Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du Jeudi Saint, 24 mars 2016

Homélie du Jeudi Saint, 24 mars 2016

« Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout »


Peut-être venons-nous de croiser l’une des plus belles phrases de la Bible : « Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout ». Aimer, c’est déjà beaucoup. Il y a tant de façons de mal aimer, de capter au lieu de rendre libre, de faire à la place... Reconnaissons qu’il est parfois difficile, dans une famille, dans un couple, entre amis, de donner sa chance, de faire confiance, de prendre patience, d’accepter de découvrir l’autre en permanence et de l’accueillir. Jésus aimait, déjà, et toutes ses rencontres n’ont été que des rencontres d’amour vrai. Mais maintenant, il aime « jusqu’au bout ». Comment peut-on aimer encore davantage que toujours ? Comment aimer plus profondément que totalement ? Jésus nous entraine plus loin dans son mystère d’amour. Il ne suffit pas d’aimer, il faut aimer « jusqu’au bout ». Jusqu’au bout de soi. Jusqu’au bout du temps. Jusqu’au bout de la volonté. Jusqu’au bout.
Pas facile d’expliquer comment aimer « jusqu’au bout ». Alors Jésus nous offre ces deux gestes, qui resteront jusqu’aujourd’hui comme les deux gestes qui nous disent comment Jésus nous aime, et comment il nous invite à nous aimer les uns les autres.
Jésus se donne à nous dans ce pain et ce vin. « Ceci est mon corps, et mon sang, pour vous ». Et il prend la place de l’esclave lavant les pieds des hommes libres, pour montrer quelle est la place que nous avons à prendre les uns pour les autres, à chaque instant de notre vie.
On pourra rétorquer que ça n’a pas l’air très joyeux, d’aimer « jusqu’au bout » : perdre sa vie, ou prendre la condition d’esclave... ce n’est pas le rêve que nous avons pour notre existence ! Nous ne voulons pas ça pour nos enfants ! Ce n’est pas non plus ce qu’on apprend à l’école ! Et puis dans l’absurdité de notre monde, dans ce déferlement de violence, de non-sens, de concurrences, faudrait-il encore se laisser marcher sur les pieds, sa faire écraser par les autres ? Nous rêvons d’abord de développement personnel, d’épanouissement, de bonheur. Nous préférons gagner notre vie et devenir libres, autonomes, indépendants, plutôt qu’esclaves !
Mais là se trouve peut-être la révolution de Jésus. Personne ne lui commande ces actes : il se donne. Non par obligation, mais par liberté. Par amour. Jusque là où il ne peut plus rien récupérer pour lui : il se donne totalement, comme des amoureux le désirent si ardemment l’un pour l’autre. Et il ne perd rien. Nous en faisons tous l’expérience : quand on aime, on ne se vide pas. Au contraire, on se rempli de joie, on se grandi, on prend notre place qui n’est pas centrée sur soi, mais donnée. Et on a envie d’aimer davantage.
Ce n’est pas de la théorie. On n’aime pas « en théorie ». Mais en actes. En actes « de miséricorde », découvrons-nous cette année, c’est-à-dire concrêtement. Nous aimer les uns les autres n’est pas une théorie de religieux. Ce n’est pas un truc de caté ou de curé pour remplir les églises (d’ailleurs, ça ne fonctionne pas). « Faire ceci en mémoire de Lui » en célébrant l’eucharistie, suivre « l’exemple qu’il a donné afin que nous fassions comme il a fait pour nous », en nous mettant au service les uns des autres, c’est pouvoir dire à l’autre, dans les yeux : « Je t’aime, tu as du prix à mes yeux, tu es beau ». Et vivre en actes cette déclaration d’amour. Sommes-nous capables, ici, de nous dire cela les uns aux autres ? Regardons nos voisins dans les yeux. Disons-leur : « Je t’aime ! Tu as du prix à mes yeux ! Tu es beau. » Et vivons en actes cette déclaration d’amour.
En posant ces deux gestes, dont nous faisons mémoire ce soir en les revivant, Jésus nous montre qu’il vit cela avec nous, et pour nous. Et il nous invite à faire de même entre nous, et avec tous ceux que nous croisons, au-delà des peurs, des discours, des fatigues et des aprioris.
Demandons-lui la grâce à chaque eucharistie et chaque jour, de ressentir combien nous sommes aimés de Lui. La grâce aussi de nous aimer les uns les autres davantage. Et, nourris de sa présence, de répandre autour de nous cet amour.

Amen.

P. Benoît Lecomte







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Le jeudi saint

Livre de l’Exode 12,1-8.11-14.
En ces jours-là, dans le pays d’Égypte, le Seigneur dit à Moïse et à son frère Aaron :
« Ce mois-ci sera pour vous le premier des mois, il marquera pour vous le commencement de l’année.
Parlez ainsi à toute la communauté d’Israël : le dix de ce mois, que l’on prenne un agneau par famille, un agneau par maison.
Si la maisonnée est trop peu nombreuse pour un agneau, elle le prendra avec son voisin le plus proche, selon le nombre des personnes. Vous choisirez l’agneau d’après ce que chacun peut manger.
Ce sera une bête sans défaut, un mâle, de l’année. Vous prendrez un agneau ou un chevreau.
Vous le garderez jusqu’au quatorzième jour du mois. Dans toute l’assemblée de la communauté d’Israël, on l’immolera au coucher du soleil.
On prendra du sang, que l’on mettra sur les deux montants et sur le linteau des maisons où on le mangera.
On mangera sa chair cette nuit-là, on la mangera rôtie au feu, avec des pains sans levain et des herbes amères.
Vous mangerez ainsi : la ceinture aux reins, les sandales aux pieds, le bâton à la main. Vous mangerez en toute hâte : c’est la Pâque du Seigneur.
Je traverserai le pays d’Égypte, cette nuit-là ; je frapperai tout premier-né au pays d’Égypte, depuis les hommes jusqu’au bétail. Contre tous les dieux de l’Égypte j’exercerai mes jugements : Je suis le Seigneur.
Le sang sera pour vous un signe, sur les maisons où vous serez. Je verrai le sang, et je passerai : vous ne serez pas atteints par le fléau dont je frapperai le pays d’Égypte.
Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C’est un décret perpétuel : d’âge en âge vous la fêterez. »

Psaume 116(115),12-13.15-16ac.17-18.
Comment rendrai-je au Seigneur
tout le bien qu’il m’a fait ?
J’élèverai la coupe du salut,
j’invoquerai le nom du Seigneur.

Il en coûte au Seigneur
de voir mourir les siens !
Ne suis-je pas, Seigneur, ton serviteur,
moi, dont tu brisas les chaînes ?

Je t’offrirai le sacrifice d’action de grâce,
j’invoquerai le nom du Seigneur.
Je tiendrai mes promesses au Seigneur,
oui, devant tout son peuple,

Première lettre de saint Paul Apôtre aux Corinthiens 11,23-26.
Frères, moi, Paul, j’ai moi-même reçu ce qui vient du Seigneur, et je vous l’ai transmis : la nuit où il était livré, le Seigneur Jésus prit du pain,
puis, ayant rendu grâce, il le rompit, et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous. Faites cela en mémoire de moi. »
Après le repas, il fit de même avec la coupe, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang. Chaque fois que vous en boirez, faites cela en mémoire de moi. »
Ainsi donc, chaque fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous proclamez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 13,1-15.
Avant la fête de la Pâque, sachant que l’heure était venue pour lui de passer de ce monde à son Père, Jésus, ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, les aima jusqu’au bout.
Au cours du repas, alors que le diable a déjà mis dans le cœur de Judas, fils de Simon l’Iscariote, l’intention de le livrer,
Jésus, sachant que le Père a tout remis entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il s’en va vers Dieu,
se lève de table, dépose son vêtement, et prend un linge qu’il se noue à la ceinture ;
puis il verse de l’eau dans un bassin. Alors il se mit à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge qu’il avait à la ceinture.
Il arrive donc à Simon-Pierre, qui lui dit : « C’est toi, Seigneur, qui me laves les pieds ? »
Jésus lui répondit : « Ce que je veux faire, tu ne le sais pas maintenant ; plus tard tu comprendras. »
Pierre lui dit : « Tu ne me laveras pas les pieds ; non, jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu n’auras pas de part avec moi. »
Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »
Jésus lui dit : « Quand on vient de prendre un bain, on n’a pas besoin de se laver, sinon les pieds : on est pur tout entier. Vous-mêmes, vous êtes purs, mais non pas tous. »
Il savait bien qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il disait : « Vous n’êtes pas tous purs. »
Quand il leur eut lavé les pieds, il reprit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que je viens de faire pour vous ?
Vous m’appelez “Maître” et “Seigneur”, et vous avez raison, car vraiment je le suis.
Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi, vous devez vous laver les pieds les uns aux autres.
C’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j’ai fait pour vous.

1 réaction


25 mars 2016 15:18, par Bernadette Mouillé

Excellente l’idée de faire partager le pain béni à ceux qui n’ont pas pu communier

"Il prit le pain.. le bénit et le donna à ses disciples en disant prenez et manger en TOUS
"

MERCI à tous ceux qui ont préparé ce partage du JEUDI SAINT

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