Diocèse d’Angoulême, Eglise catholique de Charente
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Homélie du dimanche des rameaux

"Voilà la grande différence entre le Dieu de Jésus-Christ et tous les autres dieux. Aucun autre n’avait été jusque là dans l’amour pour les hommes."


« On reconnaissait en lui un homme comme les autres. Il s’est abaissé, et, dans son obéissance, il est allé jusqu’à la mort et la mort de la croix ». Nous pouvons regarder Jésus-Christ aujourd’hui : jeudi saint, Vendredi saint, son sacrifice, son chemin de croix, sa passion ; la versatilité de l’opinion qui l’a acclamé lors de son entrée à Jérusalem et qui, peu après laisse crier "A mort ! Crucifie-le" ; et peut-être certaines personnes ont-elles fait partie des deux groupes, celui qui acclame, et celui qui conspue.

Cette lecture de la Passion nous conduit à ce regard : Jésus, notre Dieu, arrêté, flagellé, mort, enseveli. La fin tragique d’une vie d’homme ; St Paul disait « comme les autres ». Et nous, chrétiens, parce que nous aimons le Christ, nous vivons cette lecture comme une souffrance, une épreuve. Nous nous sentons révoltés et accablés par le spectacle de ce scandale : Jésus, le juste, l’Innocent, rejeté, supprimé. Oui, notre Dieu, tellement humain.
« On reconnaissait en lui un homme comme les autres ». C’est vrai ; cette épreuve ultime de Jésus le rend tellement semblable à tant d’autres. Nous connaissons l’avertissement de St Jean : « Celui qui dit j’aime Dieu et qui n’aime pas son frère est un menteur. Car comment pourrait-il aimer son Dieu qu’il ne voit pas s’il n’aime pas son frère qu’il voit. » Aussi la Passion du Christ, c’est pour nous l’évocation de toutes les injustices, les passions des hommes (voir la télé, la radio, les médias) « Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait. ». Tous ceux que l’on juge définitivement parce que l’opinion d’un pays a changé, tous ceux que l’on torture, tous ceux que l’on rejette (en les appelant parfois »frères inférieurs » à cause de leur culture ou de la couleur de leur peau). Aujourd’hui cette fête des Rameaux nous rappelle l’opposition chrétienne à toute ségrégation, à tout racisme, à toute torture quelles qu’en soient les raisons.

* Car ce Dimanche des Rameaux et cette lecture de la Passion nous remettent en face du grand procès qui juge le monde. Devant l’Innocence même, c’est le mal dans sa nudité qui se révèle dans la condamnation. Devant Jésus Innocent et condamné, tout devient clair : se taire, laisser faire, c’est lâcheté ; l’accuser, c’est le mensonge et le mal.
Et ce procès n’est pas fini ; il se joue tous les jours. Dans les actes de nos vies, nous choisissons notre camp : pour ou contre la vérité, avec ou sans courage, pour ou contre la fraternité, pour ou contre le respect de tout enfant de Dieu.
Quel est mon camp ? Trop facilement nous nous permettons des faiblesses. Scandalisés par la passion du Christ, nous acceptons sur quantité de petits choix de nos vies d’être du côté de Caïphe, de Pilate, des disciples qui s’enfuient : or c’est là, bien souvent, que nous avons à décider de nos vies. Ceux qui ont vécu la Passion il y a 2000 ans n’étaient sans doute ni meilleurs ni pires que nous ; ils avaient leurs raisons, leurs compromissions, leurs alliances et leurs antipathies. Comme nous. Dans ceux qui se scandalisent devant tel ou tel bombardement ou guerre aucun n’a jamais cherché à applaudir tel ou tel régime et cherché à y faire sa carrière ? Ce serait trop facile et injuste de le dire pour eux et pas pour nous ; de ne pas reconnaître nos peurs, nos égoïsmes, nos façons d’en profiter… choix politiques, économiques, humains, choix de risquer nos vies pour sauver quelqu’un… tous ces choix nous renvoient la question : quel camp choisissons-nous ?

* La Semaine Sainte, c’est le moment où les chrétiens revivent le grand basculement de l’histoire du monde. Et nous croyons, nous chrétiens que, de ces 8 jours que nous allons revivre, tout a pris son sens ou son non-sens, les œuvres, les philosophies, les religions, les cultures, les sacrifices pour ses frères. De ce fait historique déterminé dans le temps et la géographie, dans l’aventure de cet homme-Dieu unique ,Jésus-Christ, s’est passé ce qui conditionne l’éternité de tout homme croyant ou non : le dévoilement de l’amour universel de Dieu.
Préparons-nous à vivre cette Semaine Sainte : il ne s’agit pas d’une démarche de piété, il s’agit du choix de notre vie et de celle du monde, de leur sens, de leur dimension.

Père Père Plantevigne

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