Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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          Homélie du dimanche 6 décembre 2015

Homélie du dimanche 6 décembre 2015

"Un accouchement ne s’improvise pas. Plus encore, il se prépare, et activement"


Je vais me risque à parler de quelque chose que je ne connais quasiment pas... Mais peut-être savez-vous le point commun entre la méthode PPO (Psycho-Prophylaxie Obstétricale), l’haptonomie, les méthodes arty ou zen, la fasciathérapie, les cours de chant prénatal, le yoga, ou encore la préparation physico-sportive en piscine... J’avoue n’avoir jamais pratiqué aucune de ces disciplines qui, toutes, permettent aux femmes – et parfois à leur compagnon ou mari – de se préparer un accouchement. Autrement dit, un accouchement ne s’improvise pas. Plus encore, il se prépare, et activement. Avec, à en croire toutes ces méthodes, douceur et rigueur. Ne parle-t-on pas, même, du « travail d’accouchement » ? Tout cela n’a pas l’air de tout repos... Le visuel d’une femme enceinte et le fil conducteur de notre préparation à Noël (« Pour que Dieu naisse en toi ») évoquent bien ce travail que nous avons à faire en nous et entre nous, pour accueillir cette naissance. Avec la même énergie qu’une femme se prépare à la naissance de son enfant.
C’est ce que je retiens de ces textes de la Parole de Dieu aujourd’hui.
« Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis », cris Jean le Baptiste à ceux qui le rejoignent dans le désert. Rien de reposant. Mais un appel qui doit nous interpeller : quel est ce travail qui nous est demandé aujourd’hui, en vue d’accueillir en nous le Dieu qui se fait homme ?
« Quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours, enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Eternel », criait pour sa part le prophète Baruc. Quitter la tristesse, revêtir la gloire de Dieu, s’envelopper dans le manteau de la justice... voilà un véritable programme spirituel.
Quitter la lamentation et entrer dans la joie. Dans une société tant marquée par la peur, la perte de repères et l’absence d’horizon, que la joie est attendue ! Non pas la joie factice et artificielle, mais la vraie joie, celle qui vient de l’intérieur, celle qui illumine le cœur et les yeux, celle qui révèle une autre présence que nous-mêmes... Quel travail que de recevoir cette joie, de l’accueillir au milieu de tout notre quotidien, et d’en vivre ! Que ne faut-il pas le temps de l’Avent pour nous y entrainer, autant qu’une femme enceinte doit s’entrainer, semble-t-il, à respirer pour limiter les douleurs de l’enfantement ! Respirer. Laisser vivre en soi le Souffle. L’Esprit. L’Esprit qui ouvre à la paix et à la joie...
Quitter la robe de tristesse, et revêtir la gloire de Dieu. La gloire, ou autrement dit la grandeur. La beauté. La sainteté. On pourrait encore dire : la Lumière. Revêtir la Lumière de Dieu. Celle que nous avons reçu au jour du baptême et qui ne cesse de nous éclairer. Celle, encore une fois, que notre humanité désire tant, parfois sans le savoir. Celle qui vient faire resplendir la vie autour de nous. Revêtir la gloire de Dieu, c’est revêtir l’amour tout-puissant de Dieu. Et aimer. Aimer comme une mère aime (en général) l’enfant qu’elle porte en elle. Et à travers l’amour de cet enfant, porter un acte d’espérance en le monde qui va l’accueillir. Aimer et regarder avec les yeux de l’amour, d’un regard qui fait grandir et exister. Travail à faire, encore, en soi, et ensemble, pour que Dieu lui-même naisse en nous !
Quitter la robe de tristesse, revêtir la gloire de Dieu, et s’envelopper du manteau de la justice. Autrement dit, se battre aussi, parfois. Pour la dignité. Pour ne pas s’endormir devant la misère ou l’injustice. Pour ne pas succomber à l’affadie. Pour ne pas fermer les yeux devant l’inhumain. Le travail de la femme enceinte n’est pas de tout repos... il peut être sportif, fatigant, et exigeant. Le travail spirituel en vue de la fête de Noël est tout autant exigeant, parce qu’engageant. Pour soi, et pour les autres.
Quitter la robe de tristesse, revêtir la gloire de Dieu, et s’envelopper du manteau de la justice, voilà le travail que la Parole de Dieu vient susciter en nous aujourd’hui. Chacun de nous a pu commencer à le vivre depuis une semaine. Communautairement, nous n’aurons jamais fini de le vivre, pour que notre Église laisse poindre le visage de Dieu dans sa plus belle lumière.
Peut-être est-ce que nous avons voulu déjà essayer de vivre hier après-midi, en plantant à La Grande Garenne, avec nos amis musulmans et non-croyants un olivier, cet arbre qui pousse des deux côtés de la Méditerrannée. Un « arbre de la création », à la mi-temps de cette « COP21 ». Un arbre pour nous rappeler notre maison commune et notre commune colocation dans cette maison à laquelle nous devons faire attention. Non seulement dans ses aspects climatiques, mais aussi, et cela va avec, dans son environnement social, et dans nos relations les plus quotidiennes avec tous ceux que nous croisons, proches ou lointains. Un arbre pour nous rappeler le travail que nous avons à faire, et que nous pouvons faire, ensemble, pour faire naître Dieu en nous et au milieu de nous.
Sûrement, chefs et cadres des Scouts et Guides de France d’Angoulême, est-ce ce travail que nous cherchons à réaliser tout au long de l’année auprès des jeunes qui nous sont confiés : les mener à la joie et être joyeux avec eux, apprendre avec eux à aimer et regarder avec amour, et s’engager là où nous sommes pour la justice.
Sûrement encore, communauté des sœurs de l’Enfant-Jésus et Fraternité Anne-Marie Martel, est-ce ce que vous cherchez à vivre à longueur de jour, lorsqu’on lit dans les orientations du chapitre général que vous allez recevoir tout à l’heure des mains de votre supérieure générale : « Ô Jésus, Viens vivre en nous. »
Et quand nous serons fatigués de ce travail, si le découragement nous gagne, si la lassitude s’installe, rappelons-nous les paroles de Paul. Ce travail en nous n’est pas le notre : il est déjà celui de Dieu. Et « celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus ».
Alors que Dieu achève en nous, ce qu’il a commencé.
Amen.
P. Benoît Lecomte

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Deuxième Dimanche de l’Avent

Livre de Baruch 5,1-9.
Jérusalem, quitte ta robe de tristesse et de misère, et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours,
enveloppe-toi dans le manteau de la justice de Dieu, mets sur ta tête le diadème de la gloire de l’Éternel.
Dieu va déployer ta splendeur partout sous le ciel,
car Dieu, pour toujours, te donnera ces noms : « Paix-de-la-justice » et « Gloire-de-la-piété-envers-Dieu ».
Debout, Jérusalem ! tiens-toi sur la hauteur, et regarde vers l’orient : vois tes enfants rassemblés du couchant au levant par la parole du Dieu Saint ; ils se réjouissent parce que Dieu se souvient.
Tu les avais vus partir à pied, emmenés par les ennemis, et Dieu te les ramène, portés en triomphe, comme sur un trône royal.
Car Dieu a décidé que les hautes montagnes et les collines éternelles seraient abaissées, et que les vallées seraient comblées : ainsi la terre sera aplanie, afin qu’Israël chemine en sécurité dans la gloire de Dieu.
Sur l’ordre de Dieu, les forêts et les arbres odoriférants donneront à Israël leur ombrage ;
car Dieu conduira Israël dans la joie, à la lumière de sa gloire, avec sa miséricorde et sa justice.

Psaume 126(125),1-2ab.2cd-3.4-5.6.
Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion,
nous étions comme en rêve !
Alors notre bouche était pleine de rires,
nous poussions des cris de joie.

Alors on disait parmi les nations :
« Quelles merveilles fait pour eux le Seigneur ! »
Quelles merveilles le Seigneur fit pour nous :
nous étions en grande fête !

Ramène, Seigneur, nos captifs,
comme les torrents au désert.
Qui sème dans les larmes
moissonne dans la joie.

Il s’en va, il s’en va en pleurant,
il jette la semence ;
il s’en vient, il s’en vient dans la joie,
il rapporte les gerbes.

Lettre de saint Paul Apôtre aux Philippiens 1,4-6.8-11.
Frères, à tout moment, chaque fois que je prie pour vous tous, c’est avec joie que je le fais,
à cause de votre communion avec moi, dès le premier jour jusqu’à maintenant, pour l’annonce de l’Évangile.
J’en suis persuadé, celui qui a commencé en vous un si beau travail le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus.
Oui, Dieu est témoin de ma vive affection pour vous tous dans la tendresse du Christ Jésus.
Et, dans ma prière, je demande que votre amour vous fasse progresser de plus en plus dans la pleine connaissance et en toute clairvoyance
pour discerner ce qui est important. Ainsi, serez-vous purs et irréprochables pour le jour du Christ,
comblés du fruit de la justice qui s’obtient par Jésus Christ, pour la gloire et la louange de Dieu.

Évangile de Jésus Christ selon saint Luc 3,1-6.
L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode étant alors au pouvoir en Galilée, son frère Philippe dans le pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias en Abilène,
les grands prêtres étant Hanne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie.
Il parcourut toute la région du Jourdain, en proclamant un baptême de conversion pour le pardon des péchés,
comme il est écrit dans le livre des oracles d’Isaïe, le prophète :
« Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers.
Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis ;
et tout être vivant verra le salut de Dieu. »

2 réactions


7 décembre 2015 16:56, par Chambon

Des paroles qui engendrent la vie. C’est encourageant de vivre un tel accueil de la vie religieuse dans la paroisse.
Merci !

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9 décembre 2015 16:33, par Gimenez Patricia

Gracias por tu homilia tan profunda y cercana, como de costumbre.
Es una alegrîa y un regalo de Dios para nuestra Familia del Nino Jesùs presente en tu parroquia, contar con el apoyo y el reconocimiento de su sacerdote y pàrroco.
UN GRAND MERCI
Hna. Patricia Giménez 

- repondre message


 

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