Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du dimanche 2 avril 2017

Dieu est le Dieu de Vie. D’une vie qui ne s’enferme en rien, ni dans les tombeaux de nos solitudes ni dans ceux de nos désarrois. Il est le Dieu d’une vie qu’il ne cesse de nous offrir .


Dieu de la vie. Comment qualifier autrement le Dieu de Jésus-Christ, le Dieu qui se révèle à longueur de pages de l’Ecriture, le Dieu qui se présente dans la Parole reçue ce jour ?
Le Dieu de la Vie. De la puissance de vie qui dépasse toute imagination. « Je vais ouvrir vos tombeau et je vous en ferai remonter, ô mon peuple », annonçait le Seigneur Dieu par la bouche d’Ezékiel. « Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez. » Et la prophétie se réalise dans ce récit de Lazare, l’ami de Jésus. « Lazare, viens dehors ! » Et le mort sortit. Retour à la vie. Puissance de la Parole qui relève alors que tout semble fini. Le chemin de carême ne nous fait pas vivre un temps de mortifications en tous genres, mais un temps de redécouverte de cette puissance de vie, qui nous fait sortir de nos propres tombeaux pour revenir à la Lumière.
Facile à dire. Mais pas si simple dans la réalité de nos existences. Parce que nos vies ne sont pas aussi lisses que des surfaces de billard. Il y a le mal qui nous traverse, les maladies qui nous assaillent, les fatigues, les sentiments mêlés, les découragements si nombreux… Il y a nos difficultés familiales et toutes les mésententes ou les ruptures vécues, les difficultés relationnelles avec nos entourages professionnels, associatifs ou amicaux… Tant et tant de non-amour, de violences, de fatalisme, d’à-quoi-bon, de jalousie, d’orgueil, de comparaisons… Quelles complexités en nos histoires personnelles et en notre histoire collective ! Que de tombeaux en nos intériorités ! Comment raconter aussi naïvement que Dieu est présent et qu’il est Dieu de vie ?
Retour à l’évangile. Jésus n’est pas dans une situation très confortable. Son ami Lazare est malade. Il veut aller le voir, mais il évite de traverser la Judée car il se sait recherché et menacé par les autorités juives. Rien n’est simple. Ne pas aller voir Lazare, c’est vivre en se protégeant, mais ne pas laisser place à cette amitié. Y aller, c’est prendre le risque d’être arrêté et mis à mort. Jésus y va. Mais on comprend : il connaît de l’intérieur nos hésitations. Il sait comme nous pouvons avoir peur, ne pas savoir, avoir envie de faire marche arrière… Il a beau être Dieu, et même « la résurrection et la vie », il sait ce que nous vivons et la complexité de nos décisions à prendre. Et une fois sur place, il se met à pleurer. Celui qui se présentait quelques instants avant comme « la vie », se met à verser des larmes. De tristesse sûrement, comme celles que l’on verse quand un ami vient de mourir. Jésus connaît cela aussi. La douceur du pleur, les larmes, l’émotion de la séparation… Humanité nous rejoignant si tendrement et de façon si juste et si belle. « Je suis la vie ».
La Parole va faire sortir le mort de son tombeau. Expression de la puissance de la Parole de Jésus – ou de la Parole qu’est Jésus. La vie est là, assurément. Elle est là, dans cet acte extraordinaire. Comme elle était déjà dans les larmes de compassion et de tristesse, par amour pour cet homme et pour ses sœurs. Comme était déjà dans cette décision à prendre d’aller jusqu’en Judée au risque d’une arrestation. La vie de Dieu s’exprime avec ces deux dimensions :
Il est la vie parce qu’il est cette puissance incroyable et inépuisable de nous donner et nous redonner la vie au milieu de nos détresses et de nos abandons, et jusque dans notre mort. Puissance de Création et de recréation qui ne cesse jamais de nous faire sortir de nos tombeaux par sa Parole d’autorité et de maître.
Il est la vie, aussi, par cette amitié si forte avec Lazare, Marthe et Marie. Par cette fraternité qui se joue des risques et des possibles embûches, des peurs et des considérations raisonnables. Il est la vie parce qu’il va jusqu’au bout par amour pour ceux qui l’appellent. Il est la vie parce qu’il ne se regarde pas d’abord, mais qui voit ceux qui ont besoin de lui.
Ouverture. Solidarité. Fraternité. Voilà en quoi Jésus est aussi vie.
Fraternité que nous sommes invités à vivre avec le CCFD ce week-end. En faisant de ce 5ème dimanche de Carême, le dimanche du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - CCFD Terre Solidaire, l’Eglise de France réaffirme son option préférentielle pour les pauvres. Cette option pour les pauvres s’exprime dans la proximité permanente du Christ pour tous les hommes et aussi dans son universalité vers une monde meilleur à construire. Depuis 55 ans, les membres du CCFD Terre Solidaire se sont vu confier cette mission d’être à l’écoute des cris et des espoirs de ceux qui sont au loin, comme de ceux qui nous demandent protection. Ils s’efforcent d’être proches de leurs attentes à l’image du Christ et d’agir avec les oubliés du monde.
Fraternité exprimée et expérimentée encore dans notre démarche de carême cette année : où en sommes-nous de cette vie donnée et à vivre ? De cette fraternité capable de nous faire sortir de nos tombeaux en faisant tomber les barrières et les méconnaissances ? Et si nous prenions quelques instants, tout à l’heure, pour échanger et partager sur cette expérience vitale pour notre Eglise, notre société et notre humanité ?

Dieu est le Dieu de Vie. D’une vie qui ne s’enferme en rien, ni dans les tombeaux de nos solitudes ni dans ceux de nos désarrois. Il est le Dieu d’une vie qu’il ne cesse de nous offrir en nous appelant : « Sors ! Viens à la Lumière ! Viens à la rencontre ! Ne sois pas seul ! Tu n’es pas seul ! Mers-toi debout ! » « Je mettrai en vous mon Esprit et vous vivrez », disait-il en Ezékiel. « Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous. » Et ce qu’il dit se réalise.
Amen !
P. Benoît Lecomte

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Cinquième dimanche de Carême

Livre d’Ézéchiel 37,12-14.
Ainsi parle le Seigneur Dieu : Je vais ouvrir vos tombeaux et je vous en ferai remonter, ô mon peuple, et je vous ramènerai sur la terre d’Israël.
Vous saurez que Je suis le Seigneur, quand j’ouvrirai vos tombeaux et vous en ferai remonter, ô mon peuple !
Je mettrai en vous mon esprit, et vous vivrez ; je vous donnerai le repos sur votre terre. Alors vous saurez que Je suis le Seigneur : j’ai parlé et je le ferai – oracle du Seigneur.

Psaume 130(129),1-2.3-4.5-6ab.7bc-8.
Des profondeurs je crie vers toi, Seigneur,
Seigneur, écoute mon appel !
Que ton oreille se fasse attentive
au cri de ma prière !

Si tu retiens les fautes, Seigneur
Seigneur, qui subsistera ?
Mais près de toi se trouve le pardon
pour que l’homme te craigne.

J’espère le Seigneur de toute mon âme ;
je l’espère, et j’attends sa parole.
Mon âme attend le Seigneur
plus qu’un veilleur ne guette l’aurore.

Oui, près du Seigneur, est l’amour ;
près de lui, abonde le rachat.
C’est lui qui rachètera Israël
de toutes ses fautes.


Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 8,8-11.

Frères, ceux qui sont sous l’emprise de la chair ne peuvent pas plaire à Dieu.
Or, vous, vous n’êtes pas sous l’emprise de la chair, mais sous celle de l’Esprit, puisque l’Esprit de Dieu habite en vous. Celui qui n’a pas l’Esprit du Christ ne lui appartient pas.
Mais si le Christ est en vous, le corps, il est vrai, reste marqué par la mort à cause du péché, mais l’Esprit vous fait vivre, puisque vous êtes devenus des justes.
Et si l’Esprit de celui qui a ressuscité Jésus d’entre les morts habite en vous, celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts donnera aussi la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean 11,1-45.
En ce temps-là, il y avait quelqu’un de malade, Lazare, de Béthanie, le village de Marie et de Marthe, sa sœur.
Or Marie était celle qui répandit du parfum sur le Seigneur et lui essuya les pieds avec ses cheveux. C’était son frère Lazare qui était malade.
Donc, les deux sœurs envoyèrent dire à Jésus : « Seigneur, celui que tu aimes est malade. »
En apprenant cela, Jésus dit : « Cette maladie ne conduit pas à la mort, elle est pour la gloire de Dieu, afin que par elle le Fils de Dieu soit glorifié. »
Jésus aimait Marthe et sa sœur, ainsi que Lazare.
Quand il apprit que celui-ci était malade, il demeura deux jours encore à l’endroit où il se trouvait.
Puis, après cela, il dit aux disciples : « Revenons en Judée. »
Les disciples lui dirent : « Rabbi, tout récemment, les Juifs, là-bas, cherchaient à te lapider, et tu y retournes ? »
Jésus répondit : « N’y a-t-il pas douze heures dans une journée ? Celui qui marche pendant le jour ne trébuche pas, parce qu’il voit la lumière de ce monde ;
mais celui qui marche pendant la nuit trébuche, parce que la lumière n’est pas en lui. »
Après ces paroles, il ajouta : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil. »
Les disciples lui dirent alors : « Seigneur, s’il s’est endormi, il sera sauvé. »
Jésus avait parlé de la mort ; eux pensaient qu’il parlait du repos du sommeil.
Alors il leur dit ouvertement : « Lazare est mort,
et je me réjouis de n’avoir pas été là, à cause de vous, pour que vous croyiez. Mais allons auprès de lui ! »
Thomas, appelé Didyme (c’est-à-dire Jumeau), dit aux autres disciples : « Allons-y, nous aussi, pour mourir avec lui ! »
À son arrivée, Jésus trouva Lazare au tombeau depuis quatre jours déjà.
Comme Béthanie était tout près de Jérusalem – à une distance de quinze stades (c’est-à-dire une demi-heure de marche environ) –,
beaucoup de Juifs étaient venus réconforter Marthe et Marie au sujet de leur frère.
Lorsque Marthe apprit l’arrivée de Jésus, elle partit à sa rencontre, tandis que Marie restait assise à la maison.
Marthe dit à Jésus : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort.
Mais maintenant encore, je le sais, tout ce que tu demanderas à Dieu, Dieu te l’accordera. »
Jésus lui dit : « Ton frère ressuscitera. »
Marthe reprit : « Je sais qu’il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. »
Jésus lui dit : « Moi, je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra ;
quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela ? »
Elle répondit : « Oui, Seigneur, je le crois : tu es le Christ, le Fils de Dieu, tu es celui qui vient dans le monde. »
Ayant dit cela, elle partit appeler sa sœur Marie, et lui dit tout bas : « Le Maître est là, il t’appelle. »
Marie, dès qu’elle l’entendit, se leva rapidement et alla rejoindre Jésus.
Il n’était pas encore entré dans le village, mais il se trouvait toujours à l’endroit où Marthe l’avait rencontré.
Les Juifs qui étaient à la maison avec Marie et la réconfortaient, la voyant se lever et sortir si vite, la suivirent ; ils pensaient qu’elle allait au tombeau pour y pleurer.
Marie arriva à l’endroit où se trouvait Jésus. Dès qu’elle le vit, elle se jeta à ses pieds et lui dit : « Seigneur, si tu avais été ici, mon frère ne serait pas mort. »
Quand il vit qu’elle pleurait, et que les Juifs venus avec elle pleuraient aussi, Jésus, en son esprit, fut saisi d’émotion, il fut bouleversé,
et il demanda : « Où l’avez-vous déposé ? » Ils lui répondirent : « Seigneur, viens, et vois. »
Alors Jésus se mit à pleurer.
Les Juifs disaient : « Voyez comme il l’aimait ! »
Mais certains d’entre eux dirent : « Lui qui a ouvert les yeux de l’aveugle, ne pouvait-il pas empêcher Lazare de mourir ? »
Jésus, repris par l’émotion, arriva au tombeau. C’était une grotte fermée par une pierre.
Jésus dit : « Enlevez la pierre. » Marthe, la sœur du défunt, lui dit : « Seigneur, il sent déjà ; c’est le quatrième jour qu’il est là. »
Alors Jésus dit à Marthe : « Ne te l’ai-je pas dit ? Si tu crois, tu verras la gloire de Dieu. »
On enleva donc la pierre. Alors Jésus leva les yeux au ciel et dit : « Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé.
Je le savais bien, moi, que tu m’exauces toujours ; mais je le dis à cause de la foule qui m’entoure, afin qu’ils croient que c’est toi qui m’as envoyé. »
Après cela, il cria d’une voix forte : « Lazare, viens dehors ! »
Et le mort sortit, les pieds et les mains liés par des bandelettes, le visage enveloppé d’un suaire. Jésus leur dit : « Déliez-le, et laissez-le aller. »
Beaucoup de Juifs, qui étaient venus auprès de Marie et avaient donc vu ce que Jésus avait fait, crurent en lui.

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