Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du dimanche 25 juin 2017

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"Ne pas louper sa vie, en la vivant pour ce qu’elle a d’essentiel : l’amour de l’homme et la justice, la miséricorde et la fraternité. C’est là que tout homme rencontre Jésus-Christ. C’est là que notre vie prend tout son sens et offre toute sa saveur."


« Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père. Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père. » Cette phrase de Jésus paraît absolument excluante. Seuls ceux qui se réclameraient de Jésus seraient aimés de Dieu, et pas les autres ? Comment tenir que seuls les chrétiens – et les chrétiens osant témoigner de leur foi – seraient accueillis par le Père ? Nous nous connaissons trop, et nous connaissons trop de non chrétiens formidables, pour ne pas entrer dans cette affirmation. Et même si c’était le cas, comment Dieu, Père de tous les êtres vivants, pourrait ainsi relier un seul de ses enfants ? La Parole de Dieu ne peut pas être Parole de division et de ségrégation. Pourtant, nous n’avons pas inventé ces mots. Alors comment les entendre ?
D’autant que quelques instants plus tôt, Jésus racontait que « pas un seul moineau » n’échappe à la vigilance du Père. En fait, la parole de Jésus n’est pas une parole de menace, mais une parole d’encouragement et de confiance. Elle est aussi parole qui dit sa proximité avec nous, et notre proximité avec Dieu. Dieu ne fait pas sans nous, et nous sommes responsables de l’amour dont nous vivons.
On sait la difficulté à témoigner de notre foi autour de nous, et même dans nos familles et avec nos plus proches parfois. Des difficultés à cause du regard des autres, du contexte de notre société, peut-être aussi à cause de nos propres incertitudes. Nous serions bien en peine d’adhérer d’un seul bloc à l’entièreté de la foi chrétienne et à toutes les positions du magistère de l’Église. Alors plutôt que de nous lancer dans des discussions d’équilibristes et risquer d’être pris en défaut, nous préférons nous taire.
Il est pourtant des situations où nous ne pouvons pas nous taire. Celles où sont en jeu la justice, la dignité de l’homme, le respect des personnes, l’atteinte à la liberté… Celles où la fraternité est menacée, où l’argent a pris la place de la conscience, où le principe d’humanité s’assombrit. Le prophète Jérémie est dans cette situation, lui qui n’a pas voulu se taire, lui qui a dénoncé les mensonges et les compromissions du pouvoir et des personnes qui en profitent. Le voilà attaqué par ses adversaires qui cherchent à le faire tomber. Il aurait pu faire l’autruche et rester au calme en se taisant. Au nom de l’Homme, et au nom de la Parole de Dieu qui replace l’Homme au centre de toute autre considération, le voilà aux prises avec ses détracteurs. Rappelle des situations que nous pouvons connaître : préférons-nous nous taire et vivre tranquille, ou osons-nous parler au risque d’être embêtés ? Sûrement la réponse à cette question n’est pas monolithe, et dépend des sujets, de ce qui nous interpelle, de nos sensibilités… Mais pouvons-nous croire que le baptême que nous avons reçu, nous faisant devenir prophète, nous laisserait à l’écart de toutes ces réalités ?
Je parle de ce baptême que tu vas recevoir Nolan, dans quelques instants. Au moment où tu seras marqué de l’onction d’huile, te deviendras, comme nous le sommes devenus, prêtre, prophète et roi à la manière du Christ. Prophète, donc. Et un prophète ne se tait pas. Il parle, il questionne, il interroge, il dénonce, il encourage, mais il ne peut se taire.
Face à ces dilemmes, face à ces questionnements, Jésus nous rappelle à la confiance et à l’essentiel. Et l’essentiel est justement la confiance en l’amour et en la vie. Il ne nous le rappelle pas uniquement par sa parole, mais aussi par sa vie. Par sa venue, par sa mort et sa résurrection. Sûrement, disait l’apôtre Paul, la mort ou des sentiments de mort peuvent nous traverser. Des divisions, des manques d’amour et de confiance, des trahisons, des peurs, des incompréhensions… Mais « si la mort a frappé la multitude, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus-Christ. » Oui, la victoire de Jésus est infinie. C’est la vie qui est la plus forte, victorieuse de tous les combats. Il ne s’agit donc pas de souhaiter la mort de l’ennemie ou de l’adversaire, mais de le remettre entre les mains de Dieu pour que les projets d’injustice s’effondrent par la force de l’Esprit. On comprend mieux la parole de Jésus : « Ne craignez pas les hommes, ne craignez pas ceux qui peuvent tuer le corps sans pouvoir tuer l’âme, soyez sans crainte. » Soyez sans crainte, soyons sans crainte, parce que si notre vie est en conformité avec l’Evangile, c’est-à-dire si elle est orientée vers la beauté de l’homme et sa dignité, si elle est engagée par la tendresse et par l’amour, alors malgré tous les tracas que nous traverserons, nous pouvons être dans la confiance et la paix. Et déjà, nous vivons de la vie du Dieu de Jésus-Christ.
La phrase de Jésus qui nous inquiétait un peu tout à l’heure ne nous inquiète plus. Il ne s’agit pas de se réclamer de Jésus comme des fans invoquent une star de cinéma ou de musique. Il s’agit, plus simplement et plus radicalement, de ne pas louper sa vie, en la vivant pour ce qu’elle a d’essentiel : l’amour de l’homme et la justice, la miséricorde et la fraternité. C’est là que tout homme rencontre Jésus-Christ, en le sachant ou non. C’est là que notre vie prend tout son sens et offre toute sa saveur. C’est là, dans l’intimité de la conscience et du cœur, que se joue notre rencontre avec le Père. C’est là, Nolan, que tu trouveras la joie de l’Evangile et de la suite de Jésus.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Douzième dimanche du temps ordinaire

Livre de Jérémie 20,10-13.
Moi, Jérémie, j’entends les calomnies de la foule : « Dénoncez-le ! Allons le dénoncer, celui-là, l’Épouvante-de-tous-côtés. » Tous mes amis guettent mes faux pas, ils disent : « Peut-être se laissera-t-il séduire… Nous réussirons, et nous prendrons sur lui notre revanche ! »
Mais le Seigneur est avec moi, tel un guerrier redoutable : mes persécuteurs trébucheront, ils ne réussiront pas. Leur défaite les couvrira de honte, d’une confusion éternelle, inoubliable.
Seigneur de l’univers, toi qui scrutes l’homme juste, toi qui vois les reins et les cœurs, fais-moi voir la revanche que tu leur infligeras, car c’est à toi que j’ai remis ma cause.
Chantez le Seigneur, louez le Seigneur : il a délivré le malheureux de la main des méchants.

Psaume 69(68),8-10.14.17.33-35.
C’est pour toi que j’endure l’insulte,
que la honte me couvre le visage :
je suis un étranger pour mes frères,
un inconnu pour les fils de ma mère.
L’amour de ta maison m’a perdu ;
on t’insulte, et l’insulte retombe sur moi.

Et moi, je te prie, Seigneur :
c’est l’heure de ta grâce ;
dans ton grand amour, Dieu, réponds-moi,
par ta vérité sauve-moi.
Réponds-moi, Seigneur,
car il est bon, ton amour ;
dans ta grande tendresse, regarde-moi.

Les pauvres l’ont vu, ils sont en fête :
« Vie et joie, à vous qui cherchez Dieu ! »
Car le Seigneur écoute les humbles,
il n’oublie pas les siens emprisonnés.
Que le ciel et la terre le célèbrent, les mers et tout leur peuplement !

Lettre de saint Paul Apôtre aux Romains 5,12-15.
Frères, nous savons que par un seul homme, le péché est entré dans le monde, et que par le péché est venue la mort ; et ainsi, la mort est passée en tous les hommes, étant donné que tous ont péché.
Avant la loi de Moïse, le péché était déjà dans le monde, mais le péché ne peut être imputé à personne tant qu’il n’y a pas de loi.
Pourtant, depuis Adam jusqu’à Moïse, la mort a établi son règne, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Or, Adam préfigure celui qui devait venir.
Mais il n’en va pas du don gratuit comme de la faute. En effet, si la mort a frappé la multitude par la faute d’un seul, combien plus la grâce de Dieu s’est-elle répandue en abondance sur la multitude, cette grâce qui est donnée en un seul homme, Jésus Christ.

Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 10,26-33.
En ce temps-là, Jésus disait à ses Apôtres : « Ne craignez pas les hommes ; rien n’est voilé qui ne sera dévoilé, rien n’est caché qui ne sera connu.
Ce que je vous dis dans les ténèbres, dites-le en pleine lumière ; ce que vous entendez au creux de l’oreille, proclamez-le sur les toits.
Ne craignez pas ceux qui tuent le corps sans pouvoir tuer l’âme ; craignez plutôt celui qui peut faire périr dans la géhenne l’âme aussi bien que le corps.
Deux moineaux ne sont-ils pas vendus pour un sou ? Or, pas un seul ne tombe à terre sans que votre Père le veuille.
Quant à vous, même les cheveux de votre tête sont tous comptés.
Soyez donc sans crainte : vous valez bien plus qu’une multitude de moineaux.
Quiconque se déclarera pour moi devant les hommes, moi aussi je me déclarerai pour lui devant mon Père qui est aux cieux.
Mais celui qui me reniera devant les hommes, moi aussi je le renierai devant mon Père qui est aux cieux. »

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