi ? Il y en a tant autour de moi qui sont plus capables. Qui sont plus sûrs d’eux. Dont la prière est plus fervente. La pratique plus régulière. Les connaissances plus grandes. La vie plus claire.
Mais voilà... c’est ne compter que sur soi, et ne pas compter sur la miséricorde de Dieu, sa confiance et sa présence. « Je ne suis pas venu appeler les justes, mais les pécheurs », disait Jésus quelque part. « Je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu. Mais ce que je suis, je le suis pas la grâce de Dieu », expérimente déjà Paul.
Retournement. « Sois sans crainte. » Le Seigneur appelle, là où on ne l’attend pas forcément. Effet de surprise ? Surtout effet de confiance. Les moins sûrs d’eux, les plus petits, savent qu’ils ne peuvent rien sans le Seigneur.
D’ailleurs, tout l’évangile n’est-il pas une histoire de petits ? « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits », dit encore le Maître. Et c’est bien de l’Évangile qu’il s’agit. Pas de faire fonctionner une belle structure, une organisation efficace, une entreprise bien huilée – ou alors huilée de l’huile de l’onction chrismale, qui irrigue le Corps tout entier. Et c’est même cela, la Bonne Nouvelle, « l’Évangile que vous avez reçu, celui par qui vous serez sauvé si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé. » Il est l’Évangile de contradiction avec l’esprit du monde. L’Évangile qui n’a pas la même logique. Au lieu de la sécurité et la surveillance, il préfère la confiance. Au lieu de l’efficacité, il préfère la fécondité. Au lieu de la rapidité, il préfère la lente germination du Royaume. Au lieu de la fermeture, il préfère l’ouverture. Au lieu du chacun pour soi, il préfère la communion. Au lieu de la rétribution, il préfère le pardon. Alors nécessairement, vu le programme, il ne vaut mieux pas appeler les gens trop formatés. Mais les petits aux yeux du monde, eux, comprennent. Ils comprennent ce que le regard mondain ne comprend pas. Ils comprennent que Dieu appelle non selon une grille de compétences, mais qu’il appelle les hommes et les femmes à sortir d’eux-mêmes pour se déployer et vivre pleinement. Ils comprennent que tout se joue dans la confiance : celle de Dieu à l’homme, et celle, en retour, de l’homme à Dieu.
Voilà la clef. De l’Évangile. Du monde. De l’humanité. De nos familles. De nos relations. De tout ce que nous vivons à chaque instant, jusqu’en Église. La confiance de Dieu à l’homme, et celle, en retour, de l’homme à Dieu. Elle est le baton de route sur lequel s’appuyer en permanence sous risque de tomber. Elle est le cœur de l’Évangile, parce que tout s’inscrit dans la confiance du Fils à son Père : « Je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés, et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour. » Car Dieu l’a ressuscité. Confiance. « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais sur ta parole, je vais jeter les filets. » Confiance. « Et j’ai répondu : ’Me voici : envoie-moi’ . »
Dans nos imperfections et nos limites, laissons retentir les appels de Dieu. Ils sont d’abord appels à la Vie. Il est bon d’avoir des compétences, des capacités, des techniques, de savoir utiliser des outils, de faire des proejts... Mais pour Dieu, ce n’est pas ce qui est premier. Il n’y a qu’à voir notre l’Église et le nombre d’incompétences qui s’y croisent (et je me mets dedans). Mais il y a plus fort : la joie de répondre à l’appel de Dieu. La joie de laisser l’Esprit travailler en nous et par nous. A nous de répondre ! Dans la confiance de sa Présence indéfectible. Dans la confiance de sa miséricorde infinie. Dans la confiance du don de la grâce dont nous avons besoin.
Alors notre Église et notre communauté deviendra signe de la puissance de Dieu qui agit en notre faiblesse, pour que rayonne au-delà de nous la lumière de l’Évangile, joyeuse Bonne Nouvelle pour le monde.

Amen.
P. Benoît Lecomte

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Cinquième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Isaïe 6,1-2a.3-8.
L’année de la mort du roi Ozias, je vis le Seigneur qui siégeait sur un trône très élevé ; les pans de son manteau remplissaient le Temple.
Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun six ailes : deux pour se couvrir le visage, deux pour se couvrir les pieds, et deux pour voler.
Ils se criaient l’un à l’autre : « Saint ! Saint ! Saint, le Seigneur de l’univers ! Toute la terre est remplie de sa gloire. »
Les pivots des portes se mirent à trembler à la voix de celui qui criait, et le Temple se remplissait de fumée.
Je dis alors : « Malheur à moi ! je suis perdu, car je suis un homme aux lèvres impures, j’habite au milieu d’un peuple aux lèvres impures : et mes yeux ont vu le Roi, le Seigneur de l’univers ! »
L’un des séraphins vola vers moi, tenant un charbon brûlant qu’il avait pris avec des pinces sur l’autel.
Il l’approcha de ma bouche et dit : « Ceci a touché tes lèvres, et maintenant ta faute est enlevée, ton péché est pardonné. »
J’entendis alors la voix du Seigneur qui disait : « Qui enverrai-je ? Qui sera notre messager ? » Et j’ai répondu : « Me voici : envoie-moi ! »

Psaume 138(137),1-2a.2bc-3.4-5.7c-8.
De tout mon cœur, Seigneur, je te rends grâce :
tu as entendu les paroles de ma bouche.
Je te chante en présence des anges,
vers ton temple sacré, je me prosterne.

Je rends grâce à ton nom pour ton amour et ta vérité,
car tu élèves, au-dessus de tout, ton nom et ta parole.
Le jour où tu répondis à mon appel,
tu fis grandir en mon âme la force.

Tous les rois de la terre te rendent grâce
quand ils entendent les paroles de ta bouche.
Ils chantent les chemins du Seigneur :
« Qu’elle est grande, la gloire du Seigneur ! »

Ta droite me rend vainqueur.
Le Seigneur fait tout pour moi !
Seigneur, éternel est ton amour :
n’arrête pas l’œuvre de tes mains.

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 15,1-11.
Frères, je vous rappelle la Bonne Nouvelle que je vous ai annoncée ; cet Évangile, vous l’avez reçu ; c’est en lui que vous tenez bon,
c’est par lui que vous serez sauvés si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ; autrement, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.
Avant tout, je vous ai transmis ceci, que j’ai moi-même reçu : le Christ est mort pour nos péchés conformément aux Écritures,
et il fut mis au tombeau ; il est ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,
il est apparu à Pierre, puis aux Douze ;
ensuite il est apparu à plus de cinq cents frères à la fois – la plupart sont encore vivants, et quelques-uns sont endormis dans la mort –,
ensuite il est apparu à Jacques, puis à tous les Apôtres.
Et en tout dernier lieu, il est même apparu à l’avorton que je suis.
Car moi, je suis le plus petit des Apôtres, je ne suis pas digne d’être appelé Apôtre, puisque j’ai persécuté l’Église de Dieu.
Mais ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu, et sa grâce, venant en moi, n’a pas été stérile. Je me suis donné de la peine plus que tous les autres ; à vrai dire, ce n’est pas moi, c’est la grâce de Dieu avec moi.
Bref, qu’il s’agisse de moi ou des autres, voilà ce que nous proclamons, voilà ce que vous croyez.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 5,1-11.
En ce temps-là, la foule se pressait autour de Jésus pour écouter la parole de Dieu, tandis qu’il se tenait au bord du lac de Génésareth.
Il vit deux barques qui se trouvaient au bord du lac ; les pêcheurs en étaient descendus et lavaient leurs filets.
Jésus monta dans une des barques qui appartenait à Simon, et lui demanda de s’écarter un peu du rivage. Puis il s’assit et, de la barque, il enseignait lesfoules.
Quand il eut fini de parler, il dit à Simon : « Avance au large, et jetez vos filets pour la pêche. »
Simon lui répondit : « Maître, nous avons peiné toute la nuit sans rien prendre ; mais, sur ta parole, je vais jeter les filets. »
Et l’ayant fait, ils capturèrent une telle quantité de poissons que leurs filets allaient se déchirer.
Ils firent signe à leurs compagnons de l’autre barque de venir les aider. Ceux-ci vinrent, et ils remplirent les deux barques, à tel point qu’elles enfonçaient.
A cette vue, Simon-Pierre tomba aux genoux de Jésus, en disant : « Éloigne-toi de moi, Seigneur, car je suis un homme pécheur. »
En effet, un grand effroi l’avait saisi, lui et tous ceux qui étaient avec lui, devant la quantité de poissons qu’ils avaient pêchés ;
et de même Jacques et Jean, fils de Zébédée, les associés de Simon. Jésus dit à Simon : « Sois sans crainte, désormais ce sont des hommes que tu prendras. »
Alors ils ramenèrent les barques au rivage et, laissant tout, ils le suivirent.

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