Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-7-novembre-2015

Homélie du 7 novembre 2015

Puisse notre Église être et devenir signe de cette confiance en Dieu et en l’humanité, être et devenir signe en se donnant totalement.


Tout donner.
L’acte est un peu fort.
On peut donner une partie de son salaire, une partie de son temps, de ses compétences, de son énergie... Mais tout donner ?
On râle bien quand les sollicitations pour les dons nous arrivent trop nombreuses dans la boite-aux-lettre. Ou quand nos engagements nous prennent trop de temps. Il faut savoir souffler, « ménager sa monture »...
Comment peut-on tout donner ? Est-ce bien raisonnable ?
Et pourtant... n’est-ce pas précisément la vie du baptisé ? Plongé. Non pas du bout des orteils, mais tout entier. Non pas un jour, mais pour toujours. Tout le corps. Toute l’existence. Toute la vie.
Tout est pris. Tout est donné.
A Christ.
Qui s’est lui-même donné, tout entier. Sans rien garder pour lui.
Epreuve de la confiance.
En Dieu, son Père et notre Père.
Le réflexe est d’en garder pour soi. D’économiser. D’assurer l’avenir. De donner à petit feu.
Mais alors, que deviens notre désir d’absolu ? Celui qui fait bouger et chanter et crier la jeunesse ? Celui qui déplace les montagnes ? Celui qui transporte notre cœur amoureux ?
Peut-on vivre à petit feu ? Peut-on vraiment aimer à moitié ? Est-il possible de répondre au désir d’absolu qui nous habite en restant dans une logique économe ?
Il s’agit de vivre. Si je garde, je meurs. Ce qui n’est pas donné est perdu. Et m’encombre. Et m’empèche de vivre.
Vivre la confiance.
Comme ces veuves de l’Ecriture, à Sarpeta ou dans la synagogue. Elles ne donnent pas tout ce qu’elles ont juste pour tout donner, dans un geste de désespoir, mais dans un acte de confiance absolu. Préfiguration de l’acte du Christ qui s’abandonne totalement dans sa confiance au Père. Préfiguration, donc, de celui des baptisés... et de celui de toute l’Église.
Ces veuves anonymes ne seraient-elles pas des prophétesses pour notre Église ?
Que serait une Église qui garderait pour elle des richesses ou des trésors, qui capterait des hommes et des femmes, qui brûlerait d’un amour, mais à petit feu, pour ne pas tout consommer trop vite ? Que serait l’Esprit Saint s’il ne ravivait sans cesse le désir d’absolu du cœur de l’Église, appelée à la suite de son Maître à tout donner et à se donner elle-même ? Que deviendrait le témoignage d’une Église qui compterait ses sous, ou ses forces, ses adhérents, ou son engagement ?
Les veuves de l’Ecriture sont plus que prophétesses, elles sont nos maîtres. Elles nous ouvrent le chemin. La seule attitude à avoir si nous voulons être crédibles. Et si nous voulons aimer.

Nathan, c’est en cette Église que tu prends ta place aujourd’hui. Sous le signe de cette Parole de Dieu, sous le signe du don total, du don de tout. Non pas pour perdre, mais pour gagner. Pour vivre. Libre. Libéré. De la liberté de l’Esprit de Dieu. En enfant de Dieu.
Tu es déjà, Nathan, cet enfant. Abandonné, donné à tes parents et ta famille. Des veuves de l’Ecriture au nouveau-né que tu es, il n’y a qu’un pas. La confiance que tu vis dans les bras de tes parents n’est qu’image de la confiance que tu pourras vivre dans les bras de Dieu. Avec nous. En Église. Communauté humaine confiante, signe dans le monde d’une confiance qui la dépasse. Mais d’une confiance qui relève. Qui réchauffe... qui fait vivre.
Elle a tout donné pour vivre.
Christ s’est tout donné pour que nous vivions.
Le secret de la vie est dans ce don total que rien n’enferme.
Puisse notre Église être et devenir signe de cette confiance en Dieu et en l’humanité, être et devenir signe en se donnant totalement, sans rien garder pour elle, totalement transparente à l’action et la présence de Dieu en ce monde.
Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Trente-deuxième dimanche du temps ordinaire

Premier livre des Rois 17,10-16.

Le prophète Élie partit pour Sarepta, et il parvint à l’entrée de la ville. Une veuve ramassait du bois ; il l’appela et lui dit : « Veux-tu me puiser, avec ta cruche, un peu d’eau pour que je boive ? »
Elle alla en puiser. Il lui dit encore : « Apporte-moi aussi un morceau de pain. »
Elle répondit : « Je le jure par la vie du Seigneur ton Dieu : je n’ai pas de pain. J’ai seulement, dans une jarre, une poignée de farine, et un peu d’huile dans un vase. Je ramasse deux morceaux de bois, je rentre préparer pour moi et pour mon fils ce qui nous reste. Nous le mangerons, et puis nous mourrons. »
Élie lui dit alors : « N’aie pas peur, va, fais ce que tu as dit. Mais d’abord cuis-moi une petite galette et apporte-la moi ; ensuite tu en feras pour toi et ton fils.
Car ainsi parle le Seigneur, Dieu d’Israël : Jarre de farine point ne s’épuisera, vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre. »
La femme alla faire ce qu’Élie lui avait demandé, et pendant longtemps, le prophète, elle-même et son fils eurent à manger.
Et la jarre de farine ne s’épuisa pas, et le vase d’huile ne se vida pas, ainsi que le Seigneur l’avait annoncé par l’intermédiaire d’Élie.

Psaume 146(145),7.8-9a.9bc-10.
Il fait justice aux opprimés ;
aux affamés, il donne le pain ;
le Seigneur délie les enchaînés.
Le Seigneur ouvre les yeux des aveugles,

le Seigneur redresse les accablés,
le Seigneur aime les justes,
le Seigneur protège l’étranger.
Il soutient la veuve et l’orphelin,

il égare les pas du méchant.
D’âge en âge, le Seigneur régnera :
ton Dieu, ô Sion, pour toujours !

Lettre aux Hébreux 9,24-28.
Car le Christ n’est pas entré dans un sanctuaire fait de main d’homme, figure du sanctuaire véritable ; il est entré dans le ciel même, afin de se tenir maintenant pour nous devant la face de Dieu.
Il n’a pas à s’offrir lui-même plusieurs fois, comme le grand prêtre qui, tous les ans, entrait dans le sanctuaire en offrant un sang qui n’était pas le sien ;
car alors, le Christ aurait dû plusieurs fois souffrir la Passion depuis la fondation du monde. Mais en fait, c’est une fois pour toutes, à la fin des temps, qu’il s’est manifesté pour détruire le péché par son sacrifice.
Et, comme le sort des hommes est de mourir une seule fois et puis d’être jugés,
ainsi le Christ s’est-il offert une seule fois pour enlever les péchés de la multitude ; il apparaîtra une seconde fois, non plus à cause du péché, mais pour le salut de ceux qui l’attendent.

Évangile de Jésus Christ selon saint Marc 12,38-44.
En ce temps-là, dans son enseignement, Jésus disait : « Méfiez-vous des scribes, qui tiennent à se promener en vêtements d’apparat et qui aiment les salutations sur les places publiques,
les sièges d’honneur dans les synagogues, et les places d’honneur dans les dîners.
Ils dévorent les biens des veuves et, pour l’apparence, ils font de longues prières : ils seront d’autant plus sévèrement jugés. »
Jésus s’était assis dans le Temple en face de la salle du trésor, et regardait comment la foule y mettait de l’argent. Beaucoup de riches y mettaient de grosses sommes.
Une pauvre veuve s’avança et mit deux petites pièces de monnaie.
Jésus appela ses disciples et leur déclara : « Amen, je vous le dis : cette pauvre veuve a mis dans le Trésor plus que tous les autres.
Car tous, ils ont pris sur leur superflu, mais elle, elle a pris sur son indigence : elle a mis tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30