Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du dimanche 16 juillet 2017

Homélie du dimanche 16 juillet 2017

Nous sommes paroles. Notre vie est une parole, exposée au monde, donnant naissance à l’humanité. Tu es réponse qui se reçoit de la Parole de Dieu.


Il y en a, des paroles. Des discours, des incantations, des lamentations, des cris, des chuchotements. Des paroles qui agacent, qui encouragent, qui réconfortent, qui font naître ou qui tuent. Des paroles violentes, ou tendres et douces… Des paroles prononcées, et des paroles attendues, celles qui n’arrivent pas et dont on a besoin…
Il y a nos mille paroles humaines à longueur de jour et d’année et de vie… et il y a la Parole de Dieu. Unique. De toujours à toujours. Immuable. Elle ne cesse de faire résonner un seul message dans le cœur de chaque homme : « Je t’aime ». « Tu es beau ! Tu es grand ! Je t’ai créé à mon image, je te veux à ma ressemblance… tu es précieux pour moi… j’ai gravé ton nom dans la paume de ma main. Je veux te sauver. Je veux te libérer. Je veux que tu vives vraiment ! Ma gloire, c’est que tu sois vivant ! » Parole de Dieu pour l’éternité, c’est-à-dire pour le présent de chaque instant.
Qu’elle est belle, cette Parole ! Et qu’elle est puissante, si nous savons l’accueillir comme la parole murmurée de Celui qui nous aime infiniment. Si nous la prenons pour ce qu’elle est, non pas une compilation de textes anciens mais la parole de l’être aimé, alors elle vient transformer le creux de nos vies, parce que nous ne pouvons rester insensibles à une telle parole d’amour. Elle vient libérer en nous la joie, la paix, elle nous ouvre à la liberté, à l’audace, elle nous ouvre au monde, à la confiance, à l’espérance. « La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ; ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission », disait le Seigneur par la bouche du prophète Isaïe. Et sa mission, c’est de nous relever, de nous rendre heureux.
Alors quelle est cette terre en laquelle le semeur sème ? La parabole te demande ce que tu fais de tes oreilles et de ton cœur, de tes yeux et de tes mains pour accueillir la Parole d’amour. Sol pierreux, sol sec, sol plein de ronces ou sol fertile… notre humanité, chacune de nos humanités n’est-il pas un résumé de tous ces sols, pris que nous sommes dans nos passions, nos élans, nos peurs, nos aridités, les richesses de nos relations et de nos engagements, et toutes leurs fragilités ? Elle est là, cette terre… en nous. Nous sommes cette terre faite de mille terreaux, invités à donner naissance à la Parole semée.
Mais que donne-t-elle à germer et à naître, cette Parole ? Le grain de blé donne du blé, le grain d’avoine donne de l’avoine… Que donne la Parole de Dieu semée en nos cœurs ?
Comme le grain de blé donne du blé, la Parole semée fait de nous une parole. Tu es parole. Je ne dis pas seulement que tu as la parole, pour dire ce que tu veux avec ta bouche, des choses constructives ou n’importe quoi, non, au yeux de Dieu, nous sommes paroles. Notre vie est une parole, exposée au monde, donnant naissance à l’humanité. Tu es réponse qui se reçoit de la Parole de Dieu, tu n’es pas ta propre origine, ta propre semence, tu te reçois de ce qui t’est donné, et il t’est donné une Parole, LA Parole sans laquelle la vie n’est pas… Et cette Parole te donne de découvrir que tu es parole. Parole adressée, parole dressée au milieu du monde pour construire ce monde. Tu es parole, pour relever, pour pardonner, pour libérer, pour lutter, pour aimer. Ta vie est parole d’amour, de la semence d’amour qu’a semé le semeur. Ne faisons pas de nos vies des bavardages, ou du baratin. Ne faisons pas de nos vies des silences ni des monologues ininterrompus. Nos vies sont paroles à l’image de la Parole de Dieu semée en nos cœurs, et à l’image de Celui qui est Parole devenue chair : Jésus. Nos vies, notre style de vie, chacun de nos styles de vie, nos engagements, nos façons d’être en relations, sont parole. Puissent-t-elles dire quelque chose de La Parole originelle et permanente, puissance et énergie de toute vie ! Puissions-nous, par notre vie, dire à chacun : « Je t’aime ». « Tu es beau ! Tu es grand ! Tu es précieux pour moi... Je veux que tu vives vraiment ! »
N’est-ce pas cela, le fruit rendu à 100 pour un ? Cet amour proposé, donné, partagé ?
« La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu », disait Saint Paul. La révélation des fils et des filles de Dieu que nous sommes, libérés de tous ce qui nous empêche d’être pleinement « parole » de vie et d’amour au milieu du monde et pour le monde.

Seigneur, « Tu visites la terre et tu l’abreuves, tu la combles de richesses ; Ainsi, tu prépares la terre, tu arroses les sillons ; tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies, tu bénis les semailles », chantait le psaume. Nous sommes les jardiniers de la création, mais c’est Toi le jardinier de nos vies. Fais de nous des paroles vivantes, des Oui d’humanité. « Nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint ». Fait que nous vivions pleinement de lui !
Amen !
P. Benoît Lecomte

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Quinzième dimanche du temps ordinaire

Livre d’Isaïe 55,10-11.
Ainsi parle le Seigneur :
« La pluie et la neige qui descendent des cieux n’y retournent pas sans avoir abreuvé la terre, sans l’avoir fécondée et l’avoir fait germer, donnant la semence au semeur et le pain à celui qui doit manger ;
ainsi ma parole, qui sort de ma bouche, ne me reviendra pas sans résultat, sans avoir fait ce qui me plaît, sans avoir accompli sa mission. »

Psaume 65(64),10abcd.10e-11.12-13.14.
Tu visites la terre et tu l’abreuves,
tu la combles de richesses ;
les ruisseaux de Dieu regorgent d’eau :
tu prépares les moissons.

Ainsi, tu prépares la terre,
tu arroses les sillons ;
tu aplanis le sol, tu le détrempes sous les pluies,
tu bénis les semailles.

Tu couronnes une année de bienfaits ;
sur ton passage, ruisselle l’abondance.
Au désert, les pâturages ruissellent,
les collines débordent d’allégresse.

Les herbages se parent de troupeaux
et les plaines se couvrent de blé.
Tout exulte et chante !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,18-23.
Frères, j’estime, qu’il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la gloire qui va être révélée pour nous.
En effet, la création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu.
Car la création a été soumise au pouvoir du néant, non pas de son plein gré, mais à cause de celui qui l’a livrée à ce pouvoir. Pourtant, elle a gardé l’espérance
d’être, elle aussi, libérée de l’esclavage de la dégradation, pour connaître la liberté de la gloire donnée aux enfants de Dieu.
Nous le savons bien, la création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore.
Et elle n’est pas seule. Nous aussi, en nous-mêmes, nous gémissons ; nous avons commencé à recevoir l’Esprit Saint, mais nous attendons notre adoption et la rédemption de notre corps.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 13,1-23.
Ce jour-là, Jésus était sorti de la maison, et il était assis au bord de la mer.
Auprès de lui se rassemblèrent des foules si grandes qu’il monta dans une barque où il s’assit ; toute la foule se tenait sur le rivage.
Il leur dit beaucoup de choses en paraboles : « Voici que le semeur sortit pour semer.
Comme il semait, des grains sont tombés au bord du chemin, et les oiseaux sont venus tout manger.
D’autres sont tombés sur le sol pierreux, où ils n’avaient pas beaucoup de terre ; ils ont levé aussitôt, parce que la terre était peu profonde.
Le soleil s’étant levé, ils ont brûlé et, faute de racines, ils ont séché.
D’autres sont tombés dans les ronces ; les ronces ont poussé et les ont étouffés.
D’autres sont tombés dans la bonne terre, et ils ont donné du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ! »
Les disciples s’approchèrent de Jésus et lui dirent : « Pourquoi leur parles-tu en paraboles ? »
Il leur répondit : « À vous il est donné de connaître les mystères du royaume des Cieux, mais ce n’est pas donné à ceux-là.
À celui qui a, on donnera, et il sera dans l’abondance ; à celui qui n’a pas, on enlèvera même ce qu’il a.
Si je leur parle en paraboles, c’est parce qu’ils regardent sans regarder, et qu’ils écoutent sans écouter ni comprendre.
Ainsi s’accomplit pour eux la prophétie d’Isaïe : ‘Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas. Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas.
Le cœur de ce peuple s’est alourdi : ils sont devenus durs d’oreille, ils se sont bouché les yeux, de peur que leurs yeux ne voient, que leurs oreilles n’entendent, que leur cœur ne comprenne, qu’ils ne se convertissent, – et moi, je les guérirai.’
Mais vous, heureux vos yeux puisqu’ils voient, et vos oreilles puisqu’elles entendent !
Amen, je vous le dis : beaucoup de prophètes et de justes ont désiré voir ce que vous voyez, et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez, et ne l’ont pas entendu. »
Vous donc, écoutez ce que veut dire la parabole du semeur.
Quand quelqu’un entend la parole du Royaume sans la comprendre, le Mauvais survient et s’empare de ce qui est semé dans son cœur : celui-là, c’est le terrain ensemencé au bord du chemin.
Celui qui a reçu la semence sur un sol pierreux, c’est celui qui entend la Parole et la reçoit aussitôt avec joie ;
mais il n’a pas de racines en lui, il est l’homme d’un moment : quand vient la détresse ou la persécution à cause de la Parole, il trébuche aussitôt.
Celui qui a reçu la semence dans les ronces, c’est celui qui entend la Parole ; mais le souci du monde et la séduction de la richesse étouffent la Parole, qui ne donne pas de fruit.
Celui qui a reçu la semence dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et la comprend : il porte du fruit à raison de cent, ou soixante, ou trente pour un. »

1 réaction


20 juillet 11:38, par chambon

Quelle homélie sur la Parole !Merci de transmettre à la communauté paroissiale ce que l’Esprit te dit .....et quelle porte du fruit dans nos vies !

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