Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du dimanche 2 juillet 2017

Homélie du dimanche 2 juillet 2017

" Que deviendrait la lumière du jour si elle était coupée du soleil ? Que deviendrait le cours d’eau si on le coupait de sa source ? "


Il est dure à entendre, cette parole de Jésus : « Celui qui aime son père ou sa mère, son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi. » Elle est dure à entendre, et paraît illogique, contraire à tout le message de l’Evangile : l’amour de Dieu et l’amour du prochain ne sont-ils pas deux commandements semblables, comme Jésus lui-même l’explique au scribe qui lui pose la question ? Alors comment installer des hiérarchies dans l’amour, des niveaux ou des catégories ? L’amour n’est-il pas l’amour ? Et l’amour de Dieu ne passe-t-il pas par l’amour des hommes, de ceux qui sont loin et de ceux qui sont proches ?
Nous ne pouvons entendre cette parole sans la méditer, la ruminer, la passer au filtre de l’Esprit. La Bonne Nouvelle n’est que Bonne Nouvelle, ou elle n’est pas. Alors qu’en dire ?
Ces récits bibliques qui racontent tous les trois la même chose : celui qui perd, gagne. Celui qui plonge, vit. Celui qui donne, reçoit. « Si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui… nous sommes vivants pour Dieu en Jésus-Christ . » « Qui a perdu sa vie à cause de moi la trouvera... » Celui qui donne tout sera riche de tout. Etrange paradoxe.
Cette Parole nous invite à ne pas rester en surface, mais à aller dans sa profondeur, et dans ce qu’elle a de plus étrange peut-être. Regardons l’une des phrases connues : « Celui qui ne prend pas sa croix n’est pas digne de moi. » Facilement, nous voilà revenus à une compréhension doloriste de la confiance en Dieu. Que n’a-t-on raconté à cause de cette phrase, que n’a-t-on justifié de malheurs, d’injustice, de souffrances… « Si nous avons mal, c’est que nous portons notre croix, et cela est bonne nouvelle pour nous, nous sommes dignes de Dieu… » N’avons-nous jamais entendu ces explications, que je trouve, pour ma part, inaudibles ? Dieu ne veut pas notre souffrance et notre mal. Il ne veut que notre bonheur, dans l’amour et la douceur.
Là encore, il nous faut aller plus loin.
Plus loin, c’est à la racine, à la source.
Porter sa croix. La source de la croix, c’est la vie. C’est le baptême. C’est la mort mais pas sans la résurrection. C’est l’amour de l’autre et de tous. Porter sa croix ne peut se résumer trop simplement à accepter nos malheurs. Porter sa croix, c’est vivre vraiment, vivre infiniment, c’est aller jusqu’au bout de l’amour. Porter sa croix, c’est être prêtre, prophète et roi tel que nous le propose de vivre notre baptême. C’est mettre en actes ce geste que nous posons sur notre corps, en actes d’amour, de tendresse et de pardon, de miséricorde et de paix.
Ce geste qui nous ramène à la source de tout amour. Et la source, c’est l’amour de Dieu pour nous, l’amour qu’Il nous offre en Jésus-Christ jusque dans le don de son Esprit.
Et si là est la source de tout amour, comment notre amour pour les autres pourrait-il vivre en dehors de cette source ? Que deviendrait la lumière du jour si elle était coupée du soleil ? Que deviendrait le cours d’eau si on le coupait de sa source ? De la même façon, notre amour pour les autres ne peut que prendre sa source dans l’amour de Dieu. Que deviendrait l’amour pour nos parents, pour nos enfants, pour ceux qui nous sont chers, si nous nous coupions de la source de l’amour ?
Voilà qui éclaire un peu, j’espère, ces phrases de Jésus. Il ne nous invite pas à quelques préférences, encore moins à la misère ou à la souffrance, mais à ne pas oublier d’où et de qui nous recevons ce que nous pouvons ensuite donner.
N’est-pas pour cela, aussi, que nous venons nous ressourcer à la table de la Parole et à la table eucharistique ?
Comme la femme de Sunam dans le livre des Rois, osons faire confiance en Dieu en faisant aussi confiance en l’Homme. Ce que nous vivrons alors sera sans commune mesure avec ce que nous espérons. Ce que nous donnons, sans commune mesure avec ce que nous recevrons. Il est, Lui, Dieu, le Dieu de la vie à l’infinie, de la vie qui ne s’éteint jamais, il est le Dieu de la promesse de paix et de joie. La femme du livre en fait l’expérience, et elle et son mari accueillerons un fils inespéré.
« Tout ce qui n’est pas donné est perdu », disait un missionnaire Français parti en Inde (P. Ceyrac). Soyons sûrs que la qualité de notre accueil, de notre amour pour tous ceux que nous croisons, du don de notre vie, et même en n’offrant qu’un simple verre d’eau fraîche, pour reprendre l’image de l’Evangile, nous donnera de connaître une joie infinie, une joie divine, qui sera partagée par tous et qui renouvellera la face de la terre.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Treizième dimanche du temps ordinaire

Deuxième livre des Rois 4,8-11.14-16a.
Un jour, Élisée passait à Sunam ; une femme riche de ce pays insista pour qu’il vienne manger chez elle. Depuis, chaque fois qu’il passait par là, il allait manger chez elle.
Elle dit à son mari : « Écoute, je sais que celui qui s’arrête toujours chez nous est un saint homme de Dieu.
Faisons-lui une petite chambre sur la terrasse ; nous y mettrons un lit, une table, un siège et une lampe, et quand il viendra chez nous, il pourra s’y retirer. »
Le jour où il revint, il se retira dans cette chambre pour y coucher.
Puis il dit à son serviteur : « Que peut-on faire pour cette femme ? » Le serviteur répondit : « Hélas, elle n’a pas de fils, et son mari est âgé. »
Élisée lui dit : « Appelle-la. » Le serviteur l’appela et elle se présenta à la porte.
Élisée lui dit : « À cette même époque, au temps fixé pour la naissance, tu tiendras un fils dans tes bras. »

Psaume 89(88),2-3.16-17.18-19.
L’amour du Seigneur, sans fin je le chante ;
ta fidélité, je l’annonce d’âge en âge.
Je le dis : C’est un amour bâti pour toujours ;
ta fidélité est plus stable que les cieux.

Heureux le peuple qui connaît l’ovation !
Seigneur, il marche à la lumière de ta face ;
tout le jour, à ton nom il danse de joie,
fier de ton juste pouvoir.

Tu es sa force éclatante ;
ta grâce accroît notre vigueur.
Oui, notre roi est au Seigneur ;
notre bouclier, au Dieu saint d’Israël.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 6,3-4.8-11.
Frères, ne le savez-vous pas ? Nous tous qui par le baptême avons été unis au Christ Jésus, c’est à sa mort que nous avons été unis par le baptême.
Si donc, par le baptême qui nous unit à sa mort, nous avons été mis au tombeau avec lui, c’est pour que nous menions une vie nouvelle, nous aussi, comme le Christ qui, par la toute-puissance du Père, est ressuscité d’entre les morts.
Et si nous sommes passés par la mort avec le Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui.
Nous le savons en effet : ressuscité d’entre les morts, le Christ ne meurt plus ; la mort n’a plus de pouvoir sur lui.
Car lui qui est mort, c’est au péché qu’il est mort une fois pour toutes ; lui qui est vivant, c’est pour Dieu qu’il est vivant.
De même, vous aussi, pensez que vous êtes morts au péché, mais vivants pour Dieu en Jésus Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,37-42.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Celui qui aime son père ou sa mère plus que moi n’est pas digne de moi ; celui qui aime son fils ou sa fille plus que moi n’est pas digne de moi ;
celui qui ne prend pas sa croix et ne me suit pas n’est pas digne de moi.
Qui a trouvé sa vie la perdra ; qui a perdu sa vie à cause de moi la gardera.
Qui vous accueille m’accueille ; et qui m’accueille accueille Celui qui m’a envoyé.
Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète ; qui accueille un homme juste en sa qualité de juste recevra une récompense de juste.
Et celui qui donnera à boire, même un simple verre d’eau fraîche, à l’un de ces petits en sa qualité de disciple, amen, je vous le dis : non, il ne perdra pas sa récompense. »

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