Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
http://angouleme.catholique.fr/Homelie-du-dimanche-30-avril-2017
          Homélie du dimanche 30 avril 2017

Homélie du dimanche 30 avril 2017

  • Télécharger l'article au format PDF Imprimer cet article
  • réagir

6 enfants étaient baptisés, et 6 autres communiaient pour la première fois, en ce 3ème dimanche de Pâques à Ma Campagne


L’évangile est archi connu. Ces disciples sur la route d’Emmaüs, rejoins par Jésus ressuscité, leur échange, le retour à l’Ecriture, leur marche jusqu’à la fraction du pain, l’ouverture de leur yeux et leur cœur brûlant… Que n’a-t-on dit encore sur cette page de la Bible ? Sûrement est-elle, pourtant, à réentendre et à recevoir comme nouvelle à chaque fois, et ce soir encore. Et cette nouveauté se dessine par la perspective des deux autres lectures, du livre des Actes des Apôtres et de la lettre de Pierre.

« Ce Jésus, que vous avez crucifié, Dieu l’a ressuscité ; nous en sommes témoins. »

C’est le cris qui traverse ces pages et le cœur des apôtres. Comme un cris primitif, comme un cris de naissance ou de renaissance. Cris de joie et d’étonnement, d’émerveillement et de stupeur.

Ce cris nous ramène à l’origine. A l’origine de notre foi. A l’origine du mystère de notre existence. A l’origine de notre baptême. C’est là que tout prend naissance, dans le mystère de la Pâques de Jésus, dans la défaite de la mort sur la vie. « Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir. » C’est le point central de notre foi. Le « kérygme », disent les théologiens, le noyau dur, ce d’où tout part et qui récapitule tout.
Baptisés, c’est dans cette annonce, dans ce cris, dans cette réalité que nous avons été baptisés. En vivant le passage du baptême, nous vivons le passage de la Pâque de Jésus et de sa folle liberté face à la mort et au péché. Cette annonce doit raviver en nous notre baptême, elle doit le renouveler et le revivifier ! Ce n’est pas un cris du lointain qui se fait entendre, c’est le cris de notre naissance et de notre renaissance, une renaissance qui ne fait pas fî des morts à traverser, mais qui, précisément, par la grâce de Dieu, les traverse. Car que serait notre baptême s’il n’était pas le don de cette puissance de vie divine venu en nous nous faire vivre éternellement ?
Une vie à renouveler sans cesse. Car ce cris peut se perdre, en effet, dans le brouhaha de nos histoires. Il est alors enfoui, assourdi, et peut devenir inaudible. Le silence a envahi les disciples quittant Jérusalem pour Emmaüs, l’annonce s’est évanouie.

Mais Dieu nous rejoint. Le baptême d’un jour ne suffit pas pour être nourri du cris de la folie d’amour, il y faut le repas, le sang versé, le corps livré et donné. « Vous le savez, c’est par un sang précieux, celui du Christ, que vous avez été rachetés », rappelle Pierre, quelques temps après que les disciples, au soir de Pâques, aient fait cette expérience de reconnaître Jésus ressuscité à la fraction du pain, au cours du repas. Repas de communion, geste de partage, eucharistie du don, nos messes ne sont pas des suites de rites à enfiler en essayant de respecter les horaires, elles sont réactualisation du cris de naissance en nos vies ! La communion eucharistique, vécue tous les dimanches ou aussi souvent que possible, redonne vie à nos vies parce qu’elle redit l’aujourd’hui de l’annonce. « Tu étais mort, tu es vivant », chantent nos anamnèses, empruntant les mêmes mots que ceux des disciples revenus à Jérusalem pour témoigner de ce qu’ils venaient de voir et de comprendre. Et nous, à leur suite, de renouveler ces gestes et ces paroles, où nous reconnaissons, jour après jour, la présence discrète mais réelle et joyeuse de Jésus ressuscité au milieu de nous.

Quelle espérance alors, peut se dessiner en nos vies ! De quelle joie pouvons-nous être atteint, comme celle de Pierre au jour de la Pentecôte, haranguant les foules présentes à Jérusalem ! Avec quelle force pouvons-nous témoigner devant tous ceux qui ne savent plus pourquoi vivre, qui sont tristes et fatigués ! Oui, baptisés dans la résurrection de Jésus, nourris du sa Présence dans le pain partagé, comment ne pas repartir joyeux au milieu de nos contemporains ?
Si vraiment nous vivons ainsi du baptême et de l’eucharistie, alors nous n’avons rien à craindre. « Mon cœur exulte, mon âme est en fête, ma chair elle-même repose en confiance ; tu ne peux m’abandonner à la mort… devant ta face, débordement de joie », chantait le psaume. « J’ai fait de toi mon refuge. »

Dimanche prochain, nous allons vivre ensemble cette replongée dans le baptême, par l’action de l’Esprit Saint, nous allons vivre ensemble cette force de l’unité reçue et accueillie par l’unique eucharistie du diocèse, nous allons témoigner de la joie de vivre du ressuscité par ce rassemblement diocésain autour de notre évêque.

Nous aurons aussi à vivre tout cela dans notre responsabilité de citoyens , en ne nous laissant pas mener par les peurs et les exclusions, en faisant mémoire de notre histoire et en regardant le présent et l’avenir, en discernant les mensonges et les hypocrisies pour trouver la voie de la vérité, de l’honnêteté et de la raison. C’est là aussi, au cœur du monde, dans nos choix quotidiens, petits et grands, dans notre façon de vivre, d’accueillir et de servir, que nous sommes attendus.

Que la méditation de ces pages de l’Ecriture nous amènent tout au long de cette semaine vers ce témoignage que nous aurons à porter dimanche prochain, dans les isoloirs et par le rassemblement de notre famille diocésaine, dans l’unité des différences. Oui, que Tous – absolument tous - soient Un ! Et que l’Esprit nous accompagne !

Amen.
P. Benoît Lecomte

En savoir plus

Troisième dimanche de Pâques

Livre des Actes des Apôtres 2,14.22b-33.
Le jour de la Pentecôte, Pierre, debout avec les onze autres Apôtres, éleva la voix et leur fit cette déclaration : « Vous, Juifs, et vous tous qui résidez à Jérusalem, sachez bien ceci, prêtez l’oreille à mes paroles.
Il s’agit de Jésus le Nazaréen, homme que Dieu a accrédité auprès de vous en accomplissant par lui des miracles, des prodiges et des signes au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes.
Cet homme, livré selon le dessein bien arrêté et la prescience de Dieu, vous l’avez supprimé en le clouant sur le bois par la main des impies.
Mais Dieu l’a ressuscité en le délivrant des douleurs de la mort, car il n’était pas possible qu’elle le retienne en son pouvoir.
En effet, c’est de lui que parle David dans le psaume : ‘Je voyais le Seigneur devant moi sans relâche : il est à ma droite, je suis inébranlable.
C’est pourquoi mon cœur est en fête, et ma langue exulte de joie ; ma chair elle-même reposera dans l’espérance :
tu ne peux m’abandonner au séjour des morts ni laisser ton fidèle voir la corruption.
Tu m’as appris des chemins de vie, tu me rempliras d’allégresse par ta présence.’
Frères, il est permis de vous dire avec assurance, au sujet du patriarche David, qu’il est mort, qu’il a été enseveli, et que son tombeau est encore aujourd’hui chez nous.
Comme il était prophète, il savait que Dieu lui avait juré de faire asseoir sur son trône un homme issu de lui.
Il a vu d’avance la résurrection du Christ, dont il a parlé ainsi : ‘Il n’a pas été abandonné à la mort, et sa chair n’a pas vu la corruption.’
Ce Jésus, Dieu l’a ressuscité ; nous tous, nous en sommes témoins.
Élevé par la droite de Dieu, il a reçu du Père l’Esprit Saint qui était promis, et il l’a répandu sur nous, ainsi que vous le voyez et l’entendez. »

Psaume 16(15),1-2a.5.7-8.9-10.11.
Garde-moi, mon Dieu : j’ai fait de toi mon refuge.
J’ai dit au Seigneur : « Tu es mon Dieu !
Seigneur, mon partage et ma coupe :
de toi dépend mon sort. »

Je bénis le Seigneur qui me conseille :
même la nuit mon cœur m’avertit.
Je garde le Seigneur devant moi sans relâche ;
il est à ma droite : je suis inébranlable.

Mon cœur exulte, mon âme est en fête,
ma chair elle-même repose en confiance :
tu ne peux m’abandonner à la mort
ni laisser ton ami voir la corruption.

Tu m’apprends le chemin de la vie :
devant ta face, débordement de joie !
À ta droite, éternité de délices !

Première lettre de saint Pierre Apôtre 1,17-21.
Si vous invoquez comme Père celui qui juge impartialement chacun selon son œuvre, vivez donc dans la crainte de Dieu, pendant le temps où vous résidez ici-bas en étrangers.
Vous le savez : ce n’est pas par des biens corruptibles, l’argent ou l’or, que vous avez été rachetés de la conduite superficielle héritée de vos pères ;
mais c’est par un sang précieux, celui d’un agneau sans défaut et sans tache, le Christ.
Dès avant la fondation du monde, Dieu l’avait désigné d’avance et il l’a manifesté à la fin des temps à cause de vous.
C’est bien par lui que vous croyez en Dieu, qui l’a ressuscité d’entre les morts et qui lui a donné la gloire ; ainsi vous mettez votre foi et votre espérance en Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 24,13-35.
Le même jour (c’est-à-dire le premier jour de la semaine), deux disciples faisaient route vers un village appelé Emmaüs, à deux heures de marche de Jérusalem,
et ils parlaient entre eux de tout ce qui s’était passé.
Or, tandis qu’ils s’entretenaient et s’interrogeaient, Jésus lui-même s’approcha, et il marchait avec eux.
Mais leurs yeux étaient empêchés de le reconnaître.
Jésus leur dit : « De quoi discutez-vous en marchant ? » Alors, ils s’arrêtèrent, tout tristes.
L’un des deux, nommé Cléophas, lui répondit : « Tu es bien le seul étranger résidant à Jérusalem qui ignore les événements de ces jours-ci. »
Il leur dit : « Quels événements ? » Ils lui répondirent : « Ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth, cet homme qui était un prophète puissant par ses actes et ses paroles devant Dieu et devant tout le peuple :
comment les grands prêtres et nos chefs l’ont livré, ils l’ont fait condamner à mort et ils l’ont crucifié.
Nous, nous espérions que c’était lui qui allait délivrer Israël. Mais avec tout cela, voici déjà le troisième jour qui passe depuis que c’est arrivé.
À vrai dire, des femmes de notre groupe nous ont remplis de stupeur. Quand, dès l’aurore, elles sont allées au tombeau,
elles n’ont pas trouvé son corps ; elles sont venues nous dire qu’elles avaient même eu une vision : des anges, qui disaient qu’il est vivant.
Quelques-uns de nos compagnons sont allés au tombeau, et ils ont trouvé les choses comme les femmes l’avaient dit ; mais lui, ils ne l’ont pas vu. »
Il leur dit alors : « Esprits sans intelligence ! Comme votre cœur est lent à croire tout ce que les prophètes ont dit !
Ne fallait-il pas que le Christ souffrît cela pour entrer dans sa gloire ? »
Et, partant de Moïse et de tous les Prophètes, il leur interpréta, dans toute l’Écriture, ce qui le concernait.
Quand ils approchèrent du village où ils se rendaient, Jésus fit semblant d’aller plus loin.
Mais ils s’efforcèrent de le retenir : « Reste avec nous, car le soir approche et déjà le jour baisse. » Il entra donc pour rester avec eux.
Quand il fut à table avec eux, ayant pris le pain, il prononça la bénédiction et, l’ayant rompu, il le leur donna.
Alors leurs yeux s’ouvrirent, et ils le reconnurent, mais il disparut à leurs regards.
Ils se dirent l’un à l’autre : « Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous, tandis qu’il nous parlait sur la route et nous ouvrait les Écritures ? »
À l’instant même, ils se levèrent et retournèrent à Jérusalem. Ils y trouvèrent réunis les onze Apôtres et leurs compagnons, qui leur dirent :
« Le Seigneur est réellement ressuscité : il est apparu à Simon-Pierre. »
À leur tour, ils racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment le Seigneur s’était fait reconnaître par eux à la fraction du pain.

Réagir à cet articleRéagir à cet article

Un message, un commentaire ?

modération a priori

Attention, votre message n’apparaîtra qu’après avoir été relu et approuvé.

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.


Contact

adresse Paroisse Ma Campagne - Puymoyen
2, bld Jean Moulin
16000 Angoulême
+335 45 61 15 04
paroissemacampagne chez orange.fr
Accueil à la paroisse les mardis, jeudis et vendredi de 16h30 à 18h30